Pasteur, Œuvres, t. II, p. 95. Masson, Edit
PasTeur a d’ailleurs vu que l’action de ces sucs de plantes est spécifique. C’est ainsi que le jus d’oignon, acide comme le jus de raisin, est pourtant défavorable à la culture de la levure de bière, alors qu'il est favorable à la culture du ferment lactique (Œuvres, t. II, p. 12. V. infra, 28 partie, chapitre premier).
2, Désignés aussi sous le nom de facteurs accessoires de croissance ou, plus simplement, facteurs de croissance.
A. Sergent 2
Dire
néral, personne ne fut frappé de ce trait de lumière jeté sur les phénomènes de la nutrition des microbes.
Sans vue systématique de la question, et, semble-t-il, sans y prendre garde, on constatait, à mesure que la bactériologie poursuivait ses progrès, que certaines bactéries « poussaient » bien sur les milieux de culture les plus simples : l’eau de levure, l’urine, voire sur des milieux minéraux purs, que d’autres bactéries étaient plus difficiles à élever ou ne s’habituaient qu’à la longue à la vie sur des milieux artificiels, que quelques-unes enfin restaient réfractaires à toute tentative de domestication sur ces milieux de culture. Des succès partiels récompensaient toutefois de temps à autre les efforts des chercheurs : par exemple, Pasreur obtient le premier de belles cultures du Bacille du choléra des poules en substituant comme milieu nutritif la macération de muscle de poule à l’urine et aux autres milieux employés avant lui. Autre exemple : l’addition d’un peu de sang aux milieux ordinaires permit la culture de tout un groupe de microbes : les bactéries dites hémophiles. Le sang apporte à ces bactéries un facteur activant analogue à celui que le suc de fruits apportait à la levure de PASTEUR.
On est ainsi arrivé, empiriquement, à distinguer trois classes de microbes :
Une première catégorie de microbes, qui comprend tous les saprophytes et un certain nombre de pathogènes, comme le bacille typhoïdique par exemple, donne des cultures sur des milieux minéraux chimiquement définis ou sur des milieux d'origine organique simples, tels que la macération ou la décoction de substances animales ou végétales ou de corps microbiens. L’addition de facteurs favorisants rend simplement les cultures plus riches.
Une deuxième catégorie comprend des microbes pathogènes qui ne peuvent s’acclimater sur des milieux artificiels que si ceux-ci sont additionnés, pour la culture primaire au moins, d’un facteur activant. Par exemple : le méningocoque, le gonocoque, le bacille de Bordet. Après un nombre variable de repiquages en milieux additionnés de facteurs de croissance, ces microbes peuvent pousser sur des milieux ordinaires qui en sont dépourvus.
ne
Une troisième catégorie comprend des microbes qui ne cessent pas d’avoir besoin de facteurs de croissance pour pousser sur les milieux artificiels et qui ne s’acclimatent jamais aux milieux qui en sont dépourvus. Tels sont, jusqu’à présent, le bacille de Pfeiffer, le bacille de Ducrey, certains protozoaires comme les Leishmania. Les progrès de la technique font passer. parfois des : microbes de cette catégorie dans la précédente.
On s’avisa un jour que ces faits, bien connus de tous les bactériologues, présentaient une certaine analogie avec des phénomènes relevant de la physiologie des animaux supérieurs, dont l’étude était poursuivie avec ardeur dans tous les pays depuis le début du xx® siècle et avait abouti à la notion des vitamines. On ne tarda pas à rapprocher les deux ordres de phénomène, et à parler de vitamines pour les microbes comme on parlait de vitamines pour les animaux.
Cette assimilation est cependant discutée. Un grand nombre de savants, tout en reconnaissant des analogies entre les facteurs de croissance et d’équilibre des animaux supérieurs — les véritables vitamines — et les facteurs favorisant la culture des microbes, se refusent à reconnaitre leur identité.
Nous essaierons, dans ce travail, de résumer, selon un classement aussi logique que possible, les faits acquis sur les facteurs stimulant la culture des microbes et d’en dégager des notions générales. Les chercheurs ont surtout étudié jusqu’à présent les facteurs de la culture des microbes dans les tissus normaux des animaux et des plantes. [Il était intéressant d’étudier les modifications que pourraient subir ces facteurs dans les organismes malades. On sait tout le profit que la biologie tire de la physiologie,pathologique. Sur les conseils de notre maître M. le Professeur LEMIERRE, nous avons comparé les facteurs de croissance des microbes, trouvés dans le sang et dans les humeurs des malades, aux facteurs existant chez les sujets sains. Au cours de notre exposé nous relaterons les recherches que nous avons poursuivies à ce sujet dans le laboratoire du D' Lecroux à l’Institut Pasteur.