CONFLIT AVEC LES MENUISIERS
k 46 livres, etc. ; la seule qui fût confirmée était de 41 1. 16 s., elle incombait à F. Feury.
De tous les abus auxquels il est fait allusion dans les préliminaires des statuts de 1 599, un seul est parvenu à noire connaissance par un arrêt du Parlement en date du i8 mai 1520^ qui renvoyait les jurés menuisiers par devant le lieutenant criminel, à cause des violences exercées lors d'une saisie pratiquée sur Touvrage d'un faiseur d'orgues :
Les jurez menuisiers ayant saisye Touvrage d'un faiseur d'orgues, le procureur du Roy à qui ils en firent rapport les renvoya par devant le lieutenant criminel, à ' cause des violences qu'ils avaient faites. Les jurez eu ayant appelé, la cour les renvoya aussy devant le lieutenant criminel *.
Ainsi que nous l'avons dit plus haut, les réserves faites à Tarticle 12 des statuts furent insuffisantes a protéger les facteurs d'instruments contre les entreprises des autres corporations. En 1730, les boisseliers-souffletiers firent saisir trois soufftets chez un facteur d'orgues, nommé N. Collard, sous prétexte qu'ils étaient seuls assermentés ; mais le lieutenant de police par une sentence du 20 juillet 1 7 3 1 , repoussa cette prétention et maintint les facteurs d'orgues dans le droit de faire les soufflets « servans à l'orgue et à autres instruments de musique » avec défense
* Inédit (Bibl. nat., mss fr.,8167, p. 145 verso).
aux boisseliers « de les y troubler * ». Cette sentence ne mit pas fin au conflit ; il ne se termina que le 2} avril 1738, par un arrêt de la Cour du Parlement, confirmant la décision du lieutenant de police et condamnant les boisseliers appelants, à 12 livres d'amende et aux dépens de la cause. Quelque^ années plus tard, les tableliers ayant été informés que des peignes et autres objets de tabletterie avaient été déposés par des forains chez Lefèvre, maître savetier, leurs jurés firent saisir toutes les marchandises qui s'y trouvaient, parmi lesquelles étaient 9 fifres, 7 flûtes et 4 flageolets. Craignant que les labletiers ne se fissent un titre de cette saisie pour , se prévaloir du droit, qu'ils avaient toujours revendiqué, de- tourner les instruments, E. Blanciiet et P. ViLLARs, maîtres luthiers, faiseurs d'instruments et jurés de la communauté, se pourvurent en reslitution des instruments saisis, prétendant à juste titre, que la confiscation de ces instruments leur appartenait, par suite du privilège qu'ils avaient seuls, de faire et de vendre les iîistruments de musique. Faisant droit à leur requête, le lieutenant de police rendit le i4juillet 1741, une sentence par laquelle défense était faite aux tabletîers de tourner aucunes flùtes,fifres et autres instruments, et confirmant les luthiers dans le droit de tourner seuls, à l'exclusion desdits tabletiers, lesdits instruments :
* Statuts, ordonnances... do la communauté des maîtres faiseurs d'instruments de musique... Paris (Grou), 1741, in-12. (Bibl. nfil'^ Inv. F. 26436).