DIRECTION DES FRÈRES LALLEMANT
r^i^iNsi que nous venons de le voir, Jacques Lallemant
jus((u'au retour de son frère du service en 1700.
Nous n'avons i)as de données précises sur la fabrication pendant cette première période; cependant il est certain qu'en outre de la faïence blanche commune, on produisit dès le début des pièces décorées : c'est en effet le nom d'un peintre en faïence, Frossard, que nous trouvons dans les actes religieux dès 1744.
Dans la première supplique que Jacques Lallemant, alors associé à son frère Joseph, adressait aux Elus généraux de la province de Bourgogne, supplique datée de 1766, il exposait : « Qu'il venait
\^ d'Aprey, écuyer, chevalier de l'ordre militaire de ^ Saint-Louis, dirigea seul la manufacture qu'il avait créée.
« d'ajouter à la faïencerie commune, une manufacture de faïence « fine à l'instar de celle de Strasbourg ».
L'entreprise prenait donc du développement, très probablement sous l'influence de Joseph Lallemant qui arrivait de Saxe, où il s'était occupé de céramique.
Les premiers peintres et ouvriers de la faïencerie venaient du Nord ; les peintres Boccard et Ergo étaient, comme Jean-François Frossard déjà cité, originaires de Saint-Amand. A la même époque, nous relevons dans les registres de la paroisse les noms de :
Jean Prouères;
Alexis Dorez (1) ;
Charles Deschamps;
Rossignol ;
François Matouillot dit La Montagne;
François Girard et Claude-Sigisbert Rocher. (Ces deux derniers, désignés comme maîtres peintres en faïence, venaient de Lunéville); Protais Pidoux, originaire de la Suisse.
En 1750, Emmanuel Delain, de Valenciennes, mouleur en faïence, se marie à Aprey; deux peintres, Jean Prouères et Alexis Dorez, sont ses témoins.
En 1752, Gorini, tourneur en faïence, venait de Paris; son père, également tourneur, travaillait déjà à Aprey.
Joseph Delanne, Saint et Deligny, comptaient parmi les mouleurs.
Jacques Bacquart, Jean Cardot et Fguquier étaient maîtres tourneurs.
Nous trouvons comme enfourneur Nicolas Fleuret, qui est
(1) Plusieurs céramistes du xviiie siècle du nom de Dorez, travaillèrent à Lille et à Valenciennes; ils étaient probablement de la même famille que celui venu à Aprey.
désigné dans un autre acte comme ouvrier en faïence fine, et Cantagrel comme sculpteur en faïence.
TuRPiN, ouvrier en faïence, était de Lunéville. Un de ses descendants travaillait encore à la faïencerie pendant la dernière période de production, à la fin du siècle dernier.