DÉNOMINATIONS DE LA CORPORATION
de pianos, etc., le nom de lulliier étant réservé aux fabricants d'instruments à archet*; mais on nomme encore ainî«i indistinctement, les chefs d'établissements et ouvriers, bien que ceux-ci soient ordinairement appelés, suivant leur spécialité : pistonniers, finisseurs, deftiers, etc., et même lorsque ceux-là n*ont, à rencontre des anciens « maîtres faiseurs », aucune- connaissance pratique de la fabrication et se bornent à diriger leur manufacture comme une entreprisé quelconque. Certains marchands, dans urr but de ^spéculation, se qualifient aussi « facteurs », quoiqu'ils n'aient aucun droit à ce titre.
Par epctension, on nommait anciennement facteurs, les accordeurs de clavecins ; c'est dans ce sens et non dans celui de fabricant qu'il faut entendre ce passage de J.-J. Rousseau : « On a un vieux clavecin, Emile l'accorde, il est iacienv {Emile, Y) . » Ajoutons toutefois qu'alors, comme maintenant, ils étaient tenus à quelques réparations et qu'ils devaient posséder une certaine connaissance du métier.
^ L'emploi du mot luthier, parfaitement logique au temps où le luth faisait Tobjct principal de la fabrlcatioû, a cessé de l'ôtrc depuis que cet instrument a été complètement abandonné. Déjà, en 1764, J.-J. Rousseau signalait cette anomalie (Dict. de musique) que l'on ne peut faire disparaître, faute d'un terme précis mieux approprié. ^
lia Communauté des maîtres faiseurs d'instruments
de musique.
En rétat rudimentaire de Fart musical au moyen âge, la facture des instruments de musique n'était pas assez importante pour occuper exclusivement des ouvriers spéciaux et former une industrie à part ; ils étaient construits, croit-on, par ceux qui mettaient en œuvro d'autres objets de matière semblable à celle dont ils étaient formés : bois, ivoire, argent, etc. C'est en vain que l'on cherche trace d'une corporation particulière dans le Registredes métiers d'Etienne BoiLEAc, qui date de 1258 (Bibl. nat., mss. fr. 11709). Le plus ancien document connu qui fasse mention de facteurs d'instruments, est le Livre de la taille en 1 292 (Collection des documents inédits de V Histoire de France), Quatre citoléeurs et trois trompéeurs y figurent :
p. 61 : Bertaut, le trompéeur. 12 den"rueausJugléeurs.
p. 62 : Guillaume, le trompéeur. 6 sou» p"*" St-Nicolas-des-
Chans, dehors les murs.
p. 68 : Bernart, le trompéeur. 16 id. rue a us Jugléeurs.
p. i65 : Jehan du Bois, le citoléeur. 2 id. rué Saint - Victor.
p. 172 . Thomas, le citoléeur. 2 id. rue de la Boucherie
On ignore ci les premiers étaient véritablement des fabricants ou seulement des joueurs de citole ;
quant aux seconds, il n'y a aucun doute, car l'ordonnance ci-après, rendue en 1297, qualifie ces mêmes artisans de « feseeurs de trompes ».
Trop peu nombreux encore pour former une corporation indépendante, ils se firent rattacher à celle dont ils relevaient plus spécialement par la nature du travail, pour jouir de ses privilèges, ainsi qu'il appert du document suivant, extrait des < Ordonnances sur le commerce et les métiers, rendues par les prévôts de Paris depuis 1270 jusqu'à l'an 1300 >, publié par G. Depping en 1837, à la suite des Registres des métiers^ dans la collection précitée ;
En Pan de grâce mil ce iiij*'' et xvij le merquedi après la my-aousl, furent prêsenz par devant nous Robert Mang, lors garde de la prévosté de Paris, Hen. TEscot, Guill. d'Amiens et Rog. TEnglois, feseeurs de trompes, si corne ils disoient, affermanz que en toute la ville de Paris n'avoit ouvreers de leur mestier fors hostelx des trois persones desus dites, et nous requistren en suppliant, por le profit le Roi, et pour amender leur mestier, que il fussent gardez et maintenuz selonc les conditions deu dit mestier de forceterie en la forme desus escripte, et que uns des mestres dudit mestier de forceterie et li uns d'els, fussent gardes de Teuvre des trompeors en tel manière que cil qui seroit garde deu mestier ne les autres trompeors ne puissent rien demander ne réclamer en dit mestiers de forceterie, ne euvrier de celui mestiei\
Et nous, leur requeste oye, deu consentement et de la voleiité de Adam le forcetier, de Jehan le Piquet, mestres deu mestier de forceterie, présenz à ce pardevant nous,