‹ Les facteurs d'instruments de musique: les luthiers et la factureChapitre 76 sur 86 · PARTICIPATION AUX EXPOSITIONS · texte numérisé non relu

PARTICIPATION AUX EXPOSITIONS

apporta d'autres perfectionnements et qui fut joué à l'Opéra lors de la i" représentation des Hugue nots (1836). Citons encore le saxophone (1846)» le sai^rmophone (i8>6) et fermons cotte liste qui s'accroîtrait démesurément si nous voulions mentionper les nombreux instruments qui ont vu le jour en «e siècle dans les diverses branches delà facture, sous les noms les plus fantaisistes, pour disparaître peu après ; aussi bien suffît-il de parler des innovations propres à l'expression de l'art pur ou d'un usage utile.

La facture eut une source d'activité dans les nécessités de plus en plui grandes que créait la diffusion de la musique; elle trouva une cause d'émulation aans les expositions dues à rinilialive du gouvernement français en 1798. Pourtant elle ne s'y montra que fort discrètement dans le principe; mais, étroitement liée au progrès musical, elle suivit le mouvement lorsqu'il se produisit, grand, à partir le 18^0, iiinsi que le démontre le tableau ci-après, établi approximativement, faute d'éléments complets :

rauques..., au lieu do cela, ils ontendiroiit de beaux accents, pleins, sonores et doux à la fois, que M. Dacosta tirait avec facilité et qu'il articulait avec autant de rapidité qu' 1 aurait pu le faire surla clarinette-soprano» (Revue etGaz'lie musicale de Bruxelles, 1834, p. 348). C'est donc encore une erreur de iM A. Jacquot que de faire dater l'invention de l'année iS^» et de lui donner Sax pour inventeur (/)ic^ (fe mus., p. 40).

404 I-A FACTUHK INSTRUMENTALE KHANgAISK

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Lutherie

Pianos

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lion sensible dans le nombre d'exposants depuis 1 867 ; elle ne doit pas être interprétée comme un signe de décadence, mais bien à la disparition de quantité de petits fadeurs qui ont cédé devant la grande industrie.

Sous le l'apport des progrès, il est-évident que les expositions ont été fort salutaires. Dès 1834, on pouvait mesurer le chemin parcouru ;

Les fabricants qui d'abord n'avaient jm prétendre qu'au mérite d'égaler leurs rivaux de l'étranger, les déî)assèrent"quelques années plus tard; et ceux qui. leur étaient jadis inférieurs étaient alors devenus leurs égaux Rien de plus beau, de plus lini que les instru-

AUX EXPOSITIONS INTERNATIONALES 4a5

ments de musique qui sortent des ateliers de Paris. Il fut un temps où la France, pour la plus grande partie de ses instruments, était tributaire de l'étranger. Aujourd'hui le rôle est changé, c'est elle qui en fournit bon nombre aux autres pays *.

Déjà, on le voit, la facture française était devenue une sérieuse rivale pour l'étranger, elle le prouva lorsque l'institution des expositions internationales lui donna l'occasion de faire juger ses produits comparativement avec ceux des meilleurs facteurs de l'étranger. Sa supériorité fut reconnue officiellement à l'exposition de Londres (1851) par le jury composé de 9 étrangers et d'un seul français, qui fit la part la plus belle à nos compatriotes, dans la distribution des récompenses (31 dont4 grandes médailles d'honneur).

A ce sujet, H. Berlioz s'est ainsi exprimé dans son rapport.

Ce point admis, le jury français ne peut éprouver aucun embarras à reconnaître l'immense supériorité des produits de la France dans ce concours ouvert à toutes les nations, puisqu'il éWii seul à défendre les intérêts de ses compatriotes, quand l'Angleterre comptait 4 représentants, et que l'équité des nations rivales a fait, dans la distribution des récompenses, la part la plus belle aux exposants français.

Le nombre de 7nédailles de prix accordées à des facteurs français pour la fabrication des instruments de musique, opposé à celui que les facteurs étrangers ont

* Gazette musicale, 1834, p. i53.

obtenu prouve ofûciellement la supériorité des premiers. Si je pensais le contraire, je n'hésiterais point à le dire. Loin de là, un examen scrupuleux, et je le crois, absolument impartial, m'a donné la conviction que la France, aujourd'hui, occupe le premier rang dans la fabrication des instruments de musique en général. L'Angleterre et l'Allemagne viennent ensuite et se disputent, au second rang, la palme pour quelques spécialités ^..

Placée dès ce moment au premier rang, la facture française réussit à s'y maintenir. En 1855, elle remporta seule toutes les grandes médailles et toutes les médailles d'honneur (malgré la présence de 185 exposants étrangers). Le remarquable rapport de FÉns n'est qu'un long éloge en sa faveur ^

En 1862 le résultat ne fut pas moins satisfaisant, la Franco remporta 4^» médailles dont 34 Prize me-

* Travaux de la Commission françatsât t. III, 3* ?»• (Bibl. N»« Inv. V. 38371).

* Voici la répartition des récompenses entre les diverses branches de la facture française :

Latherie.

Pianos.

Orgues. Hi

innoDiunn.

. Inst.àTttt

. ToU

G'^'inéd. d'honneur.

Méd. d'honneur.. . .

Méd. de 1'' classe. .

— 2* classe..

Mention honorable.

Il convient d'ajouter aux luthiers, les trois sujets français établis à ce moment à l'étranger, qui ont figuré parmi les exposants des pays où ils étaient fixés momentanément (Mennegand, Miremont, N.-F. Vuillaume).

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daV sur 5 1 exposants ; voici l'exorde du rapport do LisSAjous :

La France s'est fait remarquer par la supériorité de SOS produits. Ses instruments de toute nature se distinguent par leur valeur artistique et par le soin apporté à leur fabrication. Ils unissent généralement la solidité à l'élégance et k la bonne sonorité; le jury a été unanime à reconnaître leur mérite. Le chiffre des récompenses accordées sans contestation à nos exposants en est la preuve évidente *.

Si, en 1867, il n'y eut qu'un très petit nombre de hautes récompenses décernées à la facture française, c'est parce que nos meilleurs fabricants furent pour la plupart associés au jury et par conséquent hors concours. Ils laissèrent d.nc le champ libre aux exposants étrangers, qui ne réu?^sii ent pas à obtenir des récompenses qui ne leur étaient pourtant pas disputées. Aucun grand prix no leur fut accordé : ils méritèrent seulement 2 médailles d'or et 13 médailles d'argent, tandis que le partage de la France fut : un grand prix, 2 médailles d'or et 22 d'argent. Le rapport de LissAj'iiis sur l'exposilion de Vienne en 1873 où les facteurs franç.iis ne furent pas nombreux, se termine ainsi :

Si l'on compare r«'Xposition française du groupe XV aux expositions des autres pays, nous pouvons affirmer

1 Lutherie : 5 ; pianos : 12 ; harmoniurjis : 5 ; inst. à vent : 12. » Rapport des membres de la section franraise etc., t. IV, pag. 2o5. (Bihl. nal. Inv. V. 38237.)

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que là comme ailleurs, la France a tenu dignement son rang.

En 1878, iln'y eut qu'une seule grande médaille et c*esl à la facture française qu'elle échut (orgues) ; sur 19 médailles d'or, elle en eut 14*; au total, sur 216 récompenses, la France en eut 120 pour sa part. . Enfin pour 1889, malgré la quantité de hautes récompenses qu'elle a obtenues -, nous nous abstiendrons de toute comparaison, les facteurs étrangers n'ayant participé qu'en très petit nombre à cette exposition.

En un mol, dans toutes les branches, les facteurs français ont pu acquérir une grande notoriélé et même la supériorité sur certains points. La facture des instruments à archet écrivait Fétis en 1867, « est « parvenue à un degré de perfection égal à celle des « produits des anciens luthiers de Crémone » , la lutherie française, ajoute-t-il, t tient le premier rang, en- (( suite viennent la Belgique, la Prusse, Tltahe, l'Au- « triche, la Bavière, la Saxe > ; les pianos des divers facteurs, disait-il encore, «ont une égalité de timbre « longtemps désirée, les claviers ont une grande sen « sibilité d'articulation. » Pour les grandes orgues et harmoniums, comme pour les instruments à vent,

* Lulherie : i; pianos : 6; orgues ri; hannoniums : 3; inst. à vent : 11.

* Hors concours : 2 luthiers, 2 facteurs de pianos, i facteur d'orgues et i d'inst. à vent ; grands prix : pianos, 2 ; harmoniums, I ; inst. à vent, i ; médailles d^or : lutherie, 2 ; pianos, 5 ; orgues, 1 ; harmoniums, 3 ; instr. à vent, -|.

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