DE LA COTE- D'OR
Liasse 75 Année 1766
Chambre des États — Faïencerie d'Aprey
« Joseph et Jacques Lallemant, chevaliers de l'ordre militaire, « seigneurs d'Aprey et dépendances,
« Exposent aux Etats généraux :
« Que pour être d'autant plus utiles à la province de Bourgogne, « ils ont ajouté à leur fayancerie commune une manufacture de « fayance fine, à l'instar de celle de Strasbourg, et une verrerie
(( en goblets et verres à boire d'assortiment ; que ces différentes « manufactures occupent plus de 200 ouvriers; qu'elles ont tiré, « non seulement le village d'Aprey et ses dépendances des chaînes « de la misère, mais encore tous les villages circonvoisins.
« Aujourd'hui, les propriétaires de ces établissements, qui ont « plus consulté leur zèle que leurs forces, se voient réduits à la « nécessité d'en abandonner une partie, s'il ne plaît aux États de « leur tendre une main favorable en leur faisant éprouver les « grâces qu'ils ne refusent jamais aux citoyens utiles.
On lit en marge de cette supplique :
« Il y sera pourvu ainsi qu'il appartiendra, après le rapport fait « par le commissaire nommé pour la visite.
« Fait en la Chambre des Élus généraux « à Dijon le 26 novembre 1766.
« Renvoyé faute de fonds.
« Fait en la Chambre des Élus généraux
« à Dijon le 20 décembre 1766.
Signé : « de la Mare. »
29 juin 1767
Chambre des États — Faïencerie d'Aprey
« Les Élus Généraux des États et Duché de Bourgogne.
« Vu les requêtes et mémoires adressés par les M" Lallemant, « seigneurs d'Aprey, tendant à obtenir le paiement des intérêts « d'une somme d'argent qu'ils se proposent d'emprunter pour être
« employée à l'augmentation de leur manufacture de fayance et de « terre commune qu'ils ont établie à Aprey, ainsi qu'au soutien « d'une verrerie au même lieu ; vu le compte qui a été rendu sur « ces établissements qui ont été examinés par M. l'abbé de la Mare, <( élu du clergé, et M. le comte de Bourbon-Busset, élu de la « noblesse, et attendu que la manufacture de verrerie, ci-devant « établie à Aprey, doit être transportée dans le cours de l'année au « hameau de Servains, et conduite séparément de celle de fayance. « Ordonnons qu'il sera sursis à tout encouragement à accorder à « la manufacture de verrerie, à transporter d'Aprey à Servains, « jusqu'à ce qu'il ait été reconnu que cela ait été exécuté.
« Et que pour faciliter l'augmentation de la manufacture de « fayance, il sera payé à M" Lallemant pendant trois années con- « sécutives 1767, 1768 et 1769, une somme de 500 livres par an, à « la charge par les S" Lallemant d'emprunter la somme de 10.000 « livres au moins, pour être employée à l'augmentation de ladite « manufacture, duquel emprunt et emploi ils seront tenus de jusce tifier pardevant M. Bernard de Chanteau ; autorisons à cet effet « le Trésorier général des États à payer les 31 décembre des « années 1767, 1768 et 1769 la somme de ."lOO livres pour les arré- « rages de 10.000 livres, aux personnes qui en auront fourni les « fonds aux S" Lallemant à leur décharge.
« Paris, le 29 juin 1767.
Signé : « de i.a Mark. Le Comte de Boi rbon-Bi'sset.
(( RiGOLEY. Rouget. »
18 août 1767
Chambre des États
Rapport de M. Bernard de Chanteaii qui, en vertu de la délibération des Elus du 29 juin 1767, s'est transporté à Aprey et à Servains.
Il a reconnu :
« 1° Que la manufacture de verrerie avait bien été transportée « d' Aprey à Servains et était conduite séparément de celle de « fayance.
« 2° Que M''^ Lallemant n'avaient pas encore trouvé à emprunter « la somme de dix mille livres et plus, mais que, quoique ce « secours leur ait manqué, ils n'en avaient pas moins réparé et « agrandi leur manufacture.
« Un rapport de l'état actuel des deux manufactures a été remis « à M. de Chanteau, qui l'a reconnu exact.
« Aprey, le 18 août 1767.
Signé : « Bernard de Chanteau. »
3 décembre 1768
Chambre des États
« Vu le rapport de M. Bernard de Chanteau en date du 18 août « 1767, les Élus généraux accordent au sieur d'Antic, qui était « devenu propriétaire de la verrerie de Servains, la somme de
« 250 livres, pour les années 1768, 1769 et 1770 par forme d'encou- « ragement.
« Fait à Dijon, le 3 décembre 1768.
Signé : « de la Mare. le de Bourbon-Bl sset. « Brondeault Papillon.
MiLLOT.
« ROUSSELET. RiGOLEY. »