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rien ppur la pratique de cet art, à laquelle ils ont joint une entière, connoissance et une exécution encore plus admirable du jeu de la musette en particulier.
Ce n'est pas seulement parce qu'il construisait avec adresse les instruments en usage, que Hotte- TERUK, le père, a droit à une mention spéciale, mais aussi parce qu'il réalisa sur la musette un perfectionnement qui a bien son importance, vu Tépoque :. l'adjonction d'un second chalumeau, destiné à l'exécution des dièses et des bémols y lequel, au moyen de six clefSy permettait de faire 19 et 20 demi-tons avec justesse. Six clefs à un instrument , cela ne s'était pas «ncore vu, aussi Borjon ne peut-il retenir son enthousiasme :
Ce qui est admirable dans l'invention de ces clefs, c'est qu'il se rencontre que les doigts pour lesquels elles sont faites, ne sont point occupez sur les chalumeaux simples et ordinaires, en quoy le bon sens de l'inventeur de ce petit chalumeau a paru : car pour ajouter à la musette ce qui luy manquoit, il en a trouvé le moyen en occupant deux doigts, savoir le petit doigt de la main gauche et le pouce de la droite qui n'agissaient point.
Après les Hotteterre, Borjon cite Ponthus à Mâcon, alors défunt, qui avait été un des plus rares ouvriers de son temps ; Lissieux, fixé depuis quelques années à Lyon, qui construisait « avec beaucoup de propreté et de justesse » toutes sortes d'instruments à vent ; Perrin, de Bourg-en-Bresse, qui travaillait bien la musette et enseignait fidèlement. Le P. Mersenne avait
signalé, quelques années avant (1636), Le Vacher comme le plus excellent facteur de flageolets et musettes de son temps, (//arm. Univ., 1. 1, p. 232 et 291.)
Aux facteurs cités par Borjon, le Livre commode nous permet d'ajouter ceux qui exerçaient en 1692 ; il donne, à la page 63, la liste des « maîtres pour le jeu et pour la fabrique des instruments à vent, flûtes, flageolets, hautbois, bassons, musettes, etc. : MM. Colin Hotteterre, rue d'Orléans; Jean Hotteterre, rue des Fossez St-Germain ; JUlebert> rue St-Antoine ; Ses Costejiin, faub. St- Antoine ; Filidgr, en cour ; Pu Jïoat, rue de Tournon ; Rousselet, rue des Assis ; Dupais, carrefour de l'École ; Le Breton et Froment, rue do l'Arbre Sec; Bérou, près le cadran St-Honoré ; Du Bue, rue Richelieu ; Roset, rue Neuve St-Eustacbe.
Do ce dernier, le Conservatoire de Paris possède un curieux et rarissime instrument, connu sous le nom de cervelas (n"» 497). C'est un dérivé du basson anciennement utilisé à l'église et déjà hors d'usage à la fin du xvii^ siècle, suivant RrciiixF.T. Le son en était assez semblable, parait-il, « à celui qu'on produit en chantant avec un peigne enveloppé de papier » {Encyclop. méthodique), DeDupuis, il y a dans la même collection, une flûte à bec (n" 388). Fillebert, ou plus exactement Philibert Rebillé, fameux joueur de flûte traversière, Des Coteaux, Filidor, ou plutôt Philidor et les Hotteterre sont plus connus comme exécutants que comme facteurs; cependant il est avéré que plusieurs de ces derniers se sont livrés à la fabrication» Au témoigna're de Borjon et de Du
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Pradel, vient Be joindre celui de plusieurs instruments du Conservatoire, savoir : une llûte douce marquée Henri Hottetehre (n" 402) et une basse de flûte h bec (n° 413) sans prénom ; d'autres collections possèdent aussi des instruments de divers membres de cette famille. Nous avons en outre, raftirmation de Sauveur, qui dressa son tableau de l'élondue des instruments à vent t selon la pratique du s' Ripert et du s' Jean Hautetaire le jeune, les plus habiles facteurs de Paris > {Mém, de VAcad, des Sciences , 1701, p. 335). Ce Jean Hotteterre était hautbois et musette de la grande écurie du roi ; il démissionna en 1723 et mourut peu après.
A. Du Pradêl nous apprend encore que l'on trouvait des trompettes et timbales « de la meilleure fabrique chez le s' Crestien, rue de la Ferronnerie, à la ville de Vernon », Les cordes de Rome se vendaient en gros, rue St-Denis, « aux Trois Maillets > et en détail « chez tous les faiseurs d'instrumens, entre lesquels le s' Offlard, rue de Bussy; et le s' Chéron (Nicolas?), rue Dauphine et rue de la Vieille Boucherie ». Il y a, ajoute Du Pradel, « une fabrique pour Torgue et pour le manicordium, rue St-Julien-des- Ménétriers )> et c'est tout, pas un nom de luthier, ni de facteur d'orgues ou de clavecins. Ne le regrettons pas trop, puisqu'il a été possible de suppléer en partie à cette omission et que ^on Livre nous a fourni des renseignements sur la catégorie de facteurs oii Ton en trouve le plus difficilement.
L'incertitude où nous laisse le défaut de documents écrits sur les facteurs d'instruments à vent, ne nous
permet pas de préciser à quelle époque appartiennent la superbe flûte à bec en écaille, de Bressan^ et le petit flageolet en ivoire de Cor. et, que possède le Conservatoire de Paris , ainsi que la taille de flûte à bec marquée Rouge, du Conservatoire de Bruxelles. 11 en est de même pour les trompes de chasse (n^* 574 à $76), de Crétien. G. Cuouqdet, d'après les ornements du pavillon etTinitiàle C, attribue la première à Crétien père, et lui assigne comme date, le commencement du xvii® siècle ; la deuxième, portant les initiales R. C. et le mot « Vernon », lui semble de 1(. Crétien fils ou neveu, qui la fit sous Louis XHI et qui vivait du temps de Henri IV; la troisième, à pans coupés, forme très rare et fort originale, est aussi de ce facteur. La trompe de chasse n** 578, en si, à un seul tour de un mètre de diamètre, est moins incertaine, quant au nom de l'auteur, car on lit sur le pavillon IS nom de « Crestien, ordinaire de la musique du roy, rue delà Ferronnerie », mais rien n'indique à quel membre de cette famille elle est due. Exceptionnellement on a vu un instrument faite connaître à la fois le nom de son auteur et la daie de sa fabrication. G. Cuouquet a relevé cette inscription sur une trompette : < Fait par Raoux, seul ordinaire du Roy« place du Louvre, près de l'odiance du ministre, à Paris, 1695 ». C'est une preuve matérielle de l'existence, au xvii" siècle, de la maison Aaoux, dont le nom n'a été constaté sur aucun document contemporain, mais que l'un de ses descendants a fiiit remonter à 1685 environ. De père en fils, les Raoux se succédèrent jusqu'au milieu du xix® siècle.
Ce n'est pas sans crainte que nous abordons la nomenclature des facteurs du xviii° siècle. Longue est la liste de ceux qu'il nous faudra nommer et fastidieuse en est la lecture, comme en est ingrate la rédaction. L'hésitation nous prend et, n'était l'objet de cet opuscule, qui est de rassembler le plus de renseignements possible et de combler les lacunes laissées par les rares historiens qui se sont occupés des facteurs d'instruments, que nous renoncerions à aller plus loin. Que le lecteur ne soit donc pas trop sévère à l'auteur obligé de poursuivre jusqu'au bout la tache entreprise, et qu'il excuse les répétitions qu'il rencontrera dans ce chapitre, plus fait pour être consulté que lu, malgré les détails nouveaux et parfois curieux qui pourront y apporter variété et quelque intérêt.
Nous partagerons le xviii° siècle en périodes divisées arbitrairement, non pas d'après le mouvement progressif de la facture, mais selon la somme de renseignements que nous possédons et les époques des documents qui nous les ont fournis.
Dans la première période, 1700-1760, nous rencontrons, parmi les luthiers, Nicolas-Louis Gilbert, de Metz.» dont un pardessus de viole à 5 cordes, exécuté en 1701, fit partie de l'exposition rétrospective belge, en 1878; un quinton au même nom, portant la date de 1765, a fait partie de la collection Sa- MARY * ; Nicolas Hédard, dont le nom se trouve sur
ni y a peut-être ici erreur de date ou dualité d'auteurs, car il est difficile de supposer uq exercice de 65 ans du môme individu. Cela s'est vu pourtant.
une viole (1701) et un alto (1770) conservés au musée de Bruxelles; François Môdard,déjà cité, d*après une étiquette (1710); Féret, élève de Médar (1768); Charles Porion, cité par Félis(//w^^(?;î. de temu«.. t. V, p. 163), auteur du cistre à 1 1 cordes dont 5 doubles, qu'il possédait et qui figure, dit cet auteur, dans les comptes de la musique de Louis XIV (1707); Cristofo Oiquelier, dont il existe une viole bâtarde à ; cordes^ de 1712, au Conservatoire (n*^ 153); Mathurin Duchéron (1714); Bâton père, de Versailles^ qui, en 17 16, commença à faire des vielles avec d'anciennes guitares et, en 1720, avec des corps de luths et de Ihéorbes ; Cabresy et Henry, d'après des basses de 1725 et 1737 inventoriées par Bruni et Jean Vuillanme, de Mirecourt, dont on a un violon de 173B. Jacques Boquay (1709-30) et Claude Pierray (1712-25), les deux luthiers les plus connus du commencement du xyin*^ eiècle furent contemporains ; ils sont représentés tous deux au Conservatoire, le premier, par un violon de 1718 (n° 9); le second, par une basse de viole de 171 2 (n** 173). A la vente Vidal (1868), il y eut un alto de J. Boquay^ daté de 1709, et M. Loup possédait un violon de 1730; Boquay qui habitait, en 17 18, rue de la Juiverie, transféra son domicile l'année suivante rue d'Argenteuil, suivant inscription du violoncelle de 1719 que l'on conserve aux Arts et Métiers. Bien que les étiquettes de C. Pierray, des années 17 12 et 1714 partent « rue des Fossés St-Germain des Prez » et seulement « proclie la Comédie », en 1725, il ne s'ensuit pas que ce luthier ait changé de rue; c'est le voisinage de la Comédie française qui
lui fil mocJitier son Hdresse ; luais il continua d'habiter rue des Fossés, actuellement rue de l'Ancienne? Comédie.
Il ne reste de Dieulafait qu'une basse de viole de 1720 (Conservatoire, n* 172)5 deParaldic, qu'un violoncelle de 1722 qui passa à la vente Vidal: de Pacquet) d'Aix, luthier à Marseille, une arpi-guitare appartenant à M* A.GautierdeNice,etdeLudovicMiraucoiirt de Verdun, qu'une viole à 6 cordes de 1743, vue à Texposition rétrospective do 1889. Nicolas (Augustin) Chappny^ luthier de la duchesse de Montpensier, n'est connu que par un violon fait en 1732, ayant appartenu à M. Loup, une étiquette de 1760, un quinton sans date de la collection Samary et par le violon dont Habeneck se servit pendant 37 ans pour faire sa classe au Conservatoire (musée n* 16). Il en est de même de René Champion qui, d'après deux instruments, habitait rue des Bourdonnais en 17^1 et en 1756, Echelle-du-Temple ; c'est sans doute sa veuve qui est mentionnée sûr VAlmanach musical de 177^77.
On n>st rien moins que fixé sur Vincent Panormo qui obtint un certain renom, et l'on penche à croire qu'il y eut plusieurs luthiers de ce nom. Sans prendre parti, constatons que M. J. Gallay le signale comme étant à Paris, rue de l'Arbre-Sec, en 17^5, et ajoutons qu'il y avait, en 1789, un luthier de ce nom, rue de Chartres, 70 ; c'est VAlmanach de Paris qui nous fournit ce détail, V Almanach musical àe 1783 lementiohne aussi avec son prénom. Gomme instruments, signalons ufi violon de 1792 ayant appartenu à
M. Loup et un violoncelle qui passa à la vente Miremont.
François Gaviniès, domicilié rue S^-Thornas-du- Louvre (1734-57) fut juré-comptable de la communauté en 1762 ; un violon et un quinton de sa fabrication étaient au nombre des instruments saisis chez les émigrés ; plus récemment, on en a cité dé 1754^ 1735» Ï75I5 et le Conservatoire possède, pour le service des classes, une contrebasse à tète sculptée à l'effigie du roi David, faite en 1757, d'une excellente sonorité, qu'ont pu apprécier tous ceux qui ont appris cet instrument dans notre grande école. Au musée, est un pardessus de viole à 6 cordes, de 1744.
Signalons au passage, un italien fixé à Paris, hôtel de Soissons, vers 1732 : Andréa Castagneri ; on a de lui un violon de cette année et d'autres portant les dates de 1735, '739> ^^ ^^^^ de 1744, au v*^* de Janzé; la basse trouvée chez M. de Saint-Laurent, en Tan H, était de 1751 et le violon du s' Boulogne, de 1757; François Vaillaut, rue de la Juiverie, en 1736 et 1738, d'après des étiquettes, et rue N.-D. de Bonne- Nouvelle, de 1775 à 1783, suivant les almanachs; Antoine Véron, également rue de la Juiverie, en 1740 (pardessus de viole ^"^ 139, Conservatoire); Varquain, maitre luthier, "rue et carrefour de Bussy» qui fit, en 1742, la vielle du South Kensington Muséum et édita la Suite à 2 vielles de Ravet ; — Jean- Mathias Wolters, au faubourg S'-Antoine, auteur d'un quinton de 1749, de la collection Savoye, existait encore en i7')9; Plumerel (1740), dont le nom a été relevé sur une basse ; — Pierre Saint^Paul , qui.
d'après une basse, était, en 1741, rue de la Comédie- Française et, en 1742, rue S^-André-des Arts, comme en fait foi le pardessus de viole à 6 cordes qui fi^jura à l'exposition rétrospective belge en 1878, et dont un violon de 1740 fut trouvé par Bruni chez le duc deMontmorency ; — Jean Ouvrard, juré-complableen 1742-43 ; deux instruments sont connus de lui : un dessus de viole de 1726 et le quinlon du musée de Bruxelles, portant la date de 1745 et l'adresse « Place deTÉcoïe à Paris »; une basse fut saisie chez M. de Tlmisy, en l'an III ;— Simon Gilbert, de Metz, luthier et musicien à la cathédrale, en 1744, ainsi que l'indique le quinton à 5 cordes provenant du musée A. Sax; un semblable instrument, daté de 1749, appartenait à M. Loup, et nous avons vu des étiquettes de ce luthier, de 1737, et 1758; — Jean Galland, comptable en 1744, décédé quelque temps avant la signification du jugement sur son compte, qui fut faite à sa veuve en 1761, laquelle continua longtemps encore à tenir boutique (1779) J'^e S^-iïonoré, et dont la fille épousa Rob. Richard. Jean-Nicolas Lambert^ comptable en 1745. eut cela de commun avec J. Galland, qu'il était mort au moment de la signification du jugement le concernant (1761), el, comme la précédente, sa veuve continua la profession maritale jusque vers 1789, époque où sa présence est constatée rue Michel-Le-Comte, domicile également inscrit sur l'étiquette d'un violoncelle fait en 1759, conservé au musée du Conservatoire (n*' 178); une basse de 1752 se trouva chez le Mi" d'AvRiNcouRT, en Tan III; M. Loup avait une guitare de 1784,
82 nECHERCHES SUft LFIS A.VClENS FACTEURS
Citons nussi Jean-Haplislo Deshayes-S^lomon ou simplement Salomon, établi d abord à Reima, puis à Paris (peu après 1740), place deFEcole, comptable en 1760, puis domicilié rue deTArbre-Sec en 1769, représenté au Conservatoire par une viole d'amour (n* 1 56) ; après sa mort, sa veuve s'en fut au carrefour de l'Ecole (1775-83) et quai de la Mégisserie (1788-89). Claude Boivin, qui demeurait rue Tiquetonne en 1732-1749, avait pour enseigne * a la Guitare Royale » ; une basse de viole de 175 5^ ^ ^^^ inventoriée par Bruni, une guifare de 1749 est au Conservatoire (n«» i73) ; C. Boivi?* fut comptable en 1752. Jean-Baptiste Lemperenr, est connu seulement par les fonctions de comptable qu'il exerça en 1750 ; nous retrouverons ce nom porté par un fac teur de clavecins ^ .
^ A défaut do pins amples renseignements. yo\c\ le nom de quelques autres luthiers de celte époque :
Gaspard Guchet, à Grenoble (1720); Sa}Ot(i734); Henry, rue Saint-André-des-Arts (1737); Pierre Defresae, maître luthier de Paris, demeurant rue Neuvc-Saint-LC^, à Rouen (1731-37); Jean Vuillauflie à Mirecourt, né en 1700 et décédé en 1740, dont on a un violon de 173B; Jean-François Brotofi, dont l'étiquette était ainsi conçue : « Citbarae fabricator, facit, vendit et reconcinat instrumente musica onmis generis » (1740); Louis Gairoud, à Nantes (174.); Louis Lagetto, rue des Saints-Pères, * à la ville de Crémcne • (1745-53); Jean Touly, à Nancy (1747); Cabroly, à Toulouse (1747); N.-J. De Lannoy, sur la petite place au dessus des halles, à Lille (1747), puis « dessus les ponts de Comincs (1773) ; Charte, luthier aux Quinze- V in jrt (174B); Feyieau, à Ccrdoaux, auteur d'un quinton de 1700; Mougenot, rue Ganterie, à Rouen (1760) à Ste-Cécile; Andréas Reynaud, « olira canonicus Tarascone in Gallo provincia •» (i7^^>). . . - .
Nommer Louis Gnersan, c'est repéter un nom b/etï coiïnti des amateurs, pnr la quantité d'instruifiênts qui existent. On ne sait exactement à quelle épocfue ce ïtrlhier commença à travailler, mais nous avons la certitude qu*!t exerça ait moiUvS de 1750 a 1769. Nous avons vu des étiquettes do 17300117^5, un viot()ncc;He do 1740 et un violon do 1744, passèrent à la vente Vidai, en 1868, un ffuirrlon do 1746 apparlint à M. Lorjf», deux pard(*ssus do viole k ) f-'ordes, do 1747, sont au Conservatoire (n^"" 140, 141) Ofvec un autre de 1751 {if 142), et uù à cordes, de 1755 (n^ M)); tfe plus un quinton de 1763 était dans là caltection SASiAftY. Après avoir été comptable en 1748, GcEKSAN fut doyen en 1769, époque où il habitait rue des Fossés-St-Germain. Sa grande habileté lui valut d'être fournisseur du Daupliiii et de l'Of.éro. Tne pièce qui nous a été d'une grande utilité pour notre Histnre de loi^chcstre de VOpéra et que iitil n'a reproduit encore, est restée aux archives dà ce théâtre ; c'est le n:émoire de réparations que Guersan fit à « la coritrebârsse de FÔpera, lesdites réparations demandées par M. Hameau pour Topera de Zoi:oasire et commandées par M. Uebel, suivant les ordres quil en avait reçus de M. le prévost des marchands, le lô décembre 1749 », ce qui prouve pérefnptoireraent qu'il n'existait encore à cette époque, qu'une seule contrebasse à l'orchestre ; ce que confirme un autfe mémoire du 25 septembre 1750, où il est écrit ; « n^o\f remonté la contrebasse à neuf i ^ livres. »
Pîetre et .fea^ LoiiTet furent aussi parmi les lathiei^s èsTTmés ; fe premier, Pierre, occupa les
fonctions de comptable en 1742, ce qui suppose un exercice assez ancien de la profession. On ne signale aujourd'hui qu'une vielle portant son nom et la date de 1747 (Conservatoire, n° 209) et le quinton enregistré par Bruni ; il avait pour enseigne *^ à la Vielle royale » et son atelier était rue Montmartre ; en 1 77 5 , nous le voyons rue Pastourelle, et l'année suivante, rue St-Denis où il était encore en 1785 ; pourtant VAhnanach Dauphin de 1777 indique toujours rue Montmartre. Une vielle de Lodvet, le jeune, rue Grenier-Saint-Lazare, fait en 1723, vient d'être acquise par le musée du Conservatoire. Jean LouvbT fit aussi des vielles, il y en a une au Conservatoire (no 210) de l'année 1750 avec l'indication « rue de la Croix-des-Petits-Champs, près de la petite porte St- Honoré »,mais il construisit surtout des harpes et des vielles organisées ; c'est à ce titre qu'il est mentionné dans les Tablettes de renommée de 1791. Selon M'"« de Genlis, il fut avec Salomon, le premier à faire des harpes k pédales; elles étaient assez appréciées, Bruni estima les deux qu'il trouva chez des émigrés, 270 et 470 francs.
A. Vidal, et après lui G. Hart, ne signalent rien de Joseph Gaffino au delà de 1755 ; cependant on peut voir au Conservatoire des Arts et Métiers, un alto grand patron de ce luthier, portant le millésime 1748 et l'adresse rue des Prouvaires, où il resta jusqu'après 1783 et où sa veuve était encore en 1789. Il est vrai que cet instrument est le seul connu et que nul ne l'a mentionné avant nous. Peut-être Gaffino fit-il plus le commerce que la fabrication d instru-
menls ? La copie du prospectus que nous reproduisons ci-après, tant à cause de sa curiosité que parce qu'il est ignoré, tendrait à le faire croire :
A la musette de Colin.
Jospph Gafâno, maître et marchand luthier, à Paris, rue des Prouvaires, fait, vend, achète et loue toutes sortes d'instruments de musique, savoir : violons, basses d'orchestre, violoncelles, alto-viola, violes d'amour et toutes sortes de sa façon. Il vend aussi violons et basses de Crémone, basses de viole d'Angleterre et de toutes sortes d'auteurs; aussi vielles, guitares, serinettes, psaltérions, timpanons tant de Paris que des pays étrangers ; fait et vend des archets cannelés de toutes façons, comme aussi des étuis pour toutes sortes d'instruments, boetes de colophane, anches pour hautbois et bassons, d'excellentes cordes à 3 fils, de Naples, de Rome, de Florence et de Lyon, toutes sortes de cordes filées, cordes pour clavecins, épinettes et pour toutes sortes d'instruments, au plus juste prix.
L'originalité de ce prospectus n'est pas seulement dans sa rédaction, elle est aussi dans sa forme. Tout ce que l'on vient de lire est gravé au milieu d'un dessin représentant un dos de violon, en demi-grandeur, la longueur de chaque ligne étant limitée par conséquent par les contours de l'instrument. Nous en devons communication à M. Ernest Gand, avocat, qui a bien voulu mettre gracieusement à notre disposition la collection d'étiquettes formée par son père, ainsi que les documents concernant les familles Ldpot et Gand dont il sera question par la suite. Gaffino
se RECHERCHES SUR LES ANCIENS FACTEURS
I I II ■ 1 1. I» M . .I. M . — I ■ . .I.ll I ■ I . III I . I
exerça les fonctions de juré-comptable de la communauté de 1766 à 1 767.
Un violon et un pardessus de viole de 1755 trouvés chez des émigrés en Tan III, sont les plus anciens instruments connus de Socqnet (Louis ?) qui avait cette pompeuse enseigne « Au Géme de l' Harmonie y> ; des étiquettes de 1765, 1771 et Tallo de i76t)/mentionné par Bruni, témoignent de soji existence jusqu'à la période 1775-79 où les almanaclis signalent encore s» présence, place du Louvre. Edmofid t»»ôler résidait à Bofdeaux en ^764, ainsi qtie Ymêiqve une étiquette de violon, iriais en f 770, if était insfàllé à Paris, rue Tiquetonne (Journal de musique), d'où il alla rue des Prouvaîres (1775-83) ; il fit surtout des guitares (^/m. Dauphin, 1777), on en trouva une chez lord Kehrv le 13 brumaire an III, et l'on a pu voir à l'exposition rétrospective de 1889, ^^^ mando" line alto de 1780, prêtée par M. Bernardel. François Lejeune, rue de la Juiverie, acquit une certaine renommée ; les spécimens de sa facture qui nous sont parvenus, sont au nog>bre de cinç: im tioloh dé^ 1754 (Conserva-toire, cksses), tia pardessus de viole de 1755 (^<?^w, miiséé, n® 144), un autre dé 1757 (É3tp. rétrosp* belge, 1878), un alto de la' mèfiie année (vente d'Emonville) et une pochette sans date (collection Savoye); ce luthier qui existait encore en 1783 fut aussi comptable en 1764, une étiquette de 1750 nous apprend qu'il avait pour enseigne «^ A ia Harpe royale » ; il eut de nombreux homonymes, ce qni ne laisse pâfs quelqtiefois que d'erabal^ras^^r.
Ça^nd nous aurons signfalé Patil-François GfMsei,
connu par deux quinloDS, l'un de 1749, figarant à Finventaire de Bruni, l'autre de 1752 à M Birnardkl (Exp. de 1889) qui, d'après une étiquette de 1754, avait pour enseigne «^ Au dieu Apollon » et denoeurai( suivant Féliquette d'un violoncelle, reproduite par A. Vidal, rue de la Verrerie en [757; César Pôûi, d'après une vielle de 1750; Charles Memtte, de Lyon, établi à Paris (1750) et demeurant sur le pont, près le Change (175 1); Benoist Fleury, qui fut jurécomptable en 175^ et construisit en 1751 TaHoqui est dans les classe» du Conservatoire, puis, en 1755, ^^ basse de viole qui est au Musée (n° 174), la guitare signalée par BftCNi et habita la rue des Boucheries- St-6ermain, où nous le retrouvons encore en ijgr, sVwcupant de « raccommodage de violons, basses et altos»; François Fénrjr, comptable en 1752 et 17^7, alors domicilié rue de l'Arbre-Sec, vis-à-vis St-Gerinain-l'Auxerrois, duquel une guitare figura à l'inventaire de Bruni, et dont M. A. Rooat possède une basse; Hol, cour Sl-Denis-de-la-Chartre, en 1753, comme Tindique une pochette du Conservatoire; letliog, rue Frotnenleau, place du Louvre, en 1753. qui avait pour enseigne « à labefle viellense » et dont une mandore sans date fut dans la collection Loup, domicilié, en 1771, rue des Orties, aux galleries du Louvre ou l'on trouvait la Méthode deCytre ou guitare allemande de l'abbé Carpentier; Pierre te Pileur « privilégiez du roy dans Fabbaye St-Germain, 1754»; Pierre- Jean Delaaae (1754); Rcwie, rue Ste-Catherine, près le Martroy, à Orléans (1756); Adrien-Benoist Cllatdîii, de Valencïennes, autour d'un ^utoÇ<>fi daté
de 17^8 (Coll.Samary); JoannesFrébrunetdont ilya un violon de 1760 pour le service des classes du Conservatoire, et enfin, Grou, auteur de la viole à manivelle indiquée au catalogue de la collection Arrigoni (Milan i88i),etd'unepetite vielle de 175 2, nous aurons épuisé la liste des luthiers ayant exercé dans la première moitié du xvm° siècle, sur lesquels nous avons pu recueillir quelques renseignements.
Beaucoup moins nombreux sont les facteurs de clavecins de la même période. Harius, un des plus fameux tant par la qualité de ses produits que par son esprit inventif, commença à fabriquer dans le dernier quart du xvn® siècle, mais, le plus ancien inslrumentde sa facture qui nous soitparvenu, est u^i clavecin portatif, dit clavecin brisé, fait en 1700 (actuellement au Conservatoire), décrit dans les Mémoires de Trévoux, p. 1292 ; un instrument semblable, de 1713, est au musée Kraus, à Florence; enfin, un autre instrument de 1709 est à Bruxelles. En 1716, Marius présenta à l'Académie des sciences, trois systèmes de clavecins dits à maillets dans lesquels des marteaux étaient substitués aux sautereaux ; un quatrième offrait la combinaison des maillets et des sautereaux, dont on trouve la description dans le Recueil des Machines approuvées par V Académie des sciences (p. 83 à 91), qui contient aussi celle de son nouveau système d'orgue à soufflet. En donnant son approbation à l'invention de Mai\ius, l'Académie ne se doutait guère que cette innovation était le point de départ d'une révolution complète dans la structure
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des instruments à clavier et qu'elle préludait à la chute du clavecin ; cependant, elle sut en apprécier le véritable caractère et en comprit toute Timportance. En constatant l'amélioration matérielle immédiate, elle entrevit aussi parfaitement le résultat artistique. Après avoir reconnu que la substitution des maillets aux sautereaux « évite les réparations perpétuelles « auxquelles l'usage des plumes assujettit les cla- « vecins ordinaires », le rapporteur ajoute : « celui- « ci rend en général des sons plus forts et plus beaux, < mais, de plus, le seul ménagement du toucher lui « donne le fort et le faible et par conséquent Texpres- « sion qui a toujours manqué à cet instrument. » Malheureusement la mort surprit Marius peu de temps après son admirable découverte et la France, perdant le bénéfice de l'invention, ne connut le fortepiano que 54 ans plus tard, par l'intermédiaire de l'étranger.
Le nom de Blanche! n'est pas seulement connu parce qu'il futporté par plusieurs facteurs distingués, mais surtout par l'habileté de main, dont l'un d'eux fit preuve dans la confection et la transformation du clavecin. C'est avec Blancïiet que Carré fit certaines expériences dont il rendit compte dans les Mémoires de V Académie des sciences (i6 fév. 1709). Nous ignorons si c'est François-Etienne ou un ascendant que Carré a voulu nommer, l'époque où il débuta n'étant pas précise, mais un acte précité nous a fait connaître que F.-E. Blanchet était juré en charge en 1741, ce qui autorise à conclure à un exercice de beaucoup, antérieur ; en ouire, le clavecin inventorié
par BnuNï à l'holel S' Tries-I portail la dale de 1749. (]e cjui est part'aitenjeiil avère par le témoignage de SOS contemporains, c'est que ce facteur surpassa ses confrère» par le son agréable de ses clavecins et par la légèreté de ses claviers. 11 excella aussi dans Fart d'agrandir les clavecins flamands, auxquels il ajouta quatre notes au grave et à l'aigu. Blanchet eut pour élève et successeur P. Taskin, qui sut maintenir et porter à son comble la notoriété léguée par son maître. C'est seulement par les deux clavecins décrits par Bruni, que nous avons appris le nom d'Antoine Yalter ; l'un daté de 1724, Tautre portant cette mention : « Ântonius Valter^ Lutetiœ Parisiorum, 1755. » Cuisinier imagina le clavecin -vielle en 1708 {Hist, de l^Acad, des sc.^ p. 142 et Recueil cité p. 15$); en 1734, il produisit une espèce de vielle ou petite épinette à jeu de viole de deux octaves, dans laquelle des louches faisaient mouvoir une roue remplissant l'office de l'archet {Hist, citée, p. 105). Dans le but d'obtenir une plus grande uniformité d'harmonie, Bellot fit subir quelques changements au clavecin en 1792; il construisit le grand chevalet « de manière qu'à chaque couple de l'unisson les deux cordes se trouvent de même longueur » {HisL de rAc.^ p. 1 18). Bellot devint par la suite fournisseur de l'Opéra, auquel il loua, du 18 sept. 1752 au 7 avril 1753, une épinette moyennant 120 livres.
Jacques Bourdet n'est connu que par le mémoire de réparation au clavecin de l'Opéra (2 mai 1750) que nous avons vu aux archives de ce théâtre et parce • qu'il fut comptable l'année suivante, comme Pierre
Ruelle, en 1754; .loseph Boudin, établi à Londres, par une épinelte de 1725 au D' Rimbault; Manier, par l'annonce d'un clavecin à vendre, que nous avons trouvée dans les Affiches de 1754; Bâillon, parle clavecin inscrit sur l'inventaire de Bruni et Fleurot du Val-d'AjoI (Vosges), par l'épinelte conservée à Bruxelles.
Marchai, de Nancy, fournit un clavecin à la princesse de Lorraine en 1726 (A. Jacquot, p. 146); Renaud, d'Orléans, domicilié à Paris, inventa une épinelte à archet en 174;. Jean-Henri flemsch fut juré-comptable en 1747 et s'acquit une certaine vogue; trois de ses clavecins, ûontun de 1763, furent inventoriés par Bruni et Ton a pu en voir un de 1775 à l'exposition rétrospective de 18B9.
Thévenard, soumit en 1727 à l'Académie des sciences, un projet de clavecin à une corde au lieu de deux, avec sautereaux à languette de cuivré {Hist,,p. \ 42, et Recueil cité, p* u), mais il n'est pas prouvé qu'il se soit li^ré à la fabrication, non plus que Le Voir qui entreprit en 1742, par un procédé tout différent de celui de Marius, de donner l'expression au clavecin. Dans son système, 25 cordes tendues sur un corps de contrebasse et de quinte de violon renfermés dans une caisse de clavecin, et que des chevalets mobiles divisaient à moitié de leur longueur, fournissaient les 50 sons de l'étendue de l'instrument. Des archets actionnés par les touches, produisaient le piano et le for le en appuyant plus ou moins sur les cordes, selon le degré d'enfoncement de la touche {flisL de VAcad., p. 146). Nous
ne sommes pas mieux fixés à cet égard sur Berger, musicien de Grenoble, établi à Paris, inventeur d'une épinetfe expressive, d'un mécanisme qui rendait le jeu du luth, de la harpe, le piano, le forte et le crescendo, et d un clavecin organisé qui reçut l'approbation de l'Académie en 1765 parce qu'il avait la faculté d'augmenter le son au moyen d'un registre mù par le genou {Hi$t., p. 1 58). Bergkr avait eu aussi l'idée, lisons-nous dans Y Encyclopédie méthodique t. IV, p. 1 1), d'après le plan d'une épinette à cordes perpendiculaires de Mersenne, d'ajouter un clavier à une harpe ordinaire, mais le s"" Frique, ouvrier allemand qui travaillait pour lui en 176$ , vola et emporta toute la mécanique et les plans de cet instrument, destiné au fermier général de la Reiniêre.
Les Silbermann de Strasbourg ont passé la plus grande partie de leur carrière en Allemagne ; ils doivent cependant être mentionnés ici, à cause de leur origine et de la célébrité acquise par \q^ forte piano de Jean-Henri.
Les facteurs d'orgues ne nous arrèteronspas longtemps. Il n'y a à citer que les frères Desfontaines, auteurs de l'orgue de Noire -Dame à St- Orner ('il 5- '7); François Boudor de Montmédy, qui remit en état l'orgue de Notre-Dame de Châlons, endommagé par un violent orage (1720) ; Vincent à Rouen (171 1-22) gendre d'iNoouT; Julien Lemaltre de St- Thomas de La Flèche, qui répara l'orgue de Ste- Croix de Bernay en 1722; Jean-Louis Ducatel qui, après avoir restauré l'instrument de N.-D. de Villefranche
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en 1720, fut chargé de mettre en état celui de la cathédrale d'AngouIème en 1727, et dont les travaux furent expertisés par François Cordé-, organiste et facteur à Tours ; Gabriel et Joseph Cavaillé de Gaillac (Tarn), bisaïeuls d-'Aristide Gavaillé-Coll dont le nom fait le plus grand honneur à la facture du XIX* siècle; François Mangin de Troyes, à qui incomba le déplacement (1729) et Tau/çmentation (1735-38) de l'orgue de la cathédrale de Sens, le devis présenté en 1722 par Louis Lebé, n'ayant pas été accepté ; Jacques Cochu, facteur et organiste à la cathédrale de Châlons-sur-Marne dès 1738, dont il reconstruisit l'orgue de 1753 à 5 7, après avoir fait celui de Notre-Dame à S*-Dizier et celui de l'église de Troyes; René Cochu son fils, aussi facteur et son successeur dans les fonctions d'organiste de la cathédrale qu'il occupa jusqu'en 1791 , chargé en 1764 de faire un jeu supplémentaire à l'orgue de cette église, en 1789, des réparations de l'instrument de St-AIpin, et avec Salmon, du relèvement de l'orgue de Notre-Dame de la même ville ; Parizot de Rouen, auquel on doit les orgues de S^ - Remy à Dieppe (1731) et de S* Jean, à Caen (1769); JeanBaptisle- Nicolas Lefèvre, également de Rouen, qui répara en 1733, Torgue de Ste-Croix à Bernay et termina, en 1761, l'orgue de St-Martin de Tours et fit, de 1741 à 1769, celui de l'abbaye de S^-Etienne à Caen, avec son frère Louis et son cousin Clément, puis ceux de Honfleur (1772; du Havre, etc. (un nommé Lkff.bvre ou Lçff.bure, de Rouen, fit des réparations k Torgue de Sainte-Croix à Bernay en 1729-30);
9i HECHERGHeS 8UR LES ANCIEN8I FACTEURS
Dartenty d$ St*L6, à qui fut confié, en 17J8, 1^ rem' plaeemerU de rinslruineni élabU par M. Bahil; Charles Dallary, né à Amiena, vers 1710, ouvrier tonnelier qui entreprit la réforme des aneieDues mécaniques, dont le bruit désagréable nuisait à l'effet, ot qui réussit à faire de magnifiques instruments parmi lesquels on cite celui deTabbayejd'Anchin, transféré plus tard à Sl-Pierre de Douai.
M. A. Jacquot a mentionné un certain nombre de facteurs lorrain* sur lesquels on trouvera des renseigne!;ients dans son ouvrage la Musique en Lorraine *.
Pour Paris, signalons Dealandea cité par Sauveur dans son étuda sur l'application des sons harmoniques {Acai. dê$ Sc.^ 1703); Collard ch@K qui Toti saisit des soufflets en 1790 et dont Tatelier était rue Mouffetard en t7;9*6o; Nie. Somer, comptable en 1749» figurant en 1769 comme ancien syndic juré, alors domicilié rue St* Jacques; Louis Bessard» comptable en 175 j, demeurant en 1759-60, rue des Trols-Canettes ; Claude Ferrand , rue St- Martin (1752-79) et rue Aumaire (1775), auquel sa veuve succéda (1776-8}); Boucher (175 j); Auguste Angot, rue dés Fossés St-Victor (175975) Que l'almanach de 1769 inscrit Vjnoot, par erreur, ot dont la veuve continua le commerce (1776-79) ; Louis-Alexandre
1 J. Adam, J.*B. Colin (1706), Renaud (i7ion CUude Houchsrel (1720-1744); Je^n Moucherai (1720); Antoine Moucherel (1766); F. Adam (1720); C. Bachet (1724); F. Vonécha (1739); Joseph et Nicolas Dupont, constructeurs de l'orgue de la cathédrale dt Nancy (1757), T^ul (174*)» Verdun, etc.
CliqnotjOomplableen 1756-57, mort ejltre 1759, et la signification de la révision de son compte, faite en 1762 à son flls François-Henri. Celui-ci fut le plus habile facteur d'orgues de son temps; il naquit croit-on, en 1728. En 1760, il Ut l'orgue de St-Gervais. La qualité dominante de F. H, Cliquot, consistait dans la parfaite harmonie de ses jeux; frappé de Viiabileté de Pierre Dallery pour la mécanique, il rechercha sa collaboration (1765) et c'est de cette collaboration que sont nés les superbes instruments de St-Nicolas-des-Champs , de la Ste-Chapelle, de St-Merry, du château de Versailles, etc. Pour la construction de l'orgue de St-Sulpice, inauguré le S 17 ipai 1781, CuQUOT resta seul et le regretta, dit^on, le résultat n'ayant pas été à son entière satisfaction ; il fit ensuite les orgues de Sguvigny et de Poitiers ; ce dernier coûta 92.000 livres, F, -II. Cliquot est Tinvenleur du jeu de haulbois ; cette invention date vraisomblablement de (1772), car nous avons lu dans V Avant-Coureur (p. 435) que le 18 juin Coupeuin fit entendre à 8t-Gervais « les nouveaux jeux et particulièrement le hautbois, inventé par Cliquot ». Il mourut en 179 1.
Signalons encore Jean Regnault, rue Galande (1759-69); François-Henri Lesçoj) pu tesclop, çpmptable en 1746, décédé comqnie U -A* Cwquot, avant l'examen de son compte, qui n'eût lieu qu'en 1761. Nous pensons que c'est à lui que. revient la construction de l'orgue de Notre-Dame,' achevée en 1750, que la notice publiée en 1868 sur cet instrument attribue k Thier7^y Lesclop, soit par corruption du prénom*
Henry, soit par erreur; la veuve Lesclop tenait encore l'atelier rue Regraltière en 1777.
Robert Richard paraît s'être adonné plus aux petits instruments mécaniques, qu'aux grandes orgues. Il a fourni une carrière assez longue, qu'il nous a éiê possible de suivre depuis l'année 1744 où il fut juré-comptable. Mi(îux que ses confrères, il sut appeler l'attention sur ses travaux et grâce aux réclames parues dans diverses feuilles, nous pouvons donner ici des détails peu connus, pour ne pas dire ignorés.
Le Tableau de Paris, pour l'année 1759, (p. 212) s'exprime ainsi :
M. Richard, habile méchanicien, connu par plusieurs machines hydrauliques, a obtenu un attellier à la bibliothèque du Roi, où il a établi ses ouvriers pour la construction de ses ouvrages ; il fait des serinettes. C'est lui qui, d'après les idées et les ordres de M. le comte de Sûint-Florentin, a exécuté ce merveilleux ouvrage méchanique, qu'on voit dans un cabinet de l'hôtel de ce ministre. On admire, dans celte machine, une figure d'enfant qui joue plusieurs airs de flûte avec la plus grande précision : cet acteur authomate est accompagné par 2 oiseaux aussi authomates, perchés sur des branches, qui exécutent leurs parties avec un mouvement de bec si parfait, qu'on distingue les tons pleins des semitons : une basse continue d'orgue soutient les 3 parties.
H. Richard imagina une sorte de diapason dont l'accord était invariable, que l'abbé Lascassagne, .recommanda dans son Traité général des éléments