ARTE
Canrani, en 1900, indique le moyen de faire pousser le B. de Pfeiffer sur des milieux qui lui sont impropres. [Il suffit de déposer sur ces milieux des bactéries mortes.
KozLara donnera plus tard à ce mode de nutrition le nom} de «cannibalisme » (Voir plus loin).
En 1903, Nzisser obtient des cultures de B. de Pfeiffer en ensemençant, en même temps que lui, d’autres espèces bactériennes, qui jouent le rôle de « bactéries nourrices » (Ammenkeime). Le B. de Pfeiffer pousse, soit mélangé aux «germes nourrices », SOI en culture pure au voisinage des colonies du germe associé.
GHon et Preysz, en 1902, confirment en partie les travaux précédents ; ils rendent propre à la vie du B. de Pfeiffer la gélose ordinaire, quand ils lui ajoutent des bactéries mortes.
Lugrssen peut stimuler la culture de B. de Pfeiffer en mêlant à la gélose du B. prodigiosus mort, mais il n°y réussit pas en répandant simplement le B. prodigiosus à la surface de la gélose.
Knorr fait remarquer que les «bactéries associées » (Arrmenkeime) n’agissent favorablement que dans les milieux où manquent complètement les facteurs de croissance. Dans les milieux qui, au contraire, en sont pourvus, les germes associés non seulement deviennent inutiles, mais peuvent même être nuisibles.
KozLarH, expérimentant avec le B. de Pfeiffer, fait remarquer qu'un milieu de culture auquel les germes associés n’ajoutent aucune qualité doit être considéré comme un milieu «optimum ».
Lorsque les bactéries associées sont cause d’une détérioration, au lieu d’une amélioration, du milieu de culture, on voit se former, autour des colonies de germes associés, des zones « d’empêchement », où le B. de Pfeiffer ne pousse pas. On peut expliquer ce phénomène de plusieurs façons : les bactéries associées ont pu produire un léger excès d’acide ou d’aleali, qui a pu être néfaste
roue
si le B. de Pfeiffer était auparavant à la limite de la tolérance. Ou bien les bactéries associées ont pu sécréter des ferments peptonisants qui ont lésé la substance nutritive proprement dite (que KOLLATH appelle la troisième substance).
KoLLATH montre que l’action des colonies associées est augmentée par l’addition d’une suspension de bacilles de Friedländer. Elle est augmentée aussi par l’addition de glucose, mais celui-ci ne facilite la culture que parce qu'il est facilement assimilable.
En 1922, WercHarpT montre que l'addition de cultures de B. de Friedländer exerce également une action favorisante sur la culture du streptocoque. On note des différences de l’ordre suivant : un milieu témoin ne donnant aucune colonie de streptocoque, Paddition de 0,2 0/00 d’un extrait de culture de B. de Friedländer provoque la culture du streptocoque dont on compte plus d’un million, de colonies.
THyôTrA et Avery ayant démontré, en 1920-1921, que les facteurs de croissance pour les bactéries qui se trouvent dans le sang sont au nombre de deux : le facteur X et le facteur V (1), ont découvert, en même temps, que le facteur V se retrouve également dans les tissus végétaux, et dans les corps bactériens eux-mêmes.
Davis décrit à son tour, en 1921, sous le nom de « phénomène de satellitisme », l'influence favorable que certaines bactéries exercent sur la culture d’autres bactéries, en l’espèce du B. de Pfeiffer. Cette action stimulante se traduit par une culture plus abondante du Pfeiffer autour des colonies microbiennes associées. Toutes les bactéries essayées favorisèrent la. culture de B. de Pfeiffer : staphylocoque blanc et doré, streptocoque hémolytique et streptocoque viridans, pneumocoques 1, 2, 3 et plusieurs souches du grou-
4. Voir plus loin le Chapitre relatif aux «facteurs d’origine animale favorisant ies cultures microbiennes ».
pe 4, méningocoque, Müicr. catarrhalis, B. diphtérique, B. pseudodiphtérique, Sarcina lutea, B. du colon, B. typhoïdique, paratyphoïdiques À et B, B. dysenteriae, Spirillum Meichnikowti, gonocoque, B. de Friedländer, B. pyocyanique, B. prodigiosus, B. sporogenes, B. enteritidis, B. jaecalis alcaligenes, des bactéries saprophytes, plusieurs souches de levure, etc...
F1G. 3. — Cultures associées sur gélose au sang : À — colonies de Pneumobacille (B. de Friedländer). PASS B — colonies satellites de B. de Pfeiffer, stimulées par le voisinage des Pneumobacilles.
GC — colonies de B. de Pfeiffer non stimulées. Phénomène des «colonies géantes » de Grassberger. Phénomène des «colonies-nourrices » de Neisser. Phénomène du «satellitisme » de Davis.
(D’après des photographies de Kollath.)
L'effet stimulant est produit par les bactéries vivantes, et par les bactéries tuées quand celles-ci sont incorporées au milieu de culture, mais non pas quand elles sont déposées sur le milieu de culture ; on en conclut qu’il est nécessaire que le facteur diffuse dans le milieu nutritif. Ce facteur n’est pas thermostabile,
Les facteurs favorisants pour le B. de Pfeiffer, provenant des colonies «satellites » et diffusant dans les milieux nutritifs ou contenus dans les extraits de bactéries, semblent agir en association avec l’hématine ou l’hémoglobine.
AE
Davis utilise le phénomène du satellitisme pour la classification des bactéries hémophiles
B. de Pfeiffer de la grippe :
B. pertussis de Bordet de la coqueluche ;
B. de Morax des conjonctivites subaiguës ;
B. de Ducrey du chancre mou ;
B. de Weeks des conjonctivites aiguës.
Le bacille de Weeks se comporte comme le B. de Pfeiffer.
Le B. de Pfeiffer est le seul qui soit favorablement influencé dans sa culture par des souches homologues ou hétérologues, tandis qu’il semble que les autres bactéries hémophiles ne révèlent jamais une stimulation de leur culture due au commensalisme. Elles favorisent cependant elles-mêmes la culture du B. de Pfeiffer.
Davis en 1921, Rivers et LEUSCHNER en 1921, KRISTENSEN en 1922, ont utilisé l’action favorisante positive ou négative produite par certaines bactéries hémophiles à l'égard d’autres bactéries hémophiles pour les différencier les unes des autres : bacille de Pfeiffer (hémolytique, non hémolytique), B. de Weeks des conjonctivites aiguës, B. de Morax des conjonctivites chroniques, B. pertussis de la coqueluche, B. de Ducrey du chancre mou, B. canis de Friedberger. Ce mode de différenciation donne des résultats intéressants.
En 1924 et en 1925, Knork, et KNorr et GEHLEN ont montré la ressemblance très grande du B. de Pfeiffer et du B. de Weeks, et à ce propos, ont fait une étude approfondie des caractères biologiques de ces deux bactéries hémophiles.
THyôTra montre en 1921 le pouvoir favorisant la culture du B. de Pfeiffer que possède la substance mucoïide sécrétée par le B. de Friedländer et par d’autres bactéries. Tayôrra met en évidence la présence de ces facteurs favorisants dans les suspensions salines des cultures de ces bactéries tuées par la chaleur et aussi dans l’extrait aqueux de ces cultures. Les extraits activants peuvent