‹ Les farces de mon ami JacquesChapitre 32 sur 34 · LES ŒITS DE M. LE VICOMTE · texte numérisé non relu

LES ŒITS DE M. LE VICOMTE

Et nos deux preux sortirent, un instant après, un cigare aux lèvres, et devisant joyeusement.

Ils n'étaient pas depuis dix minutes sur le boulevard que La Roche-Quina se frappa le front, en s'écriant :

— Ah 1 mon Dieu !

— Qu'as-tu ? lui demanda l'excellent Castel- Ricin.

— Quel œuf as-tu remis à ma droite ?

— Ma foi, je n'en sais rien.

— Ah! malheureux! sais-tu ce que tu viens peut-être de me faire faire ? ... eh bien ! je crois que j'ai envoyé l'œuf de Marguerite à ma femme, et à Marguerite l'œuf de la vicomtesse

— Palsambleu! mon pauvre garçon, ce serait du joli !

— Ce serait tout simplement à se brûler la cervelle I

Et le pauvre vicomte arpentait le trottoir silencieusement, avec des gestes fous.

— Quand dois-tu les revoir l'une et l'autre? demanda le bai'on.

— Je dîne à sept heures avec Marguerite; et ma femme, qui me croit au cercle, m'attendra vers onze heures.

— Cela vaut mieux ainsi. Chez Marguerite même tu seras fixé et tu pourras te préparer au plus grave des assauts, celui qui t'attend chez toi.

— Ah ! mon pauvre ami ! quelle aventure !

Le reste de la promenade fut lugubre. Le vicomte attendait sept heures avec anxiété.

Quand il entra chez Marguerite, celle-ci sauta à son cou !

— Que tu es bon, lui dit-elle.

— Ah ! murmura tout bas mon ami, elle a reçu l'argent I

Jamais Marguerite n'avait été plus charmante.

— Il paraît qu'elle en avait bien besoin ! pensa alors La Roche-Quina.

Un trouble lui restait cependant. Il espérait qu'elle lui montrerait, dans un coin du salon, sur une étagère d'honneur, son dernier cadeau. 11 le cherchait des yeux.

— Il n'est pas là, lui dit-elle. Je l'ai trouvé si

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