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SCÈNE VII

Sans écouter mes vœux et malgré ma prière!

HÉLÈNE

Il est venu chez moi pour honorer son père, Pour me dire, en pleurant, qu'il n'espérait plus rien, Et que votre bonheur passait avant le sien.

M. DUBREUIL

0 mon fils, joie, orgueil, espoir de ma vieillesse! Cet instant m'a payé de vingt ans de tendresse.

* Et moi qui l'accusais! Je comprends aujourd'hui *Ce qu'il ferait pour moi, ce que je peux sur lui.

* Il a craint de troubler les jours de son vieux père,

* Il a forcé pour moi son amour à se taire. Hier j'ai bien compris ses muettes douleurs : Il maîtrisait son àme, il retenait ses pleurs; Mais, tout en m'écoutant, sa pâleur était telle Qu'un moment j'en conçus une frayeur mortelle. Qui sait où le pourront conduire ses regrets? Quand il souffre pour moi, c'est moi qui le tuerais! Cela ne sera pas, non, cette nuit, madame,

J'ai juré, s'il gardait assez de force d'àme

Pour se sacrifier lui-même, qu'en retour

Je me ferais effort pour servir son amour.

Votre désunion étant la seule cause

Qui fait qu'a son bonheur ma prudence s'oppose,

Je comptais vous presser, en faveur de mon fils,

D'ouvrir enfin l'oreille à de sages avis.

Jugez donc de ma joie, on vous réconcilie!

Le bruit en court déjà, ma tâche est accomplie,

De m'allier a vous je me tiens honoré.

Mais quoi, muets tous deux! Ai-je trop espéré?

Croyez-moi, pardonnez : jeune, on le peut sans peine;

Plus tard l'inimitié deviendra de la haine, Et, tourmentés alors de regrets superflus, Vous voudrez pardonner et ne le pourrez plus. Prévenez ce malheur, triomphez de vous-même; L'heure a sonné pour vous des dévouements suprêmes, Je ne changerai rien au parti que j'ai pris : Vous pouvez les unir, vous savez à quel prix.

M. DE CERNY

C'est un prix élevé, monsieur, qu'on nous demande : J'ai grand'peur qu'avec vous madame ne marchande, J'aurais pu le payer, mais je ne le puis plus; Merci donc de votre offre, et refus pour refus.

M. DUBREUIL

Si c'est dans ce seul but, monsieur, qu'on nous refuse, Du tort que j'eus hier, je vous demande excuse. Votre orgueil a souffert; mais il serait cruel Que l'orgueil l'emportât sur l'amour paternel. Votre enfant n'a d'espoir que vous seul en ce monde : La condamnerez-vous ?

M. DE CERNY

Que sa mère réponde !

M. DUBREUIL

Sa mère !

Interrogez madame de Cerny.

J'attendais un mot d'elle, et tout était fini, Un seul mot à ses pieds mettait ma vie entière; Je m'étais abaissé jusques à la prière : C'était pour mes enfants, je ne m'en repens point. Mais, je l'ai dit et reste inflexible en ce point, Ce pardon que j'offrais, il faudra qu'on l'implore

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