‹ Les fai˜ences d'ApreyChapitre 5 sur 30 · MM. GIRARD — 1832-1878 M. E. JACOTIN · texte numérisé non relu

MM. GIRARD — 1832-1878 M. E. JACOTIN

A loiiniieiile révolutionnaire ne permet de reprendre la labricalion qu'au commencement du xix* siècle, mais alors elle n'a plus qu'un intérêt secondaire pour nous. C'en est fait de la production artistique : les fleurs délicates, les rocailles capricieusement contournées, les charmants paysages animés de personnages chinois, les séduisants oiseaux eux-mêmes vont faire place à la faïence commune et à la vulgaire poterie.

Jacques-Marie Ollivier, fils de François Ollivier (1), acheta vers 1806 à M™^ Caublot une faïencerie nouvellement construite par celle-ci près de l'église. A cette époque, deux usines étaient simultanément en activité à Aprey. Quant à la manufacture primitive où François Ollivier avait travaillé pendant plus de 25 ans, M™^ Caublot, qui en était devenue propriétaire, continua à l'exploiter pour son propre compte.

Bientôt, Ollivier fils la reprit, et la faïencerie voisine de l'église fut transformée en tuilerie. Une seule manufacture subsista donc.

Elle fut cédée en 1832 par Ollivier à M. Dardoise, qui ne la conserva que fort peu de temps, et achetée ensuite par M. Girard- Carteret, qui resta à sa tête jusqu'en 1835.

Son frère Léon Girard lui succéda, et abandonna en 1858 la direction à son fils Abel Girard. A la mort de ce dernier, en 1878, la manufacture passa entre les mains de M. E. Jacotin, qui y était depuis plusieurs années employé comme peintre.

Malgré la longue carrière fournie par Jacques-Marie Ollivier, qui exploita la faïencerie pendant un quart de siècle, nous ne dirons rien de ses productions, qui n'étaient pas décorées. On sait, en effet, que pendant la première moitié du xix* siècle, la porcelaine blanche avait partout supplanté les faïences peintes, dont les spécimens les plus artistiques étaient relégués dans les cuisines.

Ce n'est que vers 1860 qu'Abel Girard reprit la décoration, si longtemps abandonnée. Il fit des fantaisies variées : Imitations de Rouen en camaïeu bleu, marines en rose dans le goût de Niederviller, etc. On commençait alors à rechercher les anciennes faïences; l'engouement incroyable qui enrôlait les plus profanes

(1) Jacques-Marie Ollivier, chevalier de la Légion d'honneur, mourut à Aprey le 13 mars 1871, âgé de 86 ans ; il avait été maire d'Aprey pendant 50 ans.

dans les rangs des collectionneurs, lui donna sans doute l'idée de faire copier les décors des belles pièces du xvni« siècle sur des faïences fabriquées avec les anciens moules, retrouvés dans les greniers de la manufacture. Il fut secondé dans cette tâche par M. Chanez, habile décorateur, qui avait précédemment travaillé à la fabrique de porcelaine de Giez-sur-Aujon (Haute-Marne).

M. Jacotin continua la production de ces imitations jusqu'en 1885, époque à laquelle l'usine ferma définitivement ses portes.

Pendant les dernières années, on fabriqua des pièces de forme, principalement des cache-pots de dimensions variées, du style Louis XV, en terre cuite rouge, livrés au commerce sans émail. Ces poteries, qui avaient assez de succès, portaient en creux dans la pâte le mot APREY.

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