‹ Les facteurs d'instruments de musique: les luthiers et la factureChapitre 38 sur 86 · STATISTIQUE · texte numérisé non relu

STATISTIQUE

due en grande partie aux événements qui marquèrent la fin du xviii® siècle. On constate un lé^er relèvement pendant les premières années du xix^ siècle, où le nombre de facteurs varie entre 80 et 90 ; puis; à partir de 1821, la dififusion de Tart musical aidant, : commença un prodigieux mouvement ascensionnel Iqui devait atteindre son summum en 1847, ^^ ?uî fut suivi d'une diminution causée par la disparition des petits industriels, contraints de céder devant Textension des grandes usines. De sorte qu'après être passé progressivement de 112 (1821) à 259 (1847), ^^

I total des facteurs s'abaissa peu à peu à 155 (1873), chiffre qui n'a guère subi depuis de variations ipour l'ensemble de la corporation , si l'on tient icompte des défalcations faites dans ce tableau, des r facteurs de Mirecourt et de La Couture.

En examinant les chiffres relatifs aux diverses catégories, Ton remarque un mouvement analogue de croissance et de décroissance, sauf pour les luthiers dont le nombre diminuait quelque peu pendant que celui des facteurs d'instruments à vent s'augmentait rapidement.

Les luthiers, qui étaient 58 en 1783, se réduisaient à 19 en 1847^ ils sont 22 maintenant ; cette décroissance s'exphque par la disparition d'une grande ' . quantité d'instruiîienls à cordes : luths, ihéorbesj etc* et par la production énorme de Mirecourt. De 20 qu'ils étaient en 177$, les facteurs de grandes orgues se trouvèrent réduits à 10 en 1847, nombre

nous n'avons pas tenu compte d'ailleurs dans la statistique du

la

lit

xviii® siècle;

qui n'a plus varié depuis ; les conslrucleurs d*harironiums sont une dizaine aujourd'hui. La facturé des clavecins et harpes comprenait une vingtaine de maitres en 1775, lesquels firent place aux facteurs de pianos qui étaient 180 ii Paris en 1847 et ne sont actuellement que 55. La catégorie des facteurs d'instruments à vent est la seule qui ait progressé numériquement depuis le xviir siècle jusqu'au milieu du xrx^ ; c6la se conçoit aisément si l'on songe à la quantité de musiques d'harmonies civiles et militaires, que la vulgarisation de l'art musical a fait éclore. De 8 en 1775, le nombre 'je ces spécialistes s'éleva jusqu'à 40 en 1847 ; une légère diminution s'est produite depuis cette époque, ils ne restent plus que 30 et cette diminution porte particulièrement sur la rlasse des instruments de cuivre. Cette ancienne distinction basée sur la matière dont les instruments sont formés a été conservée jusqu'ici, bien que plusieurs instruments qui se faisaient autrefois en bois, notamment les flûtes, soient depuis longtemps en métal et continuent d'être fabriqués par ceux qui ne travaillaient que le bois. Il serait plus exact de nommer ces derniers instruments à clés ou mieux à trous latéraux. Les facteurs n'ouvràgeant que le cuivre sont maintenant un peu moins nombreux que ceux qui ne s'occupent que du bois ; deux seulement emploient les deux matières. C'est à dessein que nous avons négligé les fabricants d'accordéons, concertinas et autres instruments qui ne tiennent en rien à l'art, ainsi que les fabricants d'accessoires et de fournitures, claviers, feutres, etc.

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