CUIVRE ET BOIS — SAX
les deux genres Sel même les instruments à cordes. Adolphe Sax, qui, à l'imitation de son père établi à Bruxelles, s'occupa des deux sortes d'instruments, a été certainement une personnalité marquante de la facture, mais l'efficacité et l'utilité deses travaux, ainsi que leur influence sur le progrès et le développement de la facture sont discutables. Il s'est abusé sur la valeur de ses découvertes et Ton peut dire qu'il est lui-même Fauteur des déceptions et des déboires qui abreuvent la fin de son existence. Ù est à regretter que ce facteur ingénieux n'ait pas fait un meilleur usage de ses facultés, et qu'il ait eu la folie de vouloir concentrer toute la facture en ses seules mains. C'est pour avoir tenté de dominer tout et de se substituer à tous, qu'il s'est attiré les procès qui ont éléle début de luttes violentes, également fatalesaux deux partis. En vain, on essayerait d'incriminer les facteurs parisiens; ils défendaient leur existence et ce n'est pas sans raison qu'ils qualifiaient d'intrus, l'étranger qui, sous prétexte de perfectionnement souvent plus apparent que réel, portait la main sur tout, et voulait monopoliser, par le moyen du brevet, la fabrication des instruments à l'usage des musiques militaires.
* Sautermcister avait fabriqué à Lyon,desbois et des .cuivres. Ch. Collin (i82o\ Ilusson et Duchêne et autres déjà cités ainsi que Gambaro (i833-5o) succédant à son père Jean-Baptiste fixé à Paris vers 1818, ont tenu toutes sortes d'instruments. Sans pouvoir l'affirmer d'une façon précise, nous croyons que la fabrication de ces derniers se bornait aux deux sortes « cuivre et bois •, Gambaro étant inventeur d'un système de pistons à clés à bascule (1845.)
3oO XIX* SIECLE
On ne peut exciper en sa faveur de rintcrèt de l'art, la question de commerce et d'intérêt privé ne lui était pas indifférente, sans quoi, il n*eùt pas quitté sa patrie, où il eut pu paisiblement produire ses découvertes. Ad. Sax n'a guère été jugé jusqu'ici que par ses adversaires acharnés ou par ses panégyristes, amis maladroits ou écrivains par trop inléressés, d'où il résulte de part et d'autre une exagération évidente. Pour dégager Texacte vérité il faudrait une longueétude comparative qui ne peut trouver place ici ; toutefois nous essayerons de ramener les choses à leur véritable proportion.
On ne peut refuser à Ad. Sax le mérite d'avoir eu d ingénieuses conceptions, mais il est certain qu'elles ont touché souvent l'utopie et que beaucoup dépassaient les bornes raisonnablesde la pratique, ce qui leur occasionna plus Topposilion des artistes que celle de ses concurrents. D'ailleurs son compatriote, M. M.MiiLLON n'a-t-il pas lui-même émis un doute sur l'utilité du système à 6 pistons? (V. Lîifact. ïw5/r., p. 1 34). Si Ton examine froidement l'œuvre d'Ad. Sax, on reconnaît que la somme de ses inventions réellement utiles, est très restreinte. C'est sur la clarinettebasse que ce facteur porta d'abord ses efforts; or il est avéré que les proportions données par lui, ne sont pas celles qui ont prévalu et que son mécanisme, à coup sûr, préférable à celui à 1 5 clés, n'a pas davantage été adopté, puisque c'est à celui de Buffet, dit système Boehm, que s'en tiennent les facteurs français lequel a pris tout récemment place dans l'enseigne ment du Conservatoire de Bruxelles. En outre, l'o-