‹ Les farces de mon ami JacquesChapitre 22 sur 34 · LA VENGEANCE DE FOBDORÂ · texte numérisé non relu

LA VENGEANCE DE FOBDORÂ

Qiiçlquefois cependant, après avoir fait un point heureux à la frimousse de l'auguste Elisabeth, sir Arthur se levait, allait à la fenêtre et promenai I sur le paysage un binocle aussi puissant qu'une lunette marine et que lui avait vendu un lunetier de Milan, célèbre parmi tous ses confrères pour son talent sur le macaroni. Longtemps l'instrument erra au hasard sur les bois de Garches et sur les ombrages de Saint-Gucupha ; mais au moment où commence cette histoire, depuis plusieurs jours déjà, il s'arrêtait obstinément, aux mêmes heures, sur le même point et y demeurait comme attaché par un invisible rayon,

Yous avez deviné, n'est-ce pas ? lé perfide Arthur était amoureux derechef et in pettOy comme disent les professeurs d'humanités qui n'en ont pas pour nos oreilles.

C'est que, depuis le commencenlent de la semaine, les époux Beaugency occupaient le rez-dechaussée d'une villa faisant face au chalet de l'impressionnable Anglais. La grande route et deux jardins séparaient seuls les deux habitations.

Beaugency était un bon gros garçon, commun comme quatre sous de pain d'orge, ancien commis voyageur, assez mal élevé, mais bon vivant et aimant les farces grasses. Olympe Beaugency, sa femme, était une délicieuse personne, blonde et grassouillette, appétissante en diable avec son beau teint de Parisienne, ses yeux d'un vert changeant et sa bouche mi-moqueuse, mi-boudeuse. Elle aimait beaucoup son mari, presque autant que son lévrier Toto, certainement plus que son chat Lowe, mais bien moins que Héro n'aimait Léandre, ou Orphée Eurydice. Beaugency serait tombé aux enfers, ce que lui aurait bien mérité sa mauvaise tenue de parpaillot, qu'elle n'eût pas donné dix centimes à Caron pour aller Ty reprendre. Beaucoup d'excellentes femmes sont comme ça. Elle était fidèle par manque d'occasions de mal faire et un peu par nonchalance ; elle était coquette aussi et s'était fort bien aperçue des recherches jusque-là purement astronomiques de sir Pouding. Aussi avait-elle imaginé, chaque jour, à la même heure, le manège suivant : la fenêtre du salon donnant sur le midi, elle laissait les volets fermés durant tout le temps de la grande chaleur ; mais vers cinq heures, elle entr'ouvrait

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