‹ Les facteurs d'instruments de musique: les luthiers et la factureChapitre 63 sur 86 · INSTR. EN CUIVRE · texte numérisé non relu

INSTR. EN CUIVRE

serpent. Les instruments de ce facteur sont très rares, une seule clarinette en cuivre, à 9 clés, déjà signalée {La Facture y p. 168) nous est connue. Il mourut en 1830 et sa veuve continua avec son neveu Louis MuUer pendant quelques années, après quoi, il resta seul jusqu'à son décès, qui survint en 1867 \ Ce facteur fut très inventif; en 183 5, il donna aux pistons une perce plus forte ; en 1838, ilfit un système de cor à 2 pistons percés de trois trous au lieu de quatre et actionnés par des touches ou boutons, à volonté; en 1846, il construisit une clarinette-basse à deux corps parallèles en forme de basson, descendant à Yut, qu'il proposa pour remplacer le basson, puis, une clarinette à 14 clés et 4 anneaux dont un spécimen est au Conservatoire (n° 539); en 1855, ^^ fut une contrebasse à anche à corps parallèles, également en forme de basson, descendant une octave au dessous de cet ins" trument, aperce cylindro-conique, pavillon en cuivre et disposition nouvelle des clés, qu'il appela mullerphone. Ses cornets à 2 et 3 pistons furent jugés les plus satisfaisants en 1855 (méd. de 2" cl.). Peu après la mort de Mulleb, Nf. Jean-Léon Cousin, né à Paris le 30 janv. 1843, se rendit acquéreur de son fonds (sept. 1868) ; il avait fréquenté les classes entretenues au Conservatoire par le ministre de la guerre, alors qu il était musicien au 2® génie, et obtenu un 3e accessit de clarinette au concours de 1863. M. Cousin en-

* Dans le Catalogue du musée du Conservatoire ,0. Chouquet a indiqué comme époques d'exercice de ce facteur iR35-55 (page i36 )et i83o-6o (page 166.)

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seigne actuellement cet instrument à l'École de musique de Lyon, succursale du Conservatoire de Paris. Comme facteur, cet artiste a remporté deux médailles d'argent (1878-89); il a imaginé un système d'ins tpumenls à 5 pistons sur lequel nous nous sommes étendu dans la Facture (p. 138) ; il est encore l'auteur d'un entre-deux articulé, servant à monter et à démonter instantanément les instruments à pistons, faits avec un tube sans soudure.

Trois ans après la création de la maison Sauter- MEisTER à Lyon, Couturier en fondait une seconde (1812), ayant pour but la facture ordinaire. En 1852 elle passa aux mains de son fils Jacques Couturier, qui fit breveter la même année un perfectionnement à l'ophicléide, consistant dans la suppression des 4 dernières cl^s et leur remplacement par un piston à rotation. Un ophicléide basse de ce genre est au Conservatoire (n'' 654). A l'exposition de Londres en 1890, on vit un cor marqué « Dubois et Conturier^ Lyon », probablement du père de ce dernier*. Après avoir reçu une méd. de 2^ cl. en 1855, J. Couturieu fils, obtint en 18Ô7, une méd. dé bronze. Vers 1875, son fonds devint la propriété de la maison Pellisson, frères. A Lyon, il y eut encore Tabard (1820-48) qui ne fut pas sans mérite, à en juger par les instruments que Ton connaît. Le plus original, à coup sûr, est l'espèce de serpent à 3 clés, à pavillon en forme de tète de dragon, dont il y a des spécimens à Bruxelles et à Leipzig dans la collection P. de

^ Des almanachs de i83ô-38 iadiqueiit cette raison sociale*

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Wilt. Le catalogue A. Sax menlionne un instrument de cette espèce marqué Jeantet à Lyon. Au Conservatoire de Paris, on voit un clavicor de Tabard fait avec une magnifique corne (n^ 674) ; dans la collection Sax il y avait un buccin et un ophicléide basse, si 6. à 9 clés et le musée Kraus possède une canneflûte de ce facteur. De Rust qui vendit le serpenta une clé n° 645 du Conservatoire ; on ne connaît que le curieux basson entré récemment dans la même collection. P. Piattet et Benoît n'ont guère laissé, en dehors de leur projet de remplacement des clés et pistons par les soupapes (1B36), que le souvenir de leur participation à l'exposition de 1855. Enfin, plus anciennement, le grand-père du compositeur L. CJapisson était établi dans cette ville et un petit facteur, nommé Rivet, dont nous possédons un cor à 2 pistons, fut mêlé au procès Sax, de 1846 à 50. 11 était déjà établi en 1B40.

Lyon est la seule ville qui ait fourni autant de facteurs ; à peine en compte-ton quelques uns pour le reste de la France. A Marseille, nous ne voyons que l'ancienne maison Guérin qui fait remonter son origine à 1762 ci fut dirigée }»ar Daniel vers 1847 et ensuite par sa veuve et son fils (1857-81) avant de revenir au des- endant du fondateur qui exposa en 1889 des violons et des clarinettes (méd. de br.). Daniel est l'auteur de divers perfectionnements aux instruments à pistons brevetés en 1858, 64 et 81, dont il a été question dans notre précédent ouvrage. Lille n'a donné que Henri-Louis-Joseph Jacques dit Printemps (1820-36) dont il y a un ophicléide alto

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en la h au Conservatoire (n° 652) et Bayeux nous a offert E.-Fr. Cassine (1855). A Strasbourg, J.-Chr. Roth entreprit en 1840 la fabrication des bois et des cuivres. Il se présenta à l'exposition de 1844 et reçut une médaille de bronze pour une trompette placée au i®r rang et un alto au 3e. Puis il adapta aux instruments de cuivre un mécanisme transpositeur à coulisse mobile (1852-56). En 1855, Uoth fit une flûte descendant au sol et une clarinette-basse, dont aucun trou n'était bouché directement par les doigts, qu'il présenta à l'exposition avec un cornetxlarino (cornet et bugle duplex), un cornet omnitonique à cylindre et à coulisses et des clarinettes en cuivre (méd. de 2* cl.). Charles Kretzschmann également de Strasbourg fit breveter divers changements aux instruments à cylindre de 1850 a 58; le Conservatoire possède un bugle alto en mi b k j cylindres (n° 586) et nous avons vu un cor à son nom.

^ VU. Facteurs d'instruments dits en cuivre et en bois. Facteurs d'instruments de toutes sortes.

Peu de facteurs exécutent réellement les deux sortes 'd'instruments que l'on est convenu d'appeler en « bois et en cuivre », bien qu'il en soit vendu beaucoup comme tels. Les procédés de travail, l'outillage, etc., sont tellement différents, que cela n'a pas lieu de surprendre. D'ailleurs, il n'y a pas très longtemps que l'on a eu l'idée en France de réunir

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