PIANOS — PLEYEL
valierde; a Légion d'honneur (le 8 avril 1889), et a reçu, en 1892, la croix de chevalier du Danobrog.La maison Pleyel a pris part à un grand nombre d'expositions étrangères, mais, dans la plupart elle fut hors concours, ses directeurs faisant partie du jury (Vienne, 1873; Amsterdam, i88j ; Bruxelles, Melbourne, Copenhague, 1888)
Les modèles actuellement fabriqués par la maison Pleyel sont à cordes croisées ou parallèles, pour les pianos à queue, et à cordes obliques croisées ou non, pour les pianos droits ; elle n*a pas abandonné la construction des pianos à cordes verticales. Ces divers modèles se font en plusieurs grandeurs et d'une seule qualité. On a pu voir en outre à l'exposition de 1889, différents types d'instruments richement ornés, tels que le piano à queue, style Louis XVI, en vernis-Martin fond or ; les pianos droits style renaissance italienne et Louis XVI avec sculptures, laquage en plusieurs tons et peintures décoratives, etc. Une grande souplesse de mécanisme, une sonorité claire et argentine, une grande légèreté de toucher, un prolongement remarquable des vibrations, telle est Ja caractéristique des instruments de cette maison.
L'usine Pleyel, située à Saint-Denis, occupe une superficie de 55.000 m. carrés, on y emploie 600 ouvriers qui produisent annuellement, de 2,600 à 3,000 pianos. En 182030, on n'en fabriquait que 50 par an et le personnel ne comprenait qu'une vingtaine d'individus; puis, en 1844, la production s'élèvà à 900 instruments. Depuis la fondation il est sorti de cette usine 106,000 pianos. Quoi déplus éloquent que ces
chiffres, et que pourrions-nous ajouter qui prouve mieux le succès et la prospérité de la maison Pleyel, qui contribue si puissamment à l'honneur de la facture française? Quant au mouvement artistique qu'elle a créé, il est considérable, 200 concerts étant donnés chaque saison dans ses deux salles.
Pendant un certain temps, trois noms figurèrent au premier rang sur les palmarès des expositions et se partagèrent la faveur du public, pour la qualité et le fini des instruments. Deux nous sont déjà connus Eaard et Pleyel, le troisième aujourd'hui disparu, est Henri Herz qui, comme ce dernier, fut virtuose avant d'être facteur. Dans le but de donner du relief à leur établissement, il fut de mode parmi les facteurs de pianos, durant les premières années du siècle, de s'assurer le concours de pianistes renommés, soit comme intéressés, soit comme associés. C'est ainsi que H. Herz débuta vers 1825 avec H. Klepfer, de Lyon, qui venait de transporter ses ateliers à f'aris* ; mais, plus occupé de sa carrière de virtuose que de celle de facteur, à laquelle il n'était nullement initié, il dut se reposer sur son associé, de la gestion de la maison, qui fut désastreuse. Herz rompit alors avec Klepi^er et fonda une fabrique dont il dut, dans son ignorance du métier, confier. la direction à un étranger; aussi le résultat ne fut-il pas beaucoup plus satisfaisant au point de vue financier. Depuis 1839,
* Klepfcp avait inventé, en 1824, un mécanisme à échappement donnant une répétition très rapide et un piano dont les cordes étaient attachées au couvercle. II eut une méd. de bronze en 182".