‹ Les facteurs d'instruments de musique: les luthiers et la factureChapitre 40 sur 86 · PIANOS. S. ERARD · texte numérisé non relu

PIANOS. S. ERARD

il continua ses recherches qui aboutirent à la découverte du double échappement (1822), savante combinaison des deux systèmes précédents, qui fit la fortune de l'instrument. Entre temps il remplaça la pointe du sommier des chevilles par une agrafe donnant à la corde une assiette ferme, indispensable aux notes aiguës (1809). 11 imagina ensuite le piano à deux claviers en regard (181 1), le piano à sons continus (181 2) et construisit des inslrumenls de diverses formes: piano-clavecin (1809), pianosecrétaire à deux jeux de marteaux et piano en forme de colonne (181 2); puis en 1821, il fit connaître son piano à deux claviers indépendants placés vis-à-vis Tun de l'autre. C'est l'année suivante que S. Erard triompha enfin du double problème qu'il s'était imposé depuis longtemps, par l'invention géniale du mécanisme à répétition dit double mouvement^ faute d'un terme plus précis. Le piano était dès lors pourvu des plus grandes ressources d'exécution, le nouveau mécanisme permettant, selon l'expression de Thalberg, de communiquer aux cordes tout ce que la main la plus habile et la plus délicate peut exprimer. Pourtant le piano n'avait pas encore reçu tous les perfectionnements dont il était susceptible, d'autres parties restaient à modifier. Une innovation importante fut le barrage métallique au-dessus du plan des cordes, assurant à la caisse la plus grande solidité et permettant remploi de cordes d'un plus fort diamètre, laquelle fut complétée peu après (1830) par la substitution aux cordes de cuivre, jusqu'alors employées pour les^

basses des cordes filées en acier. Alors, le piano acquit une sonorité particulière, très caractéristique, n'ayant plus aucune analogie avec celle du clavecin. C'est également à S. Erard qu'est due la transformation de la harpe. A l'époque où il fut amené à s'occuper de cet instrument, c'est-à-dire vers 1786, il était borné dans ses ressources, par suite de l'impossibilité d'exécuter tous les demi-tons chroma^ tiques de l'échelle musicale et son mécanisme, à crochet ou à sabot, faisait le d'^sespoir des harpistes, son moindre inconvénient étant d'attirer les cordes hors du plan vertical. La première amélioration apporté à la harpe par ërard fut la substitution aux anciens systèmes, du mécanisme à fourchettes ou à simple mouvement. Dans cette innovation, ce facteur n'avait pas cherché à étendre les ressources, il s'était borné à remplacer un mécanisme défectueux, (1798). Peu après, il produisait une harpe sur laquelle on pouvait faire les bémols et les dièses sans nuire à l'accord de l'instrument, au moyen d'un levier placé entre la fourchette de sa première invention et le siK let de la corde dans sa plus grande longueur. Mais, ainsi construite, la harpe conservait le grave inconvénient dtî ne pouvoir que hausser un son sans jamais pouvoir rabaisser, et partant, d'interdire certains modulations. Erard y remédia en 1802 à l'aide d'une cheville pouvant tourner a droite et à gauche, La pédale occupant une position centrale, on accordait la harpe en ut au lieu de mi b — changement imporiant — puis, lorsque l on poussait cette pédale à droite en l'abandonnant à elle-même, la tension de

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