BELGE ET AMERICAINE
de reprise qui Ta placée en bonne posture, sous certains rapports, dans la facture européenne. La lutherie belge n'a pas de passé, écrivait Fétis (Rev. et Gaz, mus,, 185 1, p. 362^ t car à l'exception de l)es- « combes qui, je crois, était de Tournay et quia fait « quelques bonnes basses, jene connais pas unluthier « belge qui ait construit d'instrument de prix ». Depuis environ 25 ans, ajoutait le critique belge, il y a eu quelques progrès à Bruxelles c parce qu'un « VuiLLAUME (N.-F), frère du célèbre lulhier de Paris, « s'y est fixé et a fait quelques bons ouvriers, au nom- « bre desquels il faut remarquer M. Darche (C.-F.) » Cependant, en 1867, les instruments de ce dernier, tout en étant jugés assez satisfaisants comme travail, laissaient à désirer par la sonorité et la pâle du vernis. En 1878, M. G. MouGENOT représenta la lutherie belge à l'exposition de Paris et soumit au jury un quatuor qui lui valut une médaille d'argent, mais en 1889, 1® seul lulhier qui se présenta, exposa des instruments d'une facture si médiocre, qu'il ne reçut aucune récompense. La facture des instruments à vent est peut-être celle qui se fait le plus remarquer en Belgique ; sans être de nature à causer quelque inquiétude aux facteurs français, elle commence à produire de bons instruments des types anciens, toujours usités. Quant aux pianos et orgues, ils n'ont rien encore pour rivaliser avec les produits de nos meilleurs facteurs.
L'Amérique lente depuis longtemps de s'affranchir de l'Europe; elle n'y réussit, quant à présent, que que pour les pianos et les harmoniums, d'un genre
tout à fait particulier, comme les pianos d'ailleurs ; la facture des instruments à vent y est encore à peu près nulle comme TAnglelerre, TEpagne, le Portugal, la Hollande, etc., elle les lire en grande partie des maisons françaises, belges ou allemandes et y appose simplement sa marque ou môme la faitappo ser par ses fournisseurs. C'est à cette particularité qu'est due l'abstention de certains facteurs à Texposition de Londres (1890) et à celle de Chicago ( 1893), car ils ne peuvent entrer en concurrence avec leurs clients sans leur porter préjudice ou dévoiler leur pratique*. A l'exception de diverses matières pre mières, bois exotiques, ivoires, etc., la France ne demande plus rien à l'étranger pour sa consommation intérieure. Il n'y a pas encore longtemps, les cordes de piano venaient d'Allemagne ou d'Angleterre; les aciéries de Firminv les fournissent main-
* Il y a longtemps que cette coutume existe. Lissajous s'est déjà élevé contre elle dans son rapport sur Texpositioa de Londres on 1862 (t. IV, p. 214 et 224) et nous en avons signalé divers exemples dans la Facture instrumentale (p. 3 et 253). Lors de la dernière exposition, M. Fontalne - Besson porta une réclamation devant la chambre syndicale, afin qu'il soit pris dos mesures contre les facteurs qui exposaient des instruments non fabriqués par eux (Le Monde musical^ n" du 3ojuin i8uq). Ajoutons cet extrait d'une lettre émanée du Hanson^s Foreign Military Musical instrument de Londres (10 juin 1864) dans laquelle on proposait à J.-C. Labbaye un engagement de fournitures avec cette clause, exigée par lui, c me réservant le droit de fournir des cors à M. Paquis, corniste français» mon client, mais avec les titres et Vadresse de M. Hanson sur chaque instrument. »