LES ŒUFS DE 51. LE VICOMTE
beau que je l'ai envoyé tout de suite chez mon bijoutier pour lui faire faire un étui. Mais lu le verras demain.
Demain ! il serait bien temps !
Comment interroger ?
— Tu as trouvé jolie la petite peinture qui est dessus ?
— Ravissante ! quel goût tu as I Et ce fut tout. Ce n'était pas assez ! Pendant tout le dîner le vicomte éprouva je ne
sais quelle vague inquiétude,
J'ai des habitudes de discrétion qui ne me permettent pas de suivre les deux amants au sortir de la salle à manger.
Je retrouverai le vicomte à la sortie de l'hôtel de Marguerite. Elle Ta accompagné jusqu'à la porte, et voici les derniers mots qu'elle lui laisse pour adieu :
— Oui ! merci, mon x\.dolphe... tu as enfin compris que je n'étais pas une femme comme les autres et que le nœud qui nous unit ne sauras jamais se briser. Ton respect m'a refait une innocence ; tout devient sérieux dans notre amour. Une nouvelle vie commence pour nous. Tiens, j*ai une faveur à te demander : tu me mènera? à
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la messe demain, et de là nous irons porter deâ fleurs à la tombe de ma mère I
— Nous irons 1 dit La Roche-Quina avec une conviction douloureuse.
Et quand il eut refermé la porte :
— Fichu ! gTommela-t-i],en tenant ses poings dans ses poches. Ma femme va demander sa séparation demain.
Pas si fichu que cela, vicomte !
Il est onze heures et demie. Vous n'avez pas mis votre doigt sur le bouton du timbre, qu'on vous ouvre avec plus d'empressement encore que de coutume. A peine êtes-vous au premier, que l'entrée paraît ruisselante de lumière. On vous attend. 11 faut entrer, coûte que coûte. Des fleurs dans le petit salon I Vous n'êtes pas encore dans la chambre, qu'une femme charmante, dans un déshabillé délicieux, vous enlace de ses bras ^ demi nus.
— Que vous êtes bon ! vous dit-elle.
La Roche-Quina jota autour de lui un f égard éperdu. C'était bien sa femme, sa propre femme