I PIANOS — PLEYEL
remplissant les fonctions de membre du jmy ; mais en 1878 elle participa au concours et reçut une médaille d'or avec mention très élogieuse. Bien qu'elle eût obtenu déjà de brillants résultats, cette maison continuait l'étude comparative des cordes parallèles et des cordes croisées, mais l'adoption du fer forgé donnant plus de légèreté à la construction et une plus grande force de résistance que le fer fondu, était acquise. Les instruments ainsi construits avaient « une sonorité fine et distinguée » et le mécanisme, à l'action facile et précise, permettait au pianiste la plus grande souplesse d'exécution. Comme innovations, la maison Pleyel représenta le clavier transpositeur et la pédale tonale exposés précédemment à Londres. Le clavier-transpositeur, différent de tous les systèmes connus jusqu'alors, constitue un appareil mobile et complètement indépendant du piano. 11 se pose sur le clavier de n'importe quel instrument et agit sur les louches sans qu'il en résulte le moindre effort pour l'exécutant. La pédale tonale avait pour but de laisser vibrer les notes fondamentales du ton, à l'aide d'un petit clavier supplémentaire d'une octave.
La mort ayant surpris A. Wolff le 9 février 1887, la direction de la manufacture revint à son gendre, M. Gustave-Frantz Lyon (né à Paris, le 19 nov. 1857), ancien élève de l'Ecole polytechnique. Les lumières d'un savant n'étant pas moins précieuses que celles d'un musicien, pour la construction des instruments, la maison Pleyel se trouvait sûre, dès lors, de se niaintenir à la hauteur des progrès de la science.
Déjà M. G. Lyon a pu déterminer, par des formules pratiques, la manière de trouver le diamètre, la longueur et la tension à donner aux cordes simples ou filées pour obtenir un son donné. Cest à Faide des tables qu'il a dressées, que MM.Gand et Bernabdel ont connu d'une façon précise la densité et la grosseur à donner à la cinquième corde qu'ils ont ajoutée à la contrebasse ordinaire, pour obtenir Vut grave sans changer la longueur des autres cordes. Les travaux de M. G. Lyon ne se bornent pas à des découvertes théoriques, il faut y ajouter divers types de mécaniques à répétition dont les plus récents datent de 1891 et 1892; deux systèmes de cadres, l'un en acier fondu d'une seule pièce, l'autre en bronze ; la harpe éolienne s'adaptant aux pianos à queue de concert et vibrant par sympathie; la pédale harmonique qui laisse vibrer à volonté un accord frappé par les doigts, alors même qu'ils ont cessé de maintenir les touches ; le durcisseur, appareil d'étude destiné à développer la vigueur d'attaque; l'application dn molliphone y assourdissant le piano au point qu'il n'est plus entendu des pièces voisines et permet à l'artiste de travailler sans gêne pour autrui ; le piano scolaire, l'appareil digitoégaliseur {iS()i).elc. L'exposition de 1889 a couronné les travaux des directeurs successifs de la maison Pleyel, Wolff et C'g; lo jury lui décerna un Grand Prix pour ses instruments, et dans la section d'économie sociale, elle obtint une médaille d'or. Quelque temps avant, M. G Lyon avait été décoré de Tordre de Léopold de Belqique (1888), il a été nommé che^