‹ Les famillesChapitre 100 sur 108 · HÉLÈNE, M. DUBREUIL · texte numérisé non relu

HÉLÈNE, M. DUBREUIL

M. DUBREUIL

Votre fille aura droit, madame, de se plaindre. C'est votre mari seul qui me semblait a craindre ; Mais puisqu'il cède au vœu que je viens d'exprimer, Puisqu'il vous aime...

HÉLÈNE

Moi, je ne sais plus aimer.

M. DUBREUIL. Eh ! faut-il que de lui vous ayez rame éprise ? Votre estime suffit.

HÉLÈNE, Et si je le méprise?

M. DUBREUIL

Il en coûte en ce cas pour remplir son devoir.

HÉLÈNE

Si je le hais enfin? — Vous allez tout savoir.

M. DUBREUIL

Non, ne trahissez pas vos secrets de famille. Une mère se doit au bonheur de sa fille.

HÉLÈNE

En victime toujours faudra-t-il donc m'offrir? Valentine avec moi peut apprendre à souffrir.

M. DUBREUIL

De sa mère pourtant elle espère autre chose.

HÉLÈNE

Je sécherai ses pleurs.

M. DUBREUIL

Vous en serez la cause.

HÉLÈNE

Moi, lorsque son bonheur est mon vœu le plus doux !

M. DUBREUIL

Elle vous répondra qu'il dépendait de vous, Et que vous lui deviez ce dernier sacrifice. Craignez de votre enfant la sévère justice.

HÉLÈNE

Mon Dieu ! quel doute affreux vous jetez dans mon cœur! Ne me conseillez pas de faire mon malheur. Vous êtes devant moi comme un juge terrible, N'exigez pas, de grâce, un effort impossible.

M. DUBREUIL

Madame, ce n'est pas à moi de vous juger. Mais dans votre intérêt et sans rien exiger, Comme à ma propre fille il faut que je vous dise Ce que m'inspire ici ma sauvage franchise.

Après avoir offert pendant près de huit ans La guerre de famille aux yeux de vos enfants, Après avoir huit ans étalé par le mQiide

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