liES FASTES
temps battu corps à corps avec les Autrichiens, il foiidit sur une pièce de canon , s'en empara. Lé grenadier * Boussot j ne dans le département de l'Ain y se jeta au mi« lieu d'un régiment , dont, il enleva le drapeau.
Dans la 5* légère y le sergent-major Olivier , né dans le département de l'Ardêche , et le sergent Picard (/ea/z), né' dans celui de la Moselle^ montrèrent un courage à toiite épreuve. Le premier alla, sous un feu des plus meurtriers^ briser , à coups de crosse, une porte qui s'opposait à ce que nos carabiniers pussent déloger les Autrichiens qui s'étaient retranchés derrière un mur crénelé. Quoique blessé dans cette action , il ne Cessa de combattre qu'après la victoire ; le second , s'étant avancé avec impétuosité dans les rangs ennemis , y fut &it prisonnier ; mais il parvint à se dégager , et revitit à la charge pour mériter une nouvelle arme dlionnenr, en remplacen^ent de celle qu'il avait perdue dat^s la mêlée. Le. caporal. Mondry ( Joseph ) , né dans le département du Bas-Rhin, avec quatre carabiniers, attaqua trente Autrichiens , qui occupaient une position des plus avantageuses , en tua deux , en blessa trois et fit douze prisonniers.
Dans la 2^4* de ligne , ; plusieurs sous-officiers , capo*
raux ou soldats , furent mis à l'ordre du jour , pour avoir
fait tour^à-tour des. prodiges d'audace et de contenance (i),
(i) Lors de la désertion d'une partie des corps de l'armée d'Italie , la a5' légère avait été chargée de désarmer la 24*' de la ligne. Cette circonstance faisait a*aindre de les rapprocher; mais, dans cette journée , la ^conduite héroïque de ces deux corps , qui à chaque pas avaient rivalisé de gloire , leur donna réciproquement tant de motifs d'estime , que les J>raves qui les composaient s'embrassèrent au milieu du feu , et firent sur le champ de bataille , et par un mouvement honorable pour toutes
Voici
yGooQle
bË LA (iLOlBÉ. 4a
Voici les noms de quelques - uns dé ces tiiilitaires t Bemièr [jN'icolas)^ caporal ^ né dans le dëpartemeiit de la Meuse; Angibout ^ ne danâ le département d'Eure-et-Loir; Sancré ( Barihélemi)^ fusilier ^ né dans le département de la Meurthe ; Rouâteel ( idem)y né dans le département de la Seine-Inférieure ; Meuniet ( idem ) j né dans le département de Seine-et-Marne : le premier an^acha^ des mains de l'ennemi ^ le chef de sa demi-brigade ^ ainsi qu'un chef de l»ataillon qui se trouvaient enyeloppés par des forces supérieures:, le second attaqua trois officiers autrichiens ^ en tua un et désarma les deulc autres; le troisième fit seul mettre bas les armes à sept Hongrois ^ dont trois officiers. Le quatrième combattait encore après sa deuxième blessurCé Le dernier se précipita dans la irlêlée ^ d'où il ramena plusieurs prisonniei's. Un sergent de la 24* légère ^l'in-. trépide Fostein [Michel) , né dans le département du. Bas-Rhin , se signala à Testime des braves ; après avoit été grièvement blessé au poignet , il se précipita dans la mêlée 9 où il fit plusieurs prisonniers.
Dans la 25* de ligne, le sergent Férignon y né dans le département de la Meuse , se défendit contre trois Au-^ trichiens , fit mordre la poussière à l'un d'eux y et dis^ persa les autres. Le lendemain , avec six grenadiers , il fondit sur un poste de vingt hommes qu'il obligea à prendre la fiiite.
deux y àbjtiration de toute inimitié. L'enthousiasme fut même si grand de part et d'autre^ que ^ par un échange momentané de brares, la moi' ûé de la q5^ passa dans la il^^ ^ et la moitié de la 24*^ dans la a5^ ; les deux corps , ainsi mâés , continûment à battre Fennemi arec une ardeiir noùTeUc. Les armes françaises aont les Seiiles qui paissent four* nir de semblables anecdotec.
2Vin. IIL 4
5o LES FASTES
La 25* légère brigaa le premier rang au poste de Vhonneur. Le sergent-major Belletille ( Prançois)j né dans le département de la Marne , s'élança plusieurs fois dans les retranchemens ennemis , où sa bravoure fat fatale aux Autrichiens. Le sergent Boulogne ( Jean^Baptiate) ^ né dans le même département , ayant aperçu un déta* cfaement de quatre cents Autrichiens j embusqués dans un jardin , se présenta à la seule poite par où ils pussent sortir , et les somma de mettre bas les armes^ Cette audace épouTanta l'ennemi ^ qui se rendit à discrétion*
Le chasseur Vigny ( Jean-^Pierre ) , né dans le département de la Somme , ayant été cerné dans la mêlée par trois grenadiers hongrois ^ en tua deux à coups de crosse de fusil ; culbuta le troisième et parvint à s'échapper. Le tambour Dardenner ( Jean ) ^ né dans le départeilient des Ârdennes , nie discontinua pas de battre la charge d'une main et de sabrer de l'autre pendant l'attaque des redoutes de San-Giacomo.
Parmi les meilleurs soldats dé la 55^ demi-brigatde, on cita le sergent Leclerc [Auguatin ) ^ né dans le dépar-^ tement de la Somme y et le caporal Mirolle ( Jeah^ac^ quea)y né dans celui de la Moselle : ces sous-officiers s'étant emparés de deux pièces dé trois , s'en servirent pour faire feu sur lés Auttichiens. Les caporaux Ferdonn^i {Jean^Baptisie) , né dans le département de Loir-et- Cher ) et Julienne ( François ) , né dans celui d'Indrdet-Loire , contribuèrent par leur sang-froid et par leur bonne contenance à &ire rentrei" l'ennemi dana le fort Finale. Le grenadier Molière {jilexis)-, né dans le département dé la Nièvre^ fit prisonniers soixante chasseurs croates 9 ainsi que l'officier qui les commandait.
Dans la 63* de ligne | un capitaine de grenadiers y
DE LA GLOIRE; êi
l'intrépide Bonquette (i), né dans le dëpaiiement da Tarn , était sur le point de sortir d^une redoute , dans laquelle il était resté seul ^ lorsque plusieurs Autrichiens le sommèrent de se rendre : « Je ne me rends pas ^ quahd )» je puis me défeiidre.^ répondit Bonquette ». A ces mots j il décharge son fdsil sur Fun d'eux , plonge sa baïonnette dans la poitrine d^ un second^ et rejoint sa
^i) Frcéque tou» les officieire des difiTëlrenà corps JTarent mentionnes honorablement dans les ordres du jour ; mai^ comme il npus. a été impossil>]e de connaltiHe le détails des actions par lesquelles ils se signalèrent ^ nous noua bornerons ici à rapporter leurs noms. On cita ^ dans la 8^ lé<^ gère , le cKef de brigade Bertrliad , les cheifs de bataillon Moittié et Marguérit; les capitaines. Florquin , Barreau | Kuaud , Lecante, Cbtard^ Yander-Bslken , Masson , Joseph, Mathieu, HuTtj , Winnaert, Dujar<* ^n. et BouxrîUoti j le quf rtier-m^tre Martin , l'adjudant^major Sugne ; les lientenans Herrmaun ^ Courtois , Maj^er , Piquet , Bémard > Thuillier^ Saint-Faadeni Dehon, Dcjardiii , Sauvas , Gegel , Lorieux , Crispin> Talgaîn, BouTier et Sozez^ ainsi que les sou£^lieuteuans Laguill^n , Lhuillier , Bouteauy Delleau > Coquelard^ Wol f Lamain , et Protche. Dans là 12* de ligne , le chef de brigade Vergez , le chef de bataillon Martin y les capitaines Marbeeuf > Renaud , Duntier ^ Oenton , Poteis , Vionnel , Meslier frères , Froidot > Lurat ^ Dugier^ Boumard', Dechambe eè Rives ; les adjudans Bojeaux et Lombard > le q^artier-maltre Miiion > les lieu« tenans Sensenbremiez > Godard , Lami | Cornu > Malapert i Noël , Guyot ^ Robers et Hedin ; les sous-lieutenana Hatélquin ^ Laeroj, flopquin , MoCqueres> Bochot ^ Fuzier^ Breul ^ Guyot> Charles, Prieur^ Carias et Thienssë. Sans la ô^i le chef de brigade Wnillermte>. le chef de batail-^ Ion Fleury , le chirurgien-major LeDieii^ les capitaines.Dirat > Petit , Antoine , Guillaumin , Boisinerot , Monneret ) Leuouanel ; les lieutenanÉ Touret> Clerin , Dufeu; les sous-lieutenans Gillet) Yalot^ Chalope ; Ti-^ thier. Dans la io6* > le chef de brigade Roussel j le chef de bataillon Muquart *f le* capitaines Lenoir ^ Bailly > Lafolie^ Vriat > Lefebure , Fiorjr ^ Leplin > Kuitzel ; le quartier-maître Aime ; rad)udant-miaJQr Chateland , les lientenans Lefebvre , Billuart , Foumier , Lafrogne > Chartiêr , Dazier ^ Roquemon> Gilly ; les sous-lieutenans Meynard, Spernila , Gaby , Gau-< thier ^ Farerie, Andry, Garderie , Proteauj etLahaure.
compagnie à travers une grêle de balles. Le sergent Barthe , né dans le même département , voyant un convoi de cartouclies qu'escortait un peloton ennemi , Pattaqua seul , mit trois Autrichiens hors de combat , dispersa le peloton et s'empara du convoi. Un autre sous-officiec du même corps 9 le sergent Cerclez, né dans le départe* ment des Deux-Sèvres ^ au moment où plusieurs Croates s'étaient avancés jusque dans les rangs de la demi-brigade^ comme pour la défier , fondit sur eux à coups de sabre , les mit en fuite , et les poursuivit jusqu'au milieu des leurs.
La 73* eut une part glorieuse à la défense de Gènes* Le sergent Guichenot (Barthelemi) , né dans le département de la Seine y sauta le premier dans une redoute hérissée de canons y et le tambour Baudran ( Jacques ) 9 né dans le département de Seine-et-Oise , gravit par un endroit des plus escarpés la position des Deux- Frères , en battant la charge d'une main et s'accrochant de l'autre pour escalader les retranchemens ennemis.
Un sergent de la 74* y Meunier ( Hugues ) , né dans le département du Doubs y donna des preuves de la plus grande valeur dans divers combats , il fit un grand nombre de prisonniers à lui seul.
L'a belle conduite de la 75* répondit à l'opinion que Tarmée avait depuis long-temps de ce corps : le sergent-major des grenadiers Chanon y né dans le département des Vosges , donna l'exemple à sa compagnie en s'élangant le premier dans une redoute qui fut emportée d'assaut.
Le sergent Chabaudcy , né dans le département de la Haute-Vienne y devança tous ses camarades sur le Monte-r
vGooqIc
Faccîo.9 et fit loi seul mettre bas les armes à dix-sept Autrkliiens , patmi lesquels seize soldats et un officier qu'il ramena prisonniers.
Le grenadier Fischer (Mathieu )y né dans le département du Hautr-Rhin , ayant vu périr autour de lui pi^esque tous les. braves composant le peloton dont il &isâit partie , et s'étant aperçu que son capitaine venait de tomber au pouvoir de l'amemi , parvint à le dégager et à effectuer sa retraite avec une intrépidité sans égale.
Le fusilier Buinot ( Julien ) > né dans le département de la Sarthe , gravit Pun des premiers sur le Monte- Faccio, où il désarma douze Aptrichiens qui le croyaient leur prisonnier,
La 99* demi-brigade se montra digne de sa belle ré^ putatiion : parmi les sous-officiers et soldats de ce corps ^ ou remarqua principalement les caporaux Maréchal , né d^ns le département de la Meuse , et Thomas, né dans le département du PasnBhin, ainsi que le fusilier Robinet ^ né dans le département de Moselle : le premier fit met-* tre bas les animes ^ n^uf Autrichiens retranchés àla Madona del Settri ; le second , ayant été abandonné des hommes qp^il çQinm^ndait j attaqua seul y en avant du fort Diamant 9 un poste considérable qu'il avait ordre de débusqu^^ Robinet ^ le dernier des trois , s'honora par une actiqii semblable.
Les &its d^armes .Ae 1^ 106* ne furent pas moins bril-lans ; le c^ppral Silvestre ( Pierre ) , né dans le dépar--^ tement du Mpi^t-Blanc , chargea avec un de ses camara-i des (i) çoiitrç soixante-huit Autrichiens qu'il fit capituler*
Un autre caporal , Blaye ( Joseph ) , né dans le dépar-»
{%) Renaud [Jean)\ tom. 2 , pag. 3o3.
tement de Vauoluse , s'empara seul de l'oiBcier ^i ooi^^ niandait une colonne autrichienne forte de six cents hooi'?* mes y à qui il fit mettre bas les armes*
Les fusiliers Brédif, né dans le département d'Indjpe-et-^ Loire, et Bertrand , né dans celui delà Cbarënte-Inférieure y abordèrent des premiers les retranchemèns de la position de^ Deux-Frères» Brédif se dévoua pour enlever une barque, afin de donner à ses camarades les moyens de se jeter de l'autre côté du Mincio. H avait réussi dans son audacieuse entréprise , lorsque la io6* ayant rétrogradé y il se vit obligé d'effectuer seul sa retraite en se défendant contre des régîmens entiers ; sa bravotire et son sang- froid le firent échapper à tantde périls.' Bertrand ramena plusieurs prisonniers, mais* il fut. griè-« vement blessé. L'un de ses camarades, Va tuilier, (/oe^f/e^), né dans le département de la Seine-Inférieure , chargea contre quatre hussards, en tua un j poursuivît les autres ," çt ne rejoignit son poste qu'après les avoir forcés de se rendre.
La république, sur la demande du général en chef, décerna des armes d'honneur à tous les militaii*es que nous venons de nommer , ainsi qu'à plusieurs autres dont nous avons rapporté les actions dans les voltim^es précédens. Ces récompenses accordées à «tous oèux' qui s'en étaient rendus dignes, déposent encore-en faveur" deMasséna ; elles prouvent qu'il nes'occuJ)ait pas-exclusivemênt du soin de sa propre gloire, mais qu'au conli^aire il aimait, qu'à l'ombre de sa réputation , il s'en* -formât de nouvelles. Peu de grands capitaines ont mérité un pareil éloge.
BONNOT (René ) , caporal de grenadiers à la ^ de-
mi-brigade d^inilâiLtei?!^ dç ligne ^ né dans le département d'Indre-et-Loire,
BoDQpt était Tandes plu9 intrépides soldats delà 2* de ligne.Lesguei^resd'Ilialie le firent connaître comme un des plus vaillims grex^diers désarmée, Le^ lo avril iSoo, le corp&.dp|it.ils&isait partie engagea , sur les hauteurs de laVerrerie^uni comblât opiqiàtre contre. des forces qaatre fpis p}us npQib^euses/ La fusillade durait depuis long-teviips y et les fV^pçais n'avaiq^t plus de cartouches : « Grenadiers , en avspt I s'écria alpraBonnot ». U était le premier : sa contenance ferme et son Qourage donnèrent le signal de la, charge y q.ui s.'exécata. à la fois avec tant de précision et d'impétuosité, que l'ennemi , occupant sur un rocher une position des plus avantageuses , fut forcé d^ fuir 9 en laissant le champ de bataille couvert de ses morts ^t de ses blessés ; pour prix de cette action , Bonnot fut é^le^é au grade de caporal.
Vingt, jours apr^ès^ill se^^ignala de nouveau k la reprise des Deux -Frères, et du fort Kaisique ^ dont les Autrichiens s'étaient emparés. Dans cette expéditioiji , où il parut toujours au premier rang, il fitunoflS.cier et deux soldats prisonniers.
Le lï mai , : à-l'attaqna duMonte-ComuaetduMonn te»Faccio, il enleva deux officiers au milieu de leur troupe, prit deux chevaux et un mulet chargé de cartouches.
Le surlendemain, dans une sorfîe que fit la garnî-^ sonde Gènes pour/, attaquer le ^ont&>Cretto , Bonnot s'élance dans une redoute : d^à il a désarmé un capitaine autrichien; mais, ayant qu'aucun, de ses camarades ait pu le suivre, il.se trouve enveloppé. Au même instant, la colonne française, repoossée par de non>» breux bataillons, se retire sur les dl^niiers retrancbtî-
TDsns. Bonnet est abandomié ; mais il ne se d^coorage pas ) il se défend ayec une intrépidité sans exemple : après avoir renv^sé pludieurs de ses' adversaires , il par^ vient à s'échapper et & franchir Tépaulement : il vçut rejoindre la ccJonne ; mais , serré à chaque pas ^ il çst obligé de se battre ; deux Autrichiens mordent encore la poussière ; en luttant avec un troisième , le courageux caporal &it une chute : il a perdu son chapeau, ainsi que son &sil, et son corps est couvert de meurtrissures; il ne lui reste , pour se défendre, qà'un sabre que, Pinstant d'auparavant , il avait enlevé au capitaine autrichien. Cependant il conserve sa présence d'esprit , se relève , et chargeant audacieusement contre un peloton , dont il vient d'essuyer let feu , il s'écrie : A moi , mes amis , ils eont pris! Les Autrichiens épouvantés fuient dans le plus grand désordre ; cinq d'entr'éux déposent les armes et se i^ndent prisonniers; Bonnot lés conduit à sa compagnie avec laquelle il revient à l'assaut, et entre un des premiers dans la redoute ', où sat valeur contribue à la victoire.
LASSUS {Julien-^ean-Baptiste y ^ sergent au 66? régiment d'infanterie de ligne, né à Montaubaii , département de Tarn-et-Garonne.
Lassus n'avait pas encore atteint sa quatorzième année, lorsque, le 4 février i8o8, il entra comme soldat au 66* régiment d'infanterie de ligne. Après avoiif fait avec distinction ses premières armes en Espagne et en Portugal j où son courage lui fit supporter souvent des fatigues el; des privations au-dessus de son âge , il fit la pénible campagne de Russie, pendant laquelle il se signala par une extrême bravoure. Au retour dé cette malheureuse
e!tpëdltion , il Gombatiit, le 28 août i8i3 , à Dresde où ses che& iurent encore tëmoins de son intrépidité ; quoif que grièvement blessé au bras gauche , il refusa de quitter le champ de bataille y et ce ne fut qu'après l'action qu'il se rendit à l'ambulance pour y subir une douloureuse amputation. Mutilé , il ne continua pas moins à serrir, etlorsqu'en iBié, vingt nations ennemies envahis-* saient nos frontières , on le vit, au premier rang des braves,. donner des preuves du plus héroïque dévouement. Le 7 mars^ étant sergent, il faisait partie d'un détachement qui^ sous le commandement d'un capitaine couvert de bles« sares récentes qu'il avait reçues en Allemagne , occupait un fort sur le bord de la mer à trois lieues de la Teste. A l'approche de l'ennemi , toutes les troupes cantonnées dans les environs s'étaient repliées sur Bordeaux , ce détachement était le seul qui n'eut pas reçu d'ordres; il était oublié , ou plutôt la trahison se jHromettarit de le sacrifier. Le jeune Lassus fut envoyé auprès du commandant supérieur de la Teste pour s'infbrmer si l'on n'avait pas donné des instructions relatives à l'évacuation du fort. A la froideur de Taccueil , à l'ambigu des rép<Ntses , Lassus crut s'apercevoir, qu'agissant dans l'intérêt des étrangers, le commandant supérieur, qui était un colonel, méditait quelque perfidie , il revint aussitôt à son capitaine lui rendre comptei du résultat de sa mission : « Nous som- » mes trahis, lui dit-il, le commandant parait vendu » aux Anglais ; si vous m'en croyez , c'est maintenant à » nous seuls de nous tirer d'affaire comme nous le pour- » rons » . L'officier avait résolu de s'assurer par lui-même, si ce qu'on ratontait des mauvaises dispositions du oom-mandant était réel : en vain Lassua voulutril le détourner
de ce dessein ; l'amour qu'il poi:tait à son détacliement , son courage et une honorable incrédulité lui persuadèrent, ^qu'il n'aurait pas à se. repentir d'une pareille démarche. Il part plein de cette confiance, qui est inséparable <de ia franchise et de la loyauté ; ;à peine est-^il arrivé , le conunandant, à la tète . de. quelques Anglais appostés à cet effet y se jette sur loi ^ le désarme, et le force à signer, sous; ies^baSonnet tes, un ordre qui est expédié suf4e*chaiiip au. sergent Lassus: on.preseriyaitâcesous*officier de iconduire à la Teste le détachement du 66* j mais en m&mt temps on lui annonçait que ,son officier était prisohnîer : «i Fuîsqnemon capitaine estau pouvoir » de renhemi, répondit L«flsus:.à ceux qui lui remirent » cettediépèfffap^Fex^^ution de l'ordre que vous m'appor- » tes& serait . ube Iftdieté; au liieu de me tendre un piège , » ilfikUaitjm^je^nTcy^r une^ommâtion, alors j'aurais vu ce )> qu'il me' restait à faij^e; puisque l'on a jecours à la » ruse^ron m'a^prendique l'on qrmntque je n'aie recours y> à la fotç^y )On:m'iipprexid querje puis me défendre : eh » bien ! JQ, ferai mon devoir , je me défendrai, je n'ai y^ avec m^.qXiet^eiitets^t! hommes, mais ^trente-sept » hommes déjbetmifiés tous ; à périr plu tôfc que de se ren- » dre >> • T^s ^mi^ i Àngl w ^ bien ^pny ç(iiiçu% qu'il leur suffirait :de'^efmoiitrer}ppar faire. mettjre bas les armes k cette poignée -de sol^fit^, .ne .tardèrent pas à s'avancer. Ils- firent td'âbprd.4s&!menac^., et comajeBcèrent ensuite leuT: attaque avec la plus grande- vigueur , mais Lassus et. s^s dignes compagnons d'armes ne se laissèrent pas intimider ; après avoir répondu' par une fusillade des. plus viv^s à la mousqueterie de l'ennemi , ils l'attendirent à bout portant , mirent le feu -aux fougasses qu'ils
DE LA GLOIRE. Sg
a?aieiit préparées 9 et battirent ea retraite. Les Anglais les voyant s'éloigner , se croyaient maiti^es du terrain. Ils se flattaient d'être vainqueurs , ils couraient à leur perte : à peine sont-^ils entrés, que le fort saute^ et la plapart d^entre eux périssent par cette explosion. Lassus se jette alors dans les Landes ; à chaque pas y il lui faut affronter quelque nouveau danger ; maiet toujours son audace le fait sortir heureasement des situations les plus critiques : ici, il traverse des masses ennemies; là, il va jusqu'au milieu des escadrons anglais faire distiîbuer de vive force des vivres à sa troupe.' Arrivé à trois lieues de Bordeaux, après avoir surmonté des obstacles sans nombre-, et supporté des fa« tigues inouïes , il apprend que quinze cents Anglo-Portugais lui ferment le passage ; s'il rétrograde , il ne peut éviter d'être fait prisonnier; s'il s'arrête, la moindre hésitation peut lui devenir funeste : il prend sur-le-champ la résolution de continuer sa route , et se fait précéder par un guide qui va- porter au maire de la commune qu'occupe l'ennemi l'ordre de préparer le logement pour une colonne de quatre mille Français. Cette ruse lui réussit : les Anglo-Portugais , effrayés , se retirent précipitamment en livrant le passage au détachement qui poursuit sa route par la rive droite de la Garonne jusqu'à la Béole. Lassus était entré à minuit dans cette ville ; deux heures après on lui annonce qu'il va être attaqué; il fait aussitôt battre la générale , et en moins de dix minutes ses trente-sept hommes sont sur la place d'armes ; ils brûlent- du désir de marcher à l'ennemi. Lassus profite de leur enthousiasme , il court au devant des Anglais , les rencontre à Saint-Macqnaire , les aborde avec impétuosité , en tue un grand nombre, et force les autres
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6o LES FASTES
à la fuite ^ après leur avoir enlevé cingnante-deux prî« sonniers.
Les témoins de la conduite courageuse du sergent Lassus furent les généraux Pille et PHuillier , le sénateur Cornudet et le ministre Portai , qui sollicitèrent pour ce ^sous-of&cier l'étoile de la Légion-d'honneur et le grade de sous-lieutenant; mais^ loin d'obtenir la récompense de sa bravoure, de son ssèleet de son dévouement , cet intré* pide jeune homme , mutilé pour la patrie , s'est vu par l'effet des réactions privé en 1816 d'un modique emploi qu'il occupait à Paris dans les bureaux de la gendar^ merie. Aujourd'hui qu'un esprit véritableçient national remplace l'esprit de parti , espérons que le gouvernement f^prpuvera 1^ besoin de reconnaître l^s services rendus à la nation par ses plus généreux défenseurs , et qu'il 3'empressera de réparer des torts qui , à l'avenir , seraient d'autant plus impardonnables qu'on ne saurait les attribuer à la cruelle nécfsssité d'obéir à une influence étrangère. La France est redevenue libre, et le seul titre dont tout Français puisse maintenant s'enorgueillir , est d'avoir 7ersé son sang pour qu'elle le fût toujours.
HYGONET , cplpnel du i.o8* régiment d'infanterie de ligne.
Le i4 octobre i8o€ , le jour de la bataille d'Iëna , le colonel du io8' régiment , l'intrépide Hygoùet, déjà cité plusieurs fois dans le cours de cet ouvrage , inspira de« prodiges de bravoure à sa troupe : après avoir enlevé une batterie de six bouches à feu , dont la mitraille moissonnait l'élite de nos guerriers , il se précis pita , à la tête d'un de ses bataillons , dans le village de
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DE LA GLOIRE; 6i
Foppel 9 qui fut ^uportë à la baïonnette malgré l'avantage des positions et les forces supérieures de Penne* mi, qui perdit dans cette occasion plusieurs milliers de prisonniers , un drapeau et trente pièces de canon^ Le vaillant colonel Hygonet , dont le nom se recomman<de à l'estime de l'armée par les plus brillans exploits ^ acquit par ce dévouement un nouveau titre à la re^ connaissance nationale; mais les balles qui l'avaient respecté sur vingt champs de bataille , au milieu de cent mille mourans , cette fois ne le trouvèrent pas invulnéble ; mortellement frappé , il succomba au sein de la victoire. Ses soldats les regi^ettèrent , tous jurèrent de le venger : électrisés par l'exemple de leurs cbe& de bataillon , les braves Chevalier et Lamaire y qui tous deux cruellement blessés combattaient encore , ils poursuivirent les Prussiens avec le plus grand acharnement et ne s^arrêtérent qu'après avoir achevé leur défaite.
Le 108* faisait partie de cette immortelle division , Priant, qui, pendant vingt ans, a concouru à nos triom* phes : à léna les rivaux de gloire de ce régiment furent le 35*, le 48® et le iii« , qui eurent aussi leurs héros.
Dans le 53"^, on cita le chef de bataillon Cartier, l'un des meilleurs hommes de guerre : pour prix de sa valeur , il allait être élevé au rang de colonel : il mourut an champ d'honneur, au moment où son habileté et son courage le signalaient comme un modèle des plus belles qualités militaires. ^
Le coloi\el Barbanègre, du 48*, déploya un sang -froid et une résolution qu'il fit partager à tous ceux qui combattirent à ses côtés. Il fut dignement secondé par les che& de hataillon Lacombe et Glachant. Ce dernier , ayant attaqué l'ennemi dans une position escarpée et
Bà LES FASTES
presqae inexpugnable, réussit à Peu débusquer et j( força à fuir dans le plus grand désordre. Le capilaiui Brouet y vieil officier dont la longue carrièœ était illustrée par de belles actions , montra qu'il avait l'habitude d'affronter les plus grands périb. Les capitaines Guerat, Yves, Daval, Nicaise et Cristopfae, ne déployèrent pas moins de zèle et d'intrépidité. Ce dernier, qui commandait les grenadiers, lesguida au feu avec une audace que pouvait seule égaler son lieutenant , le brave Chantraine , qui , connu dans les armées par vingt actions d'éclat, voulut encore ajouter à sa belle réputation en continuant , quoique grièvement blessé , à marcher au premier rang des guerriers les plus déler^ minés. Les lieutenans Fageot , Labonlaye , Decottiguiei* ^ Lefevre, Perier, Delaunay, Corréard, Blain, Lepère, ainsi que les sous ^lieutenans Mancheron , ButteauJ Bouchez , Mathieu , Montaxier , Favrot , Jacquet et| Duvjgneau , tous se couvrirent de gloire. Duvigneau , l'un des plus jeunes officiers du régiment , quoique atteint de deux coups de feu, ne cessa d'encourager sal troupe et de ^combattre qu'après la victoire. L'adjudant sous-officier Yasson ne mérita pas de moindres! éloges. '
Parmi les sous -officiers , on remarqua les sergens*^! majors Labbé- et Bégille , qui , soutenus par le sergent' Carrière et le caporal Gautier , s'emparèrent chacun' d'une pièce de canon, sous le feu meurtrier d'un bataillon prussien. Gautier, s'étant précipité seul sur les' canonniers ennemis, en larda plusieurs à coups de baïonnette : les sergens^majors Godard , Bôdereau , Chevalier; les sergens Maury , Duchat , Dubuisson , Banjain ^ Mansuis, Noël , Casse , Bailleùil, Thoriù , Tavemier^
Blain et Honoré y qui tous avaient reçu des blessures y ou s'étaient signalés par des actes du plus brillant cou-' rage , furent mentionnés honorablement dans le rapport de leur colonel* L'un de leurs camarades , le sergent Husse^alla au milieu d'un bataillon ennemi désarmer trois grenadiers*
Les caporaux Veriniat, Creuzet., Mallet , , Pivetot , Gosse j. les grenadiers Chauvetot, Génévré , Péru ; les Toltigeurs Marie , Ledorse ^Touzelot ,Poltier j Delpierre , Mouton y Picot , Grillon, ainsi que les fusiliers Viard y Râteau ^Lanois^.Langloiset Dubar , firent l'admiration delesrs frères^ d'armes. Langl6is chargea sur un régiment prussien 9 dontil enleyâ le colonel^ et'Dubar se jeta dans la mêlée ,. où il tua : un* officier supférieur»
Le 111*^9 composé en ) partie de noayelles recrues , fut terrible à l'ennemi* Guidé par le giaivaH Gran-deau et l'entrépide colonel Gay , : il entêta^ des positions défendues avec le plus grand acharnement- et fit un grand nombre de prisonniers* Officiers ,. sous-officiers et soldats, tous rivalisèrent de dévouement. Les chefs de bataillon Guigvie et Guinaud ^llurent chacun un cheval tué sous eux. Le capitaine Guisiana ,. commandant les grenadiers y fut'mishors de combat en chargeant contre une battme , sut laquelle il arriva le pre-mier; son lieutenant Yacca, imitant son intrépidité , s'élança à la tète du premier peloton de la compagnie sur une pièce de canon dont il réussit à s'emparer. Les capî«> taines Cavalli , Ardoyn, Govean, Ojeda, Biccheri, Denis, Meusa y Massaroli ( ce dernier s'était signalé à Âusterlit2^ par une action d'éclat ); les lieutenans Yianzini y Aimar y Blangini y Sicco , Berrutti , Buscalion y Cariini , Pécoul ; les sous-lieutenaxift Pinto et Gauthier ainsi que
l'adjudant sous-officiêr Mercier, donnèrent codstam-: ment ^impulsion à la troupe. Taudis que les uns mar-' ehaient Toloutairement en ëclaireurs , les autres , poaf engager leurs soldats à faire bonne contenance , com^ battaient encore après leùt deuxième blessure^ Le tambour-major Moser , ayant yu tous ses tambours emportes par la mitraille ,' prit lui-même une caisse et fut blessé en battant la charge en ayant du régiment. Qua-* tre sergens-^majors , Fasqual , déjà membre de la Lé-^ ^iôn-d'honneur ; Tuerti , Biccard , Dépigny , se conduisirent avec la plus grande distinction : Tuerti tua pla-* sieurs artilleurs occupés à manœuvrer une pièce de ca* non ^ qui tomba au pouvoir de sa compagnie; Riccard, accompagné du fourrier Campana , ayant pénétré le premier dans un village qui fut emporté de vive force ^ fit mordre la poussière à un grenadier prussien ; tous deux se précipitèrent dans les retranchemens ennç^ mis , d'où ils ramenèrent huit prisonniers ; Dépigny ne déploya pas un moindre courage ; tons ses ofiS-' ciers ayant été mis hors de combat , il prouva par sa fermeté qu'il Wbdï digne de les remplacer* Le portedrapeau Berteti se comporta de la manière la plus héroïque. Quoique un boulet eût brisé la hampe de son étendard ^ et qu'un biscayen lui eût emporté trois doigts de la main droite ^ il continua à défendre son aigle, et après des efforts inouïs, dans lesquels il fut secondé par le caporal Vercella , il réussit à la sau-* ver. Les sergens Babin et Meline , tous deux griève* ment blessés, ne voulurent pas quitter leurs rangs. Babin n'alla se faire panser qu'après avoir reçu trois coups de feu. Le caporal Giatto , le fusilier Canavesio s'honorèrent par une semblable intrépidité. Ce dernier ^ qui
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qui avait eu lé corps traversé d'une balle ^ ihonta encore un des premiers à l'assaut d'une batterie formidable. Paryenu sur la hauteur où elle ëiait située , il y eut un ])ras fracassé ; mais il n^en continua pas moins à pour-*^ suivre l'ennemi. JLes grenadiers Comolian , Osela , Com*masso y Noyena , firent des prouesses dont leurs camarades ne perdront pas le souvenir : Commasso s'em-^ para d'une pièce d'artillerie^ après avoir passé à la baïonnette les canonniers qui la servaient ; Novena lutta long-temps corps à coi'ps contre un colonel prussien qu'il fit prisonnier* Le tambour Longet montra on sang-froid et une présence d'esprit extraordinaires : renversé par un biscayen y il est foulé aux pieds par le cheval de son commandant ; les souffrances qu'il éprouve lui Sont un instant perdre connaissance ; mais bientôt , reprenant l'usage de ses sens , il se relève , aperçoit une caisse ) s'en saisit y et rejoint son bataillon en battant la charge.
L'artillerie de la division commandée par le chef de bataillon Ville-Neuve, se surpassa, pour ainsi dire , dans celle journée. La s* compagnie du 7^ régiment à pied fit des miracles d'adresse et de bravoure : le capitaine Jarry , fit preuve de talent et de courage. Le lieutenant i^en premier, Jaulte, commandait une batterie: l'une de
El pièces est démontée par un boulet qui en brise ssîeu ; il la renvoyé au parc de réserve , et continue le mbat avec le seul canon qui lui reste. Le sergent Clavet est frappé à la tête par un éclat d'obus ; malgré sa blessure , il demeure à son poste , et ne va se faire Causer qu'après la victoire. Le sergent-major Brenhe y mm y à Ansterlitz, avait vu son nom inscrit parmi ceux les plus braves , mérita encore d'être cité de la manière Tom. ni. ,6
la plus lionorable. Le canonnier Michel , vieux soldat ^ et Fun des. plus habiles pointeurs , rendit , par la justesse de son tir , les services les plus signalés : il démonta ayéc an obusier une des pièces de Pennemi.
La 2* compagnie du 5* régiment i ^cheval fut digne de son capitaine , Plntrépide Chemin. Les talens, le sang-froid de cet officier, Pun des plus distingués 'de Parme dans laquelle il servait , fixèrent surtout les r^ards du maréchal Davoust j qui en fit le plus graind éloge. Le canonnier- Joussé, qui pointa toujours avec succès une pièeé de huit , fut .du nombre des soldats recommandés à la bienveillance de Pempereur. Deux militaires du i*' bataillon principal du train d'artillerie , le maréchal des logis Burlot y qui , quoique dangereusement blessé ,' refusa de mettre pied à terre , et le soldat Taupe y qui sauva .une pièce de canon démontée de son attelage par le feu dé Pennemi , furent également proposés pour des récompenses. L'aide-de-camp du général Grandeau , Pintrépide Delhaye , qui se trouvait toujours au poste du péril et de Phonnèur , combattit avec son ardeur ordinaire : atteint d'un biscayen au commencement de l'action , il ne cessa pas de p'or^ ter et de faire exécuter les ordres de son généràL
D ARNAUD [Jacques , le baron ) , lieutenant-général y commandant de la Légion-d'honneur y chevalier de Saint-Louis, né à «Brisy-Boulet y département du Loiret.
Le lo août 1787 , Darnaud s'enrôla volontairement dans le 56* régiment d'infanterie de ligne, ci-devant Anjou. Il avait alors dix-neuf ans. Une vocation marquée pour l'état qu'il venait d'embrasser le porta à se distinguer y et lui valut de Pavancement à une époque où il
yGooQle
était très-difficile dW obtenir. Promu âuccessivement à tous les grades de S0us«offîcie]s y jl Vappliqun , e» paroQu* rant les différera degrés de la.bioj^aichie de ce noble ap-^ prentissage^ à juger de l'esprit du soldât et à apprécieras besoins; ce fut ainsi qu'il appjcofpndit les cpnnaisf^npea théoriques, par la pratique de^ détail^) nombreux qui rendent un* chef capable de diriger ses subordonnés^ et de Teiller à ce qu'ils soient bien administrés..
Le i5 septembre 1794 , Darnaud fut nommé sous*Ueii«tenant au choix des officiers de son régiment. La i^vo* lation y qui onvrit la carri/ère au n^érite persoanel ^ le mit à m(^me d'être utile à son pays en déployant d^ talens. qu'il avait reçus de, la nature, et que devait f^re fleurir l'amour de la, gloire et de la patrie. Lorsque la . guerre, qui allait. mettre le comble à l'illiistration française, eut éclaté, le 36* marcha l'un, des. prenikMsrs à la frontière, et Darnaud eut bientôt l'occasion de se signaler. U débuta glorieusement . ^us lesj mprs;;de $pire, que nos soldats emportèrent de vive-fo^ce.r Quel* ques mois après , dans une action où ,une colonne fran-^ çaise , compromise par une fausse manœuvre ,^avaii ité mise ^-déroute, seul à la tète.de sa compagnie, il fit face à de nombreux bataillons. Le b|:aye Ben^adotte^ . alors adjudant -m.a)or , et le, lieutenant Qoesman , abandonnés des leurs , coururent se joindre à lui ; le courage de ces trois officiers en imposa, en un instant Tcmnemi fut an^êté ; nos troupes , d'abord épouvanf é^ par le funeste <.Ti de sauue qui peut , parvinrent à se ri^Uier 9 et laco-; lonne fut sauvée. ^ , . ; , •
Devenu capitaine, Darnaud fit partie de l'armée du nord , où il comba^ttit constamment /lux avanturpostes. ti Cassel , deux bataillons snr le point d'être, taillés en
6S LES ^AS'iE&
pièces^ durent leup salât à^ sa prësence d^^sprit et à sa résolution. Le lendemain de cette éflaire , se trouvant à l'ayant-gardé avec le capitaine de Nattes et quatre cents tirailleurs , il chaîna l'ennemi arec tant d'avantage , que Farmëe qui - les suivait ne reneontra plus aucun obstacle dans sa marche. A Hofidscoote , ce fut lui qui commença la charge en empbftattt à la baïonnette une redoute défendue par sept pièces de canon. H fit alors un grand nombre de prisonniers; mais il ^opposa à ce que l'on ejcëcutât contre eux le terrible décret de guerre à mort, d Pourquoi ne les a ves-vous pas &k tuer sup-le^hamp, lui dit , à cette occasion , m représentant ? Je ne sais que verser mon sang pour ma patrie, répondit Darnaud, mais jamais être le lK>urreaii d'un ennemi désarmé !»
Le 9 mars 1794 , après s'être trouvé au déblocu» de Maubeuge, il affronta les plus grands périls pour rallier 9 en avant des villages de Saint^Vast et Saint-^Aubert j une de nos subdivisions qui venait d'être culbutée par des masses iinposantes d'infanterie et de cavalerie autrichiennes. Passé i Pàrmée de Sambre^-Meuse y en qualité d'adjoint aiix adjudans généraux , il défen* dit la* place de Longvvjr dont il avait été nommé commandant temporaire y et se distingua par des prodiges de dévouement et de valeur. Sa bravoure et sa vigilance y furent fatales aux assiégeans. Devenu chef du corps y dans lequel il s'honorait d'avoir été soldat quatorsie ans auparavant, il ne fut pas un jour sans concourir à nos succès ; constamxnent placé à l'avantgarde , il y briguait les expéditions les plus périlleuses «t presque toujours cette audace était couronnée des plus heureux résultats : son ardeur lui faisait- elle dépasser les
DE LA GLOnO!;. %
limites qae prescrit la pradence y il savait sur-le-champ tout réparer par un invincible sang-froid. Ce fiit ainsi qu'à LintK^ où spn ioipëtDj^sîtéy açmblaii devoir lui être funeate^ il réjossît i fij;er }^ .victoire. Après avoir chaas^ P^x^emi, il le ppurfu^li^t r^^%>éeilaas les reins ^ lorsqu'à l'^çiUtcéw^ d'.one plaine ^«^l ,Ap«i^90t a^n corps àê cavalerie prêt à fondre sur lui. Damaud , dans la rapidité ^ sa cQuijse , n'avait été sulip: qiie par soixa^ta des siens ,^vii^-cinq .dragons et deu;v: pièces d'artillepe; la natore dn t^armu, rendait Icptei. A*^aii(e ipipo^ sible. Dans cett^ situation ditâqn^^.U ne a^ dficoncerte point; avisnt d'être attwit^;il prwd position^ fait )urer aux vingt-cinq di^gon» >da -mouHr plutôt que de se, rendre , et disposie en.fivant les «detix pièces de canon dont le feu est si; babikm^nt dirigé , que la cavalerie .auinchienne . est fiircéç de .se réfugier dans les montagnes. , r . ) . < • . . ^
Au momeni où: il venait de ^irç. épvouver nn iécbec au corps des Mant9auXrTro^ff$s^iX>9PCMJ^xjiii^iim.^w^ éU envoyé au blocus d'JSbrembi^tttBii^y; reç4t.rorânB de rér trograder sur Neuwied^. et di9 protéger la retraJAie'de l'armée qui .se; dispoaaj^t Ji ir^pM^er. l^ Rhin. Il n^afrait avec lui qj^e.dei|;i;c.baV(UlQi^4f sa ^degnir-brii^de , une compagnie d'artiUpri^ légèr^.^,et^up.ié{^in?n£td$'cba8r sears à cheicaL.; ^Çette. .fâtiblei. arriéra r^^nde Mti lace i un corp& coBJÙd^ifiUe, .de cavalerie ,qf^ y a^u^nu par une ncmibreouse 4rtiUerie^ eiiwya/ya^^ dft i'tenliimev.
On eût dit . . que : Damaud . a^v^it le . àim ide .ae mnltipliçi:.;. aa >C!ontenance ^tranquille», . la,pEé<»sion de ses loanopta^ces^ les chaînes vigoureuses q.i#?il exécuta^ étonnèrent l'armée ^ les A^triqhienaieuic-mémes.: U résista tout un joury.et jçe<ne fiât, qu'à, la.. tombée delà nuit ^
lorsqu'il vît Ï109 dêrarêrs lataîîlons en sûreté , qa^il se dëbida à franchir Ife fleuve. ' Le ' ^éhëral Jonrdan'îuî adi^essa alors cet ëloge : « Je vous fëlréîte*, mon cher » Damatidîfai adiiiîiîé vos belles manoeuvres * : vbiis » aviez devant Feniiemi lé même ' sang - &bîd que, w'Pannëe dernîèréj'èîla revue sur la place dé paradé
» À* Cologne 10. • ' '
'A|)!bès' la prisé de. Francfort , 'Damaud cbriitoaîida celte ville, bà , par 4é pliis' sëvëre-thairitîen de'lar discijiliiié, il fit chéét'le nom ff*ançàii. Dans ce poste împot'tant, il donna deà preuves d'un désintéressement rare : un juif Invertit ^ 'un 'jour que des négocîahs venaient; de faii^ entrer vdans le port pour plus de trots cent imille francs de n^rchandises qu'il était' en droit de confisquer» if Je- sais ici- , répondit Damaud avec n indignation , pour protéger lesf citoyens , et non pour » les spolier » • Ce fut ainsi que , par des traits nombreux ^une ifitebrrûptiUe probit? ,^ il mérita lestémoîgnaged' d'estime ' et? ies regrets qtf il ^ reçut à son départ jûne cité dont le» magistrats' et les habitans' le régardaient ''COlnlne leur bieirfaitéui\ •
Impatient de^^^oYâlKÉfs et de 'gtoiré , Démaùd voulnt aller ati bibcus dè-Mâyenee ^ il y arrîvtt'le* 7 aVriri79G. Peu dfe joui» -apirès^,' à -troîs heures- du^ matin ,- la garnisoni dé cette placé ^ Isiyâht' fait ùrfe sô?tie^,fehdit à l'iinproviste -sur nosr avant-postes ,-qnî 'furent un instaVit obligés de se replier; d^à Fennemi cëiripie âfi» la H^<Stoire, quand DAtnâud-, s'avance è le- tête ^un-'eséadron de cavalerie, dont'ila^'eiïflammé le côufâ]gé '! il va donner l'ordre de charger ; mais un éëlat d'obus lui fracasse la mâchoire inférieure et le renverîlè. Plusieurs officiel^ accourent- et le rélèvent; le sang qui
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s^écbappe de sa blessure , fait craindre qu'elle ne soit morteÛe; Damaud seul yeut ignorer le danger; en Tain , le sollicîte-t-on d'aller se faire panser. Quoiqu'il ne puisse plus articuler un seul mot , les braves qui Fentourent t)nt compris qu'il ne demande qu'à combattre $ à peine l'ont-ils replacé sur son cheval , que du geste il donne le signal de la charge, et se précipite en avant. La rage , le dësir de venger un si digne chef, animent le soldat; et les ennemis, partout répoussés, sont for-< ces de rentrer dans la ville en laissant le ten:ain cou« vert de morts et de mourans*
Appelé à l'armée d'Italie, Darnaud déploya la va-* leur la plus brillante ,Ie 4 décembre 1799 , à l'afiaire de-Falari : avec douze cents hommes de sa demi-brigade , il attaqua , dans une position formidable , un corpi de. sbs: mille Napolitains , qu'il défit complètement. Vingt pièces d'artillerie , trente caissons , et un grand nombre dé prisonniei^ furent le fruit de cette audace. Deux jours après, à la tète d'un de ses bataillons , il emporta de vive force la place d'Otricoli, dans laquelle il pénétra le premier, malgré les foudres de plusieurs batteries et le feu roulant de la mousqueterie d'une division considérable.
La bataille de la Trebbià ne fut pas moins glorieuse pour lui. Après avoir traversé la rivière à la tête de sa troupe, en colonne serrée, il courut à l'ennemi dont il perça la ligne, et alla, à plus d'un quart de lieue sur ses derrières, enlever sept pièces de canon , dont il avait aflFionté la mitraille. Enveloppé par d« nombreux bataillons, et réparé du reste de l'armée, dont sa précipitation l'a, éloigné, il s'aperçoit bien* tôt que toute retraite lui est coupée ; mais son sang-
froid et son habiletë le font triompher des obstacles que n'a pas prévus son courage 5 quoiq ue grièvement blessé à la jambe gauche ^ il se place en avant de ses soldats ^ s'ouvre un passage, et se retire en bon ordre 9 emmenant avec lui les canons qu'il a pris. Cette action d^ëclat lui fît confôrer sur le champ de bataille le grade de gënëral de brigade , que deux ans auparavant sa modestie Pavait empêché d'accepter.
A Novi y il battit constamment les Busses qui lui étaient opposes , et ce ne fut qu'à la dernière extrémité qu'il crut à un revers, que sa noble confiance lui faisait i^garder comme impossible. Forcé de suivre le mouvement rétrograde de l'armée , il voulut du moins honorer sa reti-aite par les trophées de la victoire; avant de se replier , il chargea sur deux pièces de canon et s'en empara , après avoir fait mordre la poussière aux artilleui^s qui les manœuvraient. Â l'affiiire de Bosco y dont on lui dut le succès , avec de l'infanterie seulement il chargea en plaine , à la baïonnette , contre une formidable cavalerie soutenue par une nombreuse artillerie , et la poursuivit pendant près de deux milles. Â Bivalta 9 où , sur un terrain plat , il n^avait également sous ses ordi^s que des fantassins , il sauva sa troupe par la hardiesse de ses manœuvres : cerné par de Par-^ tillerie , de la cavalerie et de l'infanterie , il battit en re-^ traite l'espace de detix lieues, continuellement harcelé par l'ennemi à qui sa résistance fit éprouver une perle considérable. Darnaud , dans cette circonstance , n'eut à regretter qu'un seul officier. Deux jours après , il mérita de nouveaux éloges : chargé de défendre le front de Novi , du côté de-4a~^àine , pendant trois heures il tint an échec les Autrichiens qui se présentaient toujours
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lyee des forces sapérieares. Fatigue enfin de ces atta* qaes réitérées ^ et n'ayant pins d'espoir de garder sa position , il se jeta dans les montagnes , afin d'attirer les assâillans sur ses pas. Cette ruse lui réussit : les troupes qui le poursuivaient s'engagèrent dans les gorges : aussitôt il marcha à la baïonnette , renversa tout ce qui lui opposait de la résistance , tua un grand nombre d'en^ nemis , dispersa les autres ^ et enleva trois pièces d'ar*» tlllerie av^ leurs caissons.
Le i4 décembre 17999 fut une des plus belles Coques de la rie militaire du général Damaud : il occupait avec sa brigade la ligne du Monte-Comua y lorsque y assaillis tout-à«K;oup par des masses considérables, et accablés par le nombre , nos soldats s'enfuirent à travers les monta*" gnes. Fort de la terreur qu'il a inspirée, l'ennemi s'avance pour s'emparer du débouché de Nervi , se flattant de cou-* per la retraite à une colonne française placée à plus de deux lieues de. ce point ; mais Damaud a su deviner ces intentions : trois cents hommes de la 75* demi*, brigade, commandés par le chef de bataillon Verney, se 3ont ralliés à sa voix ; il les place à l'entrée du débouché, et leur ordonne de tenir jusqu'à extinction. Cependant ces dispositions ne suffisent pas à sa prudence , il a résolu d'aller observer les autres défilés : « Que les braves qui )> veulent m'accompagner, s'écrii&-t^il , sortent des rangs » * Tous de^meurèrent immobiles ; deux soldats seulement sa présentent, et j^urent de périr plutôt ^ue de l'abandonner^ Il paît avec eux ; mais à peine s'est-«il . éi(Mgné , ;que les trois cents hommes enfoncés de toutes paris, livrent le passage du débouché. Les Impériaux sont au.itioment de pénétrer dans Nervi; Darnaud, qui les a devancés, gagne une rue étroite, s'élance sur. eux le sabre à Ici
main , les attaque de front ^ essuie tout leur fen sans en être atteint , et les charge avec tant de promptitude , qu'il les^a mis en fuite ayant que ses deux compagnons restés en arrièreaiënt eu le temps de le rejoindre. Jamais succès plus pi'odigieux ne couronna un si beau dévouement : l'ennemi épouvanté se retira en toute hâte , et la colonne de Sori , sauvée par une heureuse audace , put venir ea sécurité témoigner sa gratitude au général, qui, nouveau Codés , çivait résisté au choc de toute une armée. Darnaud venait de préserver nos troupes d'une défaite , c'était avoir préparé une victoire. Le lendemain , Tennemi j e»t battu à la Castagna , et le héros de la veille trouve encore l'oceasion de se couvrir de gloire : à la tête de quelques pelotons, il renverse des régimens entiers : tout ploie devant lui ; mais s'il est invincible , il n'est pas invulnérable : en se précipitant dans la mêlée , il a reçu trois coup» de feu ; cependant il ne cède point à la douleur, il suffit que sa présence enfiamme le soldat, pour qu'il ou- ,blie ses- blessures; il charge encore avec plus de vigueur qu'auparavant , fait douze cents prisonniers et s'empare de quatre pièces de canon.
Le 5 avril 1800, la 8* demi*brigade d'infanterie légère , faisant partie de la première division de l'armée d'Italie , était postée sur la montagne de Rua , en avant de Recco,' lorsqu'elle fut vivement assaillie par l'ennemi, qui la repoussa et pénétra dans la ville. Le désordre était à son comble , quand Darnaud , qui commandait la divisipn , parut sur le champ de bataille. Surpris d'un e déroute contre laquelle son courage est impuissant , mais décidé à périr plutôt que de rétrograder, il arrache le fusil des mains d'un chasseur: «Situ es brave ^ lui dit-il , reste » auprès de moi; donne-moi des cartouches, et mou-
» rons ensemble au poste de Fhonneur ». Seul avec ce soldat y il fait feu sur les assaillans^ qui s'étonnent de tarit d'intrépidité. La demi>-brigâde'a remarquée Pattitùde du gënëral 5 revenue de sa terreur, elle s'arrête, se rallie ^ s'avance au pas de charge , renverse tout devant elle , et rentre victorieuse dan^Recco, où elle achève la défaite des ennemis. Tous furent pris ou passé! au fil de la baïonnette. •
Damaud n'avait pas ffautre ambition que - de servir iitileinent sa patrie ; c'était à cette idole des grands cœurs qu'il consacrait les magnanimes élans d'un courage in-' domptable. Au Monte-Facio, à Monte-Cornua , à Sco^ fera, il' se surpassa,* pour ainsi dire, à la-lête de ses troupes pfivées de ' nourriture depuis plus de quarante^ huit heures '5 en deux jours il livra quatre combats , dans lesquels il oblittt des avantages signalés, emporta d'assaut des positions que l'on jugeait inexpugnables, et conserva à l'armée de' l'artillerie et des munitions qu'il avait ordre d'abandonnier.
'Ée 1 ï inai,' arec* quatre cents hommes de la 2* de ligne j iltourna quatre mille Autrichiens, les attaqua, les battit, fit deux mille quatre*cents prisonniers , s'empara desmagasinsrdé leur armée, et leur erileva quatre pièces de canon» Il serait difficile de se faire une idée de l'activité et ^u zèle que I>amaud déploya pendant le siège de Gènes, Quan^ il prit le comniandemerit de la ri vièx^e du Levant j Parrmée manquait de tout ; des germes, de sédition se dé« veloppaient dans chaque division 5 Ja sienne fut la seule qui ne firs^ncfait jamais, les bor9es 4u devoir. Les soldats étaient constaihment l'objet de ses soins , il songeait /ur^ tout à assurer leur subsistance; aussi n^éprouvèrent-ils jamais de trop grandes privations : se plaignaient-ils de
leur sort ^ il les haranguait y et ik ne savaient plus qu'obéir y se taire et souffrir.
Les militaires, qui dans les 2« 5^A^ 24* 4 1^ 62*' 65^ 75* 74* et 92* demi-brigades d'infanterie de ligne y ainsi que dans les 8* 16^ et 25^ d'in&nterie légère, ont coni'^ battu sous les ordres deDamaud y raconteront comment il méritait leur wiour; .long-temps ses vertus guerrièi^es se perpétueront dans le souvenir de ces té* moins de sa valeur qui se rappelleront combien de fois il les conduisit à la victoire; Fiers d'avoir appartenu  cette immortelle- divisi<m qui y pendant le .piémorable blocus de Gènes , réusât s^e à se maintenir dans des positions' à plus de trois milles de la place., ils mêleront au récit de leurs . propres exploits , le nom du général dwt la bravoure et les talens commandèrent si soiivent leur admiration, .a. Av^c lui , diron^t^ils , nous étions toujours sûrs de vaincre». Bn effet iJamais au-» cun revers n'obscurcit sa gloire , jamais il n'essuya la moindre défaite; lorsque toutes les autres divisions iu'<* rent obligées de se revfermeir dans Gènes,,: il continua d tenir la campi^ne ,, malgré la multitude. des; Autrichiens dont les fréquentes tentatives pour te feire- rentrer furent infructueuses. Le plus important résultat de cette résistance prolongée audela.de tout espoir, fut la conservation de plusieurs mouliii^ qui servaient à moudre des grains pour l'armée , let d'un grand nombre de potagers où ^Ue allait s'approvisionner de l^umes. Tant que dura le siège, Damaud ne fut pas un jour sans faire éprouver quelque éobec aixx assi^eéns.
Le 28 mai , après avoir pris d^asaaut plusieurs re-doutes , il poursuivait de rapides succès , lorsqu'arrivé à travers la nu^^ille ^^ les boulets , au pied d'un re-
DE LA GLOffiE. «yf
tranchement qu'il se disposait encore & franchir y il fut reuTersé par un coup de feu ; aussitôt on s'empressa autour de lui ; des braves y qui l'ayaient suivi dans toute» ses gaerres y tremUèrent pour la premi^ fois ; ils redoutaient d'avoir perdu leur pé^. Leurs craintes n'é^ taient que trop fondées ; Damaud survécut à sa bléssare , mais on ne put le sauver qu'en lui &isant subir l'amputation de la cuisse gauche.
Après sa guérison y il commanda la place de Gènes, oà Tun de ses premiei^s soins fut d'ériger un monument au commandant Dutrey y mort au champ d'honneur 9 en combattant à ses côtés. Mais , tandis qu'il honorait ainsi dans les antres le dévouement à la patrie , lui-même attendait encore le prix du sang qu'il avait si gënéreu-^ sèment versé. Dans la distribution des récompenses , o%k était descendu jusqu'aux derniers rangs ; Damaud était le seul à qui l'on n'eût pas songé : indignés de cette injustice , tous les officiers-généraux de l'armée se rassemUèrent , et leur amkié l'obligea à abjurer la modestie qui l'empêchait de réclamer contre un pareil oubli. Il ne demandait qu'un sabre d'honneur ; le Premier Consul le lui décerna.
De retour à Paris y Damaud ne tarda pas à être em-' ployé dans la i4« division militaire y dont il commanda successivement les trois subdifâsions , où il se concilia l'amour et le respect de toutes les classes de ci^ toyens. Rigide observateur de ses devoirs y aucune con> sidération n'était capable de l'en détourner. Aux approches de la conscription y il ne manquait jamais de défendre & ses gens , sous peine d'être chassés y de rieu recevoir des conscrits ou de leurs parens : il faisait la même recommandation à ses aides-de-camp ^ et pre-
naît un aîr froid avec ses amis pour éviter d'en être tour* mente. Une' dame en pleurs, était venue le sollicûler pour son fils : « Croyez y madame y lui répondit-il , que ». je partage votre douleur ; mais quand votre fils se— » rait le mien, vous ne me trouveriez^ pas moins inétk. branlable::, je ne connais pas d'intermédiaire entre » les. sentimens: de mon cœur et; mon devoir; d'ail- D leurs, je ne puisiiccorder ce que' vous me demandez , » sans faire tomber le sort qui vous afflige sur une » mère dontvle fils; serait victime de cette, coupable » condescendance. Ce^ serait commettre deux fautes à » la fois, celle d'outre-passer mes pouvoirs, et celle » d'envoyer à l'armée un homme qui n'y était point » appelé». Un riche pri^riétaire. vint un jour^ lai offrir un magnifique présent. «Â quel titre , lui djt Darnaud , . me donnez- vous cela ? — A titre de reconnaissance. — Quel bien vous ai-je donc fait?. — Vous avez réformé mon fils. — Qu'avait-il ? — Il était esti?opié. — Et vous croyez 4evoir me payer pour avoir été juste? Remportez votre présent et sachez. que, vingt fortunes comme la vôtre n'auraient, pas été -capables de me faire réformer votre fils ^ s'il eût: été en état de servir». • . .
Nommé, en 1808, baron de l'empire., le général Darnaud fut «ensuite . appelé aii conimandement -. de l'hôtel impérial des 'Invalides , où sa sollicitude pour les -braves comme., lui mutilés au champ d'honneur, lui donne chaqueijour de nouveaux droits à la reconnaissance nationale. En 18 14, ce fut à ses soins que l'on dut la conservation de la galerie royale des fortifications en relief, collection d'autant plus pré*cieuse , qu'elle est la seule de ce genre. Vers la même^
epoqae , il déroba également à Tavidité étrangère le dépôt du génie. militaire et les archives de la guerre | confiés^ dans ces jours d'alarmes ^ à son patriotisme ^ à sa discrétion et à sa fermeté.
DUDITOEU ( Jacques ) , capitaine de carabiniers au 2* régiment d'infanterie légère, chevalier delà Légion-d'honneur, né à Vidaillac , département de la Creuze.
En 1731 , lorsque le génie de la liberté recrutait nos phalanges, Duditlieu partit comme soldat dans le 5* bataillon de l'Isère. . E ne tarda pas à se faire distinguer par sa bravoure : après avoir fait la campagne des Alpes, il combattit en Italie , et le 29 juillet 1796 , il reçut sa première blessure à la bataille de la Corona. Quatre mois après, à Rivoli ,où il arrêta seul un convoi de poudre qu^il • fit sauter , il eut le cou percé d^une baïonnette, et vit couler son sang pour la patrie. Cette intrépidité devait plus tard être récompensée par la décoration de la Légion -d'honneur. Le i4 janvier 1797 , Duditlieu fit encore des prodiges de valeur ; mais il fut frappé d'une balle qui lui traversa le pied droit et le mit hors de combat. Devenu capitaine, après avoir obtenu sur le champ de bataille les grades inférieurs, il fit, en i8o5 et 1806, les glorieuses campagnes d'Autriche. Eu 1807 , sa belle conduite à Friedland le fit honorablement mentionner par ses chefs. Chargé de s'emparer d'un village et de protéger notre cavalerie , à la tête de sa compagnie , il aboi^da les positions de Tennemi , le chassa , s'établit à sa place, et s'y maintint toute la journée , malgré une nuée de cosaques ^ui firent d'inutiles efforts pour le débusquer. Assailli
vGooqIc
8ô LES FASTES
vingt fois par des forces supérieures , non seulement il parvint à résister à leur choc y mais encore il fit un grand nombre de prisonniers.
En 1808 y il fit partie de l'expédition d^Espagne et de Portugal; dans cette guerre, aussi périlleuse que difficile, îl trouva souvent l'occasion de faire briller sa bravoure. A la Corogna , il fit mettre bas les armes à un major et à quatre-vingt-quinze soldats de l'élite de l'armée anglaise. H ne déploya pas moins de valeur à la bataille de Bio-Seco, où, avec un faible peloton, il chargea sur quatre cent cinq soldats E^agnols , qui, effrayés de tant d'audace , se ren* dirent à discrétion. Pendant trois ans, il ne fut pas un jour sans se &ire remarquer par d'éclatans exploits , et sans donner l'exemple à sa troupe. A Sabugal , le 5 avril 1811, îl la guidait, suivant sa coutume, au poste du péril et de l'honneur , quand il fut renversé par un coup de feu qui lui traversa la' cuisse droitie : abandonné sur le champ de bataille , il eut la douleur de tomber au pou* Toir de l'ennemi , et d'être conduit en Angleterre ; mais 2'dut bientôt à son courage de recouvrer sa liberté : ayant, réussi à s'évader , après avoir trioniphé de mille dangers, il arriva eÂfin sur les côtes de France , et vint offrir de nouveau son bras à la patrie. Envoyé presqu'aussitôt à la grande armée, il fit, avec son régiment, la désastreuse campagne de Russie , et fiit l'un des braves qui concoururent à l'immortelle défense de Dantzick. Pendant ce siège , l'un des plus mémorables dans les annales de la guerre , il occupa constamment les postes avancés , exécuta les travaux les plus difficiles , contribua à l'approvisionnement de la place , et enleva plusieurs reconnaissances aux assiégeans, à qui sa compagnie fît éprouver des pertes considérables. Des services aussi
signalés
DE LA GLOIRE. 8i
signalés deyaient nécessairement appeler l'attention du général Rapp y Duditlieu fut proposé pour lé grade de chef de bataillon , et il en remplit provisoirement les fonctions avec ce zèle qui ne s'était jamais démenti. Pri-^' vée de nourriture et de munitions, riéduile aux deux tiers par la peste et par la &mine y la garnison se vit enfin forcée de céder aux circonstances : du haut de ses remparts ouverts de tous côtés, au milieu des décom-^ bres et des ruines dont elle était environnée , elle sut encore en imposer par son énergie , et dicta elle • même les conditions auxquelles elle consentait à remettre la place. 'Mais la capitulation fut indignement violée; les guerriers^ '^' échappés aux flammes de Moscou et aux glaces de la Bér^na, forent, contre la foi des traités , entraînés dans ces climats où ik avaient enduré tant! de privations et montré tant de persévérance. Duditlieu subit le sort de ses frères d'armes.. Après onze mois d'une bor* rible captivité, la paix le rendit à ses foyers: il s'attendait à recevoir le prix du sang qa'il avait versé ; mais les droits les plu» incontestables fuœnt méconnus; Les lauriers qu'il avait cueillis j et le. patriotisme dont' il avait donné des preuves si multipliée^ furent des .moti&^uffisans pour q!i'<m »e le confirmât pas dans ua grade qu'il avait obt^ti^'li la pointe de son épée.;
SÈGUR X ,Pa^l^hiUj^jpe comte de), maréçhal-de-. camp , coi9n]^ndant de la .Légion^d'honneur , chevalier de Saii^t-Louijs ^;etc. né à, Paris, département de la Seine.
Ségur jQi'ayait. pas encore atteint sa dix-neuvième an-,
née y lorsqu'eq 1799^ il reçnt d^ éloges de Moreau pour^
sa belle . conduite à h bataille de Hohenlindep; Depuis
cette ëpoque^.aon nonu fut cité glorieusement dans la
Tom. ÏIL ' 6
8fï LES FASTES ? ;
plupart des guerres qui ont illustré les armes françaises. Etfi iSoa, et' i8ai , il fit la, campagne des. Grisons sous Mdgdonald y dont il se fit di&tinguer par ks plus brillans explbi£5« On ai de lui une relation imprimée des opérations de €[el te 'armée y dont l'indomptable coui^àge dissipa le prestige .d^ l'invintibilîté dès Russes. Loi^sque.Ia paix de LunéVille eof rendu le repos à!FËurop«^ le prekiiei^ consul le chargea • dé plusteurà missions près ydes> odurs de Copephagôe.et do Madvid; En .i8o4^ il inspecta les tra- -vaux militaires des bords de la Manche. En i5&ô5'«il £iit emvoyé deux fuis. dans Ulm en parlementaire y el décida Mack à cifpitukr. En 1806 , aprésilci conquite du ro3raume de Naples^ il alla recômiaitre {aCalabr^r s'occupa des préparàliË d?une descente eni Sicile y et montra sous ks mursdeGaële iine témérité sans exempléi . Il . était à . iéna ^. et peix de tetnpi .a.^rès ^ il £iit Kneniiofiiùé pdùriisa.condaitéccifuragense'à Nazièbk, dù^, avec quati'e-vitigts draj^ons^il ^chavgeaiet traTersatené prrièregarde de quatre^ millé.n^Kses* Debx fois blessé y* îl tôiûbâ au pouvbir de ; l'eùnemi ^islpiïis avoir fart: anë-védistânGe aussi bérVttqtie que. prodi{ieh;sla Envoyé'àfVatogda.', au-* delà de Moscou ^ ilr&tdclnidgi àhipaiX'de^lsill:.
DE iil GEŒ&E. 85
gislatif ka drapeanx conqnia dioni.ieetté .affiiire , qui est , sans oôntoedit, FatUqoe de cavalerie la plus audacieuse de tooiea les guecrcs de b ]?éV(^tiom ' ' ' : '
Devenu gdnëi^Lde brigàde^yU fit , en t9i2 y la campagne de Russie; en tSti'j il orgàtlisil l#ois niîtfe gaines d'honneur à Tours , où , dans une circonstance qui lui fit beaucoup d^bomieur j il se d?stiliguà pà^ sa fermeté , sa douceut eiuil^é rare gétiérôël^l'Adssfim citez liii par deux des gardes qui étaient sous se9'i>rdt^és , et iAèàsÊ d^titi ôûup de pîstdlet pdr Pnïï d'ètf*;;?! pàrVîttt à léà àtfkét et k les livrer àlà sétëriïé^déb lé(s ^'hiaièbkntôt après i! sollîcîta et obt!<illctar grâce. ' ' "
 Hanadv èefàMtps c6nt<4bi9à i sâùvét* V^riûh : ce fut apiiÂs e€fl«e bataillé , xjaè, ^ai^gé dé la dëfehse du Bbid df^isLa^Éléaii Jusqu'à !krâsb€)ti^g;il fit èelté belle retmîte damk^^è ildëfila pèndatit k^iti^ j5uies avec deux ffiille<^«;aillédeT^d«fiirgitbilfello$àëietPh]^l^^^ Le corps qu'il commandait Ckdei^'^i'ddiges de Vâlèut" aujc oombaU: de UMmit'Al^ #$CA>râfteaa- Thierry et ^de MeauK. A Ptt&ife de Reims,' i là: iêtè de bènt gcrrdès d'bonneor et de qtid^èà hw^dar&s'dd 9*^ Vëj^nletit, il détruisit à l^entienii^^ èents tMVàiix , lai prit^qûkorzé pièces de caitoti ^ '^(? ^^^ApàH ^afSlûtioûrg ; ^ i^^ trois blesAnrèsdarii^«0illbtEit, rè^à àfiëdlèràl-tréufë {iài-rni lès mmÈMywmàmÀ Inâétt^tr&tétàéteeKde'fbrt^ë p^tir se réiidre auprès de Napoléon , à qui il fit connaître la sittiatidjni de l'enneini. Epuisa pkr xret effof t ^ ' il toitib» éàrïé (^ctnâsils^ sance aux pieds d& l'éfâpèréik* ( sildès -ÈealéinètrtM dut qu'il «tait blèsBë* ... i ... *
En 181& , ce fukaéf pati4dt}Àfeiië db g^héi^î de ^gùr que.l'on' coiffift la défeftsé dé lé ^ré gàufché de ïa feîne.
Apeès la reslaul^on, il demeura sans emploi : le zèle
84 J£S)EhSEES: i
c|;a'il avait déployé contre rëtranger aurait sûflBi ponr lui mériter cet hooneac $ InaU les hommes .monarcUqae» avaient à loi reprocher un tort plus grave : pendant le^ formalité» qai.piiéoédèrent l'exécution du maréchal Ney, il avait paru comme témoin à décharge»
MICHAUD ( Chçirlfis ) , capitaine aide-de-camp ^ dbe- ^lier de k L^^jion-d'honneur ^ né à Magny-aur^Tille , département de la C&te^d'Or^
Michaud partit en 179S comme çQldat dans le gt* ba-^ taillon de la Côte-d'Or, qui fut esttuîte incorporé au 1*' régiment d^infanterie légère. En peu de lemp^ il hélera au grade de capitaine : une conduite ré^lière ^ une bra* voure à tonte ^preuvie, jointe à de rares taleas militaires ^ le firent partout distinguer des oflBcier^snpériettrs sous lesquels il servît* X^es .pr4res«du jour des. armées du Rhin, de Naplesy d'jtali^ çt d'Eupagne 9 ont plus ^^une fob rendu témoignage de sa valeur.
Le 18 mai 1809^ i Tatt^^ie de Pn^ella |dans la Carin-^ thie I il monta le prçniier k Passant y et contribua à la destruction de ce foift^. où qua^ cents Antricfaiois de-*^ vinrent la proie des fif^nmes* ^ttit jbun après ^ à Saint- Michel ^ près de Lepben ^lavec sa conppâ^ie^ il soutint un combat de deux heuc^ contre u» r^fîment autrichien^ et «nleva, dans la mèfne jourpée, huit cents prisonmers à rennemi«
Le i4 juin 1809, à, la bataille de Baab ^ o& lé prince vice-roi d'Italie ^ & la fête |ie trente-cinq mille Français ^ battit cinquante mille hommes des forcer réunies de Parçhiduc Jean 9 de Parchiji}uc Palatin et de Pinsurcedion hongroise ,1e capitaine Michaud, envoyé avec sa compagnie contre les insurgés , sauva, pai? i^a bopiie contenance^
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tes magaéîns de U place de Papa y où son courage et son activité empèchàrcnt Pennemi de pénétrer. La résistance qu^il fit daiis celte occasion Icd valut une lettre de fëlî-^ citations de la part du chef do Fét^t-naajois-général de l'armée du prince vice-roi.
Fasse à l'année d'Espagne en 1810 , Michand s'y fit ronarquer par les plus brillâns exploits* Sous lés murs de Tarrâgone oà il se couvrit dé gloire , il s'élança l'un des premiers dans la redoute du Frkncoly , et devança l'armée sur là brèche quand il fiillut monter * à l'iîssaut. Son intréj^dité le fit alors remarquer du général Bom> geois qui se l'élant attaché en qualité d'aide^de-càmp ^ le chargea de plusieurs missions importantes ^ dont il s^a^^ quitta toujours avee autant de sèle que d'habileté.
Le maiéchal Suchet promettait de ravitailler Tortose sar le poiht d'être réduite par la famine* Cette opération était & la fois pâdlleuse et difficile : il n^é-* tait guères probable que j dans -une distance de plus de vingt *- quatre lieues à pareourir , le plus petil donvoi put échapper à une surveillance répartie sur tws les points. La réputation de bravoure et le sang'-fit>id du oa» pitaine Michaud oiit f^t espérer qu^il vaincrai tant d'obs« tacles. Après avoir pris avec lui quatre-vingt-dix-sept hommes, et les atoir^ placés sur vingt barques chargées de blé , ,cet officia sorti de Mequinenza s'avance sur PÈbre i à peine est-il à quelque distante, qu'il est attaqué par des forces supérieures; sans intertompie ses manœuvres j il {ait disposer des sacs de blé de manière à fonner nne sorte d'^aul^ent, et riposte pto un feu si vif à celui que de l'une et de l'autre rivés on dirige sûr lui, que bien* >t6t les £!ipa|^ols sont obligés de Véloîgner. Un instant
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api'ès, à un^e lieup ^q d<G^pa 4q Vinkhc^^ trois cents hommei^ de h h^P/i^A^ MivM^^ IKCf^uieîUeiit le convoi
qy'll i)§ J^ ^f^pperaît pas $ mak^^^^ même 40» les premiers assaillans , ils se virent oblige de bajljlre en retraite. lJp# U^e plus b^, 49119 un endnoîi ûù l'Ébreest iij^Uiiia^ï^m% i:esw3rfè 9 Mi^h^ud espuy* tnçore à bout jiqrUïSVh Sm d^ quaUl» mnt soixante T dix bvmmes. PlMsi^fs sQldAt9 ^ vm^m §^n% blessés t» teoia barques i)e pear^t flm inAttoliitrltr : cepêiûkiiilil est ritolu il. n^ g%i» les abfAdmiii^i U df^^od daM la place de dlçi^ y pr^d aTi^ lui qitaraiite vblitgeqra du hV de lîgne^ cevi^nit 9MP pe^ pas ^ d'^bliiQ# «iii' nuA d$» biirc^jes r dont l'ennen\ijsfAprèt.à4f^3a)éîi*}.daM.fe iDomsiil; upe balielui tr|ivç)rsQ la j^mbe droite : il. est tejieul à. ne pas s'apercfvpii; de sa bl9%i|ir9 9 et dirige ccwtre les Espagnols u)ty^; fiisillade ai bien nouri^, qufilspi'ennmt la fuite , {aî^nt sur le teimm. dis-çepi bte^ et sept morts , p^^. lesquels deM3ç .i>fli«îâra et le éhef de la bande. Quoique plus 4e cinq mille Espa^ols fussent ji sfi poursuite^ Mii^ud^ ^prèsumr sogienueneore duvets engagetnem , fit entrer inte<)t,d^ns Tortuse ^ le qo^viH cpn- $é à son iQtrépidil^ Cette aelifNa çpnsi^fée dans un prdi*e du îourdu 3o in«i^ 18^?, etdaits mi rapport du m^réfibal Suçbet du ? avril , ^ été r^cpp^^éç. dans Je Jo^rpal de l'Empila du 9^7 du pi^me mois.
Le 7. décembre i8j^5 » ^iiç foept^ .ppjagnols ayant at-« taqné les jposte^ av^pQës de Meq<^ip?<)^4 Moqné<^ depuis plus d^;qpatre mm 9 le çapit^in^ AliohaVKl,..à l^.tèt^ de ce^ti^^a^ftp^ brJiW,. sortit pçiéc^ipMa^upfiUt , p#ssa rÈ>M^« > ftomba sursles^.assaiHanSy Ifp^it .en iii^i:^,, les
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DE LA GLOUŒ. 87
poursuivît y la baïonaetle dans les reim ^ {tendant plus de deux lleifês, leiir iua beaucoup dé inonde €t lenr enlera uxi grand nombre de prisonniers. ' .
. Le 6 février i8i4 ^ à la lâte de dei»xceiil9 homimes y il fit une i^QccmnaâiSQnce des plus hardies ^ l'etaBenri serrait cette plaoe de plus près qu^à sait ordinaire, «t il était très-difficile de se prpcufer des TJvres ; Michaud R-anchit la Cinéa a dix facnres do êoîr i^ alla à sept Heoes de Ik i au mîUea des cantonnemens de l'année espagnole, enkver des tronpeamx ooosîdérabies qn^il ramena après aroir lutté plusieurs heufes^rontre des fin^oes infiniment supérieures, Michand fut encore cité pliisîteiqns jfJns pour des actes d'une an^ee aiissi remarquable. >/k' Mont Sain t^ieun, il déploya la plus rare valeur ; Uéssé de' quati'e odnps de sa«* bre , dont un liri traversa le bassin et ta Te^ie , il tomba sur Je eliaipp de bataille ; et il y ^rafit déjà huit jours qu^î était parnriiles-mortS) lorsque des' Anglais, fiyafnt vu iju^l respirait èpcore , le recueillipeqit et le firent transporter â Méeièi^es. Admi» aujourd'hui ii la retraite, cet estima- . ble officier a fixé sa i^idenee» à Dijon , oà il est géi^ralement estimé.
SÉGUR DE BOUZELY, {Hettri-PhUippede ) colonel, cheyaUer de la L^gpiop-d'hQnneqr , du mérite de Bavière , de l'ordre {rpy^)rd^.Deux-jSicil^ e^.du méfilC'iniU taire de France^ . ,, ù\..r. .. ^ ;,...; . . .- ■
Lé colon,ejl,€}e3^gvirQst un des ^^çsç^ndans dejceSéguarde Pardaillan , ijui fu^t çb^f du^ç^çw^eil de fle^ri.lV, ^l dopt le fitire périt^ f( la SaintrBarUiëlemi ,« presque sous les.ymi^-dn roi , dont il avait ét4 P^ioni et le compagnon d'eiifanee.
Ségur de Boustely^ n'avait que dixnsept ans, Iqrsqjue la4'4-
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Tolutioh Tint à édàiev : il servait dots dans un régiment dont les officiers, :cmbliaiit q^^ils se devaient à la patrie , allèrent se placer dans les rangs des transfages.Trop jeune pour apercevoir que ce qu'on lui pi^scrivait comme un devoir, n'était qu'une trahison , Sëgur ëinigra.avec ses camarades; mais se repentant bient&t de n'avoir pu se pré* server de la contagion de l'exemple , il se promit de saisir la. prochaine occasion de revenir parmi les défenseurs delà république. En 1803 , il était à.Saint-Doiningae y et prit du service dans l'armée du général Lederc , qui le nomma officier de gendarmerie... U se conduisit hravement'y et devint capitaine-adjoint à l'état-^major général. Rentré en France, avec les débris de l'expédition , il fut réformé. En 1806 , le grand duc de Berg l'admit au nombre de ses aidcs-de-camp , et , le 10 juin 1807 , à la bataille de.K^ljaîberg , il eut un bitis emporté ajprës avoir eu la poitrine meurtrie par un biscayen et la hanche droite effleurée par un boulet qui . lui coupa 39131 habit. Ainsi blessé 9 il fit encore , une, Heue à cheval y et supporta l'amputation avec un grand: courage. En 1808, il passa à Naples, prit part à tous les combats qui eurent lieu pour repousser lés attaques des Anglais , et fut fait colonel éh 1810'. .:. i
Eii- 18 14 , le ministre de la guerre voulut le porter .sur la liste de présentation au roi ^ pour l'ordre de Saint- Louis ; mais le colonel de Ségur , répondit que , comme protestant) il ne voulait ni ne pouvait recevoir cette décoration y et qu'il sollicitait , tant eii son nom que par intérêt pour ses co - religionnaii^es , que l'ordre du mérite militaire fôt accordé pour' prix* des vertus courageuses des réfoxmés. Cette demande fut d^abord
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rejetée, sons le prétexte que l'ordre militaire n'avait élé institue que pour les officiers Suisses ou Allemands au service de France. Cependant le colonel de Sëgur fit de nouvelles démarches, et lê 11 octobre il fiit nommé chevalier du mérite militaire; C'est à cette persévérance que d&ormais lès braves officiers , qu'une raison éclairée a portés k abjurer le catholicisme pour redevenir chrétiens , devront l'équivalent d'une récom-« pense qu'ils ne pouvaient accepter sans que leur croyance n'en fôt Uessée.
OZEL {Pierre'Ansebhe)^ «c-administrateur militaire, chevalier de la Légion-d'honneur, né à Valence, départe* ment de la Drôme.
De brillantes actions militaires, racontées dans notre premier volume, (page 98 et suivantes), nous ont déjà familiarisé avec le nom d'Qssel , que nous avons eu plusieurs fois. l'occasion de citer tranBitoirement et tou« jours de la manière la plus glorieuse. A seisee ans , Osel était dans les rangs des défenseurs de la patrie. U débuta au siège de Toulon , où l'exemple de son courage élec-» trisa les braves qui enlevèrent à la baïonnette la terrible redoute de Gibraltar. Ce fût aiHsi au pied dé ces retranchemens, que les Anglais jugeaient inexpugnables , qu'il reçut aa première blessure : frappé d'un coup de .feu qui lui avait traversé la cuisse droite , il était tombé sur le champ de bataille; deux de ses camarades accourent pour le secourir : « Rentrez à vos i;angs , mes amis, leur dit-il;^ ^ avez-voins oublié que nous* avons, devant nous les » plus cruels ennemis de. la, France , et qu'il fsfut les » vaincre?,» • • - : > . ;^ . .. . , .: •.;;.. • :.."• :. •
On ne se .rappelle pas, sans frémiic d'horreujr, jes cruelles
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go LES FASTES ;
vengeances qme des proconsuls révolutionnai^?^ exercèrent alçr^ daiisToi|}f>^;.m milieu de ces 9cène9:$ai9gUnXes, on âme àfetroiiTer im p^.tiivkws d'il^iioanitëel de vertu. Le trait spiyant est up d^ ç^éj^o^ qui aidant à.$up^ porter la vue d'un t4blean d<<>nt lu m]iH n'eft.qN^ trop aiïiigeante. Un J^uw h^mm^ wndpit an Cib4»»p d^ Mars pour y jètre fg^illé ay^c .«cm j^èrfi » Qvait i^usaî à s'échappa: en^e laissant. tPmbpr p#»eii 1^ movi^f qnnfnqu^e à la pivemièredéchi^rge , il .n'«nli éii qne blessé: dinonoé par un paysan , ce malheureux fut arrêté de nonveaû à Ifi campagne où il s'était réfugié : Ozel, alors en garnison au fort Sainte^Marguerite , fot désigné avec six holames pour le ramener dans Toulon; Arrivé dans la .ville, il fait la remise de son prisonnier au commandant d'armes ; a As-tn des oartouohes? lui dit 4)elui«c}. *^ Non^ » '. i^pond' Oeel^ qui a deviné qu'il s^agit de fiisiiler le jeune » liomme ; nous n'en a vona ^îie pou v marcher à l'ennemi ; Vf — Jie vois, reprit le eotnmandânt, que tu n'esqu'cin mau- 1^ vais citoyen : va, topeoK maintenant te retirer , mes ^ solda ta à m6t ne manquent Jamais de munitions h X'exéeution eut lieu sur4e^amp , et Qzaal fut jeté d^ns un cachot. , — ' •
i^aèsé de IHofantevie da»s le i5* de hussards, il combattiten ltelÎ0; Les rémpar|9 èel^prtbne fin-^t témoins de sa valeur. A Vado, il fot atteint d'âne bàll^ dans la poittfhiè, à <)ôté du géiâpal lahappe près de ^i il éuit d^donnance. Au motiient dé Pinsurreelîoh de Pavie et dés pâysan&de presse toute laLombardie, Bonaparte , qai était à Lodî , vot^Iut feire Jiarvenir une dépêche au géiiéi^al béspî^cjd qiâ comntondiait à Milan. Ozel , récemment admis dans les guides du général en chef j fut chargé de cette iinissfoil ;'il feUâît traversérlun pa^ cou-
vert d'embucdies , et ^cfafTpper aux bandes ^'insurgés que l'ou reacqi;! tirait à chaque pas. Ozei triomphe d'abord de tant 4'pbstacles etde tant de dangers; son extrême l)ravonre le i^U qortir vdiiMlueur de plusieurs rencjontres où il prouve qi?e l'audace peut; souvent suppléer à la force : accablé ^enfin par le nombre , il e^t oblige de. .se rendre ; mais il ne tarde pas à recouvrer sa liberté* Àili milieu d'un village; où l'on se prépare à le fusiller^ il saute sur son cheval qu'il conduisait auparavant par la bride, s'éloigne à travers unp grêle de balles, franchit avec la rapidité de Péçlair un intervalle de plusieurs lieues , et i-egagne Lodi , après avoir essuyé le feu de la mousqueterie de vingt bandes ^ui lui disputaient le passage. Le général en chef, informé de cet événement, ordonna à Ozel de prendre avec lui trois compagnies de dragons et deux compagnies d^rifanterie pour aller cMlier les rebelles.
Peu 4^ temps aprè^ y Ozel se fit remarquer en s'élan* çanl des premiers dans le Mincio qu'il traversa à la nage malgré la mitraille que vomissaient les batteries de la rive pppos^ef
Après le combat de Borghetto j Bonaparte, entouré de son état-major, déjeunait à Vallegio , quand tout-à-coup quatre ^Mjadrons hongrois se mputrèrent et jetèrent l'épouvante dans la ville. Les habitaps fisrmaiâit les pcurtes de lenrs maisons , les soldats couraient de tous côtés, on battais la générale ^ et toutes nos trpqpes se retiraient' précipitamment vers le pont du côté du .Mincip :on était le gros de notre armée. Au milieu de cedésôrdre, Betwipafrtè n'avait pu tt:ôiiver un çheyaT; Ozellui offre lé sien : il sait qu'il pe^^êtr^ yiçlimp d^.cp.tt^, générosité,, ..n?aisi. ne calculant que lesTdaïigérs de l'armée si elle vknt.à perdre
«on gënëral 9 il se dévoue au salut de tou9. Bonaparte s'ë- Joigne après avoir accepté; Ozel, résolu à vendre chèrement sa vie, rassemble quelques-uns de ses camarades qui, ainsi que lui, se trouvaient démontés, s'enferme avec «ux dans une maison, et les exhorte à la plus vigoureuse
défense Mais il ne fut point attaqué 3 les Hongrois,
pressés de rejoindre l'armée autrichienne, passèrent au galop, et les généraux français revinrent dans, la ville achever un déjeuner si désagréablement interrompn.
A Lonado , Qzel fit partie des quarante guides dont la contenance ferme et l'invincible courage inspirèrent au héros de l'Italie la résolution hardie qui le fit sortir victorieux de la situation la plus critique (1).
(1) Enveloppée 8e toutes parts ^ la garnison de Lonado , à peine fi>rte de hvk, cents hommes d'infrnteiie est soromëe de se rendre : Bonaparte, qui rient d'arriver dans cette vine avec ses quarante guides , ordonne qu'on amène devant lui le pailementaire autrichien et lui £ût débander les jeux ; c Allez , lui dit^-il , en se frappant la poitrine , rendre compte is au gënéral qui voua envoie , que je suis ici , et que vous aTCX parle' 9 au général en chef de l'armée française ; dites-lui qu'il est cerné , que » lui-même et son corps sont mes prisonniers ; que ê\, dans dix minutes, » j] n'a pas mis has les armes j que ê*û fiât tirer un seul coup de fîuil , » je le lais passer au fil de l'épée lui et tonte sa troupe ». Avant le temps fi&é , la division autrichienne , forte de plus de six mille hoioomes et ayant avec elle huit pièces de canon , s'était rendue i. discrétion. Bonspute, dans cette occasion , s'adressent '^ »eê guides, leur dit : « BSeà amis, j'étais tranquille; je savais que vous éties là ». H n'y evûtpas un seul d'entr'eux qui ne se fût &it tuer pour sauver son général.
Ce iàit , qui prouve l'admirable présence d'esprit du plus grand capitaine du siècle, fut- immédiatement suivi d'une action , dans laquelle on le vitd^oyer «Aplus haut degré ce courage personnel que la mauvaise foi d^ quelques obscurs pamphlétaires a osé lui contester. Le général de brigade Pigeon , avec une partie delà 18® demir-brigade d'infanterie légèce et deux pièces Ht canon, venait de tomber au pouvoir des Autrichiens : Bonspatte vfutleiir arracher ce succès ; il' se met à la tête de ses soldats , s'é-
vGooQle
DE LA GXX^ÏRE. 9$
n se signala de nouveaa à CastigHone > o& il d^ ploya la plus rare întrëpiditë (i). A Baasano , où il fat compte paxmi les douze guides qui firent mettre bas les armes â deux bataillons de grenadiers Croates (s) , et à Àrcale 9 où ,, en chargeant avec vingt-quatre de se$ camarades (3) contre une armëe entière , il ramena la Tic*« toire sous les étendards français. Dans cette journée
UnoeacTCciatr^pidilé dans les nu^ oucmif , les culbttU, daim le g<« nëval et les soldauprisosnkrf, reprend les canom et ponmiit les fujardâ jusqu'Â 0eseBzano.
(i) Pendant la bataille de Castiglioné , le 5 août 1796 , lei guides à ésvrtl exécutèrent une charge des plus brillantes , dans laquelle leur commandant, radjodant-g^néralFrontin, officier dii plus grand mérite, fut moneUement frappé. Le lieutenant Guérin,!^ maréchal-des-logis Laroche {^ aniourdluii maréchal-de-camp , baron et commandant de la Légion* d'hoimenr) ; le brigadier Monfroid ( aiqonrdliirit officier de la Légiond'bonnear , colonel en denù-^solde } ; les guides Boarde y devenu eapitalnt dansles grenadiers k cheyal de la garde impériale et officier de la Légion* d'honneur , tué k Eylau ; Lambert ( aujourd'hui officier de Ik Légiond'faomiear , lieutenant aux chasseurs à cheyal de Fes-garde en demi-solde ;, ainsi qne leârs camarades Lérécpie « Pilcntro et Gartwr aonttèrent nne Tableur à tofite épreuve. Le yaiOant chef ^'escadrpn Junot^ aide-de-camp du général en chef, et depuis duc d'Âbrantès , commanda prorisoircment cette élite de braves, k qui, peu de jours après , il dut son salut dans une af- Cure oh fl reçut pliis de iringt blcsw««* lijecapiinineBeisièn», qfui succédn à Junot dans le c(i9|mand^meiMI fl«l .guides., les id% sf, couirric de ^oir» dans toutes les bataiUes | lem* belle conduitcle fit parvenir au coinUe des honneurs : promu au gracie de général , il ne tarda pas k être nommé ma* réchal d'empire > grand officier de la L^^n-d'honneur , et duc d'Istrie. .
(2)Nenf de ces guides 6nt été cités àla p«g* 99 de notre premier volume r Voici les noms des trois autres dont il n'a pas été fait mention ; Floux^ Ai* guilUm et Manuel.
(3) Nous avons déjà déngné six dé ces braves à la reconnaissance na** tionale (Yoy. tont. i pag. loi). Nos lectcnis apprendront sans dout«^ avec plaisir les noms dé quelques-uns. de ceux qui partagftrent leur dé* vouement : au marédhal-des-logis Hercule, aux guides Oiel, Gamier, Charles , Pai'don , et au trompette Bonnet , il faut ajouter le maréchale den-logis Bemichott , le briga^er Lorti » les guides Fonadt , LanonU'
qui sauva la- |)alrie ) O^el faiblesse; niais ^ au sein de ce dévouement plu§ prodigieux pat* sa graudeiir et ses résultats ^ que celui des qûaf re mîîlé Grèce , qui sous la conduite de Léohidas', défendii'ent le passage des Hiermopyles , il eut le bonheur de âonnfer les pi^emiers coups de sabre et de ranienér pi'feônhiëj^ uH colonel. A Rivoli , il montra la raèftiè Valeur. Le passage de la Piava fut encore pour luf uttet oqcïïstotf de' se faire disiii!»gu6r ^ mais ^ après avoir traversé lé toïrént et s'être précipité sur Pennemî qui fut cùtbulë , il fut mis. hors, de combat par un coup de feu^ • et^se vit forcé de prendi'e son congé: t04itefbis iliie put paè se -dédider à quitter ufte armée dont il vivait âdiiiiré' et partagé les immortels travaux. ïl lut attacli^ au j^ administrations piilitaires > 9.P: :UAi s^le san^ boaiieff ei une prol»té sévère inainliArent daiiR iévite' ^ *ptiYéié lé iri^pu* fatîon qu'il s'éfâitTaîté àù champ 4*bonneur. Toujours amourjîu;^ de?».pçnls^,' Oael oubliait qu'il n'était plus soki»t. Pesant k si^e' dé Gèneé ^ il «'«fxpQiBa'fréqttemriient ptiiïf âssùi^ët^Iés ôuMstaiices dfes trôùipes. Ld garnison de Savonne j^nj^anquait de vivres .> eïje.était à la veiile^dfi^ ,sttrYeadf»f Mftsàéiifliyyififjr^ùt kiH-11 «e^ «rgent de \«eir«r 'à'8ôi»^^ôu^ , à'&ft tîrtff^er-^rëfe batiwitïx destinés à ràvîtaiifér la plac^ ; inaîs , pour réussir, il faut passer a travers les esçaf^rçs anglai»»» 6^ çapolkaines, et pëpsoime ne-wut tenta* urife «feinbijfete i&tftréprîse. On allait y teiioncet : Ozèï se présente et le >uccès le plus. cçrçplel:^ courpn;ne ^sop audi|ce.
Envoyé. d-Italie: à Famiëv de^eôtes de l'Océtttîy pen-
ooiichon , Lajnglais;j. Mestier ^ Maugé «t Duclos , aujourd'hui mar^chal-^ecomp , baron et çommaudant d« la ^égien-d'<honn^cuiv» ■ •
daat dix. 9ns. il saÎFÛ alternaiiVemeiit la fortuné de nos aimées ea Allemagne , en Espagne, en Portugal, en Polpgne et en Russie. A Smolensko, il. pénétra, des premier dans l'ui^ des faubourgs, et reçut sa cinquième blessuine à . cdté du roi de Naples , Ce guerrier re^ doatable 9 dont :Ia téméffité passait ek proverbe , même parmi les plus vaillans. Dajsu^. les di^sastr^ qui préparèrent l'i^yasion' de notre territoire , Ozel^.^dontla bravoure, l'infatigable activité, le désintéressement, Vu-^ ùle prévoyance et. les talens avadent été récompenaéa par l'étoile du courage etpar l'emploi. de directeur de i'an des services, les plus important, ne fut pas ^n jour sans mériter f(e§ élQgçs, ^e .3o mars i8i4, V^rsque les tronpes de la coaliti<ni s'avancèrent aous les n;&}irs.de Paria , il alla ^ placei: . duns les rangs des. braves dont les héroïques: effoi;ts xl'e^r|çnt pas/un heureux succès»
Vingt-cinq ans de périls ret;. de pàatibles trâvaus:^ les plus honora^l^ cicatrices,; de crUeUes fj^&nnilés, inévitables rési^lt^jtsde» fatifgiuea at . des, pri valions «& bi gueixe; t^nt d^ veilles^ tiooLt de^ oCMnbets ^ devaient: être pour Ozel le. garant , qu^au tel;me d'une darrièi^^etsi^ttiar lînguée , . il .obtiendrait de ;la gratitude idaikHtaié Vac* quittement d'une dette dont la patrie ne peut jamais s'affranchir : Ôzel fut licencié avec l'armée. Il était sans fdrtûrte; ilse^irit '^âïià effliplor. Êfl iBi5,unê ordonnance lui rendit son traitement 4e non activité ; ep, 1816 , une seconde.corjonnaaee; 1« kii «nleva. Ozel lie murmai«a point côrttre Cétlé rûëëtite qûî'ttè pduVéJif avoir im prétexta que daris la raison .à^état; iï se resigna.
Eu *8i7, lai réorganisation dêJ'administration.dessuV sistfiyaeésn^ëveilk *«on ésp^îf ; Upéclaèaasapkfcej et; fort d'une conduite sans reproche, il abandonna le succès de sa
demande à l'A]uitë du gouvernement : il serait trop affli^ géant pour nos lecteurs d'apprendre quels sont ceux qui lui furent pi^férës. On fit un crime à Ozel de son ancien attachement à l'empereur : de vieux titres de gloire devinrent des motifs d'exclusion y des droits à jamais in« violables et sacrés forent méconnus , et il eut la douleur de se convaincre que , confiée à d'indignes agens y à des âmes bassem^it serviles , l'exécution des promesses de cet oubli si solennellement proclamé par la sagesse elle-même , n'était plus que l'oubli des promesses. Victime d'une épuration qui devait tout corrompre, lâchement calomnié, dénoncé par de méprisables concurrens , persécuté par les instrumens d'dne épouvantable réaction, Ozel^s'ileût souffert seul de tant d'injustices, s'en serait sans doute consolée Mais un père , vieillard plus qu'octogénaîi*e , et qui , comme lui , combattit les ennemis de la France; mais des nièces , seul héritage d^un firère mort- pour la patrie (i) , auront à gémir de la perte d'iin emploi dont il leur partageait les revenus.' Privés de teur unique soutien, que vont maintenant devenir les objets de ses plus chères aflfeclions? Cette idée brise le cœur d'Ozel; mais loin de
(i) Ozf 1 ( Pierre-Charles ) , frère dci oelui à qui cet article ett oonMor^ , serrait ayant la rérolution dans les chasseurs de G^vaudan. En i8oa , il ^tait encore dans les rangs d'une armëe t^và Parait tu plus d'une fois se signaler par sa bravoure^ Rentt^ peu de temps après dans se» fojers , fl nlourii^ .du s^es de nombreuses blessures qu'il STait remues au champ d*honneur , et laissa trois filles en bas âge; elles étaient à la fois orphelines et nièces d'un brave; Bonaparte les adopu , et elles étaient &la yeillc d'être placées dans les meîsotos impériales deSnnt-Denis et des fiarbcttef , «lorsque Ift éréiBMa/em de ft8i4 kur en ânrinèreiil les portes pour iamaif,
rabattre,
bELAGLOtRÈ. 97
i^abattre , elle lui fait trouver danvS de nouvelles privations, dans de nouveaux sacrifices ^ le moyen de soulager encore tant d'infortune». C'est ainsi qu'après s'être long-temps paré des plus belles qualite's militaires, rentré dans la vie. civile, Ozel brille de toutes les vertus, d'un excellent eitoy;en» Puissent les temps d'épreuves bientôt finir pQur lui I Çe^yoeu., nous ne le formons pas les premiers j il est exprimé daps, les nombreux témoignages d'estime que> lui .ont adressés MM. les maréchaux , M asséna ^ duc de Rivoli ; Suchet , duc d^Albufera ; Victor, duc de Bellunej le lieutenant général eomte Belliard } le comte Lacépède j^ paip de France 5 les députés ni.ârc|uîs de Chabrîllant , Sartelon , Savoye-RoUin ; l'intendant généra/ de l'armée du piidi , Mathieu Fatier , ie directeur régisseur-général Louis Bodin , et plusieurs autres personnes également reconimandabiesi .
SARRANb (A^>z-Zow£i), che^ de W àû a*
irégiment d*ifafailtérie de ïîgnè, oiïifeier dé là Légiônd'boniiéiii'yiie à ÏJïircâ^soiitie j déj)artement de l'Aùdê.
Sarrànd f lit l'uïi de^ pteYnieî's élèves de' l'école spéfciâle de' PotLlaîfièbieaii. Le ^22 décembre i8<>3 , îï entra j fconmïè ' souâ-lieuteiiarit, daiiâ le 52** régiinéiit d''in- /anterité de ligné ^ Stirnonini<^ lé B^ài^é; l%cùèil que lui firent les officiers de ce corps, presque tous èouvei^'fs d'Iioiioràbies cîcatrifces, lui J)rotiv^r'eilt que ]ës vieux guerriers étaient loiii He désàpprouvei:' tinfe inslitûtîoiï du 'genre de celle del'Eccflfe Militaiiie. ' ' . *
Sarrand ne tarda pas i se dlstîrig'uér. A l'attaqué
de JEtalL^'le'' tf obtobt^èl ' i8d6 , il se jeta à la liage
dans ùnr'-tiîëifaîS^'^ jkmt arriver l'tm des pi'eniiers à'^k
tête dû pont qu'A ^assa: 'à* côté de son colonel , Viiitré*
Tant; IIL ' . 7 '
pide Damcau , qui le même )oar sollicita et obtint pour lai le grade de lieutenant. La ville de Lubeck ayant été prise d'assaut devait , d'après les lois de la guerre y être livrée au pillage : Bemadotte , voulut lui épargner ce malheur ; le 52* régiment , dont il connaissait le bon esprit , fut chargé par lui de rétablir Fordre. Dans cette circonstance Sarrand donna une preuve du plus pur désintéressement. Un nommé Schmit , riche négociant dont) au péril de ses jours, il avait préservé la fortune^ qui consistait en plus de six cent mille francs de vins, lui offrit de l'argent en témoignage de sa reconnaissance: « Je n'ai fait que mon devoir ^ répondit Sarrand ; vous » ne me devez rien »• Le négociant, vitqu^il était inutile d'insister ; cependant il avait remarqué que Fofficier qu'il regardait avec raison comme son bienfaiteur , portait une capote déchirée ; il crut pouvoir l'engager à en accepter une neuve ; mais eette fois encore il le trouva aussi inflexible qu'auparavant, h Eh quoi ! lai dit alors le négociant , pouve^rTOus persister dans un pa-pareil refus ? n'estai pas évident que vous avez besoin d'une capote, puisque la vôtre est percée ? — ^ Vous avez raison , répondit Sarrand ; mais ^ j'aime mieox mille trous à mes vêtemens, qu'une seule tache à ma con* duite>).
Le i4 juin 1807, il combattit à Friedland : dans cette journée, où il commanda une compagnie , il fit partie de la division Dupont , qui , en culbutant la garde Russe , décida de la victoire. Grièvement blessé dans cette charge , pendant laquelle, il avait déplojé le plus grand courage , Sarrand deyaît être récompensé par le | grade de capitaine et par l'étoile des braves ; mais cette 1 décoration fut l'unique prix du sang qu'il avait versé.
t)É LA (itôlaÈ. §9
ëii iÔoë , l^pagne devint pour plosiéars atinées le théâtre de seâ ejtploite. A Vulma , <iù un eânemi liom^ tireux occujiait des hauteors qui setiiblâient itiexpug-^ nables , il grftirii les posiik»id fioâs un feu lerriblé d^ mousqueMiiie ^ H >amva heureusement dans les reiran-' chemens espa^ols^ où il ne fut devancé que par un aide-^dé^camp du général Sebastiaiii, le jeune Gustave de Coîgny (i) ^ qui devait plus tard être mutilé pen-* dant la désastreuse c^ampagrie de fliàssie. Sarrand ^ promu jpour prit: de son courage au gradé de Cdj)itaine , va dans l'ÂndalouÂe prendre le Commandement de3 vol- (igears d'uti bataillon dont il n'est pas connu : en voyant leur nouveau thef^ les soldats se permettent des plaisante-» ries sur une infivmiU! résultant des l)les$uresqu^il a reçues au champ dlhonneur ; mais il feint de ne pas i^'apercevoit de Pimpresai'oH delà voraMe qa'U a faiie mt leur esprit; Peu de jomns aprèi son atriv^i^ , il J^eçoit l'ordre de pénétrer de vive force dans la plade de Cazorla, dont les habitans ont plusieurs fois, repoussé les attaques des Frati<^is: Ten-* treprise est périlleuse.; mais il ne reeule^s devant lé dan^^ ger : ilVsuvance à la tête de sa ti'oupe , et après lui avoir défendu de riposter aux coups de fusils que l'on pourra tirer par les fenêtres ^ il traverse la ville au pas de eourse, et vase formel* en bataille ft demi - portée de pistolet d'tiiîe colonne ennettiie ^ dont il essuyé toute la déc^bargèa Les voltigeurs sont étonnés d'une pareille . . . — t '. ,■ .- ., ', ^
(i) Le )eûtkt QiMtttvè ^ Cèignjr/qtté là ÎHogîii|»1Hë âei itoinnies Virons défigne tÈuH-»k*j^tp^ SùUst le tkGiA dti comte Louis de Goigny , est le tnème qui fat ttoaontbtenoettt mentiottfi^ à lia prise de Bilhao et de Saint-^' Ander^ eh il eut un cheral tn^ ààta lai. Ont Ht croit pas que ée% officier ioit le parent du tkbxdttcdè Coigny ^aujàitfd'hui ùaa^échaT et gourer ne ut
loo LES FASTES
audace ; Sarrand se tourne aussitôt vers eux : « Camades,s^écrie-t-il , que celui qui a. vu boiter son capitaine , sorte des rangs ! » Cette apostrophe produisit l'effet qu'il s'en ëlait promis ; les soldats, honteux de leur ridicule prévention , comprirent enfin que ce n'est pas aux jambes que Pon connaît les braves. Depuis ce jour j ils mirent la plus grande^ confiance en leur capitaine, et ils ne laissèrent échapper aucune occasion de lui prouver leur attachement.
A la reprise de Baza par le général Bouille (i) , Sarrand fit encore des prodiges de valeur. Avec deux cents voltigeurs, il se jeta, en avant de Sougai*d, entre deux colonnes ennemies de quinze cents hommes chacune , et il les mit en fuite après leur avoir tué plus de monde qu'il n'avait de combat tans à leur opposer. Cette attaque^ dont, on dut le succès à l'intrépidité et au sang-froid du capitaine Sarrand , donna lieu à des actes d^une rare bravoure.
(i) Bonillë du Chariol ( Loms-Joseph-jimour de ) ^ général de division, ofiider de la Légion-d'honneur , etc. Après avoir expié par dix ans d'exil , les torts d'une coupable émigration , il rentra en France en iSoS, et ofiirit son bras à la patrie. Envoyé en Espagne, il y servit comme colonel cbefd*état-major du général Sébastiani. Les combats de Ciudad-Real, d'Âlmonacid, lui acquirent une haute réputation de bravoure. L'affaire de Baza,
. où il pom-sui vit l'ennemi iaaqu'an défilé de Casbar ; dont il s^empara, hti fit le plus grand honneur. Nommé généra} de brigade et cttsuite général de division, il se signala encore dans plusieurs circonstances; mais en 181 3 uQe ophthalmîe lui ayant fait perdre la vue , il fut obligé de quitter jt'armée.
L'affaire de Baza , où se distingua le gétféral ]BouiUé , fut pour le chel d'escadron Nouni , du 16*.. régiment de dilagODS^ officier du plus rare méj rite^ une occasion de faire ^brillei' sea talena mHitairesv Quoique la diffi' éulté du. terrain l'emp^cl^ât /d'aborder l'ennemi , il manoeuvra constam-
' ment de manière à lui .eu imposer , et ce fut. à soix ftUitude ferme que l'on du t'en grande partie le succès de cette jomnée.
DE LA GLOIRE. loi
Le vijitigeur Arnaud alla au centre de la colonne , où Aait le général Freyre, enlever le drapeau du 3* bataillon du régiment de Guâdalaxara. Le sergent Amiot , couvert de blessures ,ne cessa de combattre que lorsqu'il eut été mortellement frappé. Le lieutenant Lagrange(i), les sous^lieutenans Colomb et Prunayrac , le sergent Pangon et le voltigeur Graillard , se distîtiguèrenl également^ mais aiocun d'eux: ne fut récompensé. L'armée d'Espagne était dors oubliée, et les services 'qu'elle rendait étaient presque toujours méconnus»
Nommé , en i8i5 , chef de bataillon du 1 1« de ligne , jSarrand , se rendit en Saxe , où il reçut de Napoléon la croix d'ofiScier de la Légion - d^honneur. Chargé 5 après l'armistice , d'occuper avec seize cents hommes le défilé de Falkenem* sur les frontières de la Bohême , et de tenir en cas d^attaque jusqu'à l'arrivée, de la division dont il faisait partie, il résista pendant prèa d'une demi^^journée à trois fortes colonnes russes, prussiennes et autrichiennes y qui , quoique l'enveloppant de toutes parts et souteniies parle feu de plusieurs batteries, firent de vains efforts pour l'entamer. A la tête de sa poignée de braves , il gar^ dait encore sa position ,. lorsque l'adjudant-^major Arro-^- ?at de Lodève , o^cier aussi courageux qu'intdligent , qui avait traversé toute la ligne enjEiemie pour aller pren-!* dre les ordres du général de division comte Bazout, revînt apporter l'avis que le corps d^armée se dirigeait sur Dresde* Sarrand , déseçpérant alors d'être secouru , se décida à battre en retraite^ et, après des miracles de contenance, il rejoignit a^a division au moment où on le croyait prisonnier.
(j) Aujourd'hui ciapUaine , chevalier de lîi l4ésion-d*lu)ûncurt
im hga FASTES
Pasaé du i4^ au ^i* corps de la grande ftmJe, il assista aux ImtaiUes de Leîpsipk et 4el&i|jm , et prit une glorieuse part k tpus ks coinbata qui jurécëdèren): la redr dition de Paria. DUua ces circonstances difficiles , il dé^ ploya le plu$ gr<3nd ssèle pour la défrise de la patrie. Les soldats du batitillpa qu'il poiAmaiidait ayant presque tous péri, h i.O'fisTrier i3i4 ri écrivit aumdFëchal Magdonàldy-ppur demander Fautprii^itiQn #altfNr aTeç quelques officiers sur le derpîire de» enuemië , afin de soulever contre eux le$ Ârdeiiiieset la Champagne. Magdooald fit le plus grand ^g^ de ce projet qu'it regar-n dait comme leaecil moyen de sauver la EVanee ; mais il prut devpir s'abstenir d^en approuver Féxëcutioti.
Lorsque Napoléon vevint é^ Vh}é d'Elbe , Sarrand , qui avait <étë placé d^ii» le 3* d'infanterie de li^ne, destitué à faire partie de la< ganfiscrn de Paris y signa né^ gativemeat l'acte additionMl auic eonstitcrtions de l'empire; mais, à Papproehédn danger , il fot un des premiers à voler à la frontière. A. Mont-Saint-Jean, ce^ fut lui qui , avec son bataillon , attaqua la ferme de 6oumond. Après airoir traverse , pMe-méle avec Pennemi, te petit bois qui la couvrait, il s'avança aq milieu d'un feu routant , jusque sot» des murs crénelés de toutes parts , fit enfoncer à coups de crosse» une petite porte sur le fland du bâlim€9at , et donna l^ordi^ h l'intrépide lieutenant Toulouse dé s'y introdâire ayec une soixantaine d'honimes, tandis» que lui^mflme se porterait en avant de sa tronpe potir tâeber de découvrir une seconde entrée. A peine eut-il fait quelques pas, qu'un coup de fusil tiré à boutportant lui fracassa la cuisse gauche. En le voyant renversé , ses soldais se pressent autourj de lui : « A vos rangs ! s'écrie alors ce brave chrfde ba^
DE LA GLOIRE. io3
» taillon ; 3 n'e^ pas teipps de songer à me flecourir )►• Les*soldats obéirent', et ils le laissèrent sar le champ de bataille , où il reçut une nouyelle blessure. Recueilli le lendemain y il ^fut transporté & Bruxelles , où il resta nn an entre la yîe et la mort. Sarrand reçut des Bruxellois ces soins, touchans ^ qu'ils aimaient & prodiguer à tons les Français bleasés en défendant leur pays. Madame Arnaud 9 femme de Fauteur de Marins , le général Excelmans sous les ordres de qui il avait servi y le lieutenant général Lamarqne^ ainsi qne plusieurs autres bannit lui offrirent généreusement leur boune , et s'empressèrent de yenir au secours d'un officier dont le patriotisme et le courage les avaient pénétrés de la plus vive admiration* Rentré en France en novembre 1816 , le chef deba* tâiUon âarrand , habite aujourd'hui la ville de Carcassonne 9 où ^ environné de Teslime de ses concitoyens, il attend que le gouvernement lui accorde une retraite 5 à laquelle ses blessures lui donnent des droits incontestables (1).
LAMOTHE DE LàNGON ( le baron ) , auditeur au conseil d'état.
En décembre i8i3 y Livoume ayant été attaquée par les Anglais y le baron de Lamothe-Langon y auditeur au conseil-d'état et sous-préfet y se joignit aux braves dont la vigoureuse défense força les assaillans à regagner leurs
(1) Le cofllinaQdant Sarrind a la coifse gauche de troi* poucei plut courte que la droite | cette m^galitë est le rëudut d'une opération douloureuse dans laquelle on lui d^taclia du fémur une esquille de plus de quatre onces* Plusieurs personnes nous ont assure qu'il conserre chez loi cettff relique de la bravoure , qu'i) a placée dans un cadre portant cette ia*eription •* Titres de nfAU99e du chcvàlUr Sarmnd.
io4 LES FASTES
embarcations. La valeur qu'il déploya dans cette oceat* sion y bu il s'exposa Tolontairement aux plus grands pé* lils, le fit admirer dé toute la garnison. Lés journaux ^ rapportèrent de lui , à cette époque, plusieurs traits où il ne fut pas moins remarqué pour son intrépidité que pour sa présence d'esprit. Entraîné par l'ardeur de combattre , le jeune Lamothe s'était précipité dans la mêlée, où il portait des coups terribles , lorsque régardant autour de lui, il vit un Anglais qui l'ajustait à bout portant; l'aspect d'un pareil danger ne l'intimide point: sans liésiter il saisit le bout de canon qui le menace y détoarne le coup , fonce sur son adversaire, et lui plonge son sabre dans le corps. Un instant après , il eut l'épaule froissée par un boulet ;' mais , malgré cette cohtusioii qui le faisait cruelle* ment souffrir , il ne voulut pas se retirer du champ de bataillé avant d'avoir vu la défaite des ennemis de la patrie. Cet acte de dévouement et de courage, dans un jeuiie fonctionnaire déjà connu par ses talens administra-; tifs , lui valut le titre de baron qu'il reçut de l'empereur.
CHABRAN [Joseph) y lieutenant-général, commandant de la Légion-d'honneur, né à Cavaillon , département de Vaucluse.
Chabran était professeur de mathématiques dans un collège des Pères de la Doctrine , lorsque la guerre des rois ligués contre la France, vint changer tant d'états paisibles pour lé métier dés armes. Il avait près de trente anfi,lorsque, lé 4 août 179 2, il fut nommé capitaine aii5* bataillon des Bouches-du-Rhône: il débuta sous les générau:^ Biron etDagobert, et se distingua à Nice , en guidant aux avant-postes une compagnie de canonniers choisis dans le bataillon qu'il avait formé. Le 12 mai 1793 , il fut
DE LA GLOIRE.' io5
nommé' adjoint provisoire à Fétat-^major de rarmée- d^I* tah'e. Vingt jours après, il concourut à une Tictoire importante remportée sur les Piémontais à l'attaque de Férus et de Lignière. Sa brayoure dans un combat près de Gillette , où Dugommier descendant des montagnes prit Qu tailla en pièces six n^ille Piémontais , et ses exploits pendant la bataille pu Schérer défit complètement, près de Final, Panhée austro -sarde , le firent élever au grade d' adjudant-général. Ce fut en cette qualité qu'il commença en Italie , sous Bonaparte , une campagne des plus fécondes en beaux-faits d'armes.
Chabran mérita le sninom de bouclier de Masséna , sur le champ de bataille , où ce dernier reçut celui d'Enfant chéri de la victoire. A Lodi, on les voit tous deux , en tète des carabiniers commandés par l'intrépide Dupas , affronter des premiers les foudres d'une artillerie formidable , et passer le pont eça milieu d'un peloton de grenadiers : la mitraille crible ces braves : à travers tant de périls , Chabran est invulnérable : une balle frappe un hussard à ses cotés , il chancelle , il hésite; Chabran le relève , le soutient, l'entraîne et lui dit avec un rare sang-fi*oid : a Allons , mon ami , un peu de courage et nous arrivons » • De nouveaux combats mirent le comble à la belle réputation que Chabran s'était acquise ; toujours à l'invincible avantgarde conduite par Màsséna , il fut nommé parmi les vainqueurs à Mohtebaldo , à 4a Corona , à Préabolo , à la bataille de Lonado , et à Rivoli. A Dego, il allia la présence d'esprit à Paudace. A la célèbre journée de Boveredo , il cueiUit de nouveaux lauriers, et fut fait général de brigade.
Tandis que Bonaparte se dirigeait sur Vienne, Jes
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hâtutans de ïa Terre -Ferme et V6:one se soulevèrent contre les Français. Dans un revers, nos troupes n'avaient point de retraite à espérer : Chabran, à la tète d'une &ible colonne , marche à l'ennemi , le disperse^ se présente devant Vérone , dont il enfonce les portes à coups de canons , et entre victorieux dans la ville. Les lois de la guerre autorisaient le pillage ; les Véronais avaient trempé leurs mains dans le sang des Français : Chabran calma dans ses soldats le d^ir de la vengeance , et aucun désordre n'obscurcit l'éclat de leur triomphe.
Le traita de Campo-Formio rendit pour un instant la paix à l'Europe : la reconnaissance publique marqua dès-*lQrs la place que le général Chabran devait occupc^r parmi les guerriers qui avaient bien mérité de la pa^tne. Les suffrages de ses concitoyens le portèrent à la législaticoi; mais il ne quitta point le champ de l>ataille pour la tribune. Des troubles éclatèrent dans les départemens des Basses^Alpes et des Bouches-dn- Rhône ; le général Chabran dissipa une armée de mécontens ^ et pacifia ces contrées en employant tour a tour la fermeté et la clémence.
Appelé en Suisse ^ à la reprise des hostilités , il fit contre Mayenfeld une attaque simulée , qui Ëicilita la prise de Steig sur la rive droite du Rhin. Le lendemain de ce succès , il traversa le fleuve , et chassa l'ennemi derrière la Lanquart. A la tite de deux«-demi-brigades, la 37® et la io3* 9 il enfonça les Autrichiens , fit prisonnier le général Aufiembei^ chef des Giîsons , et s'empara de Çoire , dont il emporta les hauteurs à la baïonnette.
Le I*' mai 1799, au point du jour, deux mille Autrichiens viei^neiit attaquer le poste de Lucisteig^
Chàbran^ qui n^a qu'une poignëe de soldata 5 se précipite SUT les assaillans ; «es officiers craignant que l'en^ xiemi ne le reconnaisse , l'engagent à dénouer sa ceinture : « Eh ! messieurs , s'écrie le général , dois-je crain- » dre de rencontrer la mort au milieu de braves comme )> vous ?» A ^simots il charge avec une impétuo^té sans égale ^ et quinze cents Imx^riauK mettent bas les armes*
Les Autrichiens plus nombreux ayant paru sur les. imontagnes du Voralberg forcent les Français à repasser le Bhin^ Poursuivi avçc vigueur j Chabran doit traverser la grande vallée de Mels y où la cavalerie peut facilement l'écraser ; mais avant de comnaencer son mouvement, il a fait es^écuter à ses troupes les manoeuvres qu'elles doivent faire en présence* de Pennefni. Sûr alors du succès, il les forme en bataillon carré f; effectue sa retraite en longeant les précipices et brûle tous les ponts établis sur la Linth^
Le jour où Masséna battit le prince Charles à Ventber , Chabran fut un des généraux qui concoururent le plus h la victoire. Trois mois après , à Wolran , il chassa les Autrichiens de leurs retranchemens et leur enleva trois mille prisonniers. Un de ses ^îdes-de-r-camp , nommé Bergier , déploya dans celte action une bravoure surnaturelle. Ce fut après ce combat que le prince Charles , parlant du général Chabran ^ disait.: K, Il se mire dans ses grenadiers » • En effet , Cha^ bran mettait tout son orgueil dans la bonne tenue de ga troupe : jamais personne ne porta plus loin l'amour de la discipline et le respect des propriétés.
Nommé général de division le 25 juin 1799 , il jugea que cet avancement était pour lui un motif de
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rendre de noayeaux services à sa patrie. A Stein y à Cerven , à Schwitz , à Diiikon , il^préluda par des succès à la célèbre baf aille de Zurich, où il partagea avec i le Marius français la gloire d^avoir vaincu les Russes ,et les Autrichiens.
Chabran avait contribué à la délivrance de THel-^ vétie ; un an après , il franchit avec sa division le petit Saint-Bernard. Le souvenir (jue les Savoisiens avaient conservé des vertus de ce général qui , après les avoir vaincus , avait si; se concilier leur amour , les attira sur son passage : ils dételèrent la voiture de sa jeune . épouse , qu'ils transportèrent , à travers ces montagnes , sur un brancard de feuillages orné de guirlandes de fleurs.
Armé de dix-huit bouches à feu et défendu par une nombreuse garnison , le fort du Bard nous fermait la route de l'Italie : Chabran Fattaqua , et , après l'avoir emporté, pour ainsi dire , de vive force , il se dirigea sur le Pô, et opéra une diversion puissante pendant la bataille de Marengo. Nommé ensuite commandant du Piémont , il s'y conduisit en administrateur éclairé , rétablît le bon ordre, protégea la sûreté des communications^ et fit rendtre la confi9nce. En i8o5 , il fut fait commandant des îles Marcouf , qu'il quitta pour combattre en Italie , sous le maréchal Masséna , qui n'eut qu'à se louer de son habileté et de son courage. Employé depuis en Espagne, il y fit les campagnes de 1807 , 1808 et 1809; soumit les insurgés de la Catalogne et s'empara de Tarragone. Rentré en France en 1810 , il dut à ses opinions libérales d'être préo)»-» jturément envoyé en retraite.
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CHARTRAND, général de brigade, officier de la Lëgiond'honneur , né à Carcassonne , département de l'Audeé
Chartrand fut l'un de ces enfains que la liberté transforma tout-à-coup en guerriers. En 1793, il u'ayait pas encore quatorze ans qu"il combattait à la frontière. Un courage intrépide lui mérita d'abord l'estime de ses chefs , et le fit regarder par ses camarades comme un des plus yaillans soldats de la république. H se signala par de brillans exploits, et , malgré sa jei;inesse, plus d'un ordre du jour %t mention de son dévouement. Chartrand aurait; pu obtenir un rapide avancement; mais il ne songeait pas encore à sa fortune militaire , et ce ne fut qp'après avoir été admis dans la garde des cpnsuls , qu'il fut nommé sous- officier. Une action d'éclat, pendant la première campagne de Pologne , lui valut les épaulettes ; on le vit bientôt parvenir aux grades supérieurs , et il était général de brigade, lorsqu'en 1^1 5 il fut fait prisonnier. Deux ans plus tai*d\ il jouissait de sa retraite , quand Napoléon reparut sur le sol français. Cl^^rtrand, partageant l'enthousiasme de la nation , se laissa enflammer par le sentiment qui porta des milliers dé braves au devant du guerrier qui leur avait fait cpnquérir l'Europe. Il le suivit à Mont Saint-Jean. Échappé aux périls de cette journée, il ne put échapper au jugement d'une commission militajire. Condamné à mort après l'amnistie.dans laquelle il était compris, le 19 mai 1816 , il fut conduit sur les glacis de la citadelle de Lille , où ou le fusilla au bruit d'une musique soi-disant guerrière qui, dans cette circonslance, pi^ofana Pair chéri du clément Henri IV, Clwrtr^nd mourut avec beaucoup de fermeté, .
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FOTEL, capitaîne, officier ck la L^gion-d^hourieui'y né a Juilly, dëpartement de
Potel fut Fun des volcaitaîres d^ la liberté: il xomballit sur les bords du Rhin , et se signala pendant les campagnes d'Italie. Ses frères d'armes, qui lui donnèrent le^ur-^ nom de Brave, aimeront long-temps à citer fia râleur et sa présence d'esprit au milieu des périls. Un jour, devant Saltzbourg, les Français avaient vu tomber leurs plus vaillails officiers : un seul général les commandait encore; atteint d'un coup /mortel, il fut renversé dans un ravin profond. Sans chefs, sans ordre, les soldais reculent ; Fotel , alors sous-officier , s'élance dans le ravin , essaie de ranimer son général expirant; il n'était plus ! • • . . Tout à coup , au milieu des nuages de poussière et de fumée, l'uniforme du général rejiartât aux yeux de nos bataillons étonnés. A cette vue , à la voix iqui les rappdle, les soldats s'arrêtent , reforment leurs rangs , s'élancent au pas de charge , et , dupes honorables d'un ingénieux stratagème, ressaisissent la victoire près de leur échapper.
Celui qui avait si à propos remplacé le général , fut jugé digne d'être officier; il reçut les épaulettes de souslieutenant , et ne tarda pas à mériter , par de nouveaux exploits, tme plus digne incompensé de sa valeur.
Guerrier , Potel se recommandait à l'estime de l'armée par les plus belles qualités militaires ; redevenu citoyen , il fit aimer des vertus plus tranquilles. Au sein d'une paix qui a humilié tant de héros , îl se flattait de ressaisir se» armes et de guider un jour les Français qui doivent venger la patrie; la mort a trompé l'espoir d'un, si noble courage. . . . Le Brave n'est plus ; mais sa gloire vit dans les récits de tous ses camarades, et une honorable tradition
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doit Petemiser anx lieiuc de sa naissance Tous le$
habitans de Juilly ont donné des regrets à sa mémoire.
STAHL ( Jean-François ) , chef de bataillon aa i4* i^égiment d'infanterie de ligne y officier de la Légiond'honneur , né à Paris y département de la Seine.
Plein de ce feu sacré qui , au seul nom de patrie , embrase les cœurs généreux , Stahl partit comme yolontaire dans le i4« bataillon de» Fédérés Nationaux , qui fut incorporé dans la 29* demi-brigade devenue plus tard i4* régiment d'infanterie de ligne. Stahl eut un ayancement peu rapide j ce ne fut qu'après ùx ans de service qu'il parvint au gradé de sou»-lieutenant. Sous-officier, il s'était fait remarquer parmi ses camarades; il devint bientôt l'émule des officiers kâ plus distinguéi. Il combattit en Belgique, en Hollande, en Italie et enEspa-* gne ; le corps auquel il appartenait , n'alla pas une seule fois an feu , sans qu'il ne briguât Phonneor d^étre placé au poste le plud périlleux.
Capitaine à Austerlitz , où il commandait une coimpagnie de voltigeurs, il concourut puissamment par son cou« rage et par sa présence d'esprit aux brillant résultats qui valurent au i4* de ligne l'honneur d'être cité ^onune on des plus vaiHans de cette journée* Ce régiment, dont la prodigieuse résistance contribua tant à la victoire , spu-* tint seul le choc d'un corps d'armée , fit mordre la poussière à plusieurs milliers de ilusses , et ne perdit que vingt hojnmes, parmi lesquels Pintrépide colonel Mazaa.
Stahl ne tarda pas à recevoir la récompense des services qu'il avait rendus dans cette campagne. Nommé chef de bataillon, il assista, le 10 juin 1807 , à la bataille de Heilsberg , où , par son exemple , il sut inspirer h ses
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soldats des miracles de contenance; Attaqué par d(ef forces considérables , le i4* a perdu ses meilleurs officiers î le colonel Henriod et le chef de bataillon Lemer-^ cier sont hors de combat; Stahl vient également d'être atteint d'un coup de feu ; il souffre cruellement , mais la douleur est impuissante pour abattre son courage ; il prend le commandement de la troupe, et se prépare à faire une défense des plus vigoureuses. Jamais on n'op-« posa tant de sang-froid à tant de périls : inébranlable , le i4*, formé en carré , essuya la mitraille de trente pièces de canon qui , d'une distance de moins de cent pas y portaient la mort dans ses rangs. Deux fois de nombreux bataillons le chargèrent avec fureur , et deux fois ils furent repoussés. Las enj^n de prodiguer en vain ses efforts, l'ennemi fait avancer une colonne des plus formidables^ Stahl n'ignore pas combien sont imposantes les forces contre lesquelles il va lutter, mais il connaît seul toute l'étendue du danger. Des tourbillons de poussière et de fumée dé^ robent aux regards les masses terribles qui se ruent sur les soldats du i4*^ : animés par leur digne* chef , ces braves répondent par un feu d'enfer aux décharges réitérées d'une épouvantable mousqueterie , et se font autour d'eux un rempart de morts. Uaption touche à sa fiiî, Stahl, épuisé de fatigue et affaibli par la perte de son sang^ est forcé de se retirer , et l'adjudant-major Lefèbvre , 3on ami , continue à soutenir un engagement qui coûta cher aux assaillansdont les cadavre^ amoncelés sur trois des iaces du carré , attestaient , ,api?ès la victoire, la valeur des guer-riers qui les avaient couchés dans la poussière^
La guerre d'Espagne fournit à Stahl de fréquentes occasions de se signaler. Appelé avec le 1 4* au siège de Saragosse y il enleva à la baïonnette plusieurs des ouvrages
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avances qui couvraient cette ville , et s'empara avec le 44* de ligne des premières maisons qui tombèrent au pouvoir des Français*. Peu de jours après , à la tête de son batail* Ion,, ils'ëlança dans la grande rue dite le CossOy où il devança toutes les autres troupes : arrivé au cœur de la place 9 il croyait avoir surmonté tous les obstacles, lorsque les Espagnols démasquèrent une batterie dont lea foudres arrêtèrent Fimpétuosité des soldats j la fusillade partait en même temps des toits , des fenêtres et des caves ; mille explosions avaient lieu à la fois; de toutes parts des matières combustibles s'enflammaient : au milieu de ce déluge de feu, Stalh , que n'abandonne point sa présence d'esprit , demande à sa prudence les moyens de préserver les braves que l'exemple de son audace a entraînés sur ses pas. D fait fermer les rues avec des sacs de laine , se retranche dans le couvent de Saint- François f s'y maintient pendant onze jours , et s'y serait sans doute maintenu plus long-temps sans la retraite de l'armée du centre. Les difficultés du siège se multi-^^ pliaient de plus en plus. Le général en chef forma un bataillon d'élite destiné à tenter les coups les plus hardis. Stalh fut nommé commandant de ce corps , dont les quatre compagnies de voltigeurs du i4* faisaient partie. Ce fut avec eux qu'il emporta d'assaut le monastère de Saint-Joseph que les assiégés avaient transforme en une véritable forteresse. L'artillerie de la redoute de THuillerie située sur le cordon des couvens inquiétait singulière-* ment les travailleurs : Stalh résolut de l'enlever de vive force ; il franchit le Gallego ; mais y au moment où il s't^lance dans les retranchemens,'il est atteint d'une balle ^ tombe et meurt non loin du lieu où son intrépidité s'at- Tom. m. 8
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tendait à un triomphe. Il fut généralement regretté, Stalh, ^tait fait pour devenir un habile général , il en avait du moins toutes les qualités: bravoure , amour de la gloire et de la patrie, sagesse, équité, expérience. 11 était d^un esprit cultivé , d'un jugement sûr et prompt , et possédait des connaissances dans toutes les parties de l'art militaire ; il avait les vertus du citoyen et fut un modèle de piété filiale.
IGNARD(/eaw-CïaMde), sous-lieutenant au i4:' régiment d'infanterie de ligne , chevalier de la Légiond'honneur, né à Langres, département de la Haute- Marne.
Ignard avait dix-huit ans, lorsque, le 27 mai 1808, il entra comme soldat dans le i4* régiment d'infanterie de Hgne. L'Espagne fut le premier théâtre de sa valeur : jeune encore , de nombreux exploits le firent mentionner honorablement dans un pays où les vieux soldats étaient souvent réduits à faire un nouvel apprentissage de la guerre. Le ig juillet 1810 ^ devant Morella , il fut blessé d'un coup de feu au côté droit, et obtint son premier avancement sur le champ de bataille. Cinq mois après , au combat de Jana , où on le vit Êiire dés prodiges d'audace , il eut les deux jambes traversées d'une baUe et reçut un coup de lance à la têle.
Le i5 juin i8i5 , à l'aflPaire de Carcagente, itdevainça ses camarades , et leur imprima , par l'exemple de son intrépide bravoure , cet élan qui décide de la victoire^ Sa conduite dans cette journée lui valut llionneur d'être cité à l'ordre du jour de l'armée , et lui mérita debrillans éloges de la part du maréchal duc d'Albuféra.
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&1 l8i5 , Ignard fit partie de l'armée des Alpes. Le i5 juin, à Tournon en SaVoie j; il cbargea Vun des prèmierd sur déax régimeiis piëmbntaiâ qui furent culbutés par quelques Compagnies du i4*de ligile. Douzcî jours après, il montra le plus grand courage à L'Hôpital sous Conflaris^ où son régiment mit en déix)ute uh corps de huit miilé Autrichiens , et fit plus de cinq cents prisonniers. Pendant cette action , Ignard , qui s'était précipité dahâi la mêlée , fit mordre la poussière à plusieurs ennemis.
Licencié après l'invasioii du territoire , cet officier est rentré dans seii foyers, oà, environné de l'èstinie de ses con-^ citoyens , il attend que la patrie feisse un appel à son dé^ touenient.
DUBOIS {Jèan-Louia)^ sergent-major daui( la 24* dédiLbrigade d'infanterie légère, né à Paris, département de la Seine*
En 1792 9 Dubois marcha à la iroiitière avec le 1*' ba-^ taillon des chasseurs de Paris. Ses premiers pas dans là carrière dés armes furent niàrc(ués par des actes du plus rare courage. Iricîorp6ré dans lei cbasseurà de Càssel en 1793, il fit partie de eette immortelle gardisoii qui soutint dails Mayence un siège atussi long que meurtrier. - Les soldats de la liberté monitrèrexît alors ce que peut la taleur animée par un véritable patriotisme. Quelques bataillons, exposés aux plus cruelles privations, dénués de tout, de vivres et de munitions (i), résistèrent avec avan-
( X ) La chair éa cbeyal , les cbats et lei éoaris ^tuent la nourri-^ ture dea habkaiM et ànv soldats \ ils faisaient leur soupe ayec de Thuilcf de poisson $ quelqaes-^aus y ayant mâë des pluiteS yénëneiues devinrent fous. Le pri& de ées alim'ens étsM exorbitant : un chat mort valait sis francs^ le cheval Se vendait déni francs la livre* Le général A ubcrt-du-
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tage à une armée de cmquante mille hommes, commandée par le roi de Prusse en personne. Au milieu de cette sérié d'inuombraLles combats , d'assauts réitérés et de surprises continuelles , Dubois ne fut pas un jour sans donner à ses camarades l'exemple d'une intrépidité sans égale. A l'attaque du camp des Saxons , dans la nuit du lo au ii avril , malgré le feu d'une épouvantable mousqueterie, il se précipita dans une rédoute qui fut enlevée de vive-force, tourna, aussitôt contre l'ennemi un des obusiers dont elle était armée, et le pointa avec tant de justesse , qu'a la seconde décharge il mit le feu à une poudrière dont Fexplosion fut fatale aux assiégeans.
Peu de jours après, il fut du nombre des vingt-cinq braves qui, ayant demandé à se dévouer à une entreprise des plus périlleuses, affrontèrent , en plein jour, la mitraille de vingt batteries pour aller attaquer le poste retranché de la Chapelle , qu'ils emportèrent à la baïonnette, quoiqu^il fût défendu par plus de quatre cents Prussiens.
Le 8 mai , Dubois donne de nouvelles preuves d'audace et de sang-froid. La grand -garde avancée de Costheim, est sur le point d'être coupée de sa retraite, et prise ; rien ne s'oppose plus à la colonne prussienne guidée par le général Kalkreuth; elle s'avance avec cette confiance que donne la certitude de la victoire. Témolâ du danger qui menace ses frères d'armes , Dubois a résolu de les sauver : il se jette seul dans une batterie abandon-^ née, charge un canon, fait feu sur l'ennemi et continue à
Bayet, depuis ministre de la guerre, et mort ambassadeur i Constantinople , invita un jour à dîner plusieurs officiers supérieurs : « Mes amis , leur » dit il , nous ferons bonne çl|èi*e ; j'ai à tous ofirir un beau ébat entouré » d'un cordon de souiis V.
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manœuvrer èa pièce. Dans ce moment deux chasseurs Tiennent se joindre à lui ; il redouble alors d'activité: secondé par eux , il foudroyé les bataillons de Kal« kreuth , qui, persuadé que la redoute est encore occupée par les républicains, suspend sa marche, et laisse ainsi à la grand-garde le temps de rentrer dans Costheim.
Le S 1 mai , dans ulie sortie de nuit , où le bataillon de Cassel se dirigea sur Marienbonn , Dubois , qui faisait partie d'un détachement commandé par le vail* lant capitaine Girardot , se signala encore en s'élançant des premiers dans la redoute de la grande Thuilerie y qui , quoique au centre de l'aile gauche de l'armée de siège , fut emportée d'assaut. Les îles ^de Mars , situées à la pointe du Mayn , le village de Costheim où il s'était déjà distingué , la redoute de Merlin , toutes ces positions sans cesse prises et reprises par les Français ou par les Prussiens , le virent faire des prodiges de la plus éclatante bravoure. Réduite à la dernière extrémité , Mayence fut forcée de capituler ; Dubois , suivit la garnison : transporté avec elle dans la Vendée ^ il prit part à toutes les actions qui eurent lieu dans cette malheureuse contrée. La prise du port Saint-Père , l'affaire de Savenay , et la défense d'Angers , assiégé par les rebelles , furent pour lui autant d'occasions de se couvrir de gloire. Partout il fut terrible aux ennemis de son pays , partout il mérita des éloges. Quand il quitta l'armée , sa bonne conduite lui avait fait obtenir le grade de sergent-major , et ses exploits lui avaient acquis la réputation d'un soldat des plus valeureux.
Des considérations politiques ont fait supprimer ia seule relation authentique du siège de Mayence. Nous ne chercherons point à pénétrer les motifs de cette cou-
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pable suppression ; il nons suffit de dire ici qa'en an^aihtissant ce document historique, on a commis une injui^ fice d'autant plus grande , quelle a entraîné pour plu$ de soixante brates iiiilîtâli*es la perte du seul titre qui pût leur faire obtenir le prix du sang m gëaëreusement versé pour la patrie. Les noms d'Âub«rt- Dubayet y de Meuniei: , d|e Merlin , de Rewbel , de Doyré et du cplonel.Gdy-Vernon seront les seuls transmis a la postérité. Im chtk ont reçu leur récompense , mais le^ soldats attendent la lemv Nos lecteurs n'apprendront pas 9&h3 étou|ieme]|t , que l'iiitrépide sous-officier à qui nous çonsaqix>ns cet article , a Taînement réclamé la décoration de la Légion^-d'honpeur ^ à laquelle il a les droits les plus incontestables.
DELABOBDE ( Le comte Henri-Françoia) , lîeù tenant-général , commandant de la Légion-d'honneur , cbevaUer de Saint-Lqui*, né à Dijon, dé|)artement de la Çôte-d'Qr.
Delabprde avait vingt-huit ans, Iprsque commencèrent les guerres delà révolution. Entré de bonne heure dans la carrière des armes , il joignait à une instruction solide la pratique de ces détails nombreux qui constitue rhabi-? leté du chef. En 1792 , cesconnaissances le firent nommer commandant du 2^ bataillon de la Côle-d'Or : ce fut en cette qualité qu'il fit sa première campagne. II se signala, par de brillans exploits au combat de Grisuelle , ainsi que dans un autre engagement qu^il soutint près de Rhinzabern. Lorsque Longwy fut livré à l'armée prussienne , $:ommandée par le duc de Brunswick , Delaborde , qui ^tait dans cette place, refusa de signer la capitulation , et fit , contre la décision du conseil de défense , une énei*-
gique protestation 9 gui fut insérée le 7 septembre au 2* bulletin de l'assemblée nationale.
C'est ainsi que s'annonçaient déjà cette intrépidité de caractère ^ cette . force de résolution , par lesquelles Dela^ borde devait partout se faire distinguer , aux Alpes y de* vant Toulon , aux Pyrénées , en Allemagne, en Portugal et en Russie. Doué d'^un naturel ai^dent , et pourtant réfléchi , joignant beaucoup d'adresse à une extrême francbiise, 4ine volonté ferme à des moeurs simples et douces y il parut dès-lors ce qu'il fut dans tout le cours de sa vie militaire , digne de conunander et d'être aimé de ses subordonnés. U était difficile que des qualités aussi rares ne le fissent pas monter rapidement aux premiers rangs de Pannée. n y était appelé par les suffrages de ses camarades; mais il sut y arriver de lui-même par des actions d'éclat. Elevé au grade de général de brigade y Delaborde y qui devait ce rapide avancement au courage et à l'habileté qu'il avait déployés à Parmée des Alpes , allait prendre le commandement de là Corse , lorsque Dugommier lui confia 9 sous les murs de Toulon, celui d'une division à la tête de laquelle il emporta le camp retranché des Anglais. Employé ensuite aux Pyrénées-Occidentales, il y commanda cette fiimeuse colonne infernale , dans laquelle servit Latour-d' Auvergne. Avec la seule avant-garde de cette élite, Delaborde, après une marche de quarante-ttois heures sur quarante-huit, attaqua , enfonça et détruisit un corps de douze mille hommes, enleva les lignes et les magasins des Espagnols , fixa la victoire sous les drapeaux français dans les journées des 17 et 18 octobre 1794, marcha de succès en succès jusqu'à Ronceveaux, où il obtint , par la célérité de ses manœuvres, un avantage des plus importans , et dont les résul-
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tats contribuèrent puissamment à amener l'heureuse issue d'une guerre qui se termina par le traite de Bâle.
La paix étant conclue avec FEspagne , Delârbordè fut appelé à l'armée du Rhin , où il ne tarda pas à mériter Festime du général Moreau , qui le chargea constamment des Opérations les plus périlleuses et les plus difficiles^ En juillet 1796, il dirigea la division qui passa le Rhin à Nen. brisach , et tandis que Moreau pénétrait en Bavière, il occupa le Brisgan. En 1799 9 il forma le blocus de FhUisboùrg. Son activité prodigieuse , pendant ces glorieuses campagnes , lui fit donner le surnom à' Infatigable ; toutefois de longs et.pénibles travaux épuisèrent sensiblement sa santé, et l'obligèrent à quitter les camps. De retour eu France , ilcommanda la i5* division militaire à Rennes , et dans une province long- temps en proie aux fureurs de la guerre civile , il porta cet esprit de. conciliation dont sa loyauté et sa ibrmeté inébranlable doublèrent encore l'efficacité. En 1807, il forma lecamp volant de Pontivy, où se rassemblèrent les troupes qui devinrent le noyau de cette première armée de Portugal , que son courage et son dévouement rendaient digne d'un meilleur sort. Delàborde, quoique valétudinaire, ayant demandé à eomfoattre, fit partie deFexpédition, sous les ordres de Junot., et fat nommé gouverneur de Lisbonne, où, dans nne circonstance des plus critiques , il réussit , par des mesures' aussi sages que prudentes , à maintenir la t)?aiiquillité. La défense des défilés de Rorica mit le; comble à sa réputa-' tion de talent et dé bravoure: avec dix-huit cents hommes, il résista à douze mille Anglais. « Tout ces défilés , dit le » général ennemi , dans son rapport du 27 août 1808 , » et surtout celui attaqué par nos 29^et 9* régimens, furent » vigoureusement défendus; les Français firent une résis-
» tance dâtespër^; ce fui là qdenoQsperâtmesnosmeil-' » leurs soldats ». ^Jamais on ne monirn plus d'audace que ne fit y en cette occasion , le général Delaborde : fatigué des chocs réitérés de Pennemi , il prit intrépidtaoaent l'offensive ^ et lassa, à son tour, les assaillans. «Les Français, conw tinae le narrateur anglais, chargèrent trois fois, atec une » ' incroyable a rdeury contre les 9^ et 29^ régiment; tt^ois fois )> ils (tirent repoussés ; mais ils réussirent à effectuer leur » ret»*âite en bon ordre » . Les dispositions dugénéral Delfe borde, contre les retranchemens de Vimiero, passeront long-temps pour un chef-d'œuvre de tactique ; jamais attaque ne fut dirigée avec plus d'habileté. Pourquoi a^t-il fallu que le défaut d'ensemble dans les opérations de Tarmée ait paralysé tant d'efforts et tant de dévouement? La victoire fut infidèle à n^|^^endards , et au moment d'un triomphe , les aigles françaises , virent , pour la première fois , nos phalanges belliqueuses se résigner à un revers.
Rentré en Espagne , le général Delaborde y livra de nouTeaux combats : après avoir poussé les Anglais jusqu'à la Corogne , il fit partie de la seconde expédition de Portugal , qui ne fut pas moins malheureuse que la première. Successivement placé à la tète de deux corps d'armée, on le vit , dans les circonstances lès plus critiques , se dévouer constamment , et préférer l'intérêt du service à tout intérêt personnel. Tant de veilles , tant de fatigues y tant de soins ,< affaiblissaient de plus en plus sa santé , il revint en France. Le Nord était alors en paix 5 le général Delaborde suspendit son épée j mais il dût bientôt la ressaisir pour l'illustrer de nouveau à la Moskowa et à la Bérézina. Sous les climats glacés de la Russie, au milieu de tant de dangers et de privations inouïes ^ on s'étonnera qu'il
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n'ait pas succombé ; mais que ne peut ^ même dans le corps le plus débile y une ame fortement embrasée de Pa^ mour de la gloire et de la patrie !
Après l'épouTantable catastrophe qui yit les peuples by« perborëens s'enorgueillir des succès qu'ils devaient moin;» à leur courage qu^à la rigueur de la saison y un déluge de combattans inonda les plaines de la Germanie. L'Europe coalisée, menaçait ses anciens vainqueurs; il &Uait aller sur l'Elbe , défendre la France ; le général Delaborde se présenta pour prendre part à cette lutte : mais un acci* dent dés plus graves l'ayant mis hors de combat pendant les grandes manoeuvres de Dresde , il hit obligé de quitter l'armée.
Nommé gouverneur du château deCompiègne, il perdit, au retour du Roi, cette dignit^^ qui lui avait été accordée moins à titre de récompense que comme une retraite. Envoyé peu dé temps après dans la iV division militaire , il commanda dans Toulouse, au moment d'une crise politique des plus difficiles, et rendit alors d'importans services à la patrie : sa modération cachée sous des apparences sévères , et son inébranlable fermeté empêchèrent le sang français de couler , en arrachant à la terrible justice d'une opinion triomphante une foule de royalistes exagérés,' qui, par d'imprudentes menaces, ou par des | mesures aussi ridicules qu'atroces , s'étaient signales à la haine publique. Après avoir purgé le Midi des agitations et des troubles que fomentaient les infâmes partisans de toutes les réactions, il se rendit dans la Vendée, avec la mission de contenir les habitans de ce pays : instruit presque aussitôt des sourdes menées de quelques agens de l'Angleterre pour former les bandes vendéennes, et organiser pne coupable rébellion, il éclaira le gouvernement sur les,
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moyens de prévenir une explosion funeste; mais des ministres qui y probablement 9 avaient d'autres intentions que lessiennes^et qui étaient mus par 'des intérêts biendifférens, ayant adopté des vues entièrement contraires à ses projets , il crut que^ puisque l'on méprisait des avis salutaires , il ne lui restait plus qu'à se retirer dans ses foyers. Ce fut là qu'il apprit le désastre de Mont Saint-Jean y qu'il con-^ nut le traité de Paris , qui garantissait que personne ne pourrait être recherché pour ses opinions ou faits antérieurs à la capitulation, et qu'il reçut l'ordonnance qui proscrivait. liéduit à chercher, sur une terre étrangère, un abri pour ses lauriera, il 'éprouva le regret de s'éloigner d'une patrie qui devait protéger son repos Il ne
se fut pas exilé , si , dans ces temps d'orage et de persécution, la voix de la justice et de la reconnaissance n'eut pas été étouffée par les cris d'une vengeance aveugle,
JULLIÔN {jintoine)y sous-lieutenant au 17* régiment d'infanterie de ligne , membre de la Légion-d'honneur , néà Pontcin , département de l'Ain.
Le 21 mars 1799 , JuUion entra comme soldat dans le 25" régiment d'infanterie de ligne. L'Italie, l'Allemagne , l'Autriche, la Prusse, la Pologne, la Russie et la Silésîe furent successivement les théâtres où se déploya sou courage. A la prise du fort de Barr , il se signala par des prodiges d'audace } atteint d'une balle dans le bras droit, il ne voulut pas quitter le champ de bataille. Peu de temps après , au passage du Mincio , il se précipita dans les rangs ennemis , et y reçut un coup de sabre sur la figure. A Ulm, il combattit avec la même intrépidité , et vit encore couler son sang pour la pa? trie. A Batisbonne , il monta des premiers à l'assaut , et reçut trois blessures au bras gauche , un éclat d'obus à
la jambe , et un coup de mitraille à la hanche droite, i Poultusk il eut les reins traversés d'une lancé. Mena fut cité pour sa bravoure ; quoique deux fois grièvemen blessé, il n'alla se faire panser qu'après la victoire Eylau, il donna constaniment l'exemple à, ses camarades, et eut la main gauche percée en luttant contre plusieurs > cosaques. La journée de Wagram y où il fut mis hojcs de combat , par un coup de feu , ne fut pas moins glorieuse pour lui.
Eni8i3,Jullion fut appelé dans la garde impériale : caporal de grenadiers, sa valeur lui viilut bientôt Iq grade de sous-lieutenant, dans le i47* régiment d'infan** terie de ligne. En iSié, il fut incorporé au 17® régiment de la même arme.
VERGUET ( Josepk^Marie ). Sous-lieutenant au 17* régiment d'Infanterie de ligne-^ né à Nantua , départe^ ment de l'Ain.
Verguet fit les premières guerres de la liberté : volontaire au 4** régiment d'infanterie de ligne, il se signala dans presque toutes les campagnes de la révolution. II avait éle souvent mentionné pour des actions de la plus grande bravoure, lorsqu'en 1807, sa belle conduite, à la bataille d'Eylau , pendant laquelle il fut dangereusement blessé , le fit nommer caporal. A Essling , son sang teignit de nouveau ses lauriers. A Mojaysk, où il était sergent, il l'eçut un coup de feu au bras gauche, et fut cité, dans la division dont il faisait partie , comme un des plus braves de la journée.
DUQUESNOY (^jiuguste), chef de bataillon au 29* régiment d'infanterie de ligne , officier de la Légion-d'honiieur, né à Valenciennes , département du Nord.
DEIjV gloire. 125
Duqaesnoy n'avait pas encore vingt ans , lorsque , le lo jain 1799 9 il s*enrôla yolontaîrement dans le 5* régiment de hussards. Son courage et sa bonne conduite le firent ^' en peu de temps y parvenir au grade de sous-ofiîcier. A Âusterlitz , où' il était marécbal-des-logis - chef, soncapitaine ayant été mis hors de combat à la premièrecharge,' il prit le commandement de sa compagnie , et sut lui inspirer des prodiges. Une batterie russe de douze canons foudroyait nos troupes : Duquesnoy, saisissant le moment où les canonniers rechargent leurs pièces , s'élance sur eux ; déjà il en a sabré plusieurs ^ mais les autres j se défendant avec acharnement ,' lui ri* postent à coups d'écouvillons et de refouloir ; frappé sur Les épaules, sur les bras , sur la tète , il est, de partout, neurtri 5 tant d'obstacles et tant de périls ne le rebutent " point , il redouble d'ardeur ; éleetrisés par son exemple , les hussards accourent au galop y achèvent ce qu'il a çom. mehcé, et là batterie est emportée de vive-force. Duquesloy déploya la même valeur pendant les campagnes de Prusse et de Pologne. En 1807, des blessures graves l'o- )Iigèrent d'accepter son congé. A peine était-il gnéri, [u'il demandait à aller combattre. En 1809, il partit îommé lieutenant dans un bataillon dd Nord. Admis peu le temps après dans la garde impériale , il fit ^ péndaiit rois ans^ la* guerre en Espagne où il mérita, plusieurs fois^ l'être mentionné honorablemeiit dans les rapports adresiés à l'empereur par le général Dumoustier. .
De retour en France , Duquesnoy reçut la décoration le la Légidn-d'honneurj et fut élevé au grade de chef de bataillon au i5o" régiment d'infanterie de ligne. Lutzeri et îaùtzeri le virent mériter de nouveaux lauriers. A Goldberg, il faisait, avec son bataillon^ l'arrière-garde de la
division Bochaonbaud y lorsqu'en débouchant du village du PresnitZy il 5e trouva coupe de sa retraite, et cerné par plus de trois mille hommes de cavalerie. Le temp^î' était aflPreux , la pluie tombait par iorrens , on ne pou-^ vait plus faire usage des armes à feu : dans une cîrcons-»^ tance aussi critique , Duquesnoy fait former sa troupe en carré, présente partout un front hérissé de baïonnettes^' s'avance , s'arrête , interrompt et reprend sa marche si à propos, qu'il réussit ainsi, non seulement à traverser une' plaine immense , sans que Fennemî ait pu parvenir à l'entamer, mais encore à sauver l'aigle du iSo% qui avait' été sur le point d'être prise. A. Vachau et à Leipsick, il ne| déploya ni moins de sang-froid ni moins d'habileté. En' i8i4, il commanda, en France , le i5o* régiment, dont,' après la capitulation de Paris , il ramena , dans Orléans^ les débris s'élevant à peine à vingt-cinq hommes , offi-^ ciers , sous*officièrs et soldats. ;
Incorporé au 29* régiment d'infanterie de ligne , Du-^ quesnoy fit , avec ce corps , la trop courte campagnff de i8i5 ; on le compta parmi les guerriers qui se dé* vouèrent à Mont 3aint*Jean.
GUILLERMAIN {Jacques - François) ^ capitaine è la i5* demi-brigade d'infanterie de ligne, membi^dela Légion-d'honneur , né à Lyon , faubourg de la Guillo] tière, département du Rh6ne.
Guillermain fit ses premières armes dans le régiment d'Aquitaine , où , de 1779 à 1787 , il servit centime soldat. De r^our en France , après avoir concouru à la prise d< Pondichéry et.de Madras, il obtint son con^é, et repartit en 1792 y dans le 1*' Bataillon de Rhône et Loire, dû k suffrage de ses camarades Téleva au giade de lieuteaant.
Ekivoyé à l'armëé de Custine y il ne tarda pas à se signaler par de brillans exploits. Il avait étë blessé à la prise de Mayence. II^^ montra pas moins de valeur quand il fallut défendre cette ville assiégée par les coalisés. Il ne se fit pas une sortie , sans qu'il donnât des preuves du plus grand courage. A l'attaque du fort de Costhcîm j sur le Meyn ^ il monta le premier à l'assaut. Le général Aubert-Dubayet^ témoin de cette intrépidité y l'en récompensa par le grade de capitaine qu'il lui conféra sur le champ de bataille.
L^ Vendée était ^ de plus en plus, infectée par des bandes de brigands^ qui se multipliaient avec une rapidité effrayante ; l'armée de Mayence fut envoyée contre les rebelles. Guillermain , transporté sur ce théâtre de la guerre civile y continua à bien mériter de la patrie : chaque nouveau combat était pour lui une occasion de se faire distinguer par quelque action d'éclat : deux fois il fut griè* vement blessé en se précipitant au milieu des chouans , qui admirèrent son audace*
L'Italie appelé nos plus vaillans guerriers ; ils vont y conquérir des trophées immortels. Guillermain ne reste pas un jour sans affronter les plus grands périls ; partout il se montre digne d'appartenir à une armée de vain^ quenrs. Vérone s'est insurgée; ses habitans, résolus à enlever de vive-force le vieux château 9 dans lequel la gar^ m'son française s'est réfugiée ^ s'avancent précédés d'un obusier ; mais Guillermain a deviné leur intention : il demande quinze hommes de bonne volonté j s'embusque , avec eux , au détour d'une rue , et au moment , où les insurgés paraissent, il s'élance sur un canonnier prêt h faire feu , lui fait moindre la poussière y disperse les autres, et s'empare de l'obikîer, qui, placé dans le château , servit ensuite à sa défense.
Le lendefnaîn de cette action j six centiî insurgés, retranchés dans un bâtiment, faisaient, par les fenêtres, un feu des plus meurtriers ; Guillermain a reçu du commandant Carrel Tordre d'incendier cet édifice ; Tentreprise est d'une exécution aussi périlleuse que difficile ; mais, quand on s'est dévoué vingt fois y peut-on calculer" le danger? Guillermain, accompagné d'un sergent, et suivi de cinq hommes portant , avec eux , des sacs remplis de paille , arrive à la principale entrée, brise un des panneaux de la porte , s'introduit dans les, caves et dans le rez-de-chaussée , prépare tout pour un embrasement général , et ne se retire qu'avec la certitude qu'il n^est plus possible d^éteindre le feu. A peine était-il rentré dans le fort , que des flammes s'élevèrent de tous côtés. Presque tous les insurgés furent enveloppés dans cette épouvan-^ table destruction.
Après le traité de Campo-Formi» , le capitaine Guiller^ main passa, avec la i3* demi-brigade, à l'armée d'O' rient , où son audace le fit mentionner de la manière la plus glorieuse : au siège. de Saint-Jeaù d'Acre , il conduisit trois fois sa compagnie à l'assaut^ après l'avoir reformée, et trois fois il la perdit presqu'entièrement. Au premier assaut , il pénétra dans le fort , et ne ramena que neuf hommes ; au second, sept; au troisième , il ne lui en resta que trois.
Au moment de là retraite , Guillermain ^ placé à l'arrière-garde , soutint plusieurs engagemens pour protéger la marche de nos troupes. Il élait dans le fort d'EI-Arisch, lorsque la demi-brigade se révolta , et youlut le forcer, ainsi qu^ le colonel du génie Casai ^ ù signer une capitulation. Guillermain harangua la garnison , et il croyait avoir fait rentrer les mutins dans le devoir 5 mais le lendemain ,
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âemain y sll: grenadiers Fêhtourent ^ le couchent en joue ^ et menacent de }e ft^iller s'il refuse de fair^ ce quèf Ton exige de lui: Loiii de s'eSrayèr , il détourne aussitôt les fusils y se dëfend à cpups dé sabi^e, et réussit à préèi*piler du haut dès remparts les six traîtres qui voulaient le contraindre à se rendre. Mais^ tandis qu'il luttait si courageusement, l'anglais Douglas et Rajah pacha j introduits par d'autres rebelles qui leur avaient tendu des tchelles de cordes, pénètrent dans le fort. Au même însitant les assiégeans donnent le sigaal.de l'attaque. Un drapeau d'une main et son sabre deFantre , Guillermain fait une vigoureuse résistance c il est inébranlable à son poste; le point sur lequel il semble se multiplier est inexpugnable. Déjà il s'est fait , autourîde lui , mi cercle de mortâ et de mourans ;. de combien de destinées n'a-t-il pas tranché le cours ! il se promet d'immoler les plus vaillans : vain espoir ! Des cris plaintifs et âes gémissemens se font entendre, c'est la déchirante agonie des malades ^etdei blessés qu'égQrge^t le^ Turds. Guillermain n'aperçoit de toutes parts que les victimes des Musulmans, ou que les^ bourreaux de ces victimes; la placel estremplie d'assaillans. ' Enveloppé de mille, ennemis , le brave veut tenter un der-; nier effort; il ^'ébrice: avec fureur à travierrs cette multitude, renverse tout ce qui sVpjpose à son passage, re-> joint le .colonel Cazals,, l'en traîne I avec lui, et'pairvitot ainsi jusqu'à l'aifrée du fort :,là ;' il frappe encore de» coups mortels.. • il est invulnérable, I il est-invincible^ ildéfie les plus tembles adversaires :|tous les fers se dirigent ' sur lui 9 il pare , il riposte : au milieu de tant de prodiges de valeur et d'adresse, son sabre vole en éclats; désarmé,* il ne peut éviter le dernier sorties combats. . . mais deux officiers , qui ont admiré tant de courage , le prennén^ Tom. III. 9
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f ous leur protection, et le condaisent au grand Vkir, qui, pour le punir d'avoir fait sauter le fort, voulut lui faire trancher la tète ; toutefois oe dessein ne fut pas accompli.
. Emmené en Syrieet, GuiUeniiain ne fiit échange qu'après quatre mois d'une horriUe captivité. Kléber, Payant alors fait venir pour âppr^dre de lui tous les détails de la prise d'EI-Arisch , renût aussitôt en liberté le colonel Cazalsqui,in}ustement accusé de s'être mal défendu, était . détenu au Caire.
Le général en chef donna des éloges mérités à la conduite de Guillermain, et pour offrir à cet intrépide officier un témoignage de cette estime particulière , dont il n'était pas prodigue , il voulut Tadmettre à sa table , oà il occupait toujours la placé d'honneur.
La fiimeuse journée d'Héliopolis mit le conible à la réputation guerrière du capitaine Guillermain, qui peu de temps après quitta le théâtre de tant de gloire et de tant de travaux.
. De retour en Europe ^ il oombàtftit encore , mais plusieurs blessures graves l'empêchèrent de pocrsuivre la noble carrière dans* laquelle il s'était tant de fois si* gnalé. En ifio4 , il obtint sa retraite et alla se fixer dans le département du Bh&ne. Il y habitait le village 4l1lrigRi9 où, pendant un séjour de douae.ans, il avait fait estimer en lui toutes les vertua du citoyen,- loi^qù'en 1846 , il se vit tout-à-coup en butte ^ux persécutions que les lâches séïdes.. d'une nouvelle terreur exerçaient alors contre les vieux défenseurs de la patrie^Dénoncé par les ^imiliers bénévole^ d?une odieuse inipiiaitliMi, dont les crimes n'ont que trop rappelé à la mémoive des Lyonnais 'l'époqne funeste où les tyrans de la république ensanglantèrent leur ville, GuiUwni»in futemprisonni, ccmduit i Lyon et mi&
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en surveaiflnce dans le fatibonrg de la Guîllotîère. Un jour qa'il se promenait seul j il entend les ciîs d'une femme qui, lombëe dans le Rhône , ^tait sur le point de périr ; aussitotj ne consultant que son courage, il se précipite dans le fleuve: dé}àla malheureuse a disparu sous les flots: il parvient à l'atteindre, et l'entraîne après avoir couru lui-même les plus grands dangers. Elle est sauyëe; mais celui à qui elle doit la vie ne verra plus la lumière. En abordant au milieu des ronces et des arbustes qui couvrent le rivage, Gnillermaîn n'a pu se préserver d'un accident affreux.,,. Il avait perdu un œil au champ d'honneur , le choc d'une branche épineuse vient de lui déchirer l'auti*e. L'infortuné Gnîllermain , aveugle et sou&ant , demanda à revenir dans Irîgni , pour y recevoir, près de sa femme et de sa fille, les soins et les consolations que lui promettait leur tendresse, il n'était pas encore rétabli , lorsque le 8 juin il fat arrêté de nouveau , ramené dans Lyon et enfermé dans les caTes de llïôteî-de- Ville, où, pendant cinq jours, il endura les plus cruels traitemens. Rendu enfin à la liberté après avoir subi plusieurs interrogatoires, dans lesquels il confondit par ses réponses les plus ardens suppôts de la réaction, il revît sa famille. Son innocence avait été proclamée; il était sans reproche : il se croyait désormais à l'abri de la persécution ; mais le 7 juillet, à onze heures du soir, des gendarmes Fenlevèrent de chez lui et le jetèrent dans les prisons de Roanne, d'où il ne sortit qu'après trente-deux jours, sans avoir été jugé, sans même avoir pu obtenir de connaître le motif de sa détention. Les lois d'exception consacraient les horribles saturnales de Pautorité I le maire d'Irigni s'introduit de force dans le domicile du prisonpier, le livre au pillage et y établit ensuite une maison d'arrêt pour les suspects. Cette
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violation est demeurée impunie. Vainement depuis prêt de deux ans, Guillermain a-t-ii présente plusieurs requêtes^afin d'être autorisé à poursuivre le magistrat coupable de cet attentat; sa plainte n'a pas été entendue* U est des temps où les cris de l'opprimé n'interrompent plus le sommeil de la justice.
LAMORLIEBE ( Alexis Magallon, comte de ) y lieutenant-général , grand-croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis , né à Grenoble , département de l'Isère.
A l'époque où la nation française y secouant le joug des superstitions gothiques, eut à combattre TEurôpe entière liguée contre son indépendance , on yit s'élancer yers les frontières une foule de braves dont la liberté développa le génie, et dont l'histoire redira les noms avec orgueil. Au milieu de ces jeunes héros apparut un guerrier déjà glacé par l'âge , mais comme eux brûlant d'enthousiasme et de patriotisme. Quel est ,. se disait-on , ce vieillard ? queb champs virent ses premières armes? quels exploits lui ont mérité les titres dont il se pare ? « C'est le comte Lamorn lière. L'armée a recueilli les souvenirs de sa carrière » glorieuse ; mais elle n'a pas de soldat qui puisse racon- » 1er l'histoire de cet autre Nestor, Il fgt , dans sa jeu- i » nesse, le compagnon d'armes du matréchal de Saxe, » dont il obtint l'amitié; les remparts de Pbilisbourg et i » les plaines de Fontenoy furent témoins de son courage, j ^> Il vient aujourd'hui associer sa gloire à la gloire d'un » siècle nouveau , et consacrer les faveurs des rois par » les éloges de la patrie » .
Redisons la vie de ce brave ^ et que la France reconnaisse en lui l'un dé ses meilleurs défenseurs. Né en 1 707, Lamorlière fit ses premières armes dans le régiment de
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fionrgogne , où il entra ea qualité de cadet gentil^ -homme.
Sa passion pour les armes ^ son zèle , son intelligence et ^on activité le firent bientôt remarquer ^ et lui méritèrent un avancenient rapide.
La forteresse d'Egra, investie paries Impériaux en 1744, se trouvait réduite à la dernière détresse. Lamorlière, alors capitaine, reçoit Fordre du marquis d^Herouville^ d'aller rendre compte à la cour .de Télat de cette place. Il part, accompagné d'un seul hussard^ perce les lignes ennemies , passe FEger à la nage , au milieu d'une grêle de balles; parcourt, malgré les plus grands périls, une route couverte d'ennemis ; surnlonte^ tantôt par sa bra^ Toure, tantôt p$r son adresse, les difficultés. sans nombre qui s'opposent à «on passage ^ et parvient enfin à Versailles oà il remplit l'objet de sa mission. Cependant les fa-*tigues qu'il vient d'essuyer ne sont que le prélude dé celle» qu'il doit éprouver encore. Porteur de nouveaux ordres, il rentre dans Egra et en sort une seconde fois pour faire' cour naitre aux ministres le résultat de son dévoueraent. Cette expédition importante valut à Lamorlière le grade de Jieutenant-colonel , et une gratification de cent louis qu'il remit à son brave compagnon le hussard Foulch,
Lamorlière recherchait avec ardeur les occasions de se distinguer : il lies rencontra spuveijt , et çpmbattit tou--jours avec autant d-audace que de bonheur.
En 1745 , le comte de Lowendal, ayant résolu d'atta-*quer la ville de Gand , Lamorlière, à la tête de douze corapaguîes, «'approcha des fossés de celte place, les traversa sou&le feu de l'ennemi , et, l'un des premiers , atteignit ic jiaqt des remparts, Le sergent la Liberté se signala
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dans cette escalade, par sa dejctëritë,son sang^froîd et son courage. Chargé de présenter à Louis XV les dra^ peaux pris sur les Anglais , Lamorlière reçut de ce monarque les éloges les plus flatteurs, et obtint dé lui la levée d'un régiment de troupes, lèpres qui porta son nom.
A la tète de ce corps, pour lequel il fit créer une déco-^ ration (i), Lamorlière déjdoya les plus rares qualités. Nous ne rapporterons point ici tous ses beaux &its de guerre, nous nous bornerons à dire que son régiment fut trois fois» renouvelé sous ses ordres , tant il essuya de corn» bats, tant il affronta d'ennemis!
Promu successivement aux grades de brigadier des ar-* mées dn roi, de maréchal-de-camp et de lieutenant-^générai, depuis l'époqt^ où il eatta. au service jusqu'en 1762 , il fit les campagnes d'Allemagne, de Bohème, de Flan^ dre, du Hanovre , dei la Hesse et du Bas-Rhin; se trouva aux sièges de Kell, Philisbourg , Prague, Egra , Meiiin , Ypres, l'Ecluse;, Oudenarde, Tournay ,1Vlaëstricht , Phi^ lippine, Hults&, Bruxelles, Berg^op-Zk>om , Ostende, Nieuport^ Anvers , etc. ; et combattit à Fontenoy , Bocoux, Lawfelt, Hastembeck^ Corbac, Crevel , Philenkauson,, Minden , etc. , etc. ; il assista aussi à la belle retraite
(i) Les statuts de cet ordre existent encore dans sa famiÙe. La décoration Consistait en une croix d'argent portant d'un c6të' cette devisé libérale : Patet omnibus honeris aditua ^ et sur le revers un iol«â levant , avec ces mots : Fortianec sinit laterefacta*
Quand Lamorlière se disposait a une affaire chaude et difficile , il parcourait le front de son régiment , tenant plusieurs de ces croix à la main , et disait à ses soldats: Bh bien ! mes enfans / quiest-^e qui en veut aujourd'hui ? Cette courte harangue réveillait tous les courages > en-, flammait toutes les tètes.
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d'Inddfingen. La simple nomenclature des actions auxquelles il prit part excéderait l'ëtèndue que nous donnons ù nos articles.
Partout sa condaite lui acquit la ré|>tttation d'un des meilleurs et des plus habiles officiers et le régiment de Lamorlière fut long-teilips l'un des plus renommes.
Quelque supérioritë que nosarmiées aient acquise depuis les guerres de la révolution^ on aurait tort de regarder avec une sorte de dédain les tieux soldats qui les ont de* vancées dans la carrière. Ils n'eurent point comme nous l'avantage de combattre ponr la liberté ^ sous des chefi élevés par leur mérite; mais ces vétérans de la gloire furent aussi dans leur temps la terreur de l'Europe et Porgu^l de la patrie. Lamorlière «ut se faire remarquer parmi eux. Le premier aux avant^postes y il n'y avait pas de reconnaissance j d^embuscade , de surprise nocturne dont il ne se charge&t, et l'on peut assurer que peu de militaires ont combattu autant et aussi vaillamment que lui.
A l'époque oiî dé nombreuses bandes de contrebandiers infestaient le Dauphiné , le Bugey , la Bresse et lé Lyonnais y ce fut le général Lamorlière qui ekdeva Mandrin sur le territoire de Savoie (i). Ce coup hardi lui fit d'autant plus d'honneur que déjà plusieurs régimens, envoyés à la poursuite de ce chef intrépide y avaient été obligés de se retirer devant lui.
Pendant la longue paix qui suivit les guerres de Louis XV, Lamorlière rentra dans ses foyers. Là , se repo-
(i) Le g^n^ral Lamorlière filfi conserrait encore, il y a quelijaes années , le fusil de BUandrin ; mais il lui a été enleré par les cosaques , lors de la première inrasion. Cette arme est , dit-on , aujourd'hui dans le cabinet de »a majesté l'empereur de Russie.
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sant i'F^xnbre des lauriers j il cultiyâit, darns le silence ^ toutes leç yertus d'un boTqi citoyen, quand la révolulîoi|. éclata. Egalement fidèle à son pays et à son roi , aux approches de Fennen^i, il vola à la frontière. Inve3ti d^abord, en 1791 9 d'un comitnandement à l'intërienr^il passa' sac-* cessiyement , en 1792, à celui de Farmée du Rhin et à celui delà 1 5" division militaire.il y fit arborer le drapeau tricolore , et 9 quoique plus qu'octogénaire , il montra , au sei^ des orages- politiques , une grande résolution ; inai3 bientôt les passions déchaînées prirent uq caractère qu'il était impossible de dompter» Lâmorlière se retira en 1795, et mourut en 1799-
Au içilieu diss circonstances où ce général a vécn , il lui eut été facile d'accroître rapidement la fortune qu'i} avait reçue de ses pères; mais, ^ussi intègre que gênéjreux j il jresta toute sa vie dans une honorable médiocrité* Il n'eut pas de grands biens , soi^ coeur n'en envia jamais la possession , x^ais il fut riche des seuls trésors qu'il avait iambitiônnés : leà palmes du guerrier y l'amour de ses frères d'armes et l'estime de ses contemporains. Cet excellent homme aimait, dans sa retraite, à appeler à sa table quelques-uns dés vieux soldats qui l'avaient accompagné dans ses guerres ; il se plaisait au récit de leurs aventures périlleuses, et leur faisait oublier , par ses bienfaits , les longues fatigues d'une carrière qui trop souvent se terxfdne dans l'oubli et dans l'indigencÇt
LAMORLIERE { François-Louis Magallon, comte de ) , lieutenant-général , commandeur de la Légiond*honneur et du lion Relgique , chevalier de Saint-Louis, né à l'Ile-Adam , département de Seîne-et-Oise.
Lâmorlière avait à peine quinze ans lorsqu'il entra
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comme sous-lientenant dans ce même rëghnent de Bourgogne où. ^on père avait commence à servir; il y fat successivement promu aux grades de lieutenant et de capitaine. Pendant les années 1770, 1771 et 1772 ^ il fit les campagnes de Corse , sous les ordres des gënéraux Devaux et de Marbeuf.
En 1786 9 il passa dans le régiment de Deux-Ponts ^ de^ .vînt, en 17931, aide-de-camp de son père, et bientôt après adjudant-gënëral , chef de bataillon , colonel , maréclial de camp et lieutenant-gënëral.
Les servicesdu général Lamorlière n^avaîent encore rien o£Pert de très-remarquable. H s'était distingué par son zèle, son activité, son intelligence, et c'était & ces* qualités qu'il avait du la rapidité de son avancement et les missions importantes dont il avait été chargé; mais ce ne fut qu'en lygS que «Couvrit pour lui la véritable carrière de ha gloire.
Lamorlière, nommé chef d'état-^maj or général de l'armée de l'Oeéan, reçut alors sa destination pour leslndes- Orientales; il fat employé sous le général Aubert du Bayet , commandant des forces qui devaient être transportées dans l'Indostan pour se joindre à l'armée du sultan Typoo-Saëb et agir de concert avec lui afin de détruire la domi^ation anglaise.
Déjà une grande partie de Parmement était effectuée ; on n'attendait plus que les ordres du gouvernement poiir mettre à la voile, lorsque l'apparition d'ane flotte ennemie devant Quiberon détermina le ministère à la faire attaquer par les vaisseaux de l'expédition. Les tristes résultats de ce combat anéantirent tous les projets, et l'on se borna à faire passer à l'Ile-de-France quelques troupes nécessairesà sa défense. '
Le gënéral JLatnorlière fut choisi poar le& commander* Les frugales ^sous les ordres da marqui» de Sercey , aujourd'hui yice-amiral |. et Tau desr offici^FS les plus distingues de la maviue fpaiiçaise, portaient deux comiti}8sair!es du directoire. Le but secret de lecir mission était de lirrer les Iles-de-France et de la Réunion aux agitations qtii désolaient la métropole. Aussi hâtèrent - ils Uw départ^ et prirent-ils toutes les précautions pour que rien ne transpirât sur la naUu*edesi!nstnictioiis qu'ils devaielit suivre.
Cependant les premières coaununicatipns ayeû les aur torités de la colonie montrèrent que l'on suspectait les intentions des agens du directoire. Des discussion» assfz vives s'établirent ; et ce ne fat pas sans quelqties difficultés qu'ils parTiurent jusqu'à terre* A peine débsrqués,. ils furent appelés à l'assemblée coloniale ^ où les attendait le gouyerneur-général, comte de Malartip. La séance fut orageuse. L'arrivée des agens avait alarmé tous .les esprits j et la* fermentation étaft à son comble. Trois jours après f on vit accourir ^ de toutes les partiel de l'île , une foule d'habitans quj. bientôt remplirent la grande place du Port-fLoui&.
Le gouverneur-général essaya vainement de calmer les colons qui , AiiXis perdre le respect dû à son caractère et à ses vertus, le mirent dans l'impossibilité de s'opposer à leurs intentions. Ils l'enlevèrent du milieu de la place et le transportèrent comme en triomphe au sein de l'assemblée. lÀy son autorité demeurait sans action. Les agens, assaillis de toutea parts , crurent qu'il était temps de faire marcher les troupes que commandait le général Magallon. Malgré les différends qui s'étaient élevés eutr'eux pendant la traversée 5 sur la circonscription de leurs pouvoirs, ils ne doutaient pas que cet officier ne fût prêt à les seconder 5 ils hii
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ordannèrent de faire retirer la multitude ; mais au point ou en étaient les choses, il eût fallp recourir à la force, et c'était donner le signal de la guerre civile. Le général re-* fusa d'obéir. Un instant après , ses soldats lui firent secrètement parvenir un message par lequel ils demandaient à agir. « Qu'on se tienne calme, l'épondit-il ; les colons ne » sont pas des rebelles, nous ne devons pas les traiter en en* » nemisA.Et quel Français consentira jamais à tirer contre sesfrèresl'épée dont il fiit armé pour les défendre? Citoyen lui-même, oseraithil priver des citoyens du droit de discuter leurs intérêts? et voudràit-il rirer aur eux les fers d'une autorité tyrannique? lies îles de Franee et de la Réunion, jusqu'alors tranquilles et fortunées , avaient été fidèles à la mère-patrie; mais elle» voyaient avec efiroi fumer , dans les Antilles, lé volcan de la révolution^ Dans la crainte d'un embrasement , aucun sacrifice ne leur paraissait trop grand pour s'isoler de Fincendîe et se préserver de ses ra-^ vages. Partageant d'avance cette énergique résolution , le général Magallon voulut associer son courage et ses forces aux forces et au courage des colons, dont il servait déjà la cause à leur insu»
Cependant, furieux de ne pouvoir accomplir leurs projets , les agens se disposaient à adresser au général une sommation par écrit, lorsque tout-à-coup la grille du gouvernement ayant été forcée, la cour, l'escalier, la salle d'audience et les galeries furent innondés par la foule. L'un des agens se présente , et au moment où il se dispose à haranguer, on lui tire à bout portant un coup de pisto* let, dont l'amorce seule prend feu. Armé d'un sabre, il veut se défendre , tandis que son collègue cherche à se dérober par la fuite au sort qui semble le menacer. Mais, de toutes parts ^ on s'écrie : embarque ! embarque I Les agens
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40ut entraînés et jelës sur une corvette qui, mettant aussitôt à la voile , cingle vers les Manilles. Avec eux s'aligne la dûscorde , et la colonie est sauvëe.
Telle fut l'issue de cette mission qui pouvait deveiûrsî funeste , mais dont la sagesse j la modération et la fer-rxnelë du général Magallon prévinrent les résultats.
Vil courtisan du despotisme directorial, il pouvait d'un mot livrer au glaive du soldat les habitans de ces contrées, recueillir sur les cendres de leurs demeures les tristes bortr neuf^ delà conquête et les éloges jQétrissans des ministres de la ten*eur« Il ambitionnait d'autres suf&ages, il mérita d'aoires lauriers. Les colons voulai^it être libres, mais calmes: il protégea leur liberté et assura leur repos. Une si noble condujite élève le général Magallon au rang des citoyens qui ont bien mérité de la chose publique.
~ Magallon re&ta chargé du commandement des troupes de l'île , jusqu'à la mort du pomte de Malartic. U succéda alors à cet hoinme vertueux dans le poste de gouverneurgénéral. Les services importans qu'il avait repdus à la cor lonie 9 dans les circonstances les plus difiBiciles , semblaient devoir lui assurer un emploi où il avait montré autant de ^èle que de désintéressement. Aussi, lorsqu'en i8o4 ^ il fut remplacé, tous les habitans, pénétrés de l'injustice qqi le^ séparait de leur protecteur^ s'erapressèrent-ils de lui témoigner , de la manière la plus flatteuse , leur estime et leurs regrets. Pour lui , faisant abnégation de ses intérêts , il remit, sans se plaindre ,, le gouvernement à un officier dont il estimait le caractère et le mérite. C'était le général de Caen, qui , n'ayant pu prendre possession de la capitainerie générale de Pondiçhéry, venait de recevoir en dédommagement celle de l'Ile-de-France, au détriment du général Magallon, qui, quoique pi vis ancien iquè lui,
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tl'&ge et de service , se trouva placé sous ses ordres dans l'île de la Réunion.
Il resta dans cette colonie jusqu'en 1806^ époque à laquelle il obtint son retour en France. 11 révenait eit Europe avec le désir d'unir son nom à la gloire de nos aimées ; mais le délabrement de sa santé affaiblie par de longs travaux y Fempêcha de réaliser ce vœu. Obligé malgré lui de renoncer à Pactivité des combats y il commanda la i5* division militaire où il perpétua , par une conduite des plus irréprochables y les souvenirs que son père y avait laissés. Admis à la retraite en i8i5 9 le général Magallon réside aujourd'hui à Passy près Paris.
CHAUMAfiD (Claude-Marie) y capitaine au i8« régîmetit d'infanterie légère , né à Saint-Lupîcîen , département du Jura.
En 1791 9 Chaumard partit comme volontaire dans le 5* bataillon du Jura , et fit , avec ce corps , les deux premières campagnes de l'armée du Rhin. Au siège de Mayence, il était adjudant sous-officier. La bravoure qu'il avait déployée dans plusieurs occasions lui avait mérité ce grade. Pendant ce blocus mémorable, son nom fut souvent associé à celui des guerriers qui s'immortalisèrent parleur belle défense. Chaumard briguait constamment les missions les plus périlleuses; fallait-il placer des avant-postes y relever des sentinelles perdues , pousser des reconnaissances jusque dans le camp ennemi y il affrontait de gaieté de cœur les balles et la mitraille, et plus d'une fois ses vêlemens en furent criblés. Un jour, cependant, il faillit être victime de son audace : enveloppé de toutes parts, il fut fait prisonnier; mais il réussit bientôt k tromper la vigilance de ses gardes, et revint dans Cassel
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rejoindre son bataillon, qqe de nouveaux combats rendirent témoin de sa valeur.
Lyon , assiégée par les républicains , venait de succomber ; le 5" bataillon du Jura fut envoyé en garnison dans cette ville. iJe sang et les décombres y fumaient encore. Au milieu de ces scènes d'hon^ur , Cfaaumard se dévoua fréquemment pour dérober de malheureux proscrits à la vengeance des proconsuls. Plusieurs Lyonnais trouvèrent, dans sa demeure, un .asile sûr contre la tyrannie; il les cachait, leur prodiguait toute espèce de secours, et leur servait, ensuite de guide pour les aider à fuir une cité oii réchafaud les attendait. Chaumai'd avait refusé d'être membre du tribunal révolutionnaire : son humanité acheva de le rendre suspect 5 on le jeta dans un cachot ; heureusement pour lui , il y fut oublié.
' Rendu à la liberté , il combattit pendant deux ans à Farmée des Alpes. A l'attaque du Mont-Genève , où son bataillon, après une action qui dura six heures, mit. en déroute un corps de quatre mille Piémpntaia, il fat pris et repris trois fois et parvint toujours à se dégager. L'Italie allait devenir le théâtre des plus brillans exploits, Chanmard courut y cueillir de nouveaux lauriers. A Castiglione, il fit des prodiges de bravoure. Blessé à la cuisse en se présentant à l'assaut d'une redoute, malgré la donleiir qu'il éprouve , il franchit Tépaulement , charge seul cxmtre neuf grenadiers Hongrois, en tue trois, brise son sabre sur la tête d'un quatrième qui mord également la poussière, force les autres à se rendre, s'empare de la position et fait prisonnier le général commandant l'avant-garde de l'armée autrichienne.
La journée de Boreredo ne fut pas moins glorieuse
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pour lui : aiprès avoir fait battre la eharge, i} s'aTan^ audadeasement, acoompagné-de quelques soldais, t^oupa la ligne ennemie et fit mettre bas -les armes à six cents hommes. Cet acte d^intrépidité^nt )i€iu sons lès yenx du gênerai eu chef, qui promit de le récompenser. Le feu n'arait pas cessé; Chaumard, au sein de son triomphe , tombe frappé d^une balle à ta tète. 'Ôa )Vnlèye du champ^ bataille. Bonaparte, qui embrasse iout -é'mi coup-dVîcili veut «Héger sa souffrance, en versant, dans sa plaie, le baume de ce toucAtant -intérêt qu^il aima toujours à prodiguer aux vaillans dtfenseurs de iatpartrie. « tiHieHj dit-il » à Tun de ses aides-de^camp , vaus' informer du nom de ^ ce brave honmfte, il est t)u nomfbre de ceux que je ne » dois pas onhKer r> • La Uessure^e Cfaaumard fut jugée mortelle. Cependant sa carrière n'était pas terminée.
En 2799, il^^ danale Piétuont, ki guenre contre les Russes, et yk couler son sang dansiun engageâient-qu'il' soutint à Notre-^me deLolmo. A peine fut-^il rét^Âlf èé ses blessures, qu^l demanda à marcher à Fennen»}. Dan»' une découverte, eu it^f'avail^nFecdui que cent cinquadite conscrits , il sut si vivement les enflauGuner par seâ discours^, et leur feire paptager sa résolution , que le régiment de Bussy-cavalerîe , et une itffanftc^ nombreuse chargé* rènt trois fob sur oux sans pouvoir les entamer. Us étaient fermes comme un mur d'airaiÎR^ opposant aam cesse la baïonnette et la fusillade aux efforts des masses ks plus terribles , îb battirent en retraite Pespacô- do plus d'une lieue, couvrant le terrain de morts et debfessés^êt ramenant avec eux plusieurs cavaliers quHls avfti«it faits prisonniers. Cette action , dans laquelle les Français «^eurent pas à regretter un seul homme , sepassasoua ks yeux de la garnison et des habitans.de la place de Cogi,qui ,
du faàut des remparts y applaudirent à une résistaàcè à là fois si opini&tre et si habilement dirigée.
Feu detenips après Chaumard) envoyé à Liamone, fut assailli par quinze cents bairbets réunis à des corps russes et autrichiens. 11 était sans munitions et n'avait avec lui que vingt-cinq chasseurs. Accablé par le nombre et mis hora de combat , il fut obligé de se rendreaux Pimentais qui, non contens de le dépouiller , lui firent ^core essuyer les plus indignes traitemens. Us eurent bientôt à s'en repentir^ Chaumard , presque nud^ s'étant échappé de leur» mains, i^va à Coni , fit son rapport au génér^d Meu« nier, lui demanda à aller chasser les barbets , guida l'avant^garde des troupes destinées à agir contre eux, les surprit4ans liamone^les culbuta, en tua ungraad nom^ hre, dispersa les autres, et déliwa les vingtrciaq chassem's qui, ainsi que lui, avaient été &it$. prisonniers^ Cette ^rpédition , dans laquelle il montra une r$ve audace, lui fit le p][us grand honneur. Toutefoi s son succès ne pou- "vait rien a}<>M ter à l'estime que ses camarades, avaient poor luij il.HQ pjut que lui attirer de^iKHiveaux- éloges. de la part de.ses cheÊ.
Plusieurs des offi<;ie]^&-généraa3C , sous lesquels Chaumard avait servi , témoignèi^nt le désir de se l'attacher en qualité d'aide-de«camp ; mais il refosa de se séparer du i^giment dans lequel il avait fait ses premières; armes. Ne sait-on pas qu'un vieux soldat affectionne le drapeau auquel il a consacré les prémices de son courage , comme un amatft idolâtre une maîtresse dont, avant lui, le cc^r n'avait jamais palpité ?
Couvert d'honorables cicatrices , en proie à de cruelles infirmités , Chaumard est aujourd'hui retiré dans ses foyers où il a, pour toute fortune, une modique pension de huit
cens
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tents francs. Le» effets de la reconnaissaiice ilationale ne sont pas toujours proportionnés aux services.
DUPiiË {Ckarieê'-Laurént) , capitaine au i4« régiment d'in&nterîe de l^e , officier de la Légion-d'honneur , né à Ghenay , département de Seine^et^Oîse.
An commencement de U goe«:r», lorsque la France était .menacée d'une invasion étrangère 9 et que tous les cœurs étaient embrasés du saint amour de la patrie, Dopré entra comme volontaire au i4^ bataillon de fédérés nationauxy qui, d'abord incorpwé daiis la 159'' demi-brigade , devint ensuite i4^ régiment de ligne. Soldat à sa pre* mière campagne, Dupié ne tarda pas à recevoir un a van* cernent mérité. Sous-rofficier, il se signala par sa valeur; ellorsqu'eu 1^99 il fut nommé sous-lieutenant , il avait obtenu ses épaulettes à la pointe de son épée. Officierpayeur 4les bataillons de guerre, il fit partie de Parmée qui, en Italie, sous le comoiaâdement deSchérer, éprouva plusieurs défaites* Il fut alors fait prisonnier et rendu , peu de temps après, avec la gariiison d^ Fèrrare lâcheraient assassinée dans la vallée deCéva. Blessé et dépouillé par les brigands , il réussit cependant à s'échapper de leurs mains. lyautrea périb t'àtt^idaient dans la Vendée. En 1800 j il fut appelé sur ce théâtre des discordes civiles, où il se fit distinguer autant par sa bravoure que par son humanité. Après l'affaire de Grand-Champ, il remplaça, en qoaKté de lieutenant, le capitaine Martinod, quartiermaitr»*trésorier, tué en combattant glorieusement les ennemis de la liberté.
Le i*' )anviw i8o5, Dupréfut promu au gradé de ca« pitaine j jusqu'alors il avait pri» part à toutes les actions dans lesquelles le \i? de ligne s'était acquis la réputation Tom. III. 10
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de l'un des meilleurs rëgîmens de l'armée ^ il continua à siassocier son nom h la gloire de ce corps. Toutefois , comme il était impatient de renoncer à des occupations qui l'éloignaient malgré lui du champ de bataille , aussitôt que son ancienneté l'appela au rang de capitaijie de première classe , il opta pour une compagnie; mais ses chefs , qui savaient que depuis.long-temps il avait fait ses preuves à la guerre, s'opposèrent à ce qu'il quittât son (emploi, et sollicitèrent .pour lui l'étoile du courage. 'Celait la récompense de sa belle conduite dans trois grandes batailles et dans trois sièges pendant lesquels il avait allié l'intrépidité au sang-froid. Plus tard, les revers de la patrie rallumèrent dans son cœur le désir de combattre; il sollicita de nouveau le commandement d'une compagnie; mais on rejeta sa demande , et l'on reconnut son dévouement par un brevet d'officier dé la Légion-d'Iionneur. Ainsi il vit borner l'éclat de sa vie militaire par la confiance même que ses supérieurs mettaient en lui.
Licencié avec l'armée , Dupré fut admis à la retraite après avoir passé vingt-trois ans sous les mêmes drapeaux, et avoir fait douze campagnes, en Flandre , en Holknde , en Italie , dans la Vendée et en Allemagne.
L'article i5 de l'ordonnance royale de 181 5 consacrait ses droits au grade honorifique de chef de bataillon , il voulut les faire valoir , mais sa réclamation ne fut pas ad** mise.
Le capitaine Dupré a fait la guerre avec honneur. Par^ tout sa fermeté, son zèle, son activité, son inviolable attachement à ses devoirs , son incorruptible probité , la franchise et la loyauté de son caractère , lui ont cpnciUë l'estime générale. Administrateur et guerrier , c'est à ce double titre qu'on le vit concourir à la longue illustratiou
d*uii régiment qui justifia constamment ^ en présence de Fennemi, le surnom de braire qu'il avait reçu à Rivoli.
Cest à rédiger l^hîstorique de ce régiment que 1^ capitaine Dupré employé aujourd'hui ses loisirs* Personne mieux que lui n'était à même de réunir compie en un faisceau les nombreux lauriers que ce corps a cueillis pendant lé cours d'une révolutioli qui lui dut quelques-^ unes de ' ses belles époques.
GADOIS', ex-adjudant de place en retraite, chevalier de la Légion-d'honneur, hé à Reims, département de la Marne. ••!-'* • ^' =
Gadois entrait à peine dans sa dix-neûvième smnée , lorsque , le 6 novembre 1806 , il donna , devant Lubeck , de nouvelles preuves de cette ' intrépidité qui , dans des combats antérieurs , lui' avait valu la réputation de l'un des plus braves oflBcîers de l'armée. Tombé dam une embuscade , accablé par le nombre et grièvement blessé^ il avait été obligé de se rendre. Tout-à-ooup , les Prussiend qui l'emmenaient furent tournés et attaqués par un détachement du 27* régiment d'infanterie légère; leur ofEicier, craignant sans doute que son prisonnier ne vînt à s'échapper , ordonna à un soldat de lui plonger sa baïonnette dans le cœur. Gadois réussit à détourner le coup , mais il le reçut dans la hanche gauche, et fut renversé sur le champ de bataille, oii les lâches, qui s'étaient souil* lés de cet assassinat, le laissèrent pour mort* Gadois était extrêmement afifaiblî par la perte de son sang; mais, le désir de la vengeance suppléant à ses forces , il se releva , rejoignit son régiment, rassembla une cinquantaine de tirailleurs , se mit à leur tête , et, malgré les instances de son colonel qui le pressait d'aller se faire panser , il voulut marcher à l'ennemi. Aussitôt il se dirigea vers une de»
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portes de Lubeck ( celle du Moulin ) , et après l'avoitr forcée, il fonça audacieusement sur deux pièces de canon, dont il réussit à s'emparer. Sa belle conduite , dans cette circonstance où il eût le bras droit emporté, fut récompensée par la décoration de la Légion-^I'honneur , depuk long-temps prcnaiise à sa bravoure. Mutilé^ Gadoisre- ^tta de ne pouvoir plus continuer activement Une carrière dans laquelle, jeune encore , il s'était acquis tant de gloire. Il fut alors employé dans le service des places.
Aujoul^d'bui, retiré à Etaples, cet officier a su se concilier l'estime des habitans de cette yille par la pratique des vertus qui constituent l'excellent citoyen. Nos lecteurs se rappelleront sans doute qu'en 1818^ les journaux, et notamment celui de Paris du 4 ao^t , citèrent de lui un trait qui ^'honore pas moins son courage que son humanité.. Un jeune homme se baignant à l'embouchure de la Canch^, est surpris par la marée montante, déjà il a perdu le fond et ses forces l'abandonnent : il va disparaître sous !^ flots ! Gadois a entendu les cris de ce malheureux; il regrette son bras pour la première fois ; mais bientôt, oubliant cette infirmité, il se précipite à la mer, traverse plus d'un quart de lieue à la nage, triomphe de la vague furieuse , atteint le jeune homme et le ramène à terre après avoir lui-même couru les plus grands dangers.
. Une médaille , frappée eu mémoire de cette action , a été décernée à Gadois par le ministre de l'intéxîeur.
LELEU DE LA VILLE AUX BOIS ( Simon- JoaepJi), lieutenant en premier de gendarmerie ^ chevalier de la Légîon-d'honneur , né à Laon , département de l'Aisne.
Leleu n'avait pas encore vingt ans , lorsqu'en 1799 il entra comme «unple soldat dans le 4* régiment de hussards ; passé peu de temps après au 4* de dragons , il mé-
rita bientôt de ravancement. Devenu of&cier sur le champ de bataille , il se signala par sa bravoure partout où il combattit ; mais l'Espagne fut le théàti^e de ses plus brîllans exploits.
Le 12 mars 1810 9 les généraux Clausel , Sainte-Croix et Taupin , ayant poussé une reconnaissance sous les murs d'Astorga, Leleu, à la tête dé quelques dragons, reçoit l'ordre d'aller sur la route de liëoa couper la retraite des troupes espagnoles qui, fortes de la supériorité du nombre , chassaient devant elles un détachement de notre cavalerie. Four les • atteindre , il faut francliir un large fossé rempli d'eau : Leleu s'âance, il touche au bord opposé, mais ses soldats n'ont pu le suivre* Seul, il est en face d'un peloton de l'in&nterie ennemie : s'il revient sur ses pas, il peut éviter le péril; il y court, et tombant comme une bombe sur les Espagnols, il ks attaque de toutes parts. Ceux-ci , percés des coups qu'il leur a portés, expirent avant d'avoir pu se mettre en défense, ceuxlà sont écrasés sous les pieds de son cheval, les autres cherchent leur salut dans la £2iie; mais plusieurs d'entre eux se noyent dans la fange des mariûs, où leur épouvante les a précipités; Leleu est naître du terrain. Cependant ce succès XK suffit pas à son ardeur de combattre , il aperçoit à quelque distance une troupe de cavaliei^,il veut les vaincre, il part au galop et les charge; déjà trois des plujs déterminés ont péri sous son fer. Qui pourrait ràister à un bras si terrible ? Les cavaliers , étonnés de tant d'audace, se sauvent à toute bride. Un seul n'a point suivi ses compagnons ; il semble fier de défier un ofiicler Fran-* çais* Heureux d'avoir rencontré un adversaire digne de sa valeur , l'intrépide Leleu le contemple un instant , ré-pond à son appel , fond sur lui avec la rapidité de Péclair,
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le blesse , le forcé à la retraite; cinq fois il lé ramène aiix portes d'Âstorga , cinq fois il croit Fa voir vaincu j toujours anime d'une nouvelle fureur^ PEspagnol revi^it à la charge , et protëgé par la mousqueterie des remparts, il recommence'le combat. Dans ce moment des tirailleurs^ sortis de la place , se glissent le long des arbres qui bordent la route. Arrivés à hauteur de Leleu , ils font feu sur lui à bout portant : une balle lui traverse la hanche; il Toit couler son sang , mais il a le courage de nier sa douleur ; et redoublant pour ainsi dire de v igueur et d'adresse, il serre de plus près PEspagnol , il l'occupe par la prestesse de ses mouvemens, et lui lance à la figure un coup de sabre qui le renverse.
Tandis que Leleu faisait ainsi des prodiges, ses dragons qui ne Pavaient pas perdu de vue', bi'ûlaiejat d'impatience de le rejoindre; ils trouvèrent enfin un passage , volèrent à son secours , et l'aidèrent à emmener le guerrier dont il venait de triompher.
Quatre mois après , dans un coup de niain sur Alcani- 3ar , Leleu , avec trente^déux tdrâgons , traversa la ville au galop et empoita un mamelon défendu par quatre cents Espagnols qui , quoique formés en carré et soutenus par deux cents cinquante chevaux , furent enfoncés et taillés , en pièces (i). Jamais victoire ne fut plus complète : le général Sainte-Croix, qui dirigeait l'expédition , n'avait point encore pris part à l'engagement; sans attendre 1« reste des troupes, il s'abandonna à sou impétuosité ordi-
(i) Le lieutenant Juriny, dai4* àe dragong ,86 dùtingua particulièrement dans cette circonstance ; il conduisait un peloton de quar«ite' cinq hommes avec lequel il chargea sur un carre de huit cents fantassins qui, chassés d'une. émiaence où ils s'étaient postes , furent totalement détruits.
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naire ; acfcompagnë seulement de ses aides-de-camp ^ Labourdonnaye, Talion et Dëquevilliers, de Padjudantmajor d'Hautefeuille et de quelques ordonnances , il se mit à la poursuite de la cavalerie et lui fit un grand noat^ bre de prisonniers. Le jeune Lacroix , frère du gënëral de ce nom 9 donna , dans cette journée , des preuves de là plus rare valeur : quoiqu'il vît Fennemi pour la première fois 9 il montra le calme intrépide d'un vieux soldat.
Le 4 juillet i8io, dans une grande reconnaissance entre Cuidad-Rodigo et Alméida, Leleu, ayant, à la tète de son peloton, exécuté une charge des plus brillantes contre la cavalerie anglaise, se trouva tout-à-coup au-delà de la ligne des tirailleurs ennemis et vis-à-vis d'un gros de cavaliers, dont le commandant lui cria en français : « A » moi, monsieur l'officier ! » — Oui, monsieur , à noua deux^ répondit Leleu, en acceptant avec une sorte d'enthousiasme l'occasion de l'un de ces combats singuliers qui rappellent les temps de l'antique chevalerie: il se dirige aussitôt vers le commandant anglais; mais celui-ci , loin de soutenir son défi , tourne bride et va se réfugier derrière sa troupe , dont le premier rang fait alors une décharge de coups de carabines et de pistolets. Les balles respectent Leleu. Cependant, convaincu de la déloyauté de son ennemi , il s'éloigne avec le regret de ne pouvoir l'en &ire repentir. Bientôt il est assailli à l'improviste par neuf dragons que l'Anglais, pour mettre le comble à sa perfidie , a envoyés sur ses pas. Cerné de toutes parts, il veut se faire jour; déjà deux des assaillans sont mortellement frappés ; mais les autres, s'étant tous à la fois jetés sur lui , et l'ayant serré de trop près , il &it de vains e^ forts pour éviter le tranchant de leurs armes. Atteint de quatorze coups de sabre , il est an moment de succomber^
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quand son chéVal y se sentant blessé à la tète^ fait un ëcart, s'ëlance^ remporte de l'antre oôté d'un tarr^4^<et le dérobe ^inai au danger^. De tetour parmi ses soldât^, Leleu, .sans songer k seb bkssnres ^ part de noUTeau { il avait résolu de se venger; mais il n'était plus temps , Teimemi avait batta en retraite.
Notr^ armée ve^it de pénétrer en Portugal: à qodque distance de Coimbre, Leleû ^ toujours en avant et a la tète de -son pdot^a de tirailleiîirs , arriva des premiers près d'un long défilé dont lies Anglais se préparaient à diqiuter l'entrée* A peine les a-^t-il abordés , qu'ils abandonnent leur position , et que, «'exagérant satisdoute le n^Mfibre des assaiUans , ils effecluent leur retraite par peloton ^n échiquier. Il fallait sansdifférer , profiter de la disposition dans laquelle ils étaient , le général Sainte-<2roix , commanda nt la colonne destinée à agir contre euit ^ ne Vent pas leur donner le temps de se reconnaître; il sait que rien ne peut arrêter l'impétuosité de Lden; il lui ordonne de poussa* vivement l'ennemi, de le culbuter. Dé}& J'invincible Uentenant s'est introduit dans k défilé, il a surmonté des difficuhés sans nombre, maîsi chaque pas elles se multiplient. Bientôt les accidena du terrain l'obligent de détacher en flanqueurs presque tous ses» solduts : il n'en a plus que six près de lui; il poursuit avec eux sa périlleuse entreprise. Parvenu à une distance de plus de quatre cents toises , il continue sa marche , lorsqu'aux approches d'un vUlâge , le detnier peloton des Anglais fait volte*-fiice et se prépare à le charger; Leleu, qui aperçoit ce mouvement, envoie d'abord un dragon pour en avertir le général Sainte-^CroiJ: ; mais ayant réfléchi preaqu'anssitut que le seul moyen de ne pas être forcé à rétrograder, est de tenter l'un de ces coups hardis qui lui ont si souvent réussi,
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iav€C les' cinq dragons qui lui restent,il se précipite sur Peiinemi. Quatre Anglais tombent aux premiers coups de sabre I les antres ) ëpouvantés , prennent la fuite et laissent le champ libre k leur vainqueur, ayant même que le gé^ néral Siûnte-Croix ait pu venir à son secours.
Depuis le 5 décembre 1800 , jour glorieux où , dans les plaines de Ebbenlinden , il vit pour la première fois son sang «ouler pour la patrie, jusqu'à la malheureuse cam-p pagne de i8t4 , Leleu ne cessa pas de se dévouer. Le i5 juin 1809 , il reçut l'étoile des braves, que deux ans auparavant il avait méritée à Friedland^ où , quoique ayant en la jambe gauche traversée d'une balle , il ne se retira qu'après la victoii-e. En 1810, il fut de nouveau décoré. Prix de plusieurs actions d'éclat , par lesquelles il s'était récem^ ment signalé , cette double nomination y si l'on se f&t rap^ pelé la première, eût sans doute été une promotion au rang d'o£Scier de la Légion - d'honneur. Toutefois Leleu 9 aussi modeste qu'il était courageux, ne réclama point contre cette erreur. Il était impossible qu'une si belle réputation ne valût pas, à celui qui se l'était acquise, l'une de ces distinctions dont un monai^que guerrier aimait à doter lia bravoure personnelle : il fut appelé dans la garde impâ*iale. Admis dans les grenadiers a cheval, il associa / son nom à la gloire de ce corps, notamment à la bataille de Hanau , où il tua de sa main plusieurs de ces Bavarois qui , par la défection la plus infÂme, demeureront •éternellement voués au mépris des nations et à l'exécration des générations françaises.
Le lieutenant Leleu , qui , à tant d'autres titres , à l'estime publique, réunit celui d'a?air été aîde*de-<amp du général Friand, réside aujourd'hui dans le département d'Eure-et-Loir , à Châteaudun , où il est officier de gendarmerie*
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VIGO-^ROUSSILLON {François ) , major au 17» rëgî^ m^iit d'infanterie dé ligne , officier de la Légion-d'honnenr , ne à Montpellier, département de PHéraull.
Lorsque , de toutes parts , les citoyens , embrases de Pamour de la patrie , se levaient pour maintenir l'intëgritë du territoire français et défendre son indépendance, Vigo- Roussillon , qui entrait à peine dans sa dix-huitième année, demanda à aller combattre à la frontière. Parti, le i*' mars 1790 , avec le premier bataillon de PHérauVl , il fit les campagnes d'Italie , et ce fut dans ces contrées qu'il fit l'apprentissage de la guerre. L'attaque du camp des Fourches et la bataille de Saint-Georges , sous Manloue , lui offrirent l'occasion de faire briller sa valeur. Il vît couler son sang dans la première de ces affaires ; dans la seconde il combattit encore après sa deuxième blessure. Parvenu au grade de sergent, Vigo-Roussillon se signala en Helvétie , où il fut souvent cité pour sa bravoure. En 1800, l'Egypte devint pour lui le théâtre des plusbrillans exploits. Nommé sous-lieutenant dans la légion Copfate, il fut constamment un modèle d^utrépiditë. Au milieu des plus terribles assauts , on le voyait devancer ses camarades et s'exposer aux plus grands périls» Un Bâcha , entouré de ses gardes et retranché dans son palais, se défendait avec fureur; malgré une grêle de balles , Vigo pé^ nétra le premier dans l'enceinte où le Turc fut fait prison* jiier.
De retour en Europe, Vigo suivit la fortune de nos armes, en Autriche , en Prusse et en Pologne. Appelé en Espagne en 1808 , avec le 8* régiment d'infanterie de ligne , dans lequel il était chef de bataillon , il commanda ce corps pendant la bataille de Talavera^ , où il passa sur le ventre du 83* régiment de l'infanterie des Anglais, culbuta leur
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garde royale et la mit en déroule, au moment où elle air Jait s'emparer de Fartillerie de la i'* division du 2* corps. Atteint d'un coup de feu au pied gauche, dès le commencement de l'action , il ne cessa d'y prendre part que lorsque la dernière amorce eut été brûlée.
Denx ans plus tard, à Chiclana , près de Cadix, il ne déploya pas moins d'habileté que de courage. Après avoir écrasé dans une charge à la baïonnette le 20* régiment anglais , dont il avait lui-même pris le colonel , trois fois à la tête de sa troupe il résista, au choc des masses les plus imposantes. Assailli de nouveau , il exhortait ses soldats à redoubler d'efforts , mais leur héroïsme fut impuissant : réduit à de faibles débris , le 8* régiment fat enfoncé, et l'intrépide chef, dont l'exemple avait inspiré des prodiges , tomba grièvement blessé sur le champ de bataille , où il fut recueilli par Tennemi; Rendu sur parole après dix mois de captivité y le chef de bataillon Vigo- Roussillon , dont la belle conduite à Chiclana avait été récompensée par le brevet d'officier de la Légion-d'honneur , fat promu au grade de major du i54* régiment de ligne. Passé ensuite dans le 17® régiment de cette arme 9 en 18 14 , il fit partie de la garnison de Besançon , pendant le blocus de cette place.
LA.MBERT, voltigeur au i4* régiment d'infanterie de ligne.
Fendant le siège de Sara gosse, l'attaque du couvent de Saint-Joseph donna lieu à des traits de la plus rare intrépidité. A la faveur des crénaux derrière lesquels il était impossible de les atteindre, le» Espagnols faisaient sur nos troupes un feu des plus meurtriers : le voltigeur Lambert, le plus petit des soldat? ^ mais l'un des plus brayes^du i4^
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régiment de ligne ^ avait yu tomber à ses cotés plusieurs de ses camarades; i^olu à se dëvou^pour eux, il sV Tança sous une grêle de balles. Un fossé entourait lecou- Tcnt, J^ambert, parvenu sur le bord, s'y glisse furlivenient, arrive aux pieds de la muraille, se porte avec rapidité d'un créneau & l'autre , saisit les canons des fusils à mesure qu'ils paraissent , et changeant la direction da coup , il préserve ainsi ses frères d'armes.
Un si vaillant guerrier était digne de périr au champ d'honneur; avant la fin du siège, il fut mortellement frappé, après avoir contribué à la prise d'un autre couvent dans l'intérieur de* la ville,
MOBEAU, capitaine au 72* régiment d'infanterie de ligne, chevalier de la L^ond'honneur , né à Questem* bert, département du Morbihan.
A peine âgé de quatorze ans, Moreau entra dans la compagnie des chasseurs de la garde nationale de Vannes; il brûlait de combattre près de son père, qui, re*vêtu d'une des premières magistratures de son département , signalait son amour pour la patrie, en portant le mousquet contre les rebelles Vendéens. Le jeune Moreau donna des preuves du plus grand courage à l'affaire de Grand-Champ et aux attaques de la ville.
Rentré dans sa famille après la pacification, il ne se laissa point amollir par le repos. Toujours amoureux des périls, Moreau s'indignait de l'obscurité de sa retraite , et semblait n'attendre qu'une occasion favorable pour voler à de nouveaux combats. La formation des vélites lui ouvrit la carrière, et il débuta dans ce corps à l'affaire qui eut lieu entre King^onrg et Ulm.
On sait avec quelle distinction ces jeunefi braves paru»
rent pour la première foi5 au champ d'honuear* On les vit à Âusterlitz présenter à Pennemi un front inébranla-ble, lorsque les Busses culbutés cherchaient à s'ouvrir un sanglant passage dans leurs rangs. A Jéna ^ au moment où la cavalerie ennemie se disposait à la charge ^ on les en* tendit demander à marcher en avant. Tant de sang-froid et de r&olution étonnèrent l'armée^ et dès-lors la vieillegarde ne refusa plus de les compter parmi les siens*
Des services importans, plusieurs actions d'éclat, une bravoure à toute épreuve , élevèrent en peu de temps Mo-^ reau au grade de lieutenant. Sans nous arrêter à ces premières époques de sa vie, qui auraient pu nous fournir quek ques détails curieux , nous le suivrons en Russie , dans cette guerre désastreuse 9 où les circonstances les plus cri« tiques furent pour lui autant d'occasions de briller des plus belles qualités guerrières.
x^près la prise de Smolensk , Moreau fut appelé à rem plir proyîsoirement lesfonctions.de lieutenant d'artillerie, et quoiqu'étranger à cette arme, il s'en acquitta avec dis* tinctioQ. Suivi d'une seule pièce, il se préparaît h traverser le Boristhène pour entrer dans la plaine de Borizlow , quand tout'À^coup un escadron cosaque fait un houra sur lui et se dispose à le charger : Moreau s'arrête; il forme sur deux ran^ sea dix-huit canonnie^^^ et, laissant approcher l'ennemi jusqu'à la 4ifitance de quarante pas, il commande le feu. Mais la poudre gelée dans les fusils des soldats ne peut pas s'enflammer; Moreau, plus heureux, ajuste le chef des cosaques, l'atteint et le jette morlà bas de son cheval. Au même instant les canonniera croisent la baïonnette, et ,. rangés en cercle autpur de leur pièce, ils déployent tant d'audace et de fermeté, que le général Ledru, arrirant pour les secourir , ne vit plus d'autres enne»
mid que ceux dont les cadavres amoncelés attestaient une
si belle résistance.
Fendant la triste déroute qui suivit Pentrée des Français à Moscou, Moreau fit preuve d'une force d'ame aifdessus de tout éloge. Au milieu des privations, des fatigues et des dangers qui, de toutes parts, assaillaient nos soldats, on le vit partager av^tc eux les faibles provisions qu'il pouvait se procurer , les rallier dans là défaite , les animer dans le combat et les préserver de la mort , tantôt par son adresse, tantôt par sa prudence, mais plus souvent encore par sa valeur.
• Un jour que seul . il cherchait à rejoindre son corps , dont il ne découvrait aucune trace , il entendit derrière lui ces cris: Sauve qui peut! voilà les cosaques! Aussitôt , se retournant , il aperçoit des soldats qui fuyaient en désordre ; il court à eux , et , tirant son sabre : F'ous êtes de la garde, leur dit-il 5 halte-là ! Tous se rangent autour de lui^ un seul jette son arme et s'éloigne.. •* C'était un étranger. « L&che , s'écrie Moreau , va, fuis, tu n'es pas » digne de servir dans nos rangs ; si quelqu'un d'entre >y vous, ajoute-t-il , craint la mort , il n'est pas Français, » qu'il se retire ». Cette courte harangue produisit l'eflFet que Moreau s'en était promis, en un instant il vit sa troupe se grossir de cent cinquante baïonnettes et sa contenance imposa aux ennemis qui n'osèrent pas lui disputer le passage.
Les Français, pour rentrer dans leur patrie, avaient à ' franchir un espace immense; pendant la saison rigoureuse des hivers, et sous un cliihat glacé, ils avaient à combattre contre les barbares faabitans des régions du pôle. Séparés sans cesse les unà des autres par les difficultés de la route onpariesbesoinsles plus impérieux^ ils marchaient sans
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î^rdre et presque vsans armes à travers uil pays ennemi. Tout semblait conjurei* leur perte ^ la nature et les na-> lions.
Au milieu de tant d'obstacles et de tant de souffrances, porter une aigle , c'était prendre l'engagement de braver tous les dangers, de surmonter toutes les douleurs; c'était se dévouer à la mort : quand le 72* partit de Wilna , personne ne voulait se charger du drapeau, Moreau accepta la noble tâche de le conserver et de le défendre, et ce ne fut qu'aux portes de Bruxelles qu'il se déchargea du soin de veiller sur ce précieux dépôt de l'honneur et de la gloire.. Un bataillon formé de ces braves qui avaient sur- Téc.u.à- la. ruine de nos armées , et dont les visages sillonnés de profondes cicatrices semblaient autant de monumens de la valeur française , vint alors à sa rencontre. Le major Jourdan était en tète de ces guerriers qui pleurèrent de joie en revoyant leur aigle. Moreau reçut, dans cette occasion, un témoignage bien flatteur de leur estime: au moment d'entrer dans la ville , tous demandèrent qu'il corn-* mandât le premier peloton.
Cependant, au milieu de ses revers, la France avait
conservé une attitude digne de sa fortune passée
Affligée de ses pertes, elle ne songeait qu'à les réparer^ et bientôt de nouveaux soldats purent affronter l'ennemi. Dans ces circonstances , impatient de partager les travaux d'une armée héritière de tant de gloire , Moreau consentit , malgré ses services dans l'artillerie et dans la garde, à se rallier à l'étendard du 72*^ , où le commandant VIettoalui 4>ffrit une place dans son bataillon : a Je sais^ » disait - il , que je perds tout le fruit de la campagne » de 1812 ; mais quand il s'agit de venger la patrie, k » devoir doit l'emporter sur l'intérêt personnel » . Un^
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l)eaa,âéTouement ne pouvait rester sans récompeilse^ Nâ^ poléon ) passant à Wittemberg la revue de ses troupes ^ fut informé de la belle conduite de Moreau ; il l'éleva au grade de capitaine, et attacha sur sa poitrine le signe-de la moderne cbeTaleri^.
Fendant la fatale jonmëe de Kulm y oà périrent six mille Français, le 4* bataillon du 72® de ligne, conduit par le commandant Metton, fut détaché contre ks oosa* ques qui interceptaient les communications de Tarsoée. L'ennemi occupait les hauteur», et son artillerie vomissait la mort sur nos soldats pressés ea colonne: l'intrépide Metton , persuadé qu'il ne peut attendre s<nii salut que d'une détermination hardie, fait battre la charge, et mar* che contre les batteries. Arrivé à un quart de portée , un boulet lui fracasse la cuisse : il tombe; mais bravant la douleur et la mort, il ne cesse d'encourager les siens : JEn avant! en avant ! s'écrie-t-il. La montagne est gravis, les Français sont sur les pièces ; encore un instant, et ils sont maîtres de la position ; malheureusement , ils n'ont qu'entrevu leur triomphe , une ligne formidable d'infanterie et de cavalerie menace de les écraser $ en vain veulent-ils résister , on les attaque de toutes parts ; le désordre est dans leurs rangs. Déjà réduits de moitié par les perles qu'ils ont faites, privés de leur commandant et de l'espoir d'èti^ soutenus , ils cherchent un terrain où ils puissent se défendre avec moins de désavantage ; mais la cavalerie ennemie les devance et les coupe; le bataillon est rompu et dispersé.
Le moment est critique; cependant Moreau ne se laisse point abattre par le sentimcsat du dang^ù* , il rassemble sa compagnie , pour aller s'embusqtier dans un village. Sur le point d'arriver, il aperçoit, à qndques
pas
pas de lui , des tètes rangées le long d'un fosse ; c'étaient des tirailleurs ppstés pour le surprendre. La fusillade s'engage 9 nos jeunes soldats, encoi^e sans expérience , tremblaient en couchant en joue l'ennemi : Moreau les rassure, et poussant sa marche plus loin , il parvient epfin dans un hameau , où il se barricade dans la cour d'une ferme, avec le petit nombre de ceux qui ne refusent pas de partager sa résolution.
Mcnreau disposa sa troupe de manière à former trois pelotons , qu'il posta à chacune des issues , et luimême resta dans le milieu, prêt à se porter où l'appellerait le danger. Une colonne ennemie vint biisntot Tentourer ^ elle fut accueillie-par un feu roulant des mieux nourris , ef malgré Feffrayante disproportion du nombre, nos soldats, encouragés parleur capitaine,soutinrent avec vigueur l^ort des assaillans. Le carnage fut horrible: Mo« reau reçut vingt coups de feu sdns être blessé ; ses ha^ bits étaient criblés de balles : il n'en continua pas moins à soutenir l'attaque; mais enfin obligée de céder, cette poignée de braves , dont il enflammait le courage , se replia sur lui. Moreau n'avait plus que six hommes, j compris le lieutenant Boisson : enSerpiié dans la m^aison, illes rangea sur la porte, opposant à l'ennemi la pointe de leurs baïonnettes. Trois fois les Russes tentèrent de franchir le seuil , et trois fois ils furent repousses. Furieux de . leurs pertes , et d'ime résistance dont ils ne prévoyaient pas la fin, ils allaient réduire en cendres le toit de chaume où les Français s'étaient réfugiés, lorsque IVIoreau , jugeant que la bravoure et la résolution, devenaient inutiles , de-manda à capituler. On l'emmenait prisonnier : à un quart de lieue de la feripe , il entei^d. des cris ; ce sont les chasseurs italiens qui sabrent un corps de troupes prussiennes; Tom.IIL 11
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il ^ reconnu les fidèles auxiliaires de nos aimëes y l'heure de sa délivrance a sonné : il l'a doit à aa présence d'esprit : « Sauvez-vous! sduvez-vous ! s'écrie-l-il , en s'adres- )> sant au sergent qui le conduit y ces gens-là n'épargnent » personne ; sauvez - vous^ ou vous êtes perdu ! n Le sergent suit ce conseil , et Moreau , ayant recouvré sa liberté, court vers le lieu du combat. A peine a-t-il fait quelques pas j qu'il volt venir à lui un officier des hussards prus* siens; il l'attend , Tarrète par la bride, et, saisissant en même temps la poignée de son sabre qu'il arrache ^du fourreau, il le désarme, lui ordonne de mettre jiied à teri'e , enfourche son cheval , s'éloigne an galop , et rassemble des soldats isolés , avec lesquels il revient prendre part à l'action. Moreau fit des prodiges de valeur; mais la fortune ne seconda pas ses efforts : les Prussiens s'étant ralliés, il vit périr à ses c6tés presque tousles bravesqueson zèle avait réunis ; il ne lui restait plus que neuf hommes , il était temps de songer à la retraite , il le fit en fi:anchis^ sant un marais profond où l'ennemi n'osa pas le suivre.
Pi*essé de rejoindre l'armée française, Moreau ejcta long-temps dans un pays que couvraient les bandes coalisées. Obligé , pendant le jour, de chercher un asile dans le creux de quelque rocher , dans les broussailles ou dans le lit desséché d'iin torrent, il marchait sans guide, pendant l'obscurité des nuit?, se nourrissant d'herbages et déracines qu'il trouvait par hasard dans les champs. Amour de la liberté , toi seul pouvais soutenir son courage , toi seul pouvais ranimer ses .forces défaillantes ! mais tant de peines auront été inutiles Moreau sera captif une seconde
fois.
Les cosaques l'ayant enveloppé le conduisirent au chef de la garde russe. Celui-ci, d'après une conformité
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de nom, le supposa assez lâche pour servir contre sa pa-trie. La proposition fut accueillie comme elle méritait de Pêtre ; Moreau préfërà un malheur glorieux à la fortune qu^il eût fallu acheter par une ignominie.
Cette noblesse de seutimens lui valut la bienveillance des officiers russes: plusieurs d'entr'eux lui en donnèrent des marques. Un jour qu'il s^entretenait familièrement avec eux , bh fit tomber la conversation sur la bataille de Kulm , et il leur apprit plusieurs détails .qu'ils ignoraient eacorë. 11 était loin de s'attendre que cette confiance lui fournirait une nouvelle occasion de montrer ce caractère émineminent français, dont sa conduite ne démentit jamais l'bpnôràblè fierté. L'hetmann Platôw, informé que le récit dé Moreau dififérait de la version que les généraux russes voulaient accréditer, lé fiit venir àevant lui, et , pensant l'intimider , il l'apostropha du ton le plus menaçant. « C'est donc vous , Monsieur , lui dit-il , qui vous » êtes permis de raconter que le premier régiment des » chasseurs italiens avait mis la confusion dans le corps » d'armée prussien ? — Oui , général. — Vous êtes un » menteur, d'avancer de pareilles choses : avec si peu de » monde , pouviez- vous résister? Vous vous êtes compor- » tés comme des brigands: vous mériteriez d'être fusillés. » — Des soldats qui combattent pour leur pays ont » droit à d'autres qualifications que celle que vous w leur donnez : connaissez - vous nos réglemens? Un » officier ne peut se rendre qu'après avoir perdu la » moitié de son monde; et quel est celui qui , conservant » l'espoir d'être secouru , quoique entouré d'ennemis , n calcule froidement, dans la chaleur de l'action , com- » bien de ses camarades ont péri? S'il ne veut passer pour » ipn lâche , il songe à les venger. -^ Vous n'en êtes paij^
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» moins des brigands, répliqua Flatow 9 en lançant un D regard furieux. — Je suis prisonnier, dit Moreau en » se retirant, et Je vous prie de croire, général , que cette n considération m^engage seule à vous épargner la réponse » que je vous ferais en toute autre occasion » ,
A la paix, Moreau. rentra dans sa patrie. En 18 x 5, il remplissait les fojEictions de. sergent* major dans la compagnie d'officiers de son département , lorsqu'il fiit désigné par le général Rousseau pour commander la colonne mobile de Pontivy. Placé sur le théâtre de l'insuixection , il sut, par sa vigilance et par sa fermeté, comprimer les manœuvres des instigateurs de la guerre civile; et lorsqu'il revint dans ses foyers après la seconde invasion y il emporta l'estime et la bienveillance de tous les babitans en qui l'esprit de faction n'avait pas éteint le sentiment de Phonneur et du patriotisme.
Maintenant en non activité, Moreau est prêt à se dévouer de nouveau à la cause sacrée pour laquelle il a si vaillamment combattu.
■ SAINT-MARTIN, le baron (/can-J5fo"OT«e de) maréchal-de-camp , officier de la Légîôn-d'honneur , chevalier dé St.-Louis , né à Cognac , département de la Charente.
Entraîné par un inviiacible penchant vers la profession des armes, Saint-Martin n'avait pas encore quatorze ans , lorsqu'en 1776 , il s'enrôla , comme soldat , dans le 5i* régiment d'infanterie ' de ligne. A cette époque,, il n'y avait pas de combats ; l'amour de la discipline et son zèle à' remplir ses devoirs lui firent seuls parcourir les premiers degrés delà hiérarchie militaire. Embarqué,en 17799 sur le vaisseau de l'état, lé Héros , commandé par le ca- j
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pitaîne Leroi de Lagrange, il fit trois campagnes sur mer, et obtint successivement les grades de caporal et de sergent. En 1791, Saint-'Martin demanda son congé, et rentra au sein de sa famille. Un an après, il se plaça sous les étendards de la liberté, et partit en qualité de sous-lieutenant dans le 3^ bataillon du Finistère. Saint-Domingue, livré aux fureurs de l'anarchie et à l'attaque des Anglais ^ allait devenir le théâtre d'une guerre sanglante : transporté dans cette malheureuse contrée , Saint-Martin ne tarda pas à être nommé chef de bataillon ; il ne dut qu'à sa bravoure la rapidité de son avapcement. La prise du fort de Jeaurabel, où, en montant à l'assaut, il fut atteint d'une balle à là jambe droite, et celle du Borgne, où il eut la cuisse fracassée par un biscayen , firent surtout briller son intrépidité. Fendant le siège de Saint - Marc , il s'exposa fréquemment pour repousser les sorties de Tennemi*
Constamment obligé de lutter contre des forces supérieures, son habileté lui faisait tirer parti des moindres circonstances; et plus d'une fois sa valeur personnelle décida de la victoire. Nous n'en citerons qu'un exemple : les Anglais, au nombre de mille , et soutenus par deux pièces de canon , ont réussi à s'emparer de quelques hauteurs hors de la place de St.-Marc ; le chef de bataillon Saint- Martin reçoit l'ordre de les débusquer. Avec cinq cents hommes, il marche contre eux; à peine les a-t-il abordés, que la fusillade s'engage sur tous les points. Dans ce moment, le colonel ennemi , à la tête d'une de ses colonnes, se dirige sur celle que guide le commandant français , et d'une distance de dix pas , il lui tire deux coups de pistolets ; mais Saint-Martin n'a pas été blessé, il s'apprête à répondre à cette provocation, leurs fers se croisent ; aussitôt^
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«t comme par un accord spontanë , les soldats discontinuent leur feu , et , spectateurs oisifs de ce combat singulier y ils semblent y de part et d'autre y attendre du courage de leurs chefs le succès d'une action à laquelle ils cessent de concourir. Les deux adversaires se serrent de plus près , tous deux sont animes d'une même fureur : l'Anglais a porte le premier coup , il a fait couler le sang français , il se croit sûr de son triomphe , quand Saint-Martin y s>'ëlançant brusquement sur lui , le frappe de son s^bre, et fait rouler sa tele dans la poussière. Nos soldat^ , conduits aussitôt à la charge, se précipitent sur l'ennemi qui fuit dans le plus grand désordre, et rentre dans la^ place , abandonnant au vainqueur, son artillçriç çt quarantedeux prisonniers.
De retour en Europe , après huit ans de séjour dans les colonies , Saint-Martin partagea la gloire de nos armées sur le Rhin , en Italie , à Naples et en Allemagne; partout sa conduite lui mérita des éloges ; colonel du i^' d'infanterie de ligne , il ne voulait pas q^u'un soldat de son régiment pût se flatter d'être plus vaillant que lui : aussi , dans une bataille , son poste était^il toujours où se trouvait le danger. Le 16 avril 1809 , à la seule affaii-e de Sacile, il reçut trois coups desabre.dans la mêlée, où il s'était jeté pour combattre les Autrichiens.
Appelé en Espagne , il cueillit de nouveaux lauriers dans ce pays , où les plus belles actions de guerre mirent lé comble à sa réputation. Le combat qu'il soutint le 38 février 181 x , fut un de ceux qui lui firent le plus d'honneur. Après avoir levé des contributions dans le canton de Miranda d'el Castanar , Saint-Martin, à la tète de mille hommes des 1^^ et 62* de ligne, revenait dans Salamanqae, d'où il était sorti depuis plusieurs jours , lorsqu'aux ap-
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proches de Santiyaniez ^ il fat attaqué par deux mille fantassins et quinze cents cavaliers des bandes réunies de dom Carlos et de dom Julian. Les assaillans avaient avec eux de Farlillerie. Forts de la supériorité du nombre et de l'avantage des positions, ils proclamaient d'avance la défaite de leur ennemi. Ils durent bientôt rabattre de cette présomption : ni leurs efforts multipliés , ni le feu le plus terrible y ne furent capables d'arrêter le colonel Saint- Marlîn ; il s^ouvrit un passage à travers tant d'obstacles et tant de dangers j forma sa petite troupe en bataillon carré , et se prépara ainsi à une résistance que Fg-propos des manœuvres les plus savantes, la confiance, le dévouement, et même l'enthousiasme qu'il inspirait, devaient prolonger au delà de toute vraisemblance. Fendant plus de six heures , ce carré de braves marcha exposé à la mousqueterie, à la mitraille et aux chocs réitérés des masses les plus imposantes ; jamais le» Espagnols ne purent l'entamer. Un instant la situation d^ Français devint des plus critiques , mais leur courage n'était point abattu 5 attentif et dociles à la voix du chef, qui est l'ame de tous leurs mou vemens, et qui en commande l'harmonie, officiers, sous-officiers et soldats , tous exécutent ses ordres avec la plus rare précision ; on eût dit qu'ils étaient dans un jour de parade. Cette unanimité fit échouer les tentatives les plus hardies. Saint-Martin, se voyant si bien secondé, applaudit par des bravo aux prodiges qui résultent de cette émulation générale.— C'est un hommage qu'il rend au sang-froid, à l'inébranlable fermeté et à l'intelligence de sa troupe; mais oelle-ci, à son tour, transportée d'admiration , lui répond par les cris prolongés de Wva Tiotre colonel I Ces acclamations devaient être le signal de la victoire la plus complète ; mais Saint-Martin
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ne peut prendre Poffensîve sans risquer de perdre le convoi d'argent qu'il escorte. Cette considération étiait la seule qui pût sauver les Espagnols d'une destruction totale. Aussi piTident que valeureux, il poursuivit sa ix)ute en se bornant à les punir de leur lëmérilë , toutes les fois qu'ils osèrent le serrer de trop près. Il leur tua plus de deux cents hommes dans ces divers engagemens. Après avoir ainsi combattu pendant dix heures, il entra enfin dans Alba de Tormès , y ramenant intact le eonvoi à la conservation duquel il avait sacrifié jusqu'à l'amour-propre d'un triomphe.
Le rapport de cette affaire, dans laquelle les i*' et 62* de ligne n'eurent que quatorze morts et trente-neuf blessés, fut envoyé à l'empereur, k qui le grade de général de brigade fut demandé pour le colonel Saint-Martin. Le général en chef sollicita également des récompenses pour les autres militaires qui s'étaient particulièrement distingués dans cette circonstance. Ceux d'entre ces derniers, dont les noms furent mis à l'ordre de l'armée , sont les seuls dont nous ferons mention dans cet article. Dix officiers et sous-officiers du x*' régiment furent cités de la manière la plus glorieuse.
Le commandant Pigny ( Jean-Baptiste-François ) , officier de la Légion- d'honneur , atteint d'un coup dé feu à la rotule du genou gauche, en s'élançant des premiers pour enlever le poste dePajarès, continua, malgré sa blessure , à donner à son bataillon l'exemple de l'intrépidité.
L'adjudant-major Dépéronne, déjà décoré de l'étoile du courage , déploya la plus grande valeur à la tête des compagnies qui emportèrent d'assaut plusieurs positions.
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Le capitaine Dubois, commandant les grenadiers, voulut mériter une seconde fois la décoration de la Légiond'honneur, qu^il avait obtenue par les plus brillans exploits. Placé à Pavant-garde, vingt fois il affronta la fusillade et les baïonnettes de l'ennemi. Au moment où il fallut s'ouvrir un passage , il s'avança avec un seul de ses soldats, et chargea sur un poste de huit Espagnols qu'il parvint à débusquer.
Les capitaines Lépine etMonaldi furent dignes des plus grands éloges. Le premier emporta , à la baïonnette , l'un des points les plus importa ns de la montagne dePajarès. Le second, qui , en plaine , et sous le feu le plus terrible , fit constamment l'avant -garde du carré, s'empara de cinq positions qui semblaient inexpugnables.
Le lieutenant de grenadiers Bouviers ne combattit pas moins vaillamment.
Le chirurgien major Vincent ( Louis-Marie ) , fit tourà-tour le service d'oflBcier d'infanterie et d'ofiîcier de santé.
L'adjudant sous-officîer Isnard motitra autant de talent que de résolution. «
Les sergens Rey et Turre se firent remarquer par un sang-froid et une audace à toute épreuve. Le premier conduisit les tirailleurs jusque sous les baïonnettes de l'ennemi. Le second, quoique dangereusement blessé, ne voulut pas être pansé avant d'avoir fait mordre la poussière à un Espagnol; il resta dans les rangs jusqu'à la nuit.
Le bataillon du 62* régiment rivalisa de gloire avec celui du 1*^'.
Le commandant Poincîgnon , le capitaine de grenadiers Gueniot et l'adjudant-major Devaux, tous trois membres de la Légion- d'honneur , soutinrent la belle ré-
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putatlon qu'ils s'étaient acquise dans toutes les batailles auxquelles leur rëgiment avait assiste. Poincignon eut son schako percé d'une balle. Gueniot, quoique grièvement blessé à l'articulation du genou droit, ne voulut pas quitter ses grenadiers que la colonne ne fut hors de danger. Devaux , après avoir franchi des murailles que l'ennemi défendait avec acharnement , se signala encore quand il fallut traverser le ruisseau de Mauléon, dont le passage fut vigoureusement disputé.
Les capitaines Lescaffi et Spilz , vieux officiers aguerris par trente ans d'expérience et de combats , retrouvèrent toute l'ardeur de leur jeunesse ; ils firent preuve d'une grande habileté et d'un sang-froid inaltérable.
Le lieutenant Martin dirigea les tirailleurs avec autant d'audace que de bonheur. Armé d'un fusil qu'il avait trouvé sur le champ de bataille, il ne discontinua pas de tirer sur les Guérillas , et il en tua plusieurs.
L'adjudant sous-officier Tremouillères fut l'émule des soldats les plus déterminés.
Le caporal de voltigeurs Tessier , et le grenadier Roussignol, tous deux, cruellement blessés, continuèrent à combattre et à exhorter leurs camarades. « Soyons unis , » s'écriaient-ils chaque fois que le danger devenait plus » pressant ; soyons unis, tenons-nous bien serrés , soyons » un enfer pour cette cavalerie ; tant que nous aurons » des cartouches et des baïonnettes , nous ne devons pas » la craindre ».
Le voltigeur Gonoze, atteint de deux coups de feu, l'un à la jambe droite , et l'autre au bras gauche , refusa d'aller se faire panser. Quoique souffrant et extrêmement affaibli par la perte de son sang , il chargea sur un officier eimemi et le renversa mort à ses pieds.
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Quel que «oïl le rang qu'il occupe , de pareils traits illustrent un guerrier , et donnent toujours une haute opinion du chef dont la prfeence seule a suffi pour les multiplier. Il e»t beau d'électriser ainsi tous les cœurs ! Saint- Martin dut plus d'un succès à une influence de ce genre ; ^ et lorsqu'en i8i4 il quitta l'Espagne , il put encore se féliciter d'être du petit nombre des officiers dont le nom demeurera toujours étranger au souvenir d'une défaite.
Aujourd'hui maréchal-de-camp, Saint-Martin, après trente-sept aas de service et quatre vingt-huit campagnes^ est rentré dans ses foyers, où, par la pratique de toutes les vertus civiles , il s'environne de cette considération générale qui ne l'abandonna jamais dans le cours d'une carrière militaire des plus longues.
MONBAILLiARD {Pierre-Eloi) , capitaine au i4« régiment de ligne , chevalier de la Légion-d'honneur , né à Montreuil-sur-Mer , déparlement du Pas-de-Calais.
A dix-huit ans , Monbailliard s'enrôla dans le régiment de Noimandie. Doué d'une rare aptitude pour la profession des armes, il réunissait toutes les qualités qui peuvent procurer un rapide avancement ; mais dans ces temps de féodalité, l'insolence d'une caste privilégiée fermait au mérite roturier la porte des honneurs militaires 5 sous le règne des courtisannes , des favoris et des abbés, nos troupes végétaient dans la nullité. Tant d'abus et de ridiculer comprîmèrent bientôt les nobles élans d'un cœur qui n'était plein que du désir de se signaler. Monbailliard ne vit plus dans le métier de soldat qu'un triste et cruel esclavage j et lorsque le terme de son engagement vint briser les liens qn'il s'était imposés dans l'âge des illusions et de
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l'inexpérience, il demanda son congé et rentra dans le sein
de sa famille.
Dix ans plus tard, la révolution devait réaliser les premiers vœux de Monbailliard. En 1792 , il partit avec le i4* bataillon de fédérés , et déploya tant de courage et de patriotisme, qu'il obtint, dans la même année, le grade de capitaine. Il se fit remarquer , en cette qualité , dans plusieurs aflEaîres mémorables, et sut partout se concilier la bienveillance de ses chefi et Pestime de ses camarades.
A Rivoli, il se conduisit avec la plus grande distinction : Faile droite de notre armée , attaquée par des forces supérieures, se repliait sur le centre j l'ennemi occupait en vainqueur nos positions : une seule, jui couvrait le passage par où nos troupes défilaient en désordre, tenait encore; elle était défendue par la 14** demi - brigade ; le capitaine Monbailliard , qui commandait le 2' bataillon de ce corps, reçut, du général Berthier, Perdre d'aller lavoriser la retraite d'une colonne qui , placée à quelque distance sur le revers de la même hauteur , était obligée de céder à des forces supérieures. .Mais à peine a-til atteint le point qui lui était indiqué, qu'un corps nombreux d'Autrichiens l'attaque avec vigueur, disperse ses soldafs et les force à se précipiter au milieu des fuyards. Toujours calme dans le danger, Monbailliard cherche d'abord à réunir les siens; mais soudain, par une de ces inspirations héroïques qui maîtrisent tous les esprits , et commandent l'enthousiasme : u Camarades, s'écrie-t-il , )) l'ennemi emmène nos pièces 5 soufirironsnous cet af- » front ! A moi, soldats de la i4* ! A moi , tous les Fran- » çais! Ralliez- vous à ce drapeau! » Cet appel retentit dans tous les coeurs , et toutes les bouches répètent : « Rai*
» lions-nous au drapeau de la i4®! ^ En un instant, quatre mille soldats de Paiie droite se rassemblent , et l'ennemi, frappé d^étonnement et de crainte, abandonne noti*e artillerie.
Le fait que nous venons de rapporter eut , pour cette journée , un résultat tellement important ; il était d'ailleurs si remarquable par lui-même , que le général en chef dut rechercher avec empressement quel en était l'auteur. Au milieu du tumulte, de l'agitation et de Teffroi, quelle Yoix s'est élevée pour ranimer les courages abattus? quel, guerrier assez renommé a pu réunir ces soldats égarés? Les chefs ne le connaissent pas , mais tous s'accordent à désigner le capitaine Blanc, le plus intrépide des offijciers de la i4^« Ainsi se forma cette opinion, qui déshéritait de la gratitude nationale l'homme à qui tant de Français devaient la vie, â qui la patiie devait tant de braves ! Ainsi, le capitaine Monbailliard perdit le fruit de son dévouement. Modeste autant que courageux, jamais il ne réclama contre cette injustice : la conviction d'avoir fait son devoir était pour lui .une suffisante récompense , il ne voulut point, élever une plainte accusatrice ; il craignait de blesser, la, réputation 4'un compagnon d'armes digne de tant d'éloges ; et lorsque Blanc , parvenu au grade de major, eut perdu la vie, au champ d'honneur, Monbailliard respecta sa mémoire. Nous n'imiterons point cette discrétion : dans la tâche de recueillir les hauts faits de nos guçr-^ riers, nous devons avant tout respecter la vérité, et rendre à chacun la portion de gloire qui lui est acquise (1).
(1) En èonsîgnant dans notre i*"^ volume ,pag. i65, Taction du
capitaine Monbailliard , nous en avions attribué Vhonneur au capitaine
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