‹ Les facteurs d'instruments de musique, les luthiers et la facture instrumentale; précis historiqueChapitre 52 sur 84 · LUTHIERS — GAND ET BERNARDEL 2H · texte numérisé non relu

LUTHIERS — GAND ET BERNARDEL 2H

rOpéra-Comique, etc., etc., le déterminèrent à faire appel aux fils de Séb.-Pli. Bkrnardel, associés depuis 1859 à leur père, aussi élève de N. Lupot, qui s'était établi en 1826 et qui se retira à cette occasion. La fusion de ces deux maisons, dignes Tune de l'autre, entre lesquelles balançaient quelques artistes, fut accueillie par tous avec joie. A partir de ce moment, la raison sociale de l'ancienne maison N. Lupot de-' vint Gand et Bernardel frères (Auguste-Ernest, né le 2 avril 1826, et Gustave-Adolphe, né le 26 avril 1832) ; maiS'Eug. Gand en conserva la direction administrative et artistique. Il surveillait l'exécution des mstrumenls, les retouchait parfois et les vernissait presque toujours lui-même; aucun ne sortait de son atelier sans porter quelque chose de sa manière.

Peu après, s'ouvrit l'exposition de 1867 ; la maison Gand et Bernardel y remporta une médaille d'argent ('il n'y eut pas de médaille d'or pour la lutherie), et depuis lors sa réputation n'a cessé de grandir. L'édification de la salle de concerts du Trocadéro en 1878 fut l'occasion, pour cette maison, d'un important travail : elle fut chargée par le Gouvernement de construire tous les instruments à archet de l'orchestre, soit 52 violons, 18 altos, 18 violoncelles et 18 contrebasses. Jamais on n'avait encore réufii un orchestre aussi considérable composé d'instruments de la même facture ; la sonorité et l'homogénéité y gagnèrent. Gomme exposants, MM. Gand et Bernardel pré sentèrent un double quatuor qui conquit lous les suffrages. Nous ne pouvons mieux faire que de reproduire ïes notes du rapporteur G. Ciiouqcet : « bois do

« la plus granJe beaulé, proportions harmonieuses et t mai -d'œuvresoi.i^née, vernis rouge de Lupot, sons € liomngenes et d'excellonto quali é ; tout, dans ces « iiistrumenls, annonce des luthiers d'élite.» Aussi la médaille d*or ne leur fut-elle pas disputée. Eug. Gan0 qui s'était dévoué comme membre de divers comilés et de la commission des sciences liis oriques, reçut en outre la croix de la Légion d'honneur (20 octobre 1878). Depuis lors, aucune exposilion n'eut lieu, soit en France, soit à l'elranger, sans qu'on fît appel à son expérience et qu'on n'eût recours à ses connaissances spéciales, pour obtenir son concours désintéressé. 11 fut ainsi membre du jury à Amsterdam (188^), à Rouen (1884), à Anvers (1885), au HaVre (1887), à Barcelone (1888) et à Paris en 1889, où il remplit successivement les fonctions de membre des comités d'admission et d'installation et de secrétaire du jury des récompenses. A la suiie de cette dernière, E. Gam) fut élevé au grade d'officier de la Légion d'honneur (29 oct. 1889). Il avait déjà reçu d'autres distinctions honorifiques des gouvernements étrangers : Nicham-lftikar (30 ocl. 1885); ordre de Léopold de Belgique (i" fev 1886), d'Isabelle la Catholique (18 mars 1889; et les palmes académiques (29déc. 1888).

Membre du jury en 1889, E. Gand exemptait sa maison du concours ; il ne se dispensa pas pourtantde soumetlresesinstrumentsau pubhcet l'on put constater la perfection de leur forme, la solidité des tables, en même temps qu'un changement dans la nuance du vernis qui, de rouge vif qu'il était en 1867 et 1878,

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