‹ Les facteurs d'instruments de musique: les luthiers et la factureChapitre 75 sur 86 · XIX' SIÈCLE — CLARINETTE BASSE · texte numérisé non relu

XIX' SIÈCLE — CLARINETTE BASSE

Frichot dont il fit la basse-trompette * (i 806-10) puis la Iromba ^ (181 2), et il ne nous vient point, comme on Ta écrit, de l'invasion de 181 5. L'addition de clés aux autres instruments suivit bientôt, et après le bugle à clés, vint une famille créée par Halary 6/11817 dont les divers indindus recurent le nom de clavitube, quinticlave, ophicléide ou basse d'harmonie. Puis les pistons furent substitués aux clés, et bien que le principe en vienne de l'étranger, la première application au cornet et les meilleurs perfectionnements sont dus à nos facteurs. On augmenta ensuite le nombre d'instruments de cette espè3e pour obtenir une échelle complète du grave à l'aigu ; c'est ainsi que naquirent le clavicor (18)8) et le néocor, et que l'on fit les clairons chromatiques, basses chromatiques puis les bombardons à cylindres, bugles hdisse, basses à cylindres, etc., que l'on vit à l'exposition de 1844, dont le nombre fut encore augmenté par Ad. Sax sous le nom de saxhorn,

La clarinette-basse compte aussi parmi les conquêtes de la facture française du xix® siècle. L'usage de

biographique de cet artiste, et nous avons donné la description d'un de sesophicléides en bois dans la Musique des Familles, du 18 nov. 1886 (p. 36).

* Un spécimen de cet instrument est au musée du Conservatoire (n® 65i). Il fut l'objet d'un rapport de la commission de cet établissement (composée de MéhuI, Gossec, Catel, etc.), déposé le 27 déc. 1810, inséré au Monit. univ. de 1811 (p. 198). Le brevet date du 3i déc. 1810 {Moniteur^ 1811, p. 85) et il a été publié dans la Description des Machines, etc. (t. V, p. 854),

' Acad. des Beaux-Arts, séanoe du 21 mars 1Q12 (Monit. p. 338).

rinslrument inventé en 1772 par G. Lot ne s*étant pas imposéjOnpeutconsidérer comme des innovatio|is, les essais de Desfontenblles * {1807) et de Ddmas(i8o7-io- 1 4) dont la basse et la contrebasse-guerrière* ( 1 8 1 1 - 1 2), ont été rangées à tort, par des écrivains n'ayant étudié que très superficiellement le sujet, parmi les précurseurs de l'ophicléide; et de SAUTERMEisTERdontla basseorgue a été Tobjet d'une semblable méprise de la part du même historien ^ La tentative de Dumas , reprise en 1832 par Dacosta , à qui Tinstrument avait été confié, fut plus heureuse *; elle décida de l'adoption de cet instrument auquel L.- A. Buffet

1 V. la Facture instrumentale, p. 5o. Malgré sa perce conique, l'instrument de Desfontenelles n'octavie pas, il quintoie et son large diamètre le fait sonner à l'octave de clarinette ordinaire, bien qu'il ne soit pas beaucoup plus long.

2 La basse guerrière sonnait à l'octave basse de la clarinette, et la contrebasse, à la double octave (la clarinette-bourdon d'Ad. Sax n'est donc pas la première en date); elles avaient « un plus grand nombre de touches (clés) pour le doigter • et leur timbre était « identique avec celui de la clarinette >». {Moni.tuniv,, 181 1, p. 420 ; i8i2, p. 63, etArchivesdes Découvertes, i8io,t. IIÏ, p. 222,)

3 De Pontécouiant [Organog., t. Il, p. 3, et Douze jours à Londres, p. 212) et d'autres, après lui, ont placé par erreur cet instrument parmi ceux avec bocaux ou embouchures, c'est-àdire ophicléides ou basses à pistons, tandis qu'il est muni d'un bec de clarinette, ainsi qu'on l'a vu au chap. iv, p. 840, et comme on peut le vérifier dans la Descrip, des mach. t. VI, p. 355.

* Voici à ce sujet l'opinion de Fétis; elle prouve que l'on a pu faire en France un instrument convenable avant l'arrivée d'A. Sax et que les facteurs parisiens ne se sont pas inspirés de ses travaux : « A l'aspect de ce grand instrument énorme, la plupart des auditeurs crurent qu'ils allaient entendre des sons durs et

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