PIANOS, HARPES. ERARD
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portait. Mais P. Erard ne put assister au nouveau triomphe qui Tatlendait ; il mourut au château de la Muette, le i6 août 1855 avant la clôture de Texposîtion.
P. Erard disparu, sa veuve secondée par son beaufrère M. Schœffer conserva la maison dont la prospérité allait toujours croissant. A la mort de ce dernier (27 janvier 1873), qui avait été nommé chevalier de la Légion d'honneur à Toccasion de -l'exposition de 1867 où la maison Erard était hors concours, c*est à M. Albert-Louis Blondel que M"»* Erard confia l'administration de sa manufacture, dont il a rentière direction depuis le 13 octobre 1889, date de la mort de cette dernière. Dans l'état de perfection auquel S. et P. Erard avaient porté les instruments, il est difficile à leurs successseurs d'ajouter beaucoup à leurs travaux. Ils ne restent pas néanmoins inactifs, et en continuant d'assurer le développement et la supériorité de la maison, ils se préoccupent toujours des moyens d'améliorer la fabrication. Le dernier perfectionnement important date de 1880; il consiste dans une nouvelle disposition de la pédale douce du piano droit. L'ancien système à languette de feutre s'inlerposant entre les marteaux et les cordes, est d'un maniement difficile pour les personnes peu exercées, et le système avec déplacement des marteaux de droite à gauche, fatigue le mécanisme et produit une usure inégale des feutres qui les garnissenL Le nouveau système n'a aucun de ces inconvénients, la diminution d'intensité du son s'obtenani par le rapprochement des marteaux qui
frappent la corde avec plus ou moins de vigueur, selon qu'ils sont plus loin ou plus près d'elle. A la vérité ridée n'était pas neuve, mais les essais tentés jusque-là, avaient toujours échoué, parce qu'ils entraînaient une altération du toucher.
A l'exposition de 1878, la maison Erard reçut une médaille d'or; elle obtint le grand prix en 1889; son directeur M. Alb. Blondel a été décoré de la Lésion d'honneur en 1888. De telles maisons sont la gloire d'un pays. Grâce aux travaux de ses directeur^, à leur parfaite honorabilité, à leur conscience artistique et à la qualité irréprochable de leurs instruments, le bon renom de l'industrie française a été affirmé dans le monde entier. C'est que dans la maison Erard on a beaucoup plus le souci de faire d'excellents instruments, que d'en produire beaucoup laissant à désirer sous quelque rapport, et pour y arriver, aucun sacrifice n'est épargné : tout instrument qui ne réunit pas les qualités voulues est impitoyablement détruit ; les matériaux sont tous de premier choix et ce n'est pas le prix de revient qui décide de l'adoption du mécanisme, mais bien ses qualités. C'est ainsi que pour les pianos droits, il est fait usage de la mécanique d'ERARo dite à lameSy bien que son prix soit plus élevé que celui de la mécanique à baïonneltes. Les merveilleux pianos à queuo, richement décorés, qui ont fait la curiositédes expositions de 185 1, 1867, 1878 et 1889 prouvent bien que la question d'art prime tout chez Erard, car ils ont coûté chacun plus de 50.000 francs» et il n'est pas certain qu'en les vendant, le facteur se soit entière-