TUE
croissante cellulaire. Son action est telle qu’elle s’exerce in vitro sur les cultures de levure, aussi bien que sur les cultures des infiniments petits microbiens. Elle est à la base des échanges qui s’'opèrent dans l'intimité de nos tissus, des désagrégations et des synthèses par lesquelles toutes les cellules végétales ou animales se développent, se reproduisent et perpétuellement luttent contre à mort ». Pour RANDOIN, « elle aurait à jouer un rôle important dans les transformations de matières et d’énergie qui se passent au sein des cellules ».
LECOCQ a montré, dans une expérience comparative sur les diverses vitamines, qu’associée à B3 elle n'empêchait guère les crises de polynévrite, mais tendait à donner une affection de forme chronique.
Associée à Bi, elle n'empêche pas le dénutrition de se produire. Son rôle, dans ces conditions, reste quelque peu mystérieux. Elle semble néanmoins indispensable à une utilisation tout à fait normale du complexe vitaminique B.
VITAMINE B.
Elle est considérée comme le plus important des facteurs B. Elle joue un rôle d’entretien des tissus, et semble surtout avoir une influence marquée sur le métabolisme des glucides, des proiides et des lipides.
1) La vitamine B3 et le métabolisme des glucides.
L'utilisation des glucides ne peut être assurée dans l’organisme qu’en présence d’une quantité suffisante de vitamine B. Ce besoin est assez généralment admis, et la première démonstration fut l’observation intiale de ErGkMANN. Le rôle quantitatif de la ration hydrocarbonée dans la rapidité d'évolution de l’avitaminose fut établi par MAURER en 1907. Les oiseaux avitaminés meurent d'autant plus vite que la quantité de riz ingérée est plus considérable. (CHAMBERLAIN, BLOOMBERG, KILBOURN montrèrent par contre, en 1911, qu'on peut faire rétrocéder une polynévrite en soumettant les animaux à une ration faible d’hydrates de carbone.
Bien plus, si la quantité d’hydrates de carbone doit avoisiner un certain optimum, la quantité de vitamines B doit être réglée sur cet optimum, si l’on en croit RANDOIN et SIMONNET. Il faut
vitamine B donc que le rapport soit à une certaine valeur. glucides absorbés
En tous cas, l’absence de vitamine B empêche l’utilisation normale des glucides digérés, il se produit une inanition tissulaire, cause d’amaigrissement.
Le métabolisme de la vitamine B3 n’est d’ailleus pas le même avec tous les sucres. Il y a 2 catégories de sucres, d’une part, le galatose et le lactose, d’autre part, le glucose, lévulose, maltose, saccharose. Ces 2 variétés de sucres se comportent différemment dans l’avitaminose, et leur utilisation ne demande pas les mêmes quantités de vitamine B.
D'une façon générale, le galactose et le lactose sont moins maniables que le glucose, lévulose, saccharose, et tendent à créer un déséquilibre dans la ration alimentaire. Mais s’ils sont donnés en quantité convenable avec une dose optima de vitamine B, ce sont ceux qui donnent les meilleurs résultats. S'ils sont donnés en trop grande quantité, ou si la vitamine B est donnée en excès, même lorsque la quantité de ces glucides est normale, les résultats sont défavorables.
Le glucose, le saccharose et le lévulose sont beaucoup plus maniables, les hautes doses sont tolérées à condition que l’on donne une quantité suffisante de vitamine B. Seulement, dans un régime équilibré, même en présence d’une quantité optima de vitamine, ils donnent de moins beaux résultats que le galactose et le lactose.
Cela tient à leur faculté d’assimilation. Plus celle-ci est élevée, plus ils tendent à créer un déséquilibre dans l’avitaminose et moins ils sont maniables. On conçoit que l’action de la vitamine B est plus décisive, pour ainsi dire, sur eux. D’autre part, comme la vitamine aide cette assimilation, le besoin de vitamine B pour l’utilisation d’un sucre par l’organisme est d’autant plus faible que cette assimilation est plus facile.
« Le rôle joué dans l’évolution de l’avitaminose B par la rapidité d’assimilation intestinale conditionnant la digestibilité, est particulièrement bien mis en évidence quand le glucide, entrant dans l’alimentation, est de l’amidon. L’addition de ferments amylolitiques, la cuisson et la dextrinisation allongent manifestement en l’absence de vitamine B, la survie des animaux carencés » de sorte que cette addition rend plus faible le besoin de l’organisme en vitamine (LECOCQ).
En résumé, il faut une quantité optima de vitamine B3 pour un métabolisme satisfaisant des glucides. Mais cette quantité de vitamine nécessaire varie en raison inverse de la digestibilité des glucides employés. Elle est d'autant plus délicate à fixer que ces glucides sont plus assimilables, et il faut retenir qu’un excès de
vitamine peut être nuisible dans le cas du galactose, du lactose, ou en pratique pédiatrique, dans l’emploi des bouillies maltées. Comme il est difficile d’apprécier la solution idéale, il faut de préférence utiliser les sucres plus maniables.
2) Vitamine B et protides.
D’après LEcocQ, les vitamines B joueraient sur le métabolisme des protides, et en faciliteraient l’assimilation.
« L’adjonction de vitamine B sous forme de levure de bière, faite en temps utile et en quantité suffisante, assure une meilleure utilisation des protéides mis en œuvre, et permet de prévenir ou de guérir pour un temps plus ou moins long, les crises de polynévrite dues à la carence B. »
Même en présence d’une large dose de vitamine B, l’utilisation des protéides n’est satisfaisante que s’ils sont en proportion adéquate avec les autres éléments constituants du régime. La plus satisfaisante de ces proportions semble réalisée dans les laits. On pourra suivre comme modèle la composition du lait de vache.
Le besoin de vitamine B se montre en relation avec la rapidité d'absorption intestinale des protéines.
Il est vrai que les expériences de LECOCQ ont eu lieu avec de la levure de bière, laquelle agit autant par ses acides aminés que par la vitamine proprement dite.
3) Vitamine B et utilisation des lipides.
L'utilisation des lipides par la vitamine B a été peu recherchée. LECOCQ à cependant montré que l’addition de levure de bière à une ration riche en lipides, suffit à assurer l’utilisation de ces substances par l’organisme, et à prévenir ou guérir la polynévrite déclarée en son absence.
Comme pour les autres substances précédentes, plus les lipides sont assimilables, plus la dose de vitamine B nécessaire est délicate à fixer.
En tous cas, en l’absence de vitamine B, les lipides ne semblent avoir aucune influence sur les polynévrites.
La vitamine B$ dont le rôle sur le métabolisme des glucides, semble le plus important, joue également sur celui des protéides et des lipides. On comprend donc son utilité, et l’importance des phénomènes de dénutrition qui résultent de sa carence. C’est donc surtout elle, plus que les autres vitamines B, qui est responsable par son absence dans l’avitaminose des divers troubles, tels qu’amaigrissement, dénutrition, troubles digestifs, atonie et atrophie
intestinale, constipation, dilatation colique et coecale (Robert CLÉ- MENT, COWGILL, ROWLAND, Gross, MAC CARRISSON, COLLARE, SMITH).
Cette fonction de la vitamine B3, illustrée par les troubles de carence, a bien mérité le nom de vitamine d'utilisation nutritive. .
VITAMINE B6
Comme nous l’avons déjà dit, son existence est discutée, pour certains, elle serait identique à la vitamine d’utilisation cellulaire, cependant on a cru devoir lui reconnaître une existence spéciale parce que seule elle se montre capable de guérir la pellagre et la Blacktongue du chien.
La pellagre semble être effectivement une avitaminose, FUNK, en 1913, a montré son analogie avec la polynévrite aviaire. Go1.- DENBERG a montré que sa seule cause était due à un régime défectueux et qu’elle disparaissait lorsqu'on donnait à l’animal une ration convenable. D’ailleurs, GOLDENBERG, WHECTERN, TANNER ont pu la reproduire chez l’homme à l’aide de régimes carencés, et WEIL et MOURIQUAUD, CHITTENDEN et MiDpERHILL, CHICK et HoRNE ont fait de même chez l’animal.
L'identification de la vitamine B6, ainsi que l’ont montré RANDOIN et SIMONNET, reste cependant difficile, parce que les régimes sont forcément polycarencés. Ainsi, pour M. LECOCQ, vitamine B6 et vitamine B2 sont identiques et se confondent pour présenter les mêmes propriétés de croissance cellulaire et d’intégrité dermique. Néanmoins, la question est encore controversée car il n’est pas prouvé que B6 soit alcalino-stable comme B2 et B2 seule semble ne pas avoir les mêmes propriétés physiologiques (BABONNEIX, p. 118-119).
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VITAMINE B ET AVITAMINOSE
Systématisation des symptômes et des divers facteurs B
Sans vouloir décrire les aspects cliniques de l’avitaminose qui n’appartiennent pas au cadre que nous nous sommes tracé, nous allons résumer, pour conclure ce chapitre de métabolisme de la vitamine B, les troubles constatés en clinique, en les rapportant à la vitamine B, spéciale qui les rend possible par son absence. Cette relation précise n’est pas encore démontrée, il ne s’agit en somme que de présomption, d’autant plus que dans l’ensemble, toutes les vitamines B semblent bien agir selon le même processus d’oxydation. Ce ne sera surtout qu’une illustration pratique des propriétés de ces vitamines.
Vitamine B2.
Le béribéri de l'adulte qui offre un tableau complet de carence, groupe plusieurs syndromes.
Is ne sont pas d'apparition simultanée. Après une incubalion assez longue, c’est le syndrome digestif qui se manifeste en premier lieu par l’anorexie.
Le dégoût des aliments semble bientôt lié à une gastrite qui s'accompagne d’une digestion gastrique imparfaite. La secrétion chlorydro-petique diminue progressivement, l’estomac ne secrète vlus qu’une faible quantité de mucus (WEBSTER et AMOUR). Cet état gastrique guérit facilement par l’adjonction de levure de bière au régime, c’est-à-dire par le complexe B en entier, ou par la seule vitamine B2, comme l’ont montré les mêmes auteurs. En même temps que la secrétion redevient normale, le fonctionnement péristaltique fait de même. Si l’état gastrique n’est pas traité, le syndrome digestif s’amplifie en même temps que les autres syndromes font leur apparition. Pour certains auteurs, (RIBADEAU-DuMAS, TAKAI, SPARKS et CELLINS) l’avitaminose entraîne une atonie intestinale avec constipation. Ce symptôme cède par l’administration de levure de bière, ou de vitamine B1 B2.
Mais l’on peut également observer de la diarrhée que l’on veut également combattre par la vitamine B et par les protides.
Tel est donc l’essentiel du syndrome digestif, qui guérit par le complexe B total sous forme de icvure de bière (RIBADEAU-Du- MAS), mais que le facteur B2 semble capable, d’après certains auteurs, d'améliorer. Le facteur d'utilisation cellulaire serait donc spécifique dans les troubles digestifs, mais il est bien évident que les autres facteurs B1 et B3 dont on sait l'importance métabolique ne peuvent lui nuire s’ils sont ajoutés, ils peuvent conjuguer leur action. D'ailleurs, les expériences cliniques ont été faites le plus souvent avec de la levure de bière ou des préparations de facteur B complet.
Vitamine B3.
En même temps que l’anorexie apparaît, la croissance s’arrête et le sujet avitaminé se trouve dans un déséquilibre nutritif qui l’entraîne à l’amaigrissement progressif.
Roger H. BENNETT constata que l’arrêt de croissance cédait chez 21 enfants privés de vitamine B, lorsqu'il donnait à ceux-ci un sirop fait avec des germes de blé. De même HOOBLER, OUTHOU- SE, Mary GRAHAM, LONG, notent que des rats nourris avec du lait de femme ou de vache peuvent présenter à la fin de la douzième semaine, un arrêt de croissance qui revient à la normale avec l’addition au régime de vitamine B.
D’après ce que l’on sait des différentes vitamines B, il semble bien que ce soit à la vitamine B3 qu’il faille reconnaître ce rôle de croissance puisque c’est elle qui semble avoir l’action métabolique la plus complète, à la fois sur les glucides, les protides, les lipides. Mais à notre connaissance, il n’existe pas d’expérience élective sur le facteur B3 proprement dit.
Vitamine B1.
Les manifestations nerveuses surviennent d’une façon progressive. Les nourrissons, prequ’en même temps que les troubles digestifs, présentent des phénomènes d’hypertonie musculaire.
« Dans nos pays, les troubles nerveux n’atteignent pas le degré que l’on observe dans le béribéri vrai, mais l’insomnie, l'agitation sont communes comme la raideur de la nuque, et la tonicité exagérée des muscles des membres. » (RIBADEAU-DUMAS)
HOOBLER a donné un tableau de cette hypertonie et de l’état nerveux qu'il décrit ainsi : « un nourrisson est couché sur le dos, en opisthotonos, quand on le met sur le dos, on constate une exagération de la rigidité des membres; l’opisthotonos augmente, ei l'enfant reste plusieurs minutes frémissant, courbé en arc de
cercle. Durant ce temps, bras et jambes deviennent contracturés et rigides. On donne à ce petit malade une demi cuillerée à thé de levure de bière, et bientôt la spasticité des membres, ainsi que l’opisthotonos disparaissent, le poids corporel augmente peu à peu:
Les signes nerveux sont d'apparition plus tardive. Tantôt il s’agit chez l’enfant de polynévrites des nerfs craniens, avec du psotis ou une paralysie des nerfs oculo-moteurs ou une paralysie des cordes vocales. Tantôt il s’agit d’une dyspnée, ou d’une atteinte cardio-vasculaire. Ces béribéris véritables peuvent s’accompagner d’œdème. Ces divers accidents guérissent par l’administration de vitamine Bi cristallisée comme l'ont montré STEPP et SCHROEDER. La même vitamine donne d’aussi beaux résultats dans les diarrhées cholériformes où la déshydratation est très aigüe, comme on l’a montré en Palestine sur les petits arabes dont l’alimentation est très carencée.
Ainsi
La vitamine B2 semble avoir un rôle sur l’état gastro-intestinal, seule ou adjointe à la vitamine B1 ;
La vitamine B3 joue sur le métabolisme général et la croissance ;
La vitamine B1 est la vitamine anti-polynévritique par excellence, et sa présence guérirait les œdèmes, et elle présiderait ainsi au métabolisme de l’eau.
Que penser de cette classification schématique ?
En pratique lorsqu'un enfant présente des signes d’avitaminose B, il faudra examiner son alimentation et constater qu’elle est bien la cause de la carence. Cette carence est presque toujours totale et la levure de bière, ou la source quelconque de vitamine B, choisie à titre thérapeutique, n’apportera pas inutilement tous les facteurs. Mais, dans certains cas, troubles cardio-vasculaires, respiratoires, œdèmes, l'injection de vitamine B1 intraveineuse pourra sauver un malade dont l’état grave est souhgné par ces symptômes. Peut-être un jour pourra-t-on de même réaliser une vitaminothérapie spécifique, avec les facteurs B2 et B3, par exemple dans un état de dénutrition très marquée à la phase terminale, ou dans une gastrite rebelle. Peut-être aussi l'étude plus complète de la valeur de ces divers facteurs B permettra une utilisation plus générale de la vitamine B. Les efforts d’analyse, s’ils paraissent un peu systématiques ne sont donc pas inutiles.
HA Das
La vitamine B se révèle donc la plus riche de toutes les vitamines, la plus active, celle qui présente les propriétés les plus diverses. Elle préside à la croissance. Elle régit l’utilisation intra-cellulaire des glucides. Elle contribue pour une grande part à lutilisation nutritive des glucides, des protides, des lipides. Elle joue un rôle dans l’équilibre acido-basique des tissus. Sans elle les nerfs, le cerveau, l’appareil endocrinien présentent de graves perturbations. C’est encore elle qui assure l’intégrité dermique, la sécrétion gastrique et le péristaltisme gastro-intestinal.
Mieux encore que pour les autres, on peut vraiment dire qu’elle est indispensable à la vie et à la croissance.