ORGUE
du chant (1766) : « pour apprendre la musique sans le secours d'un maître » (p. i88). Cet instrument servait à fixer et régler l'intonation ; un second, qui, d'après sa description nous paraît être un métronome, était destiné à la détermination c des différentes mesures tant à deux qu*à trois divisions ». Ce n'est pas sans raison que l'almanach de 1769 faisait suivre le nom de Richard, de ces mots : t célèbre pour diverses pièces de méchanisme et notamment pour toutes sortes de pièces d'orgues et serinettes », car si la pièce dont il a été question ci-dessus excita l'admiration, celle-ci, dont nous empruntons la descriplion à Y ilmanach Dauphin de 1772-77, n'était pas moins étonnante :
Richard, au vieux Louvie, digne émule du célèbre Vaucanson, et un des plus habiles artistes de l'Europe pour Torgue, les serinettes et les vielles organisées, vient de faire exécuter en cette capitale, avec le plus grand succès, dans une salle de la bibliothèque du roi, un concert méchanique par quatre figures automates, dont Tune joue du violon, l'autre de la flûte, et la troisième touche' le clavecin, tandis qu'un petit amour bat la mesure et tourne le feuillet. On ne saurait donner assez d'éloges à cet artiste aussi modeste que sçavant, et dont les productions font tant d'honneur au génie inventif delà natioii.
K. Richard avait épousé une fille de J. Galland peu avant 1744. De 1783 à 1789 les almanachs mentionnent un J. Robert Richard, probablement fils de ce dernier, qui n'hérita pas de sa célébrité ; c'est à DavRAiN VILLE que devait échoir la succession artistique de Richard, ainsi qu'on le verra par la suite.
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En ce qui concerne les fadeurs d'instruments à souffle humain, nous n'avons pas, comme pour ceux de la période précédente, à redouter de lacunes. L'on a vu par le jugement que nous avons reproduit (p. 40), qu'ils n'étaient que cinq en 1752, et la même pièce nous les a fait connaître.
Lecler, beau-père du requérant, alors décédé, n'était par conséquent pas du nombre. On ne sait rien de précis sur sa carrière, mais c'est évidemment par erreur que G. Ciiouquet l'a signalé comme travaillant encore en 1769 {Catalogue, p. 100), en parlant du pelitflageolet en buis du musée, puisque nous savons par le jugement de 1752 sus-mentionné, que G. Lot € a entretenu d'ouvrages de sa façon la boutique et les pratiques de la veuve Leclerc sa belle-mère ».Une flûte en ébène à une clé, de ce facteur a fait partie du musée Ad. Sax ; elle a permis de constater que notre diapason est un demi-ton plus haut qu'au commencement du siècle dernier. Bruni porte deux flûtes sur son inventaire, l'une en ébène fut estimée 60 fr. Le fils de Lecler fut maître de flûte, il a fait représenter un opéra en 1747.
Charles Bizeyfut reçu maître en i7i6,on s'en souvient. Il a laissé quelques beaux instruments, entre autres un baryton sonnant à l'octave basse du hautbois, actuellement au Conservatoire (n'» 494), un hautbois d'amour en la quia figuré à l'exposition de Londres en 1890 *, qui lui donnent rang parmi les no-
1 A descriptive catalogue of the musical instrument^ reç$ntly exhibited at the royal military exhibition^ Londony 1890. CoHb-
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valeurs. A défaut d'instruments, celle annonce que nous relevons dans le Mercure de France de 1749 et que personne n'a encore utilisée, que nous ne sachions, le prouverait suffisamment :
Bizey, rue Dauphine, inventeur de plusieurs instruments à vent, avertit qu'il travaille toujours avec succès et perfectionne plus que jamais. Il a inventé depuis peu des hautbois qui descendent en G ré sol, comme le violon, d'autres qui sont à l'octave du haulbois ordinaire, imitant parfaitement le cor de chasse.
N'y a-t-il pas là quelque élément pour Toriginemal définie du cor anglais, sur laquelle nous apporterons d'autres détails inédits ? Celle annonce nous fixe en tout cas sur la date de Finsti^ument qui existe au Conservatoire. De Bizey, il y a aussi dans ce musée, un haulbois à deux clés. Un antre hautbois à deux clés, et à 6 trous, dont deux doubles, est à Bruxelles ; cet instrument est en si h d'après le diapason actuel. Bizey cessa vraisemblablement de travailler entre 1752 et 1769, car il n'est pas porté sur l'almanach de cette dernière année.
Paul Yillars, ex-apprenti de Ch. Bizey. fut juré de la communauté en 1741, il était un des opposants à la réception de G. Lot en 1752. En 1769 il était ot:ibli
piled by captain G.-R. Day, Londres, 1891. En citant cet auteur, remarquons qu'il a fortement « compiled » la Facture instrumentale à VExpontion^ sans en faire mention ; cependant, il n'a pu puiser aiUeurs les détails qu'il donne sur la clarinette do Desfontenelles, puisque nul n'en a publié la description avant nous.
rue des Fossés-St-Germain-des-Prés, oii nous voyons sa veuve de 3776 à 1779. Deux flûtes et un hautbois de ViLLARs sont inscrits à l'inventaire de Bruni ; une magnifique flûte à bec en ivoire, était à l'exposition militaire à Londres en 1890, le cap. Day en a donné la photographie dans son catalogue. Les instruments de ce facteur sont très rares aujourd'hui; nous avons vu récemment une flûte traversière à une clé carrée de sa fabrication, et un hautbois à 2 clés avec viroles d'ivoire, mais il n'existe aucun autre instrument dans les collections publiques.
Thomas Lot, deux fois juré-comptable en 1752 et en 1770 est au nombre des facteurs de flûtes, hautbois, bassons, etc., qui se sont distingués. Après avoir eu son atelier en 1754, rue St-Germain-]*Auxerrois, (VEspritdu Gommerce)y\l était en 177 5, rue de l'Arbre sec où nous le trouvons encore en 1783 ; deux années plus tard, nous voyons son nom à la même adresse, cette fois sans prénom. Ses instruments ne sont pas nombreux aujourd'hui. Le Conservatoire des Arts et Métiers possède une flûte traversière en buis à une seule clé ; on voyait une flûte basse à tète recourbée à l'exposition rétrospective de 1889, il y en eut une à l'exposition de Londres, prêtée par M. F. W. (^ALPiN et le Conservatoire de Bruxelles en a une autre, sonnant un ton au-dessous de noire «liapason.
Jacques Delusse appelé Lusse dans le jugement que l'on connaît (1752), mais dont tous les instruments sont marqués « Delusse », était établi quai Pelletier (actuellement de Gesvres) en 1769. A la
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même adresse, nou'î trouvons, de 177$ à 1779, un facteur do ce nom, dont le prénom n'est mnlheureusement pas indiqué, car en 178; appandt. toujours au même endroit, un Chrislophe Delusse -~ peut-être son fils - de telle sorte qu'il est difficile de savoir quand le premier cessa la fabrication et quand le second la commença. Cette incertitude est d'autant plus regrcllable qu'il existe au Conservatoire, des instruments très curieux, et que l'on ignore auquel de ces facteurs en revient le mérite : un galoubet (n** 364), une flûte en buis à une clé, trois haulbois (n°* 480, 481), un basson soprano en fa (n° 499), trois flageolets diapasons (740 à 743), une basse de flûte traversière à 8 clés et à tête recourbée, dont la partie cinti^ée est en métal, et une contrebasse de hautbois (n**459). Ce dernier instrument est remarquable non-seulement par sa rareté — il est probablement unique — mais aussi par l'innovation qu'il constituait à l'époque. Depuis longtemps les anciennes familles complètes d'instruments avaient disparu et, il est' hors da doute, que Deldsse en faisant cette contrebasse, n'a nullement songé à une reconstitution. Nous sommes donc en présence d'une tentative nouvelle, ayant pour but, pensons-nous, de suppléer au basson, et, ce qui nous confirme dans cette opinion, c'est ce passage reproduit pour la première fois dans la Facture instrumentale (p. 24), d'après V Almanach musical pour 1781 :
M. Luce a fait aussi une contrebasse dj hautbois. Cet instrument fait beaucoup d'effet dans un grand orchestre.
M. (Le Marchand, basson de l'Opéra, s'en est servi six mois à ce spectacle. Le prix de la contrebasse du hautbois est de ICO livres.
11 y a donc lieu de croire que l'instrument du Conservatoire est celui dont il est question dans cette citation. En ce cas, il y aurait eu erreur de la part du rédacteur du côtaloguc, sur la date présumée de 1760, et sur la dénomination de l'instrument qui ne serait point comme il l'a cru, une contrebasse de bombarde, (d'ailleurs inusitée depuislongtemps)tandisqu'aucontraire ses proportions et son emploi à l'Opéra par un bassoniste, laissent supposer un équivalentdubasson, lequel n'est pas autre chose, sous lerapport de l'étendue, que la contrebasse du hautbois.
Dans le même Alma7îach{p, 60) nous lisons encore :
M. Deluce a fait une nouvelle llûte très harmonieuse, inventée, dit-il, en Allemagne, avec laquelle une seule personne peut jouer des airs en partie. Cette llûte est composée de deux liâtes à bec, réunies dans un même corps. L'une d'elles est à la tierce de l'autre. On peut les jouer ensemble, ou, si l'on veut, n'en jouer qu'une. Cet Instrument a la même gamme et la même étendue, que la ilCite à bee. Le j)rix de cette llûte est de 36 liv* en buis et de 60 liv. en ebeine.
A parlir de 1789, nous ne retrouvons plus le nom de Delusse, si ce n'est sur l'inventaire de Bruni, où tigifrent plusieurs flûtes de sa fabrication. Ses hautbois étaient particulièrement recommandés et recherchés au début de notre siècle, à cause de leurs
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bonnes proporlions et de leur justesse. Delusse ifétail pas seulement fadeur, il possédait un réel talent sur la flût3, qu'il utilisa à l'Opéra Comique et comme professeur. A ce titre, il a compose un grand nombre de morceaux et une méthode : VArt de ta flûte traversière.
11 ne reste pas de nombreux témoignages de Tactivité de Denis Vincent ; seule, une flûte traversièrc en ivoire, à trois clés, déjà mentionnée dans notre volume La facture in^irumentale à V ExposHion de 1889 (P* 2^?)^ vient attester son habileté. D. Vincent étai* en 1769 rue de l'Observatoire; en 1791 seulement ce nom reparaît rue St-Honoré, mais évidemment c'est à un autre facteur, non prénommé, qu'il s'applique, car nous le revoyons en l'an VU, quai Pelletier, 34. Cette coïncidence de domicile, fait même songer à un successeur de Delusse.
Après avoir fait connaître ce que nous savons des cinq adversaires de Gilles Lot en 1752, arrivons à lui pour compléter ce que nous avons déjà dit au chapitre IL G, Lot s'était flatté de primer ses concurrents sous le rapport du travail, il les surpassa comme invention. La trouvaille que nous avons faite dans V Aoant'Coureur du 1 1 mai 1772 (p. 292). le démontre nettement : .
Le sieur G. Lot, facteur d'instruments à vent, demeui*ant dans la cour des moines de Tabbaye Saint-Germain, vis-à-vis de la fontaine, vient de faire paraître un instrument de musique d'une nouvelle invention, sous le nom 4e basse-tube (basso tuba) ou basse de clarinette. Ou
n'a point encore vu d'instruments d'une étendue aussi considérable. Il est susceptible de trois octaves et demie pleines; il descend aussi bas que le basson et monte aussi haut que la flûte. Cet instrument, qui est d'une forme tout à fait particulière, contient plusieurs clés pour l'usage des semi-tons, toutes très arlistement arrangées et d'un mécanisme fort ingénieux. Les Kons qu'il produit sont très agréables et si parfaitement sonores, qu'ils imitent de fort près, dans les tons bas, ceux d'un orgue dans l'action des pédales. Cet instrument étant joué par un habile artiste, ne sçaurait manquer de produire un très bon effet et d'avoir l'approbation du public, soit qu'il soit entendu seul ou dans l'orchestre.
Ces quelques lignes, dont aucun historien n'a encore fait mention et qui se trouvent publiées ici pour la première fois depuis leur apparition, c'est-à-dire, depuis plus d'un siècle, ces quelques lignes, disonsnous, ont une importance capitale, tant pour Torigine de l'instrument que pour l'honneur de la facture française du xvni* siècle. Elles infirment en outre lout ce qui a été écrit jusqu'ici dans les' dictionnaires, catalogues, traités ou histoires de l'instrumentation, qui, tous sans exception, font remonter le premier essai de clarinette basse à 1793 et l'attribuent à Grknser, de Dresde. La description ci-dessus est suffisamment précise pour éviter toute incertitude sur la nature de l'instrument: le nom de basse de clarinette^ les détails sur l'étendue et l'effet produits, ne laissent pas place au moindre doute et elle nous permet de revendiquer haulement, jusqu'à nouvel ordre, la clarinette-basse pour une invention française. L*an-
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nonce reproduite ci-dessus n'est pas la seule, mais elle est la plus explicite, car il serait difficile d'argumenler sur celle-ci, extraite de V Almanach Dauphin de 1777 (p. 45 du supplément) : « Lot, avantcour des moines, renommé pour les clarinettes, vient d'exécuter un nouvel instrunient en ce genre, inconnu jusqu'à ce jour, sous la dénomination de baisse-taille. »
Puisque nous en sommes aux rectifications, observons que c'est à tort que G Chouquet a désigné G. Lot comme étant fils de Thomas [Le Musée du Conservatoire, p. 98) ; il n'était que son cousin, ainsi qu'il appert du jugement auquel nous avons déjà renvoyé plusieurs fois.
Est-ce Thomas ou bien Gilles qui fournit l'Opéra 1 Peu importe, la chose est secondaire, mais le fait que révèle le mémoire ci-après, mérite d'être signalé, ne serait-ce que pour établir qu'autrefois, on se préoccupait de la justesse à ce théâtre :
Académie royale de musique, 22 septembre 1755.
Suivant arrêté du bureau de la ville, en date du 3o juillet dernier, le sieur Lot, maître lutier, à Paris, a fourni à l'Académie royale neuf tuyeaux orgaiiisez^ dont elle avait besoin pour établir le ton du clavessin de l'Opéra, prix fait à 9 livres pièce 81 livres.
En outre, pour avoir raccomodé le soufflet 6 —
A cette époque, le flageolet-diapason n'était pas en usage — J.-J. Rousseau et Lacombk n'en ont rien dit dans leur dictionnaire — ou il manquait de fixité,
et rinslrumenl de Richard, dont parlait Lacassagne, n'existait pas encore ; d'où la nécessité des tuyaux d*orgues commandés à Lot pour régler l'accord dés clavecins et par conséquent de rorcheslre,dans lequel cet Instrument figurait encore pour l'accompagnement des récitatifs.
Nous n'avons trace que de deux facteurs d'instruments de cuivre : Carun et Raoux. Carlin « ordinaire du Roy, rue Croix-des-Pelits-Champs » qui fournit deux cors de 'chasse à l'Opéra, en novembre 175 1, moyennant 84 livres, était en même temps exécutant ; au Tableau de Paris (1759 et 60) il est rangé avec Raoux parmi les professeurs, et l'almanach de 1769 l'annonce en ces termes : « il fabrique les cors de, chasse et enseigne les fanf^es et autres >. Comme facteur, il figure en 1777 avec les chaudronniers, suivant le vieil usage : « Carlin très renommé pour la fabrication des meilleurs cors de chasse, trompettes et timbales ». Les musées des Conser valoires df* Paris et de Bruxelles possèdent des cors de ce fabricant. La tonalité de l'instrument exposé à Bruxelles [fa) est à remarquer, les tons les plus usités à l'époque étant «/, ré ou mi b.
Dire quels ont été les continuateurs de Raoux et combien ils furent, depuis 1695, sernit fort difficile. Il est hors de doute cependant que ses descendants n'ont pas cessé d'exercer la fabricnlion et le jeu du cor de chasse jusqu'en 1759. ^ ^^^^^ époque, Joseph Raoux avait son atelier dans la rue Tiquetonne, qui, en 1769, avait déjà repris son ancien nomderuedu Petit-Lion-St Sauveur, du moins dans la partie qu'il
habitait. Il y était encore en 1775, année où son fils Lucien-Joseph, alors âgé de 22 ans, était lui-même établi « rue Mercier, à la nouvelle halle » ; mais, l'année suivante^ le père et le fils se réunirent et transportèrent leur maison au Louvre, rue Fromenleau, tandis que Cormery s'installait rue Mercier, peut-être au lieu et place de Raoux fils. Vers 178$, la raison sociale devint Raoux frères, et un peu avant 1795, leur atelier fut transféré rue Serpente 8, où il resta délinitivement. Les instruments des Raoux jouissent d'une réputation acquise à juste litre ; ils sont très recherchés des artistes pour leur sonorité et leur justesse. De Joseph Raoux qui mourut , croyons-nous, lé 26 décembj»e 1808, le Conservatoire possède un cor donné en 1798, comme prix à Dauprat, virtuose éminent. Jl a également une trompette de cavalerie décernée par » le premier Consul au citoyen Kretlv, pour s'être distingué à la bataille de Marr.engo » (1800) faite par Raoux fils, évidemment Lucien- Joseph, caril vivait encore en 1821, et une trompette circulaire faitej en 1820, dont Dauverné se servit jusqu'en 1826, à l'orchestre de l'Opéra.
Nous voici arrivé à la deuxième partie de la division que nous avons adoptée, dans laquelle nous nommerons les facteurs qui ont surgi de 1761 à
Pour les luthiers, nous n'avons que peu de noms
à ajouter ; de la nombreuse liste qui constitue notre
première période, beaucoup continuaient à exercer,
sur lesquels nous ne reviendrons pas.
Benoist Flettô ou Hetté n'a pas laissé trace de son exercice, on sait seulement qu'il fut comptable en j 1763 ; Le Lièvre avait fait en 1760 le violon mis en ] réserve par Bruni ; et récemment on en a signalé i un de 1754 ; son nom figure avec l'adresse :,rue des ' Nonaindières sur la Vielleuse habile, publiée par 1 J.-F. Bouix (entre 1761 et 71), ainsi que sur les aima- j nachs de 1775 à 1779; Leclerc, logé aux Quinze- \ Vingts, s'occupa beaucoup de raccommodages, nous i avons vu de lui des éliquetles de 1761,1768 et 1777; Gérard J. Delplanque, luthier lillois, a laissé quelques beaux spécimens de sa fabrication : une pandore de 1766 (à Bruxelles), un pardessus de viole à 5 cordes de la même année (Exp. rélrosp. belge 1878), un cislre de 1768 (Cons*., no 255), un autre de 1775 (Bruxelles) et un troisième de 1777 (coll. Samary) La guitare en écaille avec incrustations nacre et marqueterie d'ivoire (1775), acquise récemment par le Conservatoire, est d'une exécution magnifique. Etabli en premier lieu «marché aux poulets, près le marché aux poissons » k Lille, ce luthier transféra son atelier peu après (vers 1766; « grande chaussée, au coin d? celle des Dominicains ».
D'Antoine Saint Paul, juré-comptable en 1768, il n'est resté aucun instrument ; A. Vidal cile un pardessus de viole de l'année 1772 ; pourtant nous suivons ce luthier depuis 1775 jusqu'en 1789; il était beau-fils et successeur de Oukusan ainsi que l'indique son prospectus :
Au luth royal, me «les Fossés-Saint-Gennain-des-Pié."
proche la Comédie Française en entrant à droite par le carrefour de Bussy, Saint-Paul, beau-fils et successeur du sieur Guersan, luthier, fait et vend toutes d'instruments de musique, sçavoir : violons de Crémone, violons de sa façon et de toutes sortes d'auteurs; alto-viola, basses et contrebasses, harpes, guittares, vieles, luths, théorbes, mandores et mandolines ; cistres ou guittares allemandes, quintons, pardessus de violes, basses de violes, violes d'amour, serinettes et autres instruments. Il vend aussi des cordes de Naples et de Rome, de Lyon et toutes sortes de cordes filées pour lesdits instruments. On trouve aussi chez lui des cordes pour les clavessins et épinettes. Le tout à juste prix. A Paris.
Luzzi non plus n'a pas laissé d'instrument ; sans cette annonce que nous copions dans le Mercure de France de 1768, son nom serait encore ignoré :
Perfectionnements à la musette donnant le son de la 1/ clarinette et de la voix humaine, elle se joue avec ou j\ sans bourdon ; on peut imiter depuis la vivacité et la
netteté du coup de langue, comme dans la flûte traver-
sière ou dans le hautbois.
ai
ai lie
Ce luthier qui faisait toutes sortes d'instruments élait alors fixé, rue Mazarine, près le carrefour de Bussy.
C'est par la proposition qu'il soumit à TAcadémie des sciences en 1769, que Gosset, luthier à Reims, nous est connu. S'étanl aperçu que les touches placées sur le manche de divers instruments : « violes et toutes ses parties, quiiiton, guitare, mendole, mendolino et souvent la contrebasse de violon » pour marquer les demi-tons, coupaient toutes les cordes à
la même hauteur et donnaient par conséquent des demi tons égaux, tandis qu'il y en a de majeurs et de mineurs, Gosset eut l'idée de substituer aux dites touches, faites généralement de cordes entourant le manche, t des espèces de sillets bas , collés sur le manche, plus haut ou plus bas ^ous chaque corde, » selon que le demi-ton est majeur ou mineur, afin d'obtenir une justesse parfaite, impossible avec le système des divisions égales.
Le Journal de mtisiquede 1770 mentionne quelques luthiers inconnus jusqu'ici, comme beaucoup de ceux que nous avons déjà signalé d'ailleurs : Gassineau, rue des Prouvaires près Saint-Eustache « fait, vend, achète et loue toutes sortes d'instruments, violons, basses de violes, pardessus, guitares, clavecins, man dolines, contrebasse, vielles et autres instruments ^ ; Cherbourg, dans le Temple au bâtiment neuf inventeur « de la lyre renouvelée et perfectionnée, » un de ces instruments à 22 cordes et 7 clés a fait partie du musée de M. Sax qui, dans l'ignorance du nom choisi par le luthier, lui adonné, celui de « cistre» ; l'étiquette en est curieuse : t Cherbourg, dans le Temple à Paris enventeuvre (inventeur) de la perfexion de cet instrument tans désiré » ; il n'y a pas de date, mais il n'est certainement pas « très ancien » comme l'a cru M. Sax, nous ne le croyons pas de beaucoup antérieur à Tannée 1770, époque où nous trouvons l'annonce de l'invention de Cherbourg ; Déhaye (Deshayes ?) rue de Grenelle-Saint-Honoré, près celle des Deux-Ecus, le seul élève et neveu de M. Salomon ; il avait pour enseigne t au Prélude es-
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pagnol » et joignait à la vente • des violons, violoncelles, basses, dessus de violes, basses de violes, vioUes d'amour, > celle des violons et violoncelles d'Italie et des meilleurs auteurs anciens français et éirangers, ainsi que des cordes de Naples etde Rome. Nous ne saurions dire si c'est lui qui se trouvait, rue des Saints-Pères de 1775 à 1777.
Un violon signé Eve et portant avec la date de 1770 l'adresse, rue CuUure-Ste-Galherine € à la fortune » est au Conservatoire (n** 18). Est-ce le même Eve qui de 177'; à 79 avait son atelier, rue N'^® Ste-Catherine, et que TAlmanach de 1783 désigne par les prénoms de Jacques-Charles, rue St-Antoine,et que nous trouvons en 1788-89, rue Vieille-du-Temple ? Henri Huet avait pour enseigne « au Roi des instruments » ; il figure en 1778 comme faiseur de serinettes, rue St-Marlin; il avait transféré son domicile, rue du Grand-Hurleur en 1783, année qui se trouve sur l'alto inventorié par Bruni. Voici copie de son étiquette :
Huet, maître luthier, fabrique et rebille toutes sortes d'instrumens comme violons, basses, contrebasses, guittares, alto, serinettes, etc., le tout au goût des amateurs, il tient de bonnes et véritables cordes de Naples, le tout à juste prix. Sa demeure est à l'encoignure de la rue du Grand-Hurleur et de St-Martin, à Paris.
Vers- 1770, arrivait à Orléans, François Lupot, luthier lorrain, élève de Jos. Guarnerius, issu d'une famille originaire de Mirecourt, sur laquelle les renseignements donnés jusqu'à ce jour sont quelque peu contradictoires. D'après A. Jacquot, le chef de
cette famille sérail Jean Lupot né le 25 juillet 1684 et décédé le i^'^mars 1749. Suivant A. Vidal, ce Jean Lupot eut un fils, Laurent, qui naquit à Plombières en 1696, habita Lunévillede 175 1 à 1 756 etsefixa à Orléans en 1 762. La date de la naissance de Jean, donnée par le premier, nous semble erronée, car il n'y a pas d'apparence qu'il ait eu un fils à l'âge de 12 ans; l'année 1670 à laquelle la famille Gand fait remonter approximativement la naissance de son ancêtre est plus acceptable. D'autre part on signale une étiquette de Jean Lupot portant la date de 1647. Sans prendre parti, revenons à François Lui-ot qui se fixait en France après un séjour de 10 années (et non 1 2 comme l'a dit A. Vidal) à la cour de Wurtemberg. Né à Plombières de Laurent Lupot. il avait 22 ans lorsqu'il partit en 1758 pour Stuttgard, où il était appelé — on ne sait à la suite de quelles circonstances — pour exercer son art à la cour du duc régnant. Le fait est établi d'une façon absolue par un instrument que l'on a retrouvé avec cette curieuse étiquette : « François Lupot, luttier de la coure de Wirtenbergt à Stoutgard 1765 v et par le certificat ci-après, tout entier de 1^ main du célèbre compositeur italien JoMELLi, conservé précieusement, comme bien on pense, par M. Gand :
Lomsburg, i 6 juin 1768.
J'atteste moi soussigné par le présent certificat, que le nommé François Lupot a servi pendant l'espace de dix ans consécutifs Son Altesse Sérénissime. Monseigneur le duc régnant de Wirtemberg jusqu'à aujourd'hui
qui sort de son service, avec ponctualité, exactitude et particulière adresse et finefîse de son art.
Le directeur de la Musique de S. A.
Sér. le duc de Wirtemberg,