ORGUE. S. ERARD
complété Tannée suivante par un sommier à soupapes brisées de l'invention cI'Erard, à l'aide desquelles le volume de son augmentait à mesure que l'on pressait la touche. C'était la réalisation complète des espérances de Grétrv, car Tinstrumenl possédait l'expression par la touche et il était construit par ordre du gouvernement pour la chapelle des Tuileries. La commission de réception le reconnut admirable sous tous les rapports ; malheureusement, détruit une première fois en juillet 1830, et reconstruit en 1855 par P. Erard*, il disparut dans Tincendie de 1871. La perte de cet orgue est d'autant plus regrettable qu'il n'en existe pas de semblable et qu'il devient impossible d'apprécier l'importance de la découverte d'EaARD.
C'est pendant la construction de cet orgue que S. Erard fut repris par la maladie qui devait l'emporter le 5 avril 183 1, après une année de cruelles souffrances. Les magnifiques travaur. de cet homme de génie lui avaient valu trois fois la médaille d'or aux expositions de 18 19, 1823 et 1827 et la croix de la Légion d'honneur, en 1823.
Jean-Baptiste Erard, irère de Sébastien étant mort le 10 avril 1826, c'est son fils Jean-Bapliste-Pierre Orphée, né à Paris en 1794, qui succéda à son oncle et fut chargé de la mission de maintenir la haute réputation acquise parla maison. Ayant collaboré aux travaux de ses parents ainsi que l'indique un brevet de
* Lorgue du Palais des Tuileries. Paris (Didot) i855, gr. in-f", avec planches.
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182 1 , pris au nom (I'Erard frères etfil&y il ne faillit pas à la tâche. En 1834, Pierre Erard introduisit un perfectionnement à la mécanique à double échappement ; en 1838, ilimagina la barre harmonique donnant aux sons aigus une pureté et une intensité inconnues jusqu'alors et appliqua, en 1843, le double échappement au piano carré. Parmi les autres inventions de ce célèbre facteur, il faut citer le clavier de pédales adapté au piano à queue (1848), le sommier de bronze formant avec le sommier d'attache, un châssis augmentant la puissance de Tinstrument, sans avoir les inconvénients du châssis en fer fondu d'une pièce (1850) et diverses autres améliorations de détail
Sans toucher au principe si parfait de la harpe inventée par son oncle, P. Ehard apporta quelques modifications à sa construction. En diminuant de moitié la hauteur de la cuvette, il augmenta la longueur de la table et du corps, et par suite, employa des cordes d'un diamètre plus fort, ce qui donna plus d'ampleur àla sonorité (183 5-38). A cette époque Erard faisait des harpes styles gothique et grec, grand modèle en ui et d'autres, plus petites, en /a 6.
Les distinctions les plus flatteuses furent la récompense des efforts faits par ce digne continuateur des nobles traditions du fondateur. Des médailles d*or eu 1834, 1^39, 1844; la grande médaille d'honneur à Londres en 185 1, puis à Paris en 1855 ; la croix de chevaher de la Légion d'honneur en 1834 etcelle d'officieren 1851, proclamèrent la supériorité de la maison et attestèrent la haute estime qu'on lui