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Monbailllard combattit sous les murs de Legnago et à la bataille de Vërone , où la bravoure de nos soldats ne put suppléer à la faiblesse du nombre et des positions. Il fut ensuite chargé de la défense d'Orsinovî. Les paysans révoltés tentèrent vainement de Pen chasser. Repousses avec perte, ils appelèrent les Autrichiens qui , au nombre de cinq à six raille hommes , vinrent cerner cette place. Monbailllard n^avait à leur opposer que quelques compagnies , deux pièces de canon , et des remparts en ruine :son courage et la bonne volonté de ses soldats étaient donc ses seuls moyens de résistance. Il les déploya jus- ^u^à la dernière extrémité ; mais enfin il dut se résoudre à une capitulation, et tous les honneurs de la guerre lui furent accordés.
Conduit prisonnier à Vérone et enisuife dans le Piémont , il y entendît proclamer la défaite de nos troupes et Pinvasion de notre territoire. Indigné de ces perfides manœuvres , par lesquelles on tentait 'd'ébranler la constance de nos soldats et de soiiîevèr les peuples contre nous, Monbailliard déclara hautement que ces nouvelles étaient autant de mensonges. Un gouverneur autrichien , informé de ce propos, l'invita à dîner. Pen* dant le repas, il lui adressa d'à boixi quelques légers reproches, puis s'échaufTant peu à peu : <rEh quoi ! Monsieur, » dit-il à Monbaillard , me croyez-vous capable d'ennn- » poser ? — Non , général ,' eh niant la vérité de vos pro- » clamations , je crois seulement que vous avez été mal
Blanc, d'après les rëcits que le temps, avait accrédites. Eclaires aujourd'boj par les preuves les plus positiveS| nous nous empressons de réparer une erreur que nous-mêmes avions contribué à propager.
yGooQle
» informé. Mais si vos troupes ont en efiFet franchi nos » fronlîères , je vous jure qu'il n'en reviendra pas un seul » homme. — La France a donc beaucoup de soldais ! — » Tous les citoyens le deviendront au jour du danger : » tous sont mus par le sentiment du patriotisme et de la » gloire, et un an ne se sera pas écoule, que l'Autriche » aura perdu l'Italie ». La prédiction fut accomplie avant le terme fixé.
Monbailliard , de retour à son cops , continua à donner des preuves de sa valeur et de son zèle. L'étoile de la Légîon-d'honneur , qu'il reçut en i8o4, fut le prix glorieux de ses travaux ^ mais le terme de ses services n'était? pas éloigné. Admis à la retraite , il laissa dans son régiment d'honorables souvenirs , et emporta dans ses fojevB le regret de ne pouvoir plus être utile à son pays.
SOMMEILLER {Auguste) ^ chef de bataillon, ex -capitaine de la garde impériale , chevalier de la Légioud'honneur , né à Carignan , déparlement des Ardermes.
Entré volontairement au service dans le 1 3* régiment d'infanterie légère , Sommeiller ne tarda pas à se faire remarquer de ses chefs. Il parcourut eu peu d'années tous les grades delà hiérarchie militaire, et chacune de ses promotions^ marquée par une action d'éclat, fut achetée par une blessure.
A l'affaire d'Elsberg (février 1807 ), il traverse le preîuier, sous le feu de l'ennemi, la rivière de la Passarge. L'action s'engage , et sa bouillante ardeur ne se ralentit pas. Impatient de vaincre , il veut provoquer les Russes jusques dans leurs rangs et les étonner par son audace. Aucun obstacle ne l'arrête ; il marche , il attaque , il triomphe. Rassurés par leur nombre et par la supériorité de leurs armes , quatre bus-
sards et deux tirailleurs l'entourent à la fois et lui offrent la mort ou la captivité. Sommeiller leur répond en brave, et déjà deux cavaliers mordent la poussière. La lutte devient alors plus vive; pressé de toutes parts, il oppose partout une défense vigoureuse, et riposte par des coups terribles aux coups qui lui sont portés. Bientôt les fan tas* sins succombent à leur tour , et Sommeiller est vainqueur, puisqu'il n'a plus que deux ennemis à combattre. Mais oseront*ils attendre le choc de leur adversaire et vengeront-ils enfin là mort de leurs camarades ? Non , ils craignent d'éprouver le même sort, et s'abandonnent à une }}onteuse fuite.
Pendant la courte et glorieuse campagne de 1 809, Sommeiller assista aux batailles de Tbaun , Neuniarck , Lîeufeld , Maria-Zel , Wagram et Vischaud, où il fit briller son courage; mais ce fut surtout au passage du pont de Landshut qu'il mérita les plus grands éloges. Sa belle conduite dans cette afiFaire périlleuse lui valut le grade ; de sous-lieutenant.
Aidc-de-camp du général Guyardet , son ancien colo- 1 nel , Sommeiller fit avec lui la campagne de Russie, pendant laquelle il eut de fréquentes occasions de se distinguer. Une redoute foudroyait notre armée: Sommeiller, chargé de l'enlever, part à la tête d'un batailloi; de voltigeurs pris des 111% 67* et 25* régiment de ligne. Amvé au pied de la position, il encourage ses soldats en peu de mots ; il leur montre l'endroit où ils doivent planter leur aigle victorieuse, et , «'élançant au même instant , il ouvre devant eux le chemin de l'honneur. Tous s'y précipitent; la redoute est emportée 5 cinq pièces de canon et trois cents hommes tombent en notre pouvoir.
Cette action fut mentionnée très-honorablement dans
le
k rapport du général 0»yardet, qui demanda pour Som« meiller la décor*ation des braves. Déjà deux fols elle avait été sollicitée en sa faveur, et notamment après la victoire d'Ëylau , où il avait été blessé d'un coup de feu à la tète. Sommeiller ne tardera pas à recevoir ce noble prix des glorieux travaux : sa conduite à la Moskowa doit appeler sur lui Faltentîon de Fempereur.
Aux premières décharges qui commencèrent cette mémorable bataille, Sommeillera son cfaeval tué sous lui. Quoique démonté, il se jette au milieu de la mêlée, où il fait des prodiges de courage, et reçoit à bout portant une balle qui lui traverse le bras gauche. Irrité par la douleur, il fond sur le Busse qui l'a frappé, le désarme et le fait prisonnier. Alors, lui présentant son bras, il le force à bander sa plaie,' et vole à de nouveaux périls.
Devenu capitaine, pendant la campagne de Dresde , Sommeiller passa dans la garde avec le même grade , et se montra digne d'appartenir à cette élite des guerriers. La paix le fit rentrer dans ses fbyersj mais quand une seconde fois l'Europe coalisée menaça notre indépendance , il ressaisit son épée. On lui confia alors le commandement du 1*' bataillon des gardes nationales mobilisées du département de PAin. Chef de ce corps de citoyens , il mérita les plus grands éloges dans l'exercice de ses fonctions. Rigide observateur de la discipline, on le vit à une époque déplorable maintenir l'ordre et la subordination, et Calmer , par sa prudence , de jeunes tètes qu'exaspéraient les malheurs de la patrie.
COLLARD, major au aS* régiment d'infanterie légère, officier de la Légion-d'honneur.
CoUard était Pu n de ces oflSciers intrépides, dont le Tom. IJL 13
pom seul T^reille le saurenir des plus brillans exploits. Souyent U contribuée auiç girands succès qui signalèrent les beaux jours de U gl<»re française. Ses talens et son couiçage le ipeltient au rang des béros qui se sont illustres par de nombreux faits d'arnaes. Nous aurions voula pouvoir rapporter tous 1^ traits par lesquels il s'^st fait connaître, mais la crainte d'être inexacts nous oblige k n'en citer qn'un s^ul : c^ fut le dernier.
Le 17 mai 1809 , aprè^ le passage du Tagliamento, et les ayantages réimportes par le princç vice-roi d'Italie ^ les Autrichiens s'étaient retiriés derrière la Fella, dont ils avaient brûle }es ponts : fortifia sur le mont Fredel^ iU se flattaient d'arrêter notre armée dam sa course victorieuse; mai^ il^ devaifsnt l^eptôt rabattre de leur folle présomption. iNi le feu le plus terrible ^ ni les efforts prodigieux de l'ennemi ne purent lasser la constance de nos soldats; ils s'avancèrent : liis positions forent toiumées avec nne rare habileté, et déjà pendant quatre heures notre artillerie arait foudroyé le fort de Malborghetto , lorsque le prince Eugène, persuadé qu?il était temps de frapper le coup décisif, ordoQi^a l'a^^ut. Collard, chef de bataillon au 102* , fut chargé 4^ c^t^^ epspédition* H marcha ,. à la tet9 de Ijuit compagnies 4^élite, des i*', 52* , JS2« et 102' régipi^ns de hgpe. Arrivé aux premiers ouvrages, il fit ba1.tre la charge, attaqua les palissades et les blockhaus , en chassa l'ennemi malgré la plus opiniâtre résistance , et le poussa , avec yxn grand carnage, jusqu^aux demieirs re tranchemens; en vingt minutes, le.fortfut emporté.
Huit^ pièces de canon , plusieurs obusiers., des magasins cpnsidérables et trois cç;nt cinquante prisonniers tom> bèrent en notre pouvoir; Fennemi laissa trois cents homme» sur la place.
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tjû prince tîce-roî ténloîgna sa satisfiictîon a a commai> dant CoUard , de la manière la plus flatteuse, et lui liiontra le plus vif intérêt en s'apeircevant que ses habits étaient percés de six balles, et que la moijtuye de son épée avait été brisée par un autre coup de feu.
Coiiard fut nommé officier de la Légîoii-d'hQntieur , et quelque temps après major du û5^ régiment d'infanteriç légère. C'est dans ce corps, qu^aifaibli par les fatigues de la guerre j il termina sa glorieuse carrière.
La patrie perdit eil lui l'un de ses plus braves defen-* seurs, et ses compagnons d^armes , dont il emporta l'es-» titoe et les regrets, s'étonnèrent de voir expirer hors du chanfp de bataille un ofÇcier qui, tant de fois, y avait affronté les périls;
Le major Collard a laissé u^e veqve inconsolable et deux/ fils, qui seroiit un JQ^v les dignes héritiers de la réputation deleurp^re.
G AMBIN (Iç comte îèân Hùguèa ) , maréphaî de cainpi ëheiralier de la Légion-d'honnewrj né à P^w^^j départe^ luetit de la Seine.
Gambin était sçjrgfrtt-pi^JQÇ au régîmeiit ^^ Saypîe , Carîgnan-infantef ip , lorsque commeiicérem; les guerres de la révplutior^. Il fqt alors ^pmm^adjn^ant^niajo^rdvi premier bataillon idp la septioç des Qr avilliers. Envoyé à l'arpiée du Nord, ^| y 4^btita par tjt^p 4|5tion qi^i donp^ la pli:|s haute idée de Jjon coijicage et ^^ s^ p^^e^pe d'es-^ prît, L^incendie yeijiait d^clater daps yp p^rc d'artillerie des plus çorisid^rables i de cent p^is^ti^ ygrrlpii? dç niunî'^ lions, déjà plu^ de vingt avaient $€^utéj plusiewrs autres demeuraient découverts par î^explpsion, Ganibin, accouru au bruit ^ ^perçoit çjans Wn d'^M^ des obu» prét5
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à s'enflammer : le danger est des plusr îmmînens : encore un instant, tout est perdu; le feu va se communiquer à des poudrières situées à quelques pas de là.... Gam- . bin n'hésite pas, il se précipite, arrache les mèches, les emporte , et préscrre ainsi le reste du parc.
Gambin devint bientôt chef du bataillon dans lequel il était parti. Enfermé dans Valenciennes pendant le siège de cette place, il ne laissa pas échapper une seule occasion de se signaler. Le 26 juillet 1793 fut pour lui une journée glorieuse. Maître du chemin couvert, l'ennemi s'est emparé de plusieurs ouvrages extérieurs , Gambin a résolu de le chasser; il s'avance, à la tête de quelques compagnies; mais au moment d'attaquer, ses soldats intimidés par la grandeur du péril, montrent dé rindécision.< « Eh quoi! leur dit-il, en se saisissant du » fusil d'un grenadier , vous craignez ces gens-là ; suiVez- T» moi ». En même temps, affrontant la mitraille et les balles , il s'élance dans les retranchemens. Animée par son exemple, sa troupe imite son intrépidité, et les ouvrages sont repris en un clin-d'œil.
Passé au commandement du 2* bataillon de la 60^ demi-brigade , Gambin fit, avec distinction, les campagnes d'Italie. Sa belle conduite à la bataille de Fossano , le i novembre 1799 , et bientôt après à la défense du poste des Barricades, lui mérita les plus grands éloges Les plus brillans exploits élevèrent Gambin. au grade de colonel , et quand il fut appelé à commander le 84* de ligne, les suffrages de l'armée entière avaient d'avance sanctionné, cette promotion. Ses talens ^t sa bravoure ajoutèrent à l'illustration d'un régiment qui, depuis long-temps, passait pour l'un des meilleurs. Ce fut notamment en 1809 ^ pendant la guerre contre l'Autriche, que l'on vit ce corp&
feiredes prodiges. Le combat de Saint-Léonard, livre les 25 et 26 juin, est l'un de ses plus éclatans faits d'armes. Onze cents soldats déterminés , /ayant a leur tête le colonel Gambin , arrêtèrent, pendant deux jours, douze mille Autrichiens. Jamais, avec si peu de monde, on n'obtint un succès plus complet. Constamment exposée au feu d'une effroyable mousqueterié , une poignée de Français , enflammés par les exhortations de leur chef, repoussa les charges les plus terribles , opposant sans cesse ses invincibles baïonnettes au choc réitéré d'un ennemi dix fois plus nombreux. Après vingl«^tiatré heures d'une lutte, qui, deux fois reprise, s'était deux fois prolongée jusqu'à la nuit, le sang-froid , l'habileté du colonel Gambin, et la résolution de sa petite troupe , triomphèrent enfin de Fa-* charnement des Autrichiens , qui se retirèrent , abandonnant au vainqueur deux drapeaux et plus de cinq cents prisonniers. Le terrain était jonché de leurs morts; on en compta plus de douze cents. Cent quarante-cinq des dignes compagnons de l'intrépide Gambin furent blessés ; mais il n'eut à regretter^que trente>trois des braves qui l'avaient si vaillamment secondé^
Dix jours après, Gambin cueillit de nouveaux lauriers dans les plaines de Wagram. C'était là que, sur le champ même de la victoire , il devait recevoir les félicitations de cet empereur, dont les paroled embrasaient toutes les âmes et faisaient tressaillir tous. les cœurs guerriers. « Co- » lonèl , dit-il à Gambin, au moment où celui-ci lui pré- » sentait les deux drapeaux pris à Saint-Léonard, )e suis » content de la bravoure de votre régiment et de la vôtrej » vous ferez graver sur vos aigles , UN contre dix » . Napoléon ne borna point à cet éloge les témoignages de sa «atisfactiou : quatre-vingt-quinze décorations de la Légion*
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d'honneur furent distribuées dans le 84* rëgiibeiit ; et h litre de comte ^ avec une dotation de dix mille francs de rentes , fut confère au colonel Gambîii , ^^i ne tàl^dâ pas à être nomnië général de brigade.
POUPAT ( Michel) , chef de bataillon de FartîUerie de «narine, officier de la Légiourd'honneur et chevalier de Saint-Louis, hé à Issokidun, département de l'Indre,
Poupat ayait yingt-un ans lorsque commencèrent les guerres de la résolution. Toute la jeunesse française, eiii? Ibrasée dû saint amour de la ^atrie^ venait alors se ranger sous les étiendards de la liberté $ Poupat fut l'un des volon^ taires de ces jours d'ienthousiasitie. Il partit avec le 2* bataillon de rindre , et se fit bientôt remarquer par une scrnputeuse exactitude â remplir ses devoirs , et par un courage à toute épreuve. Ces talens lui valurent le grade de lieutenant^ qu'il reçut le 16 hovembire 1792. Incorporé , peu de temps aptes, à la 17* demi-brigade d'infanterie de ligne , il fit partie de Parmée de l'Ouest , et se si^ gnala dans tous les combats qui furent livrés dans cette malheureuse contrée , au seîh de laquelle les plus cruels , les plus implacables ennemis de la France , appelèrent tous les fléaux des discordes civiles. I/affaire de Fougères, le 21 décembre I795 , fut l'une de celles où il déploya la plus rare valeur. Atteint de deux coups de feu , il ne cessa pas d'encourager sa troupe et d'affronter avec elle les plus grands périls.
En 1796, Poupat passa au 3* régiment d^artillerie de la marine. Devenu capitaine, il fut alternativement employé à la défense des côtes , et embarqué sur les vaisseaux de l'état. Pendant plusieurs années ^ il eut peu d'occasions de se distinguer , autrement que par son zèle et par sa vi-
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gilance; mais la campagne de i8i3 , «ju^il fit comme chef de bataillon , montra quHl n'avait pas perdu Ffaabitiidé du champ de bataille. Â Lntzen^ où les soldât3 admirèrent son sang-froid et ion intrëpiditë, il eat tih cheval tué sous lui, et Ait, à la suite d^une action d'éclat, nommé membre delà Légion-d'honneur. ÂBautzen et à Vurtchen, il fit encore dès ptodiges de bravoure. Fràpjlé d'un boulet mort, pendant la démière de ces f ôutiiéës, il resta exposa au fèuj malgré la douleur causée par la ctrhttision qu'il avait reçue. Sa belle condtiitè detant Dresde ainsi (]ùë dans le^ divers engagemens qUi ^nittit lien ëkné les biotiiagnes de la Bohème, hiî Valut la croix d'dffifcler de là icHeVâleHe dans laquelle il venait ai récèminenl d'êti*é ^dhiis. À Leipsick , il fut deujt fois démonté; à H^iiâuyilftt Jiltis heureux , maïs il ne fut pas tnoins bravé.
En i8i4 , Pbypkt fut du nbiîlbré dé^'gùèrrîfers qui défendirent rindépendancîe de notre terrîtoîré : isiè dévouant sans cessé , il conttibua j ^ai* ^ti habileté, â tous les avantages pdiftiels qui retardèiréik la liikrche dés armées étrangères pressées de fconsBinméi* lia i^remièté invasion 3 il combattit partout, et partôdt il tUtcdmpîé parmi les plus yaillans; A Sàint-f)iziét, 11 fit firtaVe de résolution; à Brienné, il se ptécîjpîta Ûdns la hiêlée j ed i^étissit , par son audace, à éaùtéî'''^dh aigle, ddiit l'ëtihémi^iàit stir le point de s'emparei:. L'fldmmori, Arèis-^stir-Aiibë, Chàmp-Aiibert, Etogës^ Stontriiîrail, Neuîlljf , Soîssonb , Reims, Berry-au-Bèîc , Châtëaù-Thierry , lés plaines dé là Champagne ,1a Përté^GaubhëJ Sëzaniié, tbtlsces lieux, tétriôins des derniers efiForts des Français, le vireHt se bouvrîtdè gloire par l'es plus brillatis eicploits.
La journée du 5o mars, sous les murs de Paris, mît le comhle à sa réputation militaire. Blessé et démonté par
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le feu de Pennemi 5 il ne quitta le champ de bataille qu'a- j prèa que l'armée se fut résignée' à une capitulation, qui , ! en livrant la capitale aux puissances coalisées , assura leur triomphe, la veille même du jour qui devait éclairer leur défaite.
DUBIF { Etienne) j sous-lieutenant an «"i 3* régiment d'infanterie de ligne, chevalier de la Légion- d'honneur , né à^rchery , département de l'Isère.
Vingt ans de service et plusieurs actions d'édat recommandent Durif à l'estime des braves. Il se signala surtout pendant les guerres d'Italie. Le i3 juillet ^796, la 11* demi-brigade d'in&nlerie légère, dans laquelle Durif était alors sous-officier, fut envoyée à la découverte dans les environs de Brentino. Arrivée à quelque distance de cette ville , elle rencontre l'ennemi , et le combat s'engage avec vigueur. Au. fort de l'action, des Autrichiens paraissent sur une montagne voisine ; on craint que ce ne soit une nouvelle colonne accourue pour renforcer la première. Le chef de bataillon Guisepy demande quelques hommes de bonne volonté pour aller s'en assurer. Un seul sort des rangs, c est Durif; il gravit la montagne, et se dirige vers les Autrichiens. Il n'en est plus éloigné que de quelques pas, lorsque trois d'entre eux le couchent en |oue et le somment de se rendre; mais cette menace ne l'intimide pas, il s'avance encore, tire sur le premier dont il casse la cuisse, attaque les deux autres à la baKonnelte, les désarme, et les conduit à son commandant, à qui il rend compte de ce qu'il a vu.
Peu de )om*s après , Durif se distingua de nouveau sur le même terrain. Assailli par des forces supérieures, la il' demi-brigade avait épuisé ses munitions : elle n'é^vait plus
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d'espoir de a'èn procurer, quand tout-à-coup on aperçut un caisson que des soldats y dans la précipitation de la retraite, avaient renversé sur la route; il était rempli de cartouches. Dans une circonstance aussi critique, c'était une bonne fortune; mais pour en pix>fiter, il fiiUait affronter la mitraille et 1^ balles : l'entreprise était périlleuse; elle n'effraya point t)urif , il avait l'habitude de se dévouer. Résolu, malgré le danger, à approvisionner ses camarades , il franchit , sous le feu le plus terrible, l'intervalle qui le séparait du caisson , revient distribuier les cartouches, part une seconde fois; mais moins heureux qu'il ne l'a été à la première , il tombe grièvement blessé par un éclat de rocher que le choc d'un boulet lui a lancé à la tète.
Le i5 août 1799, Durif assista à la bataille.de Novi, où on le vit faire des prodiges de valeur. Atteint d'un coup de feu à l'épaule gauche, il ne cessa pas de donner l'exem* pie à sa troupe.
La belle conduite de Durif devait lui valoir ^lus tard le grade d'officier et l'étoile de la bravoure ; il i^eçwt l'un et l'autre sur le champ de bataille.
HEBERT MAREIL (Louis-Charles) , capitaine au 6i* régiment d'infanterie de ligne.
Enrôlé sous les étendards . de la liberté par l'amour de la patrie, Mftreil fit sçs premières armes comme souslieutenant dads le 61* régiment de ligne. Envoyé dans la Corse en 1795 , il ne laissa pas échapper une seule occasion de se signaler contre les bandes armées du traître Paoli. Il osa un jour attaquer plus de trois cent* de ces rebelles , et quoiqu'il ne fût secondé que par un caporal qu'il avait fait embusquer avec lui , armé d'un
mières années qu'il passa dam }a carrière des armes furent presque perdues pour son ayancement , mais elles ne le furent pas pour la patrie, à qui l'expérience qu'il avait acquise dans les grades subalternes fut souvent utile.
Nommé officier supérieur en 1792 , Saudeur fut employé en qualité de chef de bataillon à l'armée du Nord, où il se distingua dans plusieurs combats. Chef de brigade en 1794 , il décida du gain de la bataille de Roubaix , en chargeant contre la division anglaise dont il enleva de vive force le parc d'artillerie , composé de trente-deux bouches à feu avec leurs caissons. Un mois après, il franchit le canal de Louvainsous le feu de l'ennemi , s'empara de ses batteries , le chassa de sa position de Campenouch , s'établit à sa place, et détermina par ce coup hardi l'évacuation de Malines qui eut lieu le lendemain.
En 1795, il contribua à la reddition de Nimègue, ainsi qu'à la prise des lignes de Bréda ; monta l'un des premiers à l'assaut du fort de Ferheiden qu'il emporta à la baïonnette , fit prisonniers deux bataillons hollandais, et se rendit maître de leur caisse dont il fit la remise au général Bonneau. Quoique grièvement blessé dans cette action , le brave Saudeur ne cessa pas de prendre à cette guerre la part la plus active ; partout on le vit briguer les entreprise les plus périlleuses.
Approvisionnée pour plusieurs mois et défendue par onze pièces de canon et deux cents hommes , la forteresse de Spangen paraissait devoir faire une longue résistance: il Pa surprit de nuit, l'escalada à Ja tète d'une poignée de soldats , et fit mettre bas les arni.es à la garnison qui reçut la loi du^ vainqueuii. Le résultat de cette audace fut la capitulation de Gertruyd^inberg , où,
vîngt-qnatre heures après, on arbora Tëten dard aux trois couieui^.
La conquête de la Hollande ëtant terminée , Saudeur commanda la place de La Haye où, par sa modération et son désintéressement, il fit chérir le nom français* Appelé bientôt après dans la Vendée , il y déploya une valeur à toute épreuve ; mais il ne tarda pas à quitter ce théâtre des discordes civiles, bu les plus vaillans ne pouvaient s'illustrer que par des exploits qui affligeaient le cœur du guerrier citoyen. Envoyé à l'armée du Rhin , il y combattit pendant deux ans , et montra dans toutes les circonstances autant de talent que d'intrépidité.
Les armées austro-russes sont accourues dans l'Helvélie avec la présomption de la victoire : dans cette cam« gne , Saudeur guide le 44» régiment d'infanterie de ligne , et lui inspire des prodiges. Une division ennemie venait de forcer les positions de Manosse et de Remus : Sau- . deur, par l'habileté de ses manœuvres, réussit à la tourner , l'attaque , la culbute , la rejette dans les montagnes d'où l'instant auparavant elle était descendue , la pour- ^ suit avec vigueur , lui tue ou lui blesse plus de quatorze cents hommes et lui fait cinq cents prisonnier , parmi lesquels le major général Schmitt et dix-sept officiers. Le 29 avril 1799 9 Masséna qui avait alors son quartiergénéi*al à Zurich, fît, dans son rapport au gouverne* ment , une mention particulière de cette action , dont il attribua tout le succès au chef de brigade Saudeur , sur le compte de qui il s'exprima dans les termes les plus honorables.
Saudeur assista encore aux affaires de Skarlé et de Suz , où son sang coula pour la patrie. Ce fut à cette époque , ^ue le général en chef, dont $a belle conduite lui avait
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attire Teslime , lui confia la gardç des frontières de ïé Suisse jusqu'à Delemont : investi successivement du com^ mandement d'Huningue, de Zurich et de Soleure, il sut par la loyauté de son caractère , par son austère probité et par une fermeté inébranlable , se concilier l'amour des habitans, et maintenir la discipline parmi les troupes. Il reçut à ce sujet les félicitations de Bonaparte, au mo^ ment où, en revenant li'Italie, ce général passait à Bâle«
Un an après Saudeur alla cueUUr de nouveaux lauriers k Marengo ; placé dans cette célèbre journée sous les yeux du premier consul , il se cpqvrit de gloire à là tète du 44:* avec lequel il résista apx choc» les plus terribles et exécuta les charges les pl^s brillaiities. On se rappelle quç le 44* fut l'un des corps qui eurent le plus de part à la distribution des armes d'ho^ipeur çt deçi autres récompenses décernées à la suite de celte graii^^ victoire. . A la paix de Campo-Formip , S^ud^ur CQBimanda quelque temps dans Mantpue; il fit ensuite partie de l'armée d'Espagne. De retour en Frai^ce /il fut employé à la défense des côtes. Il était a» c^mp d'Etaples y lors-> que les troupes qui devaient efiectuer la descente en Angleterre , furent tout ^ cpup dirigées contre l'Autriche. H fit alors cette mémprable campagne que terminèrent les foudres d'Austerlitz ; les services qu'il rendit dans cette guerre lui méritèrent plus d'une fpis les élpgfss de l'em" pereur.
En 1806, il coopéra e^ tous les succès qui signalèrent de nouveau la supériprité de nos armes Aontr^ les Prussiens et les Busses. A léna , où il commandait la brigade du général Conroux , mi& hors de combat dès le comment cernent de Paction y il culbuta, ^ur le plateau , plusieurs bataillons ennemis ^ et s'empara d^ vingt pièces de canoc^
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. Le colonel Saadear ne devait pas tarder à recevoir le prix de tant d'exploits et de tant de travaux : le 5o décembre ' de la même année, il fut élevé au grade de général de brigade, A cette occasion y Pempereur lui adressa ces paroles ^ qui, dans la bouche du plus grand homme de guerre, sont si flatteuses pour celui dont elles rappelaient la vaillance : « Je me souviens, lui dit-il, de vous et de votre' )» hrave régiment; vous donnâtes à Marengo un fier coup H de collier ! »
En 1808 , le général Saudeur fiit obligé de quitter l'armée ; épuisé par les longues fatigues d'une carrière dans laquelle il n'eut pas im jour de repos, il regretta que les forces manquassent à son activité et à son dévouement ; cependant il dut seN^^ésigner à la retraite , et il put se consoler en songeant que, défenseur de son pays, il avait noblement rempli sa tâche. Il comptait vingt-six ans de service, avait affronté des périls dans la plupart des grandes^batailles , où les rois coalisés avaient pâli devant les couleurs de la liberté, et s'était trouvé à plus de soixante jcombats. Quelle glorieuse énumération i
DELEGORGUE, général de brigade, commandant de la Légioii-d'honneur.. -
Parmi les ofiSciers dont la bravoure et les talens portèrent si haut la gloire de nos armes , il en est peu qui méritent plus que Delegorgue les hommages de la postérité. A toutes les qualités qui constituent un général habile , il joignait un caractère aussi noble que généreux. Adoré du I soldat , estimé de ses camarades, il périt à la fleur de son j âge; et les derniers instans d^une carrière illustrée par. tant de beaux faits d'armes, ajoutèrent encore aux regrets que devait exciter sa perte.
Après avoir combattu avec la pltis grande distinction
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en Italie et en Egypte, Delegorgue commandait, en 1807, un corps d'armée dans les environs de Baguse. Le premier aux avant-postes, il marchait, accompagné de quelques soldats , lorsqu'il se vit assailli lout-à-coup par plusieurs bandes de Monténégrins embusqués sur la route. La résistance était sans espoir contre des forces si supérieures; mais Ddegorgne sait que ses troupes ne sont pas loin, il va se replier, en attendant leur secours. Les ennemis ûe lui donnent pas le temps d'exécuter son dessein; ils font pleuvoir sur lui une grêle de balles, et il tombe, la cuisse fracassée par un coup de feu. Dans un péril aussi imminent, les gi^nadiers songent moins à leur propre sûreté qu'au salut de leur général : quatre d'entre eux le chargent sur leurs épaules et l'emportent en toute hâte. Les Monténégrins se mettent à leur pour^ suite , et sont au moment de les atteindre. « Amis , » dit alors Delegorgue à ses soldats , votre dévouement » va me devenir inutile ; vous vous perdrez avec moi. » Arrêtez-vous ici; quittez un fardeau qui vous gêne, et » rejoignez vos camarades. —Général, répondent-ils, » vous n'ignorez pas que les barbares ne font point de » quartier; si nous vous laissons, vous êtes mort. — » . N'importe, je ne suis qu'un homme, et je ne dois pas » exposer votre vie pour conserver la mienne. Sauvez- » vous, sauvez-vous, vivez du moins pour me venger ». Mais ils ne cèdent pas à ces instances. «Nous voulons em- » mener notre général ou mourir avec lui n . Tandis qu'ils continuent leur marche, les Monténégrins font sur eux de fréquentes décharges de leurs fusils. Bient&t, deux grenadiers sont blessés, et cet accident funeste ralentit la retraite. Alors , ne consultant plus que son cœur ^ et recueillant ses forces défaillantes : « Eh bien! puisque je
i> suis
DE LA GLOIRE. igS
» sois encore votre général,, s'écrie Délegoi^u'è , je vous ?> ordonne de me déposer à terre et de vous éloigner aus^ )> sitôt ». Les grenadiers obéissent : inclinés devant te héros, ils reçoivent ses derniers adieux; leurs yeux sont inondés de larmes, et leur ame est déchirée par une sé^ paration si cruelle. Immobiles , muets de douleur , ils voudraient lui faire un rempart de leurs corps. Cependant , le général a fait un signe, Tadieti fatal expire sur leurs
lèvres; ils partent A peine ont-ils fait quelques pas,
ils jètent un regard en arrière : déjà Delegorgue n'était plus, les Monténégrins avaient tranché le fil de ses jours , et , selon Pnsage de ces peuples , la tête de cet infortuné était devenue l'horrible trophée de leur victoire.
FOSSÉ {Alexis) , capitaine dans la légion de la Haute- Vienne, né à Castres, département du Tarn.
Une éducation libérale développa les heureuses dispositions que Fossé avait reçues de la nature. La poésie et les arts furent les premiers objets de son affection ; mais destiné à la carrière des armes , il se prépara , par des études profondes, à s'y montrer avec distinction. Ce fut à l'école de Saint-Cyr qu'il acquit les principes de la tactique militaire ; il y suivit aussi les cours de fortification et d'artillerie, et quoique ces connaissances fussent étran* gèL*es à l'arme que son goût le portait à embrasser, il pens£i qu'un militaire qui aspire à commander un jour, ne doit négliger aucune branche de son art.
Nommé sous-lieutenant, après une revue de l'empereur 9 Fossé entra , le i4 août 1810, dans le 1 19* régiment de ligne qui était £ilors en Espagne. A la tète de plusieurs détachemens, dont on lui confia le commandement, il eut bientôt l'occasion <ie se faire connaître. Bilbao , Villa- Tom.III. i5
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Yiciosa^ Gijon, Âvilès, Oviedo, Benavente^ furent saccessivement témoins de son courage , et dans toutes ces rencontres périlleuses , il fit preuve du plus rare sang^-froid.
Des services d'un autre genre recommandèrent Fossé à la bienveillance et à l'estime de ses che& Ils n'ignoraient pas que par ses talens cet officier s'était placé hors de la ligne où son grade et son âge semblaient le retenir. Aussi , les généraux Bonnet et Gauthier, désirant mettre leurs troupes à l'abri des attaques sans cesse réitérées des insurgés, et se fortifier dans leurs positions,' afin de résister avec plus d'avantage aux efibrts d'un ennemi nombreux, chaiv gèrent-ils Fossé de l'exécution des ouvrages qu'ils ju^ geaient nécessaires. Oviedo, Grado, La Banêsa, Benavente et Ledesma, furent les principaux points où il dirigea seul les travaux. Son intelligence , son activité et son désintéressement lui méritèi^ent les plus grands éloges.
Le 35 juin 1811 , sous les murs d'Astorga, le général Valletaux se trouve en présence de la presque totalité de l'armée espagnole de Galice, composée de quinze mille hommes. Des reconnaissances sont poussées de part et d'autre , et l'ennemi apprend que les Français n'ont que trois bataillons à lui opposer. Déjà vainqueur en idée , il s'avance avec de grands cris; mais Valletaux, comptant sur la valeur de ses soldats., se précipite au - devant des Espagnols. La lutte s'engage : les insurgés , étonnés d'une résistance à laquelle ils ne s'atiendaientpas, commencent à s'ébranler; ils reculent, ils perdent du terrain, et bientôt ils sont en pleine déroute. Cette afiaire mémorable, ccnnue sous le nom de combat de Quinlanilla, coûta la vie à Tintrépide Vall^raiix. Fossé s'y couvrit de gloire : on le vit, au milieu de la mêlée, animant les soldats par son exemple, faire des prodiges de bravoure.
DE LA GLOIRE. igS
Fosse assista à la bataille de Salamanque. Tëmoin des mouvemens des deux armées, qui, pendant plusieurs jours, manœuvrèrent à une portée de canon l'une de l'autre, il observa et fit observer à plusieurs de ses chefs les fautes des deux généraux ; il vit le lord Wellington exposant ses troupes à être anéanties , se livrer pour ainsi dire à la merci des Français, et le mai*échal Marmont, négligeant des avantages évidens , poursuivre sa marche, et ne se décider enfin à l'attaque qu'au moment où il aurait dû éviter le combat.
Mais la bataille commence : soldats , ofiiciers , tous rivalisent de courage et d'ardeur ; ils ne s'informent point si leur général a été blessé en déjeunant sous sa tente couleur de rose ; ils ne voient que les Anglais et ne songent qu'à les vaincre. Si la victoire eût été possible, jamais le lord Wellington n'eût paré ses trophées des faciles lauriers qu'il cueillit à ' Salamanque. En vain les Français, écrasés par le feu de Pennemi , remontent vingt fois à la charge ; en vain nos braves moissonnés sont remplacés aussitôt par de nouveaux b va ves: tant de constance et tant d'efforts ne font qu'ajputer à nos pertes. L'intrépide conunandant Paty conduit le iig* : atteint d'un coup terrible , il brave la douleur et la mort ; la mort lui paraît préférable à la honte d'une défaite : il appelle les .siens , et la voix du héros électrise tous leâ coeui^. Fossé est près de lui, ses habita sont criblés déballes, un bîscayen a frappé sa poitrine; mais il ne quitte pas son chef; comme lui , il veut expirer sur le champ de bataille'. Vœux mutiles ! l'armée entière est en retrait^ , le iig* seul résiste encore; cependant il doit aussi céder à la nécessité ;'auseii:i d'une défaite gé-r, nérale^.il ne lui reste 4jpe la triste consolation d'avoir
le dernier lancé sur l'ennemi un regard menaçant Fossé n'ëtaît que lieutenant , lorsqu'à Vîttorîa, il guida une compagnie de voltigeurs. Cette bataille eut des résultats plus funestes pour nous que celle de Salamanque : et Fon eut encore le regret de succomber devant un ennemi que l'on aurait pu battre quelques jours auparavant, si nos généraux eussent profité de ses fautes ; mais la fortune semblait vouloir combler nos revers , pour élever la réputation d'un homme qui n'a été grand que par le hasard. Les désastres de cette journée avaient été prévus par le roi Joseph , lorsqu'il fit assembler son conseil de guerre : « Messieurs , dit-il » aux ofiiciei*s qui le composaient , la bataille que nous » allons livrer va décider de notre sort en Espagne. Vous o> savez que je n'entends rien à la tactique militaii^ : 1» ainsi y je m'en rapporte à vous , et je vous laisse le soin » de diriger les manoeuvres de mon armée; n'ayez point » les yeujt fixés sur moi pendant l'action , je pourrais )> vous faire faire des sottises; mais je paierai de ma per- » sonne, et vous me verrez combattre en soldat ». En efiet , ce prince , revêtu d'un modeste unîfoiTnè , se précipita dans les endroits les plus périlleux , et malgré soi\ déguisement, il faillit être pris par les Anglais. Ni l'exemple de son courage , ni les héroïques efiorts de l'armée ne purent suppléer à l'incapacité du général en qui le roi avait déposé son pouvoir et sa confiance , et qui laissa tomber entre les mains de l'ennemi son bâton de commandement. La bataille fut perdue : Fossé se montra Vnn des plus vaillans , et le corps dont il faisait partie , ramena vers Pampelune deux pièces d'artillerie , derniers débris d'un parc de plus de deux cent^ canons.
Après plusieurs tentatives infructueuses pour ressaisir
PofiFensive, notre armëe fut obligée de se reployer. Qadquea bataillons anglais postés sur une hauteur défendue par lu Bidaseoa foudroyaient nos troupes dont ils coupaient la jnarche : Fossé conçoit le hardi projet de les débusquer : il part à la tête de sa compagnie y grayit les flancs de la montagne , s'élance au pas de charge contre les ennemis et parvient à les culbuter après leur avoir fait un grand nombre de prisonniers. Maître de leurs retraù* chemens qu'il avait conquis avec tant d'intrépidité ^ il protégea la retraite pendant plus de trois heures et ne quitta sa position qu'après avoir vu filer tous les corps.
^Un mois plus tard , il se signala an passage de la Bidassoa ; atteint d'un coup de feu qui lui avait traverse l'épaule y il ne cessa pas de prendre part au combat : et poursuivit les Anglo-Espagnols jusqu^à ce qu'enfin harassé de fatigue et afiaibli par la perte de son sang y il tomba sur le champ de bataille.
Cette belle conduite fixa sur lui les regards du duc de Dalmatie^et cet illustre maréchal , dont il s'honore d'être le compatriote , lui conféra le grade de capitaine: Fossé avait alors yingt-deux ans.
Avant d'être guéri de ses blessure» y il quitta le dépôt de son régiment pour aller former sous les murs de Bayonne une compagnie de voltigeurs^ Quand les Anglais passèrent l'Adour au Boucaud , il était placé aux avant - postes de la/ citadelle , et , quoique ses voltigeurs assistassent au feu pour la. première fois , il ne s'y distinguèrent pas moins par leur bonne contenance et leur impétuosité. 11 reçut à cette occasion les félicitations de ses camarades et de ses chefs ^
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qui, d'un vœu unanime, sollicitèrent en sa faveur rétoîle des braves. Déjà plusieurs fois ce prix des belles actions avait éié demandé pour lui, il le fut encore plus tard, mais toujours sans succès , et Parmée s'étonne aujoui^'liui de ne pas voir briller sur la poitrine de ce capitaine une décoration qu^il a si bien méritée.
Compris dans l'organisation de 18 14 , Fossé conserva sa compagnie, et en 18 15, quand les Espagnols menacèrent les Pyrénées , il fut détaché à Baigori par le général Harispe qui lui confia la défense de sa ville natale. Dans ces circonstf^nce^sdiflBciles, Fossé montra beaucoup de prudence et de fermeté.
Licencié après la seconde invasion , il rentra dans ses foyers. Il y trouva des amis perfides , et des ennemis irrités par le souvenir des bienfaits qu'ils tenaient de sa famille. Les manœuvres de ces misérables ne purent arrêter l'efiet de la royale justice, et Fossé fut placé dans la légion du Tarn. Elle était alors à Nîmes, et l'esprit qui régnait dans cette ville animait la plupart des officiers dont il allait être le camarade. Il rencontra parmi eux des hommes dont la haine lui rappelant que son père, autrefois magistrat, avait été juste, mais inflexible , pouvait lui faire craindre les effets de la malveillance 5 toutefois il était loin de penser que bientôt il aul'âit à se garantir du poignard des assassins.
Fossé obtint de changer de Légion , il passa dans celle de la Haute-Vienne : là , au milieu d'o£Sciers qui tous étaient militaires avant la paix , il se fait remarquer par son amour pour la discipline, et par l'aménité de son caractère.
Lors de la dernière formation des états-majors , Fossé ,
qui désirait en faire partie , adressa au ministre de la guerre les pièces qui pouvaient légitimer ses prétentions et assurer le succès de sa démarche. Les preu* ves de sa. bravoure et de sa capacité comme militaire sont consignées dans ses états de services ; le témoignage de tous ses chefs justifie de sa bonne conduite et de son exactitude : son instruction et ses rares talens ne sont contestés de personne ; et cependant , quoiqu'il fût un des premiers entre les admissibles, il n'a pas été compté parmi les élus. Cette omission sera sans doute réparéer Le capitaine Fossé a des droits à un avancement : on ne saurait le refuser à un brave dont les faibles épargnes deviennent Tunique ressource de sa mère, veuve d'un légionnaire , qui pendant trente-trois ans conséc4itîfs occupa d'honorables fonctions dans la magistrature , et qui mourut pauvre parce qu'il fut vertueux.
Frustrée des effets de la gratitude nationale à laquelle elle avait tant de titres , si la mère de cet officier voit aujourd'hui la piété filiale acquitter envers elle la dette de la patrie, espérons que lui-même trouvera dans la munificence du gouvernement la récompense des sacrifices qu'il s'impose !
LIBERT [Auguste) y lieutenant au 6* régiment de hussards , membre de la Légion-d'honneur , né à Sebourg, département du Nord.
Entré comme soldat au 6* de hussards , Libert devint lieutenant et ne dut son avancement qu'à sa bravoure. L'Italie fut le théâtre de ses premiers exploits. Le 5 avril 1799, il faisait partie d'un peloton qui, dans une charge contre un bataillon autrichien , le força à mettre bas les armes. Dans celte action, qui eut Jieu près de Vérone,
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Libert déploya lâ plus rare intrépidité : un die ses camarades allait être fait prisonnier, Libert s'élança dans la foule des ennemis , et réussit à le délivrer.
Le i5 août delà même année , il se précipita sur une pièce de canon , sabra les canonniers qui la manœuvraient et les mit en fuite : vainqueur, il se disposait à emmener sa capture, lorsqu'un fort détachement de cavalerie et d'infanterie fondit sur lui et l'obligea d'abandonner le trophée conquis par sa vaillance.
Quelques jours après , il se signala de nouveau par un. trait de la plus grande audace. Un hussard des plus déterminés ayant traversé seul sous un feu terrible la rivière qui baigne les remparts de Suze , s'était avancé pour attaquer les tirailleurs autrichiens : au moment de se saisir de l'un d'entre eux , il tombe frappé d'une balle à la poitrine. Libert , témoin de son courage, a résolu de le secourir : il franchit la rivière avec la rapidité de l'éclair , sabre les tirailleurs , arrache de leurs mains son digne compagnon d'armes , le replace sur son cheval qu'il est parvenu à reprendre , et le ramène sur le bord opposé , où il lui prodigue ses soins ; mais ce fut inutilement, le hussard expira peu de temps après.
 Mondovi , il chargea seul contre un colonel et un quartier-maitre autrichiens qu'il fit prisonniers au mi- . lieu d'une escorte de huit dragons qui se rendirent également après avoir vainement tenté de résister.
Devenu officier , Libert eut souvent des commandem^ns au-dessus de son grade. Ce fut ainsi que , pendant la campagne de Russie qu'il fit en qualité de lieutenant, il remplit ^ à la bataille de Mosaïsk , les fonctions de chef d'escadron. Sa belle conduite , dans cette journée , le fit mentionner de la manière la plus honorable. La
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retraite de Moscou j lui offrit de frëquentes occasions de je distinguer : placé à l'arrière-garde , il fit des prodiges de Taleur , et réussit plusieurs fois à s'ouvrir un passage à travers des milliers de cosaques. Un si braye militaire devait être appelé à Êiire partie du bataillon sacré ^ il y fut admis , et dans ses rangs immortels y il affronta' les plus grands périls.
En i8i4,il commanda les débris de son régiment ; ils se composaient de soixante hussards , à la tète desquels il combattit & Reims , à Craone , à Virey , à Montreau , à Montmirail y et dans tous les endroits où il y eut de la gloire à acquérir. Partout il lutta avec avantage contre des forces supérieures y partout son dé- Touement et son habileté lui méritèrent les plus brillans éloges.
Les plaines de la Belgique furent le théâtre des derniers exploits de Libert. Le 28 juin i8i5 y il était en avant du pont de Limai sur la Dyle , lorsque les Prussiens y qu'il avait plusieurs fois culbutés , se présentèrent en forces supérieures. . Quoique couvert de blessures qu'il avait reçues dans la journée , Libert y avec quelques hussards j fondit sur le» bataillons ennemis , s'ouvrit un sanglant passage dans leurs rangs , et s'enfonça dans la mêlée y où il fut atteint de plusieurs balles ; mais la douleur fut impuissante pour modérer son ardeur , il continua à frapper les coups les plus tenîbles ; bientôt y enveloppé d'un tourbillon de fumée, il disparut. On né devait plus le revoir ; le retour de son coursier y dont les harnais étaient teints de sang , fit assez connaître que la patrie avait à déplorer la peitè d'un de ses plus généreux dé<fenseurs.
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SEA (Louis''Guillaume)j capitaine de génie, chevalier de la Légion- d'honneur, ne à Caen, département du Calvados.
Sea fut du petit nombre de ces jeunes gens dont les talens survivent à une bonne réputation de collège. II n'avait pas eu de rivaux dans ses premières études : admis à l'Ecole Polytechnique , il fut chef de brigade, et conserva cette supériorité qui ne résulte du travail , que lorsqu'il sert au développement des plus heureuses dispositions. Sea fut bientôt jugé digne de passer à l'école d'application, et il y fut choisi pour instructeur. En ittog, il fit la campagne d'Autriche : chargé de construire plusieurs ouvrages de fortification , il s'en acquitta avec une rare habileté , et le général Bertrand qui, digne appréciateur du mérite , s'était attaché cet o£Scier , eut souvent à se féliciter de lui avoir confié des travaux dont l'exécution était aussi difficile que périlleuse. A Satisbonne, Sea guida au milieu du feu une tète de colonne , avec laquelle il escalada les remparts, au moyens ^e deux échelles, et pénétra l'un des premiers dans la place. Son sangfroid et son courage le firent alors distinguer , et lui valurent le grade de capitaine qu'il reçut à Vienne , où il eut la mission de reconnaître les établissemens civils et ' militaires de cette capitale.
Lorsqu'avant et après la journée d'Essling , il fallut jeter des ponts sur le Danube, Sea eut une grande part à cette opération , dont le succès immortalisa les généraux Aubry et Bertrand.
Après avoir assisté aux deux grandes batailles dont les
' résultats furent l'humiliation de la maison de Lorraine ,
et l'agrandissement de l'empire français^ Sea reçut For-
vGooqIc
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Ire d^aller dresser le plan de la forteresse de Landau nr le lac de Constance : il s'y rendit en poste , et s'ac- [uitta de sa mission avec tant de zèle et de célérité, que orsqu'il revint , son général , étonné d'un si prompt letour j ne put s'empêcher de lui en témoigner sa satisaction : « Sea , lui dît-il , en détachant sa croix pour I la lui donner , ne vous avais-je pas promis que la » décoration viendrait? »
A la paix , Sea alla en Illyrie ^ oiî il fut employé à la imitation des provinces qui nous avaient été cédées par le traité. Peu de temps après y il rentra en France y mais il était trop épris de la gloire pour se résigner ftu repos. L'Espagne était alors le théâtre d'une* guerre sanglante : Sea demanda à être employé dans les beaux sièges , qui , disait - il y allaient se faire dans^ cette contrée ; il se distingua surtout à ceux de Mequinenza et de Lerida, où l'on admira son sang-froid et son courage. Sea avait l'habitude de s'exposer , et son audace avait toujours été heureuse ; elle le fut encore en plus d'une occasion ; mais l'étoile de ce brave devait bientôt s'arrêter; le 20 décembre 1810, à huit heures du matin, il fut frappé d'une balle à la tête, et périt aux pieds des remparts de Tortose en ouvrant la tranchée. Il fut généralement regretté de tous ceux qui l'avaient connu , et notamment du maréchal Suchet , qui dans son rapport à Pempereur s'exprimait ainsi: « L'ar- I» mée a fait une grande perte ; le capitaine du génie ^ '» Sea , jeune oflBcier de la plus belle espérance , a été » tué d'un coup de balle à la tête ». Cet éloge était mérité 5 mais en jetant une fleur sur la tombe d'un guerrier mort au champ d'honneur, devait-on négliger de ^ire que déjà il avait donné des gages à la patrie ?
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Héritière des sourenirs de notre gloire^ la post&itéi^ parera cette omission. '
MEnVIER (Jean''Francoiê''u4lugiiête ie)jCaif\ià an 96* régiment d'infanterie de ligne , ne à Vic-sur-Cèrj département da Cantal. '
Le 3 mars 181 3, Méiivier faisait partie d'une c(| lonne de neuf cents fantassins , qui sous les ordres du g^ néral Royer, escortait un convoi de deux cents bless^ français et d'onze cents prisonniers espagnols. Adeuxiied de Miranda , l'avant-garde et les flanqueurs de celte ce lonne furent attaqués par huit mille hommes des bad des réunies de Longua et d'Elcoura , qui, postés sur' revers de la montagne dans laquelle est pratiquée 1 route de Vittoria , couronnaient aussi les mamelons qi dominent le plateau. Un corps de guérillas et queJqu*infai| terie s'étant tout-à-coup détachés de la droite dePennemî Méiivier eut ordre d'aller reconnaître quelle était sa forc^ et de s'assurer de ses intentions. De retour de cette missioÉ dont il s'était acquitté avec autant d'intelligence que d bravoure, il apprend que, passé de l'arrière-garde en tel du convoi , le cadre de son régiment doit gravir la monta gne et forcer le passage. Impatient de partager les peri de ses frères d'armes, Métivier court se ranger parmi eu) il guide un pelotoii , et s'avance intrépidement par " chemin escai^é et bordé de tirailleurs ennemis : sur ces es ti^faites on entend des cris , c'est la voix de nos blessés les Espagnols sont prêts à fondre sur eux: « I^^^ » rons-nous égorger nos camarades sans défense i secn » Métivier. — Non, non , répondent les soldats, noa » volerons à leur secours , nous les sauverons ou no » mourrons avec eux». Aussitôt deux fusils, dont
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nïonnelte est enfoncëe dans la terre , seryent d^échelle our franchir l'escarpement ; Mëtivi'er , le sabre à la lain j s'est ëlancë le premier, son schakos et ses habits Kit criblés de balles : deux sous-officiers j qni l'ont |ivi y tombent près de lui cruellement blessés ; n'imlorte , il a juré d'affronter tous les dangers, il se pré^ ijpite snr les tirailleurs les plus rapprochés ; en un insint toute la troupe imite son exemple; son ardeur |st telle que rien ne peut lui résister. Les Espagnols , pris fà flanc et abordés avec impétuosité , sont partout culbutés ; ils ne menacent plus ; poursuivis au contraire la baïonnette dans les reins , ils fuient dans le plus grand désordre , abandonnant le champ de bataille qu'ils lais- |ent jonché de leurs morts et de leurs blessés. Ce fut |insi que la valeur l'emporta snr le nombre , et qu'une poignée de Français décidés à vaincre ou à périr , triom* jpha de plusieurs milliers d'ennemis. Onze des meilleurs lous-officiers du 96* succombèrent dans ce combat qui ijonna lieu à des traits du plus grand courage. L'adjn— dâut-major Carntti, le capitaine Noël , les lieutenans Y»« liug et Tremet, ainsi que les sous-officiers Piot , Jobert, et Mènera , furent mentionnés de la manière la plus honorable. Le sous-aide chirurgien-major Louin se fit remarquer par son sang-froid et son intrépidité : il se battit en soldat et ne cessa de poursuivre l'ennemi que pour prodigger des secours aux blessés.
Métivier n'était encore que sous-lieutenant. Rentré en france, il fut récompensé de sa belle Conduite par le grade de lieutenarit, et douze jours après cette promotion , par celui de capitaine. Il fit alors la guerre en Allemagne, etassi^a, quoique malade, à la bataille de Leiplick; où , à la tète de sa compagnie, on le vit, avec le
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vaillant capitaine Tremet, charger contre deux bataillons russes , qu'il mit dans la déroute la plus complète , c à qui il fit un. grand nombre de prisonniers. Il était ira possible de déployer plus d'habileté et de résolution qa'i n'en montra dans cette circonstance; mais ce n'était pà à lui qu'était réservée la gloire d'achever sur ce point la d^ faite de l'ennemi : atteint d'une balle qui lui traversa le deux jambes, il fut forcé de quitter le champ de bataille sans avoir frappé les derniers coups.
En 18 14 , Mélivier concourut à la belle défense de h place de Thionville. Constamment à l'avant-garde y dan toutes les sorties il inspira souvent des prodiges a ses sol dats. Une nuit , qu'il n'avait avec lui que quarante homl mes, il traversa les deux lignes ennemies qui entouraienl les remparts , et alla enlever , du milieu de son bivouac ^ l'officier supérieur qui commandait le cordon de blocus. Cette expédition fut moins une surprise qu'une de ces attaques hardies, dont le succès peut seul justifier la témérité : seize assiégeans restèrent sur le cetrreau , les autres ^ après avoir fait de vains efibrts pour résister , cfaerchèrenl leur salut dans la fuite^ plusieurs d'entre eux furent fait$ prisonniers.
En 18 i 5, Métivier , renfermé dans Metz, se signale de nouveau par des acteâ d'une extrême audace. Le conseil de défense , ayant réuni les hommes les plus renommés par leur courage , leur conMance et leur sangfroid , en forme un corps d'éclaireurs destiné à agir au dehors et à tenter les entreprises les plus hardies et les plus périlleUses.Revêtuparie général MioUis du commandement de cette élite des braves , Métivier reçoit , le 7 juillet, à neuf heures du soir, l'ordre de sortir de la place, et de
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pousser une reconnaissance à trais lieues de là , au tillage ^e Grayelotte , où cinquante dragons de Riga sont établis depuis quelqfues jours* Mëtivier n'a ayec lui que quarante-cinq hommes. A un quart de lieue du village, il apprend que la troupe , qui l'occupe , a été renforcée de jBoixante et dix chevaux détachés d'une brigade, dont le bivouac est peu éloigné* Cet avis ne change rien à ses .intentions : « Camarades , dit-il à ses soldats, j'ai formé le v projet de surprendre les Busses ; ils sont trois fois plus » nombreux que nous, mais, quand il s'agit d'une sur- » prise , doit -on envisager là force de son ennemi? )) je compte sur vous tous comme sur moi-même ; » point d'hésitation, et je vous réponds du succès». Les éclaireurs applaudissent à la résolution de leur chef : divisés en deux sections inégales , ils s'avancent. Métivier guide la première , qui se compose de trente hommes, la seconde est sous les ordres du lieutenant Hacmil : toutes deux se dirigent sur Gravelotte. Elles n'en étaient distantes que de deux cents pas , lors-: que les sentinelles ennemies, ayant reconnu les Français, font feu , en appelant aux armes. Aussitôt, Métivier s'élance à la baïonnette , entre dans le village au pas de course , fond sur un piquet de quarante dragons, lesétçane, les culbuté, les disperse, et fait mordre U poussière à l'ofiElcier qui les commande. Cependant, leurs camarades, rassemblés dans une écurie, se prépa^ rent à venir à leur secours. A peine sortent-ils, qu'ils sont attaqués; la fusillade s'engage , mais Métivier n'a pas un instant à perdi'ej il fait battre la charge, et , marchant à la tête d'un peloton, il présente l'arme blanche à cette cavalerie. Dès-lors, les coups ne sont plus incertains: on eu vient a lutter corps à corps : après s'être long-temps dé-»
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fendus en désespérés^ lesRusseS) enfin repousses sur tous les points y se précipitent en foule dans l'é^/urie, où ils se disposent à soutenir un siège. Cétait 14 que devait s'acheyer leur défaite. Métiyier, suivi du sous-lieu tenant Charcot et de quelques éclaireurs, enfonce la porte ; la mêlée la plus terrible recommence; elle n'est que faiblement éclairée par la pâle et sinistre lueur de deux lampes suspendues à chacune des extrémités de cette étroite enceinte. Au milieu de cette obscurité, nos guerriers devinent leurs ennemis plutôt qu'ils ne les aperçoivent, mais leur intrépidité ne se méprend pas sur les victimes qu'elle doit immoler. Le carnage est effroyable ; déjà cinquante dragons sont tombés sur le champ de bataille; les autres, craignant d'^ prouver le même sort , mettent bas les armes et se rendent à discrétion»
Le jour commençait & poindre : Métiviet songea à effectuersa retraite; il partit, emmenant avec lui vingt-sept prisonniers et trente-deux chevaux • En débouchant du village, il se trouva en face de plusieurs pelotons ennemis ;il y eut d'abord un échange de coups de fusils; mais la prudence prescrivait d'éviter le combat. Mëtivier ayant, a travers la campagne, gagné des sentiers impraticables pour la cavalerie , gravit des coteaux plantés de vignes , et après une marche de quatre heures, pendant laquelle il ne s^était arrêté que pour donner des soins à ses blessés, oiî pour raïf^ reposer sa troupe, il arriva enfin aux portes de Metz. L® beaux résultats de l'expédition de Gravelotte ne lardèrent pas à être connus dans la ville. Habitans M ^o^^^^ > ^^"* accoururent sur les remparts, et se portèrent en fo"|^ au devant du capitaine Métivier et de ses braves écm- Tçurs qui , escortant leur capture , furent reconduit*
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comme en tri<»npbe à lenr caserne, au milieu des acclamations les plus vives. Métivier reçut alors lès .félicitations du général Belliard, commandant en chef le corps d'ar-: mée de la Moselle , et son nom, ainsi que celui du lieute« nant Hacmil , du sous4ieutenant Cbarcot , du sergentmajor Chatam , du sergent Pompée et du caporal Marcus , qui tous avaient combattu aiyec une valeur au dessus de tout éloge y fut glorieusement ploclamé dans un otdre du jour.
Aujourd'hui commandant d'une compagnie de grenadiers dans la légion du Cantal , le capitaine de Métivier n'aspire qu'à doi^ner à la patrie de nouvelles preuves de son dévouement.
CANTILLON {Antoine-Sylvain) , lieutenant.au pre;infer régiment des cuirassiers de la garde roy aie,. chevalier de la Légion-d'honneur , né a Paris, département de la Seine.
A seize ans, Cantillon était dragon au 4^ régiment; à vingt ans, il était maréchal-des-logis, comptait huit cam« pagnes , avait reçu des blessures, et s'était signalé par sa bravoure à la grande armée, et en Espagne, où sa con*^ duite, pendant les . batailles d'Uclès et de Medelina^' donna la plus haute opinion de son intrépidité. Le 5 décembre 1811 , il se fit encore remarquer devant Coimbre , en chargeant audacieusement , avec six dragonvS, contre un peloton de cliasseurs anglais , qui défendaient la tête d'un pont. Cantillon acquit , par de semblables exploits , la réputation d'un des plus vaillaus sol-
"■ dats. En 18 13, il fut appelé dans la garde impériale.
. Placé dans les grenadiers à cheval , il prit part à tous \^ combats qui, en Allemagne, contribuèrent à l'illustration Tom. IIL i4
de ce corps. Le 3o octobre y la bataille dé Hanau fit briller sa valeur. Cantillon ëtait alors fourrier : son capitainef entouré par plusieurs cayaliers bavarois , allait £tre fait prisonnier ; sans calculer le danger , Cantillon se précipite aussitôt au milieu des ennemis y fait mordre la poussière à l'un dés cavaliers y disperse les autres , et réussit ainsi & sauver le chef pour qui il s'était dévoué. Cette action^ qui rappela que y cinq jours auparavant, on l'avait vu lutter contre trois cosaques y en blesser deux et tuer le troisième , lui valut l'étoile de la Légiond'honneur.
A Montmirail, avec quatre de ses camarades, il chargea sur quinze grenadiers russes y à qui il fit mettre bas les armes , après "^avoir essuyé leur feu presque à bout portant.
A Mont-Saint«»Jean y où il était mai^échal-des-Iogischef, on le vit, accompagné de quelques grenadiers qu'électrisait son audace, affronter la mitraille et les balles , s'élancer l'un des premiers contre les batteries anglaises , et sabrer plusieurs canonniers sur leurs pièces: entouré presque aussitôt par un grand nombre de cavaliers qui le sommèrent de se rendre , il se fit jour le sabre à la main , passa sur le corps de plusieurs d'entr'eux et parvint à rejoindre son régiment , dont il continua à partager la gloire et les périls.
WASBONVAL , capitaine de gendarmerie.
Le r3 février 18 14^ le capitaine Wasronval, commandant la gendarmerie du département de la Lys , part d'Ypres avec soixante gendarmes pour pousser une i^econnaissance. A peiné est-il arrivé à Courtray , que ses vedettes viennent lui annoncer qu'elles aperçoivent l'en-
DE LA GLOIRE. in
neàii* Aussitôt ce brave officier marche à sa rencontre. Parvenu aux portes d'Ondenarde , il est en face de plusieurs pelotons qiû Faccueillent à coups de pistolets; sans répondre à leur feu , il ordonne la charge, les enfonce, les culbute, les disperse; mais tandis qu^il ne se lassé pas de les poursuivre , son cheval , dont il ne peut plus modérer l'impétuosité , Pemporte et lui fait traverser un détachement de douze chasseurs prussiens. Wasronval fait un demi-tour, et afin de donner à sa troupe le temps d'arriver , il attaque les ennemis ; déjà il en a blessé quelques - uns , et il a fait deux prisonniers , parmi lesquels le chef du détachement, lorsque son cheval , atteint d'une balle à la tète , fait un écart et le jette à dix pas de là dans un fossé ; cet accident favorisa la fuite des Prussiens. Wasronval , que ses gendalrmes' rejoignirent dans ce moment, rentra avec eux dans Courtray , y ramenant ses deux prisonniers à qui il prodigua lès plus généreux traitemens : il avait été grièvement blessé dans le combat ; malgré ses souffrances , il voulut que les vaincus qui avaient éprouvé la vigueur de son bras fussent pansés avant lui : « Ils sont plus à plain- )» dre que moi, disait-il , puisque dans peu de jours je » pourrai encore servir ma patrie ».
RISTON, capitaine adjudant-^majoi* au m* régiment d'infisinterie de ligne , chevaîîer][dê la Légion-d'honneur, né à Nancy , département de la Moselle, v
Elève de l'Ecole militaire , Riston fut placé en i8o5 , dans le 111* régiment où sa bravoure sur les champs de bataille d'Austerlitz , d^Eylau , d'Iéna , de Friedland , d^Essling , de Wagram et de la Mbscowa , le fi[t parvenir du ^ade de sous-lieutenant à celui de capitaine. La
31S LES FAS^rES
. campagne de Russie lui fournit de fréquentes occasions
. de se distinguer. Il était malade et souffrant : le prince
. d'Ëkmiil ^ sachant combien il était faible et hors d'étaft
de supporter de longues fetigues, lui offrit le comman-
. dément d'une place ; mais Riston refusa : « Le désir de
» battre nos .ennemis, me rendra des forces, dîsait-il;
» jamais je ne consentirai, à rester en arrière de l'aigle
» de mon régiments. Il partagea en effet 1er dangers et
la gloire de ses frères d'armes.
Après la malheureuse retraite dont les désastres dissipèrent le prestige delà fortune.de Napoléon , le m* fut employé à la défense des ouvrages extérieurs de la yille de Hambourg. Pendant le blocus de cette place, Riston se dévoua aux entreprises les plus difficiles et les .plus périlleuses. Le 2 août 181 5 , cet intrépide officier étant allé à la découverte avec le brave colonel Holtz , venait de franchir un large fossé, lorsque tout-à-coup .sept cosaques fondent sur eux et les attaquent à Fimproviste : forts de leur nombre, les assaillans croient remporter un triomphe facile ; toutefois la contenance ferme de leurs adversaires leur impose , ils reculent , ils ^ont intimidés f Riston profite de leur hésitation pour engager son colonel à se retirer : « Laissez-moi , lui dit-il , le n soin de détruire ces barbares ; ne vous exposez pas '» inutilement ». Aussitôt, s'élançant au milieu d'eux, il les étonne, les combat et les disperse ; encore un instant , et ils seront prisonniers : il vient de les atteindre de nouveau , mais dans la précipitation de la poursuite •on cheval s'abat; un cosaque se retourne, et Riston, avant d'avoir pu se mettre sur la défensive, reçoit à la poitrine un coup de lance qui le renverse: « Col<mel, I» s'écriert-iJi ^U tombant | je suis heureux de vous
DE LA GLOIRE. ài5
» avoir sanvé la vie au prix de la mienne y> • Holt2 a entendu la t<mx du plus Taillant des officiers de ^sdn régiment : résolu à le venger et â l'arracher des mains de Pennemi y il revient à la charge , tue cinq des cosaques ^ met les autres en fuite , et ramène au camp le généreux adjudant-ma)or , qui le lendemain expira dans ses bras; ses dernières paroles furent : «Je meurs content, puis- » que j'ai la conviction d'avoir prouvé mon déyouement » au meilleur des colonels )>• Biston fut généralement regretté ; son éloge funèbre et ses titres à la gratitude na* tionale sont renfermés dans ce peu de lignes , qui demeureront éternellement gravées dans la mémoire de tous ses frères d'armes.
Ordre du Jour du q5 août 18 15,
Je cède aux sentimens de la reconnaissance du 111* envers le capitaine adjudant-major Biston-, en faisant connaître, par la voie de Tordre , les regrets que me fait éprouver sa perte. Ses belles qualités militaires Pavaient fait généralement distinguer : tous les chefs qui Pont connu , Pont admiré* Le prince d'Ekmiil même a daigné exprimer des regrets sur la mort de ce bon officier*
Personne , plus que moi , n'a apprécié ses talens , son zèle, ainsi que son dévouement ; je me plais donc à répéter que je le regretterai toujours.
Je recommande à tous les officiers de mon régiment d'a« voir toujours la conduite de Biston présente à l'esprit; avec un tel guidé , ils mériteront bien du prince et de la patrie.
Lcf colonel Holtz.
Le capitaine Biston possédait toutes lés qualités d'un Téritable homme de guerre : il promettait de fournir une carrière des plus brillantes; mais moissonné dans sa fleur, ses destinées s'arrêtèrent trop tôt.
3i4 LES FASTES
, DESFOURNEAUX ( Baron A^ Etienne ) , lieutenantgénéral , grand-croix de l'ordre royal de la Iiëgion-d^hon* near ^ cheTalier de Saint-Louis , né à Vézelai y département de FYohne,
Issu d'une famille distinguée dans la carrière des armes. Desfourneaux fut éleyé au collège militaire d'Auxer* re. Il n'ayait pas encore quineeans, lorsqu'en 178S, son courage , excité par Fexemple de ses parens^ Pappela à 8^ consacrer à la défense de son pays. Cette détermination subite était l'élaa d'une ame généreuse; le jeune Desfoumeaùx , voyant que le soin de pourvoira son éducation , devenait un sujet d'inquiétudes et de privations , pour son père frappé de malheurs imprévus, voulut être seul Tartisan de sa destinée : il se fit soldat.
Desfourneaux pouvait trouver des protecteurs : M. de Pièrrefittey son oncle, chef de bataillon dans le régiment de Normandie , et son beau-frère , M. de Lenfema , capitaine dans le régiment de Guyenne , lui offraient tous deux l'apptii de leur crédit. Mais une noble pudeur le porta à entrer dans le régiment de Conti y où il était tout-à-fait inconnu ; là du moins son avancement ixjt devait être le prix que du mérite personnel. Sa bonne conduite et ses talehs précoces lui firent rapidement parèourir les grades subalternes. Après quatre ans de service , il reçut une sous-lieutenance de grenadiers; admis à ce rang, dont la distinction était ordinairement dévolue aux privilèges de la naissance , Desfoumeaux se sentit fier d'appartenir à la classe honorable de ces militaires que la dédaigneuse Aristocratie nommait o£Sciers de fortune.
Hâtons-nous de montrer qu'une exception si remarquable n'était pas le résultat de la faveur. On se rappdle
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Iffi LA CLOIRE. 9i5
ces temps de fermeut^iion qui, en 178g, annonçaient la tounuente rëvolutionnaire : les cités et les hameaux: étaient en proie à ce malaise qui n'est •que trop souvent l'indice d'une proqhaineexplosioas; La crise ne décida enfin au bruit du tocsin , et des troubles éclatèrent en un même jour sur tous les points de.ia Prano^, Cette agitation se manifesta avec tant'de tiolenœ dans Amiens^ que toute la garnison 7 prit lesarmes..Cesfeurneaii!s: sllors sergent, pré* serva la ville des malheurs dont elle était menacée; il ncT commandait qu'un piquet de soldats , !niais il ne se laissa point imposer par une multitude 'égalée, sa fermeté fit tout rentrer dans Pordre : bi^i»1^ nm vit renaître le calme et la tranquillité^ et toutes les craintes se dîs* fiipèrent. Les habilans ne pouTaient pas ignorer quel était le soiis^officier qui, en conjurant l'orage , les avait rendus à la sécurité. A Qome-, #ti^<eâ?t paré sa tête d'une couronne civique^ et les r^^eâuic entrelacés ^u chèné y immcMTtel «ymbolede ce c^Giurage qui défend , protège^ conserve et ne détruit jamais ^ eussent ombragé son front : une récompense de ce petite ■ pouvait - seule fiatler le coeur de Desfburlieaux. Amiens y pour Im témoigniersa gratitude , se cowiforma aux vœux: d'un ^si noble désintéressement : ies Ibrois ordt<eS' réunis hri' décernèrent , en présence des réglmens assemblés , de la garde nationale et de tous les fonctionnaires', une montre d'or, àUx ar« mes de la ville, aVec cette insoiiptîbn : au liïi]A.VB Desfourneaux, i. I ■ ^ .
Un hommage aussi solennel n'eût pas suffi att bonheur dé celui ^ùi en était l'objet , si unefannUé adorée n'eut dû en ressentir autant de joie qu'il en avéiit 'éprouvé liii-même. Au milieu des honneurs^ lut fiweitt accordés I sa première pensée se porta vers son père : il yo\x^
3i6 LES FASTES
lut lui annoncer un ëyënement si heureux ; mais dë)à 3 avait ëtë dëvanpé par le colonel de Mondiou qui ayait deyinë les intentions de la piété filiale.
Promu au grade -d^adjudant-major^ Desfoumeaux ne tarda pas à devenir capitaine et peu de temps après lieutenant^colonel du troisième bataillon du Pas-de-Calais. Ce corps, qu'il organisa, était cité comme un modèle de subordination et de discipline: le bon esprit dont il était animé se montra surtout pendant les fréquentes émeutes qui eurent lieu à Arras. Dans ces circonstances , où Fautorité de l'énergie. était la seule qui ne fut pas méconnue, Desiburiieaux , sans cesse occupé de justifier par son dévouement la confianèe que le lieutenant-général dç CauIaincou|?t mettait en lui, acquit un ascendant qui pi US; d'une fois fut utile àsesche&et à ses camarades. Ce fut ainsi qu'au seiO' d'un pressant danger , les offi- \ciers du 8" régiment de cuirassiers lui durent leur salut : enveloppés de toutes parts et. sans armes, ils n'avaient plus ^'espoir de se dérober au sort funeste qui les attendait, lorsque DesfouifnieauXj accouru à la tète de son bataillon , fit un mouvemeptsi piompt et si audacieux qu'il parvint à les ^dél^yrer^ Cette action lui attira leur reconn£^issance j.ib^résolqirent de lui en donner des marques. Desfoumeaux ayjpiit un frère ; jaloux de le compter parmi eux , ils sollicitèrent pour lui une sous-lieutenance dana leur corps ^ et leur colonel , M. de Lameth (i) à qui ils s'étaient réunis , eut la satisfaction de faire agréer cette demande.
Au moment où la France , ayant à lutter contre une coalition formidable, s'effor^iten même temps d'étouf-
(i) Aajourd'liuilieateiMnt-^iiéral , meiobre de la Chambre des dépatét»
DB LA GLOIRE. ^ij
fer le germe des discordes intestines , une gnerre non moins terrible ëclatait à Saint - Domingue y la plus riche de ses possessions dans les mers d'Âmërique. Desfourneaux arriva en 179a dans cette colonie. La campagne s'ouvrit , et pour son début il sollicita l'honneur d'attaquer , avec son bataillon , une position que l'on regardait comme inexpugnable : c'était le camp de Thilorier , qu'il emporta d'assaut maigre la plus vive résistance. « Vous avez bien mérité de la patrie, lui dit en présence de l'armée, le général en chef Bochambeau ; la plus belle récompense que je puisse vous offrir, est sans doute l'occasion d'acquérir de la gloire : je vous confie trois bataillons de braves , guidez-les contre le fort de Wanaminthe; ma cavalerie vous soutiendra». Douze pièces de canon et une garnison nombreuse défendaient ce poste situé sur une éminence. Desfourneaux s'avança intrépidement en tête de ses colonnes-, et , après avoir comblé , sous une grêle de mitraille, plus de vingt toises de fossés^ il s'élanca le premier dans la redoute , où il fut atteint d'un coup de feu qui lui traversa le corps et le renversa aux pieds des retranchemens. Nos soldats victorieux croyaient avoir à déplorer sa perte ; enfin , après cinq heures , le colonel Fageot (1) le découvrit paimi les morts : Desfpurneaux respirait ; on le transporta au camp , oi!i tous les soins qu'exigeait sa blessure lui furent prodigués. Au bout de cent cinq jours, il marchait à peine et il s'indignait de Toisiveté à laquelle le condamnaient ses souffrances» Nos troupes venaient d'éprouver d'affligeans revers : pour la troisième fois , la maréchal de camp de Bonvray , officier du plus rare mérité , avait échoué devant
(1) Aujourd'hui lieute&aatrgënéral. ,
Î2i8 LES FASTES
}e camp de Lesec y d'où Parmëe ennemie faisait de meurtrières iacureions dans la plaine et inquiétait le Cap, en poussant des détackemens jusque sur les hauteurs qui le do^ minent. Desfourneaux a résolu de punir cette audace; pour exécuter son entreprise , il ne demande que quatre bataillons; il s^adresse successivement au général Layaux^ au gouverneur de Saint- Domingue et aux commissaires du gouyemement : tous applaudissent à ce dévouement, maïs aucun d'eux n'est d'avis de risquer une nouvelle tentative. Néanmoins Desfoumeaux persévère , il se présente au général d'Hinisdal , commandant de la province et loi expose son projet. « Eh quoi ! lui dit ^'Hinisdal , vous voulez donc porter votre tête sur l'échafaud ? Ne saveas-vous pas que tel est le châtiment réservé à votre témérité si elle est malheureuse r» — Je réussirai, répondit l'intrépide jeune homme ». Tant d'assurance étonne le général et le décide i mettre à sa disposition six mille hommes; Desfoumeaux n'en accepte que trois mille , parmi lesquels cent volontaires du Cap , commandés par le brave Pineau. C'est avec de si faibles moyens qu'il n'hésite pas à aborder des ouvrages que les foudres de quatorze bouches à fea et la mousqueterie de quatre mille fantassins semblent mettre à Tabri de toute atteinte ; mais déjà les dispositions sont faites, de fausses attaques sont conceitées, et Desfoumeaux , dans le silence de la nuit , gravit les mornes escarpes qui défendent les approches du camp. Il n'a gardé près de lui que huit cents soldats du centre et deux compagnies de grenadiers : nouveaux. Titans , ces hommes eussent tenté l'escalade du ciel ! Qesfourneaux exalte encore leur courage; flles précède et leur trace une route inconnue avant lui 5 tous volent sur ses pas: ceux-ci^ suspendus aux liapes s'efforcent d^arriver
DE LA GLOIRE. ai9
les premiers ; ceux*là , jaloux de devancer Jeuts camara* des , trouvent un point d'appui dans leurs baïonnettes que reçoit la fente des rochers. Enfin après des périls sans nombre , les plus hautes sommités sont franchies , et ils parviennent , sans être aperçus , à une demiportée de canon de Penceinte fortifiée dans laquelle la moitié d'entre eux doit trouver la mort. Bientôt le bruit fde l'artillerie révèle à Desfourneaux qu€ les fausses attaques ont commencé ; mais au même instant il voit qu'il est découvert, une réserve coilsidérable se prépare à agir contre lui ; sans donner à cette troupe le temps de se reconnaître , il se précipite à sa rencontre , l'action s'engage avec fureur , elle est long-temps indécise j l'intrépide Lesuire (i) et plusieurs des meilleurs officiers tombent grièvement blessés. Cependant les grenadiers jurent de le^ venger; animés par l'exemple de leur chef, ils redoublent d'ardeur et font de tels prodiges, qu'après cinq heures de combat , l'ennemi forcé dans ses retranchemens est obligé de mettre bas les armes.
Les avantages de cette journée étaient de la dernière importance, puisqu'en nous faisant recouvrer toutes les positions de l'Est de la colonie , elles assuraient la tranquillité du Cap et des environs. Desfoumeaux poursuivît sa victoire , il battît partout les rebelles , et fut blessé à l'attaque du morne Ogé , où sa valeur remporta un nouveau triomphe : « Soyez glorifié, lui écrivirent » alors les commissaires du gouvernement 5 la républi- » que apprendra sans sur{frise , mais avec une extrême » satis&ction , votre conduite et vos succès ».
Les services que Desfourneaulx avait rendus gîtaient si
(1] Aujourd'htd maréchal-de-camp.
ëclatans , que Pautorité civile crut devoir lui conférer le grade de général de brigade, et peu de temps après les titres degënëi;al de division et de gënëral en chef : ainsi avant d'avoir atteint sa vingt-deuxième année j il était monté au faîte des honneurs militaires; une élévation si rapide est peut-être sans exemple , mais elle semble plus prodigieuse encore si Ton réfléchit qu'elle ne fut ni l'effet du hasard , ni celui de Kntrigue ; c'était sur le champ de bataille que Desfoumeaux avait parcouru tous les degrés de son avancement , et dans tous on lui avait reconnu cette force, cette impétuosité, ce mépris de la mort, et ce sang-froid , les premiers dons de la nature pour commander. Toujours supérieur à sa dernière promotion , chacune d'elles achetée par de glorieuses cicatrices ou par des exploits de la plus rare valeur , n'était devenue pour hii que l'occasion et le moyen de se signaler davantage. Desfoumeaux avait fait rentrer sous la domination française le Nord et l'Est de Saint-Domingue :c*étaît à lui qu'il appartenait d'anéantir les derniers élémens de la révolte. Il fut envoyé dans l'Ouest, où l'ennemi, renfermé dans la ville du Port-au-Prince , s'enorgueillissait d'une résistance qui relevait son espoir ; jusque-là les opérations du siège avaient été conduites avec inhabileté et surtout avec une funeste lenteur. Desfoumeaux leur donna une direction plus s&re, et leur imprima cette activité qui, dans les circonstances les plus difficiles , lui avait toujours fait cueillir les fruits de la victoire. Le Port-au-Prince capitula , les étrangers qui en formaient la garnison furent expulsés, nos bataillons occupèrent les pqsl es , et l'insurrection , réduite au silence par les sages mesures du général qui l'avait domptée , s'évanouit au sein d'une paix que rien ne paraissait plus devoir troubler.
DE LA GLOIRE. aai
L'armée ne jouit pas long-temps du repos. La nou«« relie d'une rupture ^ ntre la République el l'Espagne avait }assé les mers et retenti jusque dans les colonies. Au premier bruit d'une guerre, les troupes espagnoles, qui Saint-Domingue étaient beaucoup plus nombreuses [ue les nôtres, commencèrent les hostilités et tnraL-r tirent les possessions françaises depuis le Mirebalais jusqu'aux Gonaïves.. Desfourneaux fut choisi pour comrnander en chef les forces destinées à repousser cette agression. Bientôt il eût rassemblé tous les corps dispoaibles , et , suivi de huit mille soldats et de quelques mi« lices du pays, il marcha à l'ennemi qu'il chassa détentes ses positions. Ces succès lui ouvrirent l'entrée du territoire espagnol: il y porta son armée, et gagna, le un août 1794 , près de Saint-Michel , la plus sanglante bataille dont les Antilles aient gardé le souvenir. Comtam-* ment au fort de la mêlée , Desfourneaux , vit périr l'élite de ses braves ; lui-même fut blessé quatre fois, mais malgré 6a douleur et quoique extrêmement à£Faibli par la perte de son sang , il ne songea à se faire panser qu'après avoir enfoncé les plus épais bataillons et consommé la défaite des Espagnols qui , désormais contenus par la terreur de nos armes , se retranchèrent derrière leurs limites et n'osèrent plus les dépasser. La Convention nationale pour le récompenser, rendit , le 1 1 novembre de la même anuée y un décret spécial qui le confirma dans le haut rang qui lui. avait été assigné par le vœu des colons, ainsi que par les suffrages unanimes des témoins de sa gloire.
L'influence que Desfourneaux exerçait sur l'armée éveilla la jalousie des représentans de Saint-Domingue : Sonthonax et Folverd , impatiens de lui faire expier cet empire qu'on accorde à k supériorité de talens quand
elle est jointe à rélëTatlon du caractère^ n'altendiren pas qu'il fut rétabli ; ils l'appelèrent au Port-au-Prince. Se plaies saignaient encore ^ los^u'il y fut arrêté par leur oi di*e et précipite dans un cachot. On lui faisait un crime d aa loyauté : on l'accusait d'avoir renvoyé sur parole un ba taillon d'Espagnols qui n'avaient déposé les armes que sa; la promesse formelle qu'on ne les emmènerait pas prisoa niers ; on lui reprochait de ne s'être point conformé i un arrêt de destitution qui privait de leur état vingt deux des plus vaillans officiers des régimens d'Artois ^ de Normandie , presque tous couverts d'honorables d catrices. Victime de cette modération et de cette jm ticè dont il ne s'écarta jamais, Desfourneaux, chargi de fers et livré aux plus affreuses privations , attendail l'heure de son jugement ou plutôt sa sentence de mort Enfin après quatre mois , le tribunal révolutionnaire tu dispose à la prononcer ; l'accusé parait à la barre , il es entouré de gardes , mais tous furent ses soldats , et aucun d'eux n'a oublié que plus d'une fois il les conduisit à h victoire : l'indignation se lit dans leurs regards; sûr d leurs sentlmens , le capitaine Nadau dit au prisonnier a Comptez sur nous , général ; quelle que soit la décisioi » de vos juges , la garnison ne vous abandonnera j» )) mais »• Desfoumeaux fut acquitté sur-le-champ. Ce paroles lui avaient sauvé la vie, car si les agens de la ter reur ne craignaient pas de répandre le sang innocent du moins voulaient-ils que ce fût avec iicnpunité.
Desfoumeaux était libre , mais il demeurait exposé ai ressentiment de^ proconsuls qui avaient médité sa perte il pensa que le seul moyen de s'y soustraire était de revenir en Europe , et il était à la veillé de ^'embarquer lorsqu'une flotte anglaise avec de nombx*eux transport
DE LA GLOIRE. aaS
; se prësenl-a devant le Porl^au Prince. Le commissaire Sonlhonax, sommé dépendre la place, fit appeler le général et le pressa de déclarer s'il était possible de la dé-^ fendre : « Poavez-vous m'adresser une semblable ques- » tiou I n'avez^Tous pas cinq forts, plus de cent soixante » bouches à feu , des vivres , des munitions pour un an , » et des Français dont la valeur c^st éprouvée?» Telle fut la réponse de Desfourneaux , qui se retira sans donner d'autre explication. A peine élait-il rentré chealui , qu'on vint le conjurer de reprendre le commandement des troupes. Il avait trop la conscience de ses devoirs de citoyen pour se venger sur la patrie des injustes persécutions dirigées contre lui: Camille, vainqueur des Gaulois lui paraissait plus grand que Coriolan , allié des Volsqnes; aussi , quand Sonthonax , implorant son secours , lui adressa ces mots : a Général, oubliez le passé. » — Oui , lui dit-il , tant que l'ennemi menacera notre » indépendance » • Qu'il est beau de pouvoir ainsi ajourner sa haine ! Tliémistocle et Aristide donnèrent à leur siècle l'exemple d'un si généreux sacrifice (i) , et cette abnégation des injures personnelles au sein du commun danger , excite encore notre admiration.
En revoyant le général qu'elle avait protégé de $ou
(x) Aristide et Thémistocle , les cleux plus grands hommes d'Athènes et de la Grèce entière ^ s'étaient voué une implacable inimitié ; cependant ila fareixt envoyés ensemble en ambassade pour y traiter des intérêts de 1% république ; parrenus âuJL frontières , Aristide dit à son collègue : a Déf posons ici pos offenses réciproques , et avec elles , la mémoire de nos riva* lités et de nos rancunes ^ quand nous^aurons rempli la mission qui nous est confiée , si tous le Toulez , en repassant par ce lieu , nous repren^ dronsÂos querelles , et nous fieront esnemis comme auparayant ip. ( Pluf^ 4tpopht. Grœç,)
yGooQle
m4 les fastes
amour, Farmée fit ëclater sa joie; les Anglais élliieut descendus aux Fossés, elle démadda à aller les attaquer ^ elle chargea aux cris de f^ive la France! et bientôt culbutés de toutes parts, ces fiers insulaires, fuyant en désordre , durent abandonner un rivage où ils n'avaient abordé que pour y laisser des traces dé leur dé&ite. Desfourneaux les poursuivit avec tant de vigueur qu'ils eurent à peine le temps de remonter sur leurs vaisseaux , qui mirent aussitôt à la voile et les emportèrent à la Jamaïque.
Le Port-au-Prince était délivré , persuadé alors qu'il ne lui restait plus rien à faire pour la sûreté de la colonie, Desfoumeaux tourna ses regards vei^s la France. Les yenb étaient favorable et Tabri d'un pavillon neutre lui était ofiFeit : il partit ; mais en sortant du port , le navire, sur lequel il s'était embarqué , fut rencontré par une frégate anglaise , qui le conduisit à Léogane , pour que Ton y vérifiât les pièces du bord. Les passagers étaient au nombre de cent trente-sept ; introduits devant le conseil colonial , ils n'eurent pas la force de rejeter les propositions qui leur furent faites : les deux aides- decamp de Desfoumeaux refusèrent seuls de passer dans les rangs ennemis. Cette défection, peut<-être unique dans nos annales militaires , affligea vivement le cœur du général , mais elle fît penser que lui-même ne serait pas incorruptible ; on alla jusqu'à lui ofirir deux cent mille piastres et le commandement en cbefdes troupes blancbes de Saint-Domingue : « Tous les biens de la terre , » r^pondit-il, en repoussant cette offre avec indîgna- » tion , n'étouffent point le remords d'un parjure , je » suis né Français, et rien au monde ne saurait me
» dégager
r* LA GLOIRE. aa5
» dégainer de mes obligations envéïs ma 'pairie.— Votre » patrie ! reprit un g4iéral anglais y elle n^est plus. — - » Est-ce vous qui l'ayez renversée? s'écria Desfoumeaux )> avec l'accent d'une profondé douleur 5 eh bien! Yy )> rentrerai , et sur les tombeaux'de mes pères , je com* » battrai avec leurs o^emens pour la relever»'.
Telle est la puissance de la veilu, que souvent elle cap-* ttve le respectives hommes mêmes dont elle contrarie le plus les intérêts. |^ Anglais donnèrent, des éloges à la constance de DQ||burneaux 9 €(t jusqu'au moment de son départ, ils lui. témoignèrent par les plus délicates attentions l'estime qu'ils firisasent de sa personne.
Ils ne devaient pas tarder à profiter de son absence
pour renouveler leurs attaqués contre la colonie 5 leurs
progrès y fuirent si rapides , que quand la nouvelle en
parvint dans la métropole y le gonvernement }ugea Iç
mal désormais sans remfède. Toutefois le contre^^-ami-»
rai Trugàiet ^combattit celte c^Inioti. Ce ministre , dont
la sage administration eût ramené les beaux jours de no^
tre marine , avait puisé dans les notions les plus exactes
sur Saint-Domingueyla conviction qu'il était encore
possible d!kti expulser WAnglais^: il proposa d'y envoyer
des secours etfitatcuèillir cet avM«' ' ?
- Derfb^neaux était à fa^is , le coimaandement' de
la première expédition tassembléç & Br^t lui futcon^
fié. E31e ' échaj^ aux > oroidières ennemies , et' ari^va
en quarante jours. L'armée anglaise, coattaneliement
x-enforcée. par des* troupes friches, ienait'va Saîht-Do-
xnîngitt les places les plus impartantes. Blle'sMtatt>ein-r
parée des villes du Port*au-*Prince , du môteSaint^Nîr
colas*^ de Saint-Març^-ider Jérémieet de ]^resqu€ Ibnte la
crolonic^. Lé général Oeif<hirticiaQx campe à Caracdis:,
Tom.IIL i5
flsG LES FASIES
8a réputation d'humanité le précède et Ini'pi^épate'un premier succès d'autant plus btf liant qu'il pe coûtera point de larmes. Son apparition a fait revivre l'attachement que lui vouaient les chefs noirs qui avaient cornbattu sous ses ordres : à lu Toix de leur ancien général, tous sont accourus ; trois d'entre eux , Christophe , Barthélémy et Charles Chevalier lui Ont offert de se rendre auprès des troupes rebelles. Desfourneaux accepte leur médiation^ et c'est en son nom qu'ils vont porter des paroles de clémence et dé paix. Celte négociatii»], dirigée avec autant de prudence que de sagesse, eut le double résultat de mettre à la disposition des autorités coloniales les principaux instigateurs de la révolte., et de rallier aux drapeaux de la République, onze mille hommes des milices du pays. La caixipagae ne pouvait s'ouvrir sous des auspices plus favorable^ : Desfourneaux se décide à agir contre les Anglais; mais^ trop &ible pour brusquer une attaque générale , il veut les vaincre en détail par la ruse et par les combinaisons, d'une tactique féconde eu expédiens. Evitant les hasards d'une hataillç décisive , il épuise, ses ennemis par cent eombats,où presque toujours il obtient l'avantage ; on dirait qu'il a le don db se multiplier, il est partout ; partout il les btigue de son ac* isntéi «ur les montagne^ ,. dans les pliaines , il les poursuit , il les sutycend par des marches contiau^lles dans des. retraites qu'ils croient inaccessible^^ ôii biêii. encore campé sur des! hauteurs qu'il a. su rendre inexpugnables , il attend que te<;iel dévotani des AntiUes consume: lentement les forces .d'une a,rmée & qui le smmbre de ses!so)dats!a bit espérer une fooile victoire.
h» JPrance était dansinne Vivé^' inquiétude sur le 3oi*t de la cdonie , loi^ue le 7 ji^ilki :i 79;^, le minisiiie Truguel
Vint au Corps-Lëgislatif apporter »n message aolea-* nel : « Citoyens représentans , dit-ril.au nom du dU )> rectoire, les dernières dëpêcbea annonçaient que les » dispositions étaient faites pour, une; attaque générale i » Saint-Domingue 3 cette attaque a, ^ujiey : lea. Anglais )> ont, été battus sur tous le$, p^(;9> aux. quârIJei» de » Wanaminthe,, $ans - Souçjr^ \m JPercbes^ Yailière^ » Sainte-Siizanoe y le^Mpi^-'O^ganidés ^ la Grc^iide4li^ 7) vière çt d^nç beaucoup d'auttes. lieux ^ufilsbnt été » forcés d'abandonner f ib' ont éprouvé ce qu^ peut U
» yaleto' républicaine. . , ....'.>»?.,
y> Le général Desfoumeaux commandait en chef y: il à » été puissamjopient secondé par les généraux de diTision }> et de briga4<5 employés sous ses <>rdre8 : ausurplus ^ » . pour désigner , tous les. militai&*es .qui 'ont licquis des » droits ^ la reconnaissance pubjyiqne^il.&ndi'ait .ndmnier » chactm^des vingt-huit iuille hommes qui compcsaient » Farmée française. La tranquillité qui règne xttainte*> » nant dans le JiiOrd de Saintr-Domingue , est le fruit de » la modération et de. la générosité de l'armée victorieuse, ». qui y' sQ]Qs , tons }es rapp^irts y i| voulu se tnontrer digne » d^ nos armées id'BurOpè , -ses^ i^dâles »»> Après la lecture de xç n?ess|3ig^9 on, décréta «{j^arSaccIamatioâ: que le général et I^f spl^tâ avaiient iM^n méiâté de la patrie^^ * • La bati^le dôl% yajlière. avait porté aux Anglais i3n cp,np;Si fepeçj^qiA'ilÂfie^déçidèrejjLtâ évacuer le fays, Xe géné;ral MaitJanA !Cpritianpilt:#Q>kl«à>gftr<Ieb«;fia position • mais 'i^vvé, de vjIffQp j^rès..!:t>^iîr'31ou^sai;iifct-lLoBvertiâ^ ', il djep^^nda. enÇn ,à Ç;9pîtwle/- G*^ de^riiei:) événement acheva l^libé^MÎpn deSajnJirDiOwingu^y bl termina unt campagne d'autant plusglorie us o p ou r-DesfourneauXy que tous se& U/eutenaas. daiis ££»tfe giil^^re h^aVaiént été. que
des noirs dbtfl II fa tla^it isatis cesse entretenir le zèle et éçlaii*er robélssanôeJ • : - " r •:
En- 1798,' les Attglafe déployèrent P^ppàreîl de Ipurs forces contre là' Gtiadétoope •: De^urAeaux^ nommé gouvehieurt de cette iJoJonîe, sut là faire respecter, et là maintint dans son iïitégrité.En mdinsde deux ans il la rendit à son ianciènne splendeur, et ce ne fiit que six méis après «on départ j- que la prise des iles de Saint- Eustache''et'^ Sairit-Martîn , dépendantes delà Guadelôufie , fit coilnaîlré tèiife Fétondue' de^ d&astres dont une vigilance sans égale et une bonne administration lei! avaient l<Aigi-tewpfif ffréèéi^vééà.
: De: retour en Europe y Desfonrïi^aûix ^ut se jprépater à visiter 'de nouVelles> contrées , à tenter de nouveaux climat^. Choisi ppurcbiiimander les troupes que le premier ConsuL en Vdy-aî t. «au «^oôurs de Tarméfe d'Egypte, il' s'embarqua :1e i5 février 1801» Il était sur Vù4fncaine avec un délàdieméitd^éHte^- lorsque cette frégate fut àtlatgfuée'par les Anglais dans le détroitf de* 6îbraltar(i). JLa : valeiuf inconsidéréc^de nois solda tè , leur obstination à i^oiiloir tons* à k fois/ pi^etidre part à Faètiôïi , leur ravirent un triomphé' que méritait leur «^liéroïisnïe; Deux cîents, .Français 'perdirept la • vie ,♦ et cent soixdnte^trois furent iimîs horS':de^4^omMBil. Le' géiiérlEil Désfourneaux ZQonti'a . dans ceife^'occasionle sang-froid le' î[>ltts inaltéarable/ et uine forcé d'àme supiérieure'*àitdus lèiv évéhejnaens.. Frappé d?un, coup de feu à la poitrine , il aVàît vu péiw près* de lui - ses trois» aidesnle-^ai^p / ^ sôri frère et ai^n.neveuç màis^ ée déi:obaht^à tant de hibti&'d-àffliclioa ^t ser.dissimtlant jjisqu'à'sb propre doulètar','ii iié son-
(*) T®yc<i<i«»MW.F«»ti^ l'Ureittiott a* ce cottbàt; tottil i."" p. 448.
DS LA GIXHBE. s^g
gea qu'à donner l'exeniple du= coiurage 9 et ne voulut cesser de coD;ibdttre qu'au moment où la frëgate y dont les flancs entr'ou verts menaçaient d'engloutir 1- équipage, fut obligée d'amener son pavillon.
Prisonnier sur parole y Desfoumeaux revint en France ; il ëtait lié par les lois de l'honneur y mais un pronipt ^chang^ rendit son bras à. la patrie. Le général apprit qu'il était libre y et cette nouvelle lui fut annoncée par le ministre de la nïarine , qui lui adressa ^ au nom du premier ^ Consul , une lettre de félicitations.
En 1802 , lorsque le gouvernement s'occupa sérieusement de remettre dans les voies de ,1'obéissance les che& ambitieux , qui y à Saint-Domingue y avaient mé« connu les lois de la mère-patrie, le général Desfourneaux commanda une division de l'armée aux Of*dres du général Leclerc. Il revjt avec lui la terre d'Haïti ^ on n'y avait point perdu le souvenu* de ses triomphes : il allait les renopveler. A peine débarqué dans la colonie y il attaque et^nlève la position d'Héricourt défendue par Christophe , y &it camper sa diviaion et occupe de vive force le morne aux Anglais y l'Âccnl, le Col-de-Limbé , le Borgne, le port Margot , le camp de Lecoq y et le poste important de la^ Coupedes-Escaliers. Les généraux ennemis se réunirent pour écraser sa division; ils avaient tous été seslieutenans ifor-* méa à son école y ils croyaient avoir surpris le secret de sa tactique , mais, il déjoua leurs efforts par le^ plus savantes manœuvres , culbuta leurs troupes dans plusieurs combats et se fit jour à travers des obstacles et des embûches de tous les genres jusqu'au canton d'Ennery, où il se joignit à la réserve de l'armée. Les autres divisions avaient été forcées d'enclouer leurs canons et de les
alwndonner dans *àê» cbemins impratidabtes. Desfoorneaux seul avdît cô'nAervë toute son artillerie. Le général en chef, étonné , loi demande par quel prodige* il l'a ramenée : « Je me suis attelé avec cent grenadiers à un obu- » sier y lut répond le général ,* j'ai fait venir les comman- » dans' des colonne» : Racontez à vos soldstts j leur at-je )> dit , dans quelle position vous m^avez vn ; à Finstant yT on a dételé les mnlets , les pièces ont été traînées i » bras'^ ^t rien n'a plus entravé la marche » .
Le 2Q février 1802 , l'airmée se mit en mouvement pour se diriger sur îé q«àrtièf-général de Tonssaint-Louverture» DesfourneaUxi était en aVant avec sa division , lorsqu'à minuit , le général en chef Leclerc sans attendre ses autres troupes-, lui çnvoya quinze cents hommes de sa y^fserve, et lui ordonna de commencer Fattaque. Au point dû jour les reconnaissances annoncent Fennemi : Desfoomeaux a déjà formé ses soldats en bataille , il s^avance; mais la cavalerie nombreuse de Toussaint et sa garde d'honneur l'atîcueillent par un feu des plus terribles. L'action s'engage alors avec fureur ^ elle se prolonge sur toute la ligne et se continue avec un incroyable achamenlent ; enfin les nègres , enfoncés de toutes paits^ abandontient un terrain où Té nombre des morts atteste l'opiniâtreté de leur résistance. Ils se replient en désordre; vingt fois ils tentent de reformer leurs bataillons , vingt fois la terreur les disperse. Cependant des retrancfa^mens qu'ils ont élevés en avant de la place des Gona'ives leur .semblent un refuge d'où ils pourront facilement défier la valeur française 5 ils s'y précipitent et s^y croient invincibles. Desfôurneaux accourt promptement dissiper celle illusion; il répartit sa division en trois colonnes/ fait battre la charge , et fond sur les redoutes la baïonnette en avant
DE LA GLOIRE. a3i
Nos rangs sont ëclaircis par les boulets et la mitraille ^ mais rien ne peut ralentir l'ardeur de nos guerriers, tous dans celte journëe aspirent à se montrer dignes de leur gënéral ; comme lui , ils s'ëlancent au milieu des pë« riis ; l'ennemi épouyanté bat en retraite : la ville et le camp sont pris d'assaut.
Tandis que Toussaint-Louyerture était chassé des Go«- Tiaïyes, un autre général noir , Maùrepas^ se maintenait dans les montagnes du Port-de-Paix^d'où il ay ait repoussé les troupes chargées de l'attaquer. Desibprneaux enyoj^ë contre lui manœuvra avec tant derapidlté et de précision, qu'il l'enferma entre sa division et celle du général De* belle y et réussit à tourner les hauteurs du Calvaire ^ où il avait pris position. Enveloppé de tous cotés , Maurepas nç pouvait plus échapper ; il se iiendii avec quatre mille hommes et dix pièces de ca nôns*
Victorieuse sur un point , notre armée était loin d'obtenir partout les mêmes succès. Elle avait souffert dans plusieurs engagemens , et tandis que Toussaint- Louverture l'obligeait de se reployer sur Saint-Marc, Christophe se présentait aux portes du Cap , où la cons^ ternation était générale parmi les habitans. Dans ces circonstances critiques , Desfourneaux, dont le pou y oir s'étendait depuis cette ville jusqu'à la rivière Dartiboni te , G^est4-dire sur plus de la moitié de la colonie , devait couvrir et surveiller la partie du Nord. Il avait sous ses ordres les 19* et 3o* légères, la 38* de ligne, et une brigade polonaise. A la tête de ces corps , il s'empara successivemedt de plusieurs quartiers où il pénétra toujours à temps pour les sauver de l'incendie. Ceux de Saint-Louis , de la Brande , de Filate , de
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Terre-NéilT« aryaient du ledr^alut: à celte câérité , quand il vint établir: son quartier-général, à Plaisance, à trois lieues de la Marmelade, où il sut bientôt que Toussaint^décidé à termincar la guerre par un coup de foudre^ arrivait de l'Ouest air.ec des forces imposantes. Ce chef des noir» avait jugé qu'une fois la division Desfoumeaux écrasée, le reste de l'année serait réduit à évacuer la colonie. Si cetteopinionétait fondée, le sôrtde Saint-Domingue dépem dait désormais d'une seule bataille. Desfoumeaux se hâta de chercher dans le choix des positions , des avantages capablesde balancer la supérioxîié numérique de ses ennemis. Isolé dans les montagnes*, coupé de toutes ses communi-* talions, séparé par une distance de trente lieues des autres divisions , il ne pouvait <;ompter sur aucun secours ; et cependant à chaque instant de nouveaux renforts venaient se joindre aux masses dont il était entouré. Le général en chef lui-même , sentant combien vtne pareille situation était difficile, lui avait éorit : « Vous êtes en pré- % sencede Toussaint, tenez ferme, mon cher général; » je ne puis vous envoyer des forces , j'espère tout.de vo- » tre inébranlable courage et de voa sages disposi* ^ lions ». .
On- s'attendait à une attaque., elle ne tarda pas i avoir lieu : l'action s'engagea le i6«mars à cinq heures do ma* tin. Son début fut malheureux pour les Français ; .plusieurs corps étaient enfoncés, les deux positions les plus importantes , celle de Bédouret et de Dumesnil , l'une couvrant leur flanc gauche et l'autre leur flanc droit , avaientété èidevées à la baÏQnnette,la première par Chris^ tophe et la seconde par deux demi-brigades que conduisaitle général noir'Vaillant Gabarre ; en vajn la 3o*
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légère âptès avoir vu përir le tiers de ses soldats en défendant notre artillerie , faisait-elle des prodiges pour la recouvrer. Au moment où six cents de ces braves , enveloppes par Toussaint , cherchaient à se faire jour à travers six mille nègres y le gënëral Léveillé , obligé de se replier s'approche de DesPoumeaûx : « Général , lui dit-il , tout est perdu : Tarmëe ennemie est foitede vingt-deux mille hommes , et à peine en avons-^nons quatre mille à leur opposer ; après huit heures d'une défense âutssi opiniâtre , il est bien permis de. songer à la retraite ». « Non , s'écrie Desfourneaus:, il faut vaincre ou mourir. )» Aussitôt ne prenant conseil que de son audace et de l'imminence du péril, il se jette sur le centre de l'ennemi ; secondé par les cheft de brigade Thouvenot , Dampierre , Desplanquet, Boscus, Grandet^, il parvient à l'ouyrir, se forme en bataille sur ses derrières et se porte sur ses flancs av/ec la même impétuosité. Déjà nous avions, repris nos positions et notre artillerie , lorsque le général Des.fourneaux , par une de ces déteiminations soudaines qui résultent d'un coup-d'œil exercé 9 fait couper dans un ravin toute la cavalerie de Touj^aint-Louverture. Culbutée au premier choc, elle est vivement poussée par l'intrépide colonel Boyer; 1^ général nègre lui-même, blessé et renversé de cheval , n'évite le demia; . sort d^ combats qu'en prenant la fuite avec quelques cavaliers. Aussitôt le désordre se met dans l'armée^ ennemie , elle est en pleine déroute ; de toutes parts elle dépose les armes , cinq mille noirs sont prisonniei^. Us tremblent de porter la peine de leur révolte ; mais la clémence du général français vient les rassurer. Desfourneaux a proclamé leur pardon , il rend à leurs habitations et à la .cultute tous ces hommes qui ^ ne s'étant affranchis qu'à regret d'une obéis-
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sauce facile , retoament à leurs travaux en béniâsant le guender généreux . à qui ils devront des jours plus paisibles.
Le général Desfoumeaux voulant profiter de la victoire» partagea sa division en colonnes et poursuivit les chefs noii*s avec tant de rapidité , qu'il leur fut impossible de tailier leurs troupes: A peine leur restait*il trois cents soldats de cette armée y à la tète de laquelle ils avaient combattu à Plaisance^ et encore étaient-ils à la veille de voir anéantir ces faibles débris. Dans de telles conjonctures, il fallait ou se soumettre ou se résigner à périr. Christophe adopta le premier de ces deux partis , et peu de jours après Toussaint-Louverture se rendit au général en dief. ...
Desfournèaox fut alors nommé au commandement de la partie espagnole de Saint-Domiligue. Les moyens qu'il employa pour y fonder la domination française, «ont trop honorables pour être passés sous silence. Revêtu d'une autorité presque illimitée , il s'appliqua sans cesse à la faire chérir. Il gagna le cœur des habitans par sa douceur , son amour de la justice et son désintéressement , vertus plus puissantes poitr consolider des conquêtes , que la force des armes ou d'infiexilAes rigueurs* Desfoumeaux fut aimé et respecté des colons Espagnols , et tant qu-il résida parmi eux , ils n'eurent qu'à s^ louer d'une administration dont tous les actes étaient irréprochables. Aussi, quand le terme de ses fonctions arriva , donna^tril le rare exemple d'un bbmmequi, n'étant plus couvert de l'égide du pouvoir, ne craint pas de provoquer pour sa, gestion l'épreuve de la censure puUique. Dans sa proclamation d'adieux aux Espagnols, il invita toutes les personnes qui auraient des griefs contre lui, àjporter leurs plaintes aux autorités
DÉ LA GLOIRE. !i35
constitaëes par le capitaine-général 5 mais on ne répondit à cet appel qne par l'expression des regrets les plus sincères, et par des témoignages de gratitude que les magistrats et les principaujc colons adressèrent au général , au nom de la colonie , et qu'ils ne lui firent parvenir qu'après Àon départ.
A cette époque , il n'y avait pas dans l'Europe un seul guerrier qui n'ambitionnât, comme un titre de gloire, le suffrage de ce chef que son épée rendit longtemps l'arbitre des destinées du monde. Desfourneaux, de retour en France , reçut Fun de ces éloges d'autant plus précieux qu'ils n'étaient pas prodigués : « Général , lui » dit Napoléon , dans une audience publique an palais n de Saint-CIoud, et devant un grand nombre d'officiers- » généraux , vons vous êtes bien battu , vous avez fait y> de grandes choses à la tète de votre division ; je suis » très-satisfait de vos services , je m'en souviendrai , je » votis donnerai des preuves de ma confiance » .
Desfoui^éaux n'était pas courtisan , il devait être ou** blié. Il le fut en effet ; mais cette injustice était trop évidente pour que la considération qu'il s'était acquise pût en être atténuée. Le premier période de sa carrière s'était écoulé dans les combats; jeté désormais dans une lice nouvelfe pour lui, celle où le citoyen se consacre à la défense dés droits du peuple , Desfoumeaux y portera , avec Pexpérience que dontie la longue pratique des vertus, l'ascendant d'un hcgnme qui ne puise ses inspirations que dans l'équité. Il déployera à la tribune le même patriotisme dont il était animé sur le champ de bataille , et, député ccmrageux , il fei^a reconnaître en lui le général qui , eii face des ennemis de son pays , fut toujours prêt à &ire à la gloire comme à l'indépendance
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nationale le sacrifice de 5a vie. De tous les actes qaî signalerout la participation de Desfourneaux au pouvoir législatif ) il n'en est aucun qui ne prouve ou sa sollicitude pQur les braves ,.ou son humanité, ou enfiin le constant désir de contribuer à la prospérité de cette France , dont il a déploré les malheurs. Desfourneaux, l^slateur y doit donc ausi»i trouver sa place dans nos Fastes... Mais y avant d'y consigner les principaux traits de son existence politique, portons un dernier regard sur ses actions militaires.
Une. égale admiration ne s'attache pas à nos guerres dans les colonies et à nos expéditions en Europe. L'attention générale était trop occupée sur notre continent pour pouvoir franchir les bornés du vieux monde. Ici, tout concourait à. la captiver i la proximité des intérêts, la grandeur des enti^prises , l'appareil imposant des forces , le prestige des noms, enchaînaient la. Renommée au seul théâtre des événemens capables de boule • verser les empires : on n'assistait plus avec elle qu'au spectacle des vastes conquêtes. Cependant quels ont été pour nous les résultats de ces luttes terribles ? Un seul revers a tout détruit. Les peuples adoptés par la France sont re.venujs sous leurs anciennes lois :. la Hollande a reconnu un autre maître ,5 la Belgiq^ie , naguèreg si fière d'être friinçaise , a gémi d'une nouvelle dépendance ; et pour nous fermer l'entrée de l'Italie en nous cachant le joug qui s'apesantit sur le Piémont , les Alpes, qui s'étaient aplanies, semblent maintenant* porter leun cimes jjusqu'apx oieux. Qu'elle^ s'élèvent éternellement ces cimes audacieuses! si elles dérobent, à nos yeux les contrées que nous avons perdues , Ufi }Oflr,^e^es révèleront à l'avenir étonné , l'existence, d'un^ peuple de géans.
DE LÀ ÔLOIRE. â37
Cette espérance d^une gloire impérissable ^ est tout ce qui nî^us reste des rêves d'une ambition qui ne fil consister le bonhear de la patrie que dans un accroissement de territoire , non seulement 'inutile , mais encoi*c dangereux à noire repos. Reculer nos frontières , ce n'était qu'ajouter un vain litre aux plus nobles' trophées.
Nos colonies étaient des biens plus réels : elles étaient notre patrimoine et la source de noire commerce. Saint-Domingue surtout^ cette Reine des Antilles, répandait Pabondance dans nos ports. Les nations voisines , nous appor* taient leur or ea échange de ses produits, et nous devions à la fertilité de son sol de rfêtre pas les tributaires des AnglaisXl'étaient là die gratilds avantages : deuxfoisils tentèrent denoos les ravir,' et deuxfois ils eurentla bonté d'échouer. Uâuffisaitqae Desfoumeauxse trouvât dans Pîle, pour que leur défaite fuft' assurée; tes succès continuels 4Îe ce général soM d'autant plus remarquables, qu'il avait à lutter à la fois contre tous tes dangers , tous les obstacles, toutes les privations qui n'ont assailli que parttellëmeiit nos' soldats daVis les diverses régîoris t>u ils ont porté leurs ar-* mes. Sââi ^oyentf dese recruter ^ séparées de la France par ttii Qltéan de de«x- mille lieties , nos troupes à -Saint- Domingue biéJdeVaîett'tattèfldrë^déMe leur courage et dtt génie de letir» chefs 'les ressources que cctoma^daient lés circonstances. Cei'ti'ét^it pas secAeinent une at^méè qui leur 'était t)pposée*yti?étàît une jJ(]^ulatidn entière qu'il fallait soumettre sur une terre plus dévorante qfee celle de l'Egyfiteieltde la Syrie, hérfadée de riaontagnes^coinme lé Portugal ^ }e^upéës de toutes 'parts ^ttiiimela Vénfdéé: Les hègires donnëireni aldfs'Fcfxem^eMe'èette guêtre épou-« vanialbtequeplùstardP'E^pagnedev&it-érigei* en système; mais, 'phisHn<u.els'^ que lès %éiibitaiis dé la Béninsiile , îk
imprimèr^t à leurs massacres I^ férocité naturelle anx hordes de la zone-torride.
On sait par quels immortels travaux Hodbe mérita le surnom de Pacificateur : pour atteindre un but semblable, Desfourneau^ n'eut peut-être pas nioins à faire que ce grand Capitaine. L'enthousiasme et le fanatisme exaltaient les Vendéens ; mais de quelle ardeur ne devaient pas ^ èt^e enSamniés: ces . hommes qui croyaient combattre pour la conservation de leur espèce ? Hoche subjugua des milliers, de paysans armés;. Desfourneaux défit uon-seulemenVd^ nègres .aguerris^ mais les Anglais ^uxt-mèqies, et les BJ^pugntitls. Le premier ne put pa^ .être arrêté d^^jS sa <i9ursi9 par les bocages impénétrables^ refuges de . la; gueirre civile; pi^wr le second, îl n'y eut ^pius de ipomes inaccessible^ L'u» doima la paix à quelques provinces de ^ la Mtétropole , l^^iiitce à la plus précieuse de ses colonies. Ce parallèle pourrait sans doute être, poussé plu£^ loiaf mais laissant a|i. lecteur le soin d'achever la comparaison, .nous terminerons cet aperça par un Ëiit qui caractérise à Idi ^uliontPensemblefde la. vie militaire de Desfourneaux. Plu^ieu^ gé néraux .furent attaché^ i»[)ipm9 lui, au département de la .marine,; maisf ij^^eçt, le seul qu/e |es Anglais n'aient pas domgp^té^ ,1e ^e^ajl que leurs vais^eaiix; arment pa$ rendu, ^ la France: il ne capitula jamais. ...^^
. fUoigaé.dfs caini^'QÙ ilis^était illn^iré par sa valeur , Diçaf<>m;nefpx;,enï»ob[lit..;ses loisir$..en se livrant à j^on peniçbwt,pow la »biei|fai^^oe c ilfit-ilaiift.'SWi 4épart^oment Jt9ii) le bieiii, qu'il pouvait faijie.jSQn.noii) tl'y était pluç/prf^wftçé q\i^^yfiç ce tie^çtqq^ iÇT^iag «'imposé pas tQMJPVlçs jejt q^e J^ )[>i}p<é^^le ipjpirev.B^ ^^^ i % il fo* pçrté .«» (Jorflsri^^stelSrJ^*' M mjonnaijw^ïJÇ^'des ha-
bilans de l'Yonne ^ qui le regaixlaient comme l'un des citoyens les plus dignes de les représenter. Appelé , en février 18 15, à la' vice-présidence de la Chambre, plusieurs fois il occupa le fauteuil ; souvent il parut à la tribune, et zélé mandataire, il justifia toujours la confiance de ses commeltans et les suffrages de ses collègues. Les administrations de la guerre et de la marine furent Tobjet de quelques-uns de ses. discours, et il montra dans les discussions relatives à ces matières autant d'instruction que de sagacité. En septembre i8i4,^il fitun.rapport au nom du comité des pétitions, syr les réclamations des colons de Saint-Domingue , donna des détails important sur la situation de cette cplonie, et termina en invitant l'assemblée à aborder avant tout la question de l'état des. noirs. En octobre,' il défendit les-aspirans de la marine qui , sortis des prisons d'Angleterre , n'avaient pu trouver de l'emploi dans leur patrie , et vota le renvoi de leur pé tition au gouvernement I poi;ir leui; faire obtenir de pré-« fcreuce un service actif. Dans le même mois , il parla en faveur de^ militisiiiies qui, ppur prix de leur sang versé au champ d'honneur, avaientobtenu des actiçins sur les ca**> naux et demanda que la propriété leur en fût n^aintenue. Le 21 décemb;:e , il présenta un rapport $ur le.prc^et de loi relatif aux dettes d^ colons des îles de lî'rance el de Bourbon, et en vota l'adoption, Dans^ lesipr^miecil jours djxDQioi^ de mars, quand de tiouveaux ovskges prêta à fondre sur la. France menaçaient la monarchie d'une prochaine catastrophe'. Desfourneaux proposa au ^inîs-«t tre de la guerre 4e supplier le roi de rendre une ordoa^ iiance qui, oonforméui^t À l'art. ^69 de la^Charte coos^^ titutionnelle ^açcoidât a4X;^ilitaii'iies la totalité de.leu£ solde. L'ardquna}içefut,prcMD^^uée:|*iua^ jtri^ tardive
â4o LES FASTES
pour satisfaire Parmëe^' elle ne put arrêter la marche des évënemens.
' Réélu à la Chambre des cent jours , Desfoumeaux s'y fit remarquer par sa contenance courageuse et par la pureté de ses intentions. Dévoué k la cause ^e la patrie y on ne le vit jamais hésiter ou fléchir dans les momens de crise; mais il ne pensait pas qu'on pût établir par les proscriptions le règne auguste de la liberté. Les états fondés sur la destruction d'un parti, et consolidés par le meurtre, portent dans leur ^in les élémens d'une ruine inévitable^; la haine y devient une tradition de &mille; le souvenir des injures irrité tous les jours par le contact des citoyens aiguise les poignards, le sang se lave par le saiig et la guerre civile éclate enfin avec toutes ses horreurs.C'était la volonté ferme de prévenir le retour de semblables calamités , qui dans la séance du i5 juin, animait Desfoumeaux quand il tonna contre une proposition qui*révoltait tous les amis de l'ordre et de la tranquillité publique ; il éleva alors la voix au nom de la justice et de l'humanité , et fit retentir dans la salle des assemblées ces paroles que l'Europe a recueillies : Nous ne sommes ni des assassins ni des hourreauxi-
A l'époque de la secoftide abdication de Napoléon , Desfoumeaux commanda les troupes qui occupfiient les hauieurâde Montmartre. Déjà notre iridép^idance n'exis-^ tait plus : lés dÀastres du Mont-5àint^}ean nous mettaient à la niet-cî delà coalition. L'année ne pouvait se résigner à un 'sî grand malheur ; en proie à une 'ekas{>ération d<>at la source était subKme, elle ne voyait partout que des traitreéou^es p^tisàns de étranger; «Puisque nous n'avons ^u sauver ncftie-plaérie^ sVcriàient^ Soldats, que l'eki«<^fMi Âi mctind ùy frôiivê que des déeomi>res 5 »
aveugles
DE LA GLOIRE. \Ai
aveugles dans leur fureur , .ils allaient plonger- dans son sein ce fer dont ils s'ëtaient armés pour la défendre; Desfourneaux affronta leurs coups, il présenta sa poitriiite. à ces braves, la terreur de- PEnrope : « Camarades, leur « dit-il, comme vous, j'ai lé droit dem'indigner ; j?aî reçu quatorze blessures en combattant pour mon pays , et je . comptais sur la quinzième.. Le sort en a décidé autremeuit; mais soyons calmes, et que l'on ne puisse pas dire qu'il n^a manqué à notre gloire que de savoir . supporter l'adversité. LTionneur nous reste, av.eclui il ne faut désespé* . rer de rien )>. C'était -là nin langage .que des Français entendent toujom^s; aucun d'eux ne fut indocile à. la voix de son général. Les habitans de Montmartre , témoins d'une scène qui les avait glacés d'épouvante , admirèrent la. présence d'esprit et la fermeté qui faisaient succéder, aux motifs des. plus justes appréhensions, une résignation salutaire; et Paris., dont la, sûi^t^ eût pu être compronuse ^ ne souffiit des maux de la. guerre, que ce qu'il n^était pas au pouvoir humain d'empêcher.
La conduite .de Desfourneaux sous les murs de la Capitale reçut peu de temps après l'approbation du roi , qui lui. enfit témoigner sa satisfaction pai^ le ministre de la guerre. Aujourd'hui employé activement , ce général qui est, encore dans .toute la vigueur de l'âge , et dont la santé rq-* buste- n'a point été altérée par les nombreux périb qui . l'éprouvèrent, doit attendre avec impatience le jour où . il pourra, donner à la patrie de nouveaux gages de son amoui^. Les colons de Saint-Domingue ont paru pressentir, qu^il lui serait réservé de les réintégrer dan? leurs droits :« Daignez, sire, disaient-ils dans une adresse qu'ils présentèrent au roi ,, permettre à d^ fidèles sujets d'exprimer à votre majesté le désir de voir confirmer Tom. IIL x6
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par elle le choix que l'opinion a fait du général Desfouriieàux pour diriger l'expédition de Saint-Domingue. Li conduite de cet officier dans les missions importantes qu lui ont été confiées , son courage et ses connaissances locales le rendent digne de la confiance de son souverain el de l'estime de ses concitoyens ». Si ce vœu est une prédiction, puissions-nous promptenientla voir s'acoomplii! Mais si elle ne se réalisait pas, il en est une autre qui paraîtra moins hasardée y c^est que l'enceinte de la i-eprésentation nationale ne peut manquer d'être ouverte une cinquième fois au patiîotisme éclairé d'un guerrier citoyen j dont toutes les pensées se rapportent à la prospérilé de la chose publique !
TRIDOULAT ( le baron PauUAuguêtin) , ex-colonel du i32* régiment de ligne, officier de la Légion-d'honneur, né à Pampelonne , département du Tarn.
Trente ans d'honorables services, dix blessures et plu- 1 sieurs beaux faits d'armes, signalent le col<»iel Tridoulat' à la reconnaissance de la patrie. Soldat à im âge où UutI d'autres languissent encore dans la poussière des collèges, il était parvenu de grade en grade au rang de sergent -ma jor , quand la révolution vint enfin lui ouvrir une car rîère digne de son courage. Nommé à celte éjioque capi* laine dans le second bataillon du Morbihan , il fit Saint-Domingue lescampagnes de 1792 et de 1795. Dani cette guerre, la plus terrible qu'aient eue à soutenir soi armées , Tridoulàt montra line bravoure à toute épreuve et une constance égale à sa bravoure. Le premier à l'atta que , son audace était passée en piH>verbe; le dernier à II t^etraite, nul officier ne donna plus souvent que lui Fexeq pie d'une fometé inébranlable.
DE lA GLOIRE* a45
De retour en Europe ^ Tridoalat fut appelé dans les ^épartemens de FOuest de la France ^ où la guerre civite iléployait toutes ses horreurs. Ici, ce n'ëtaient point des esclaves révoltes contre leurs anciens maîtres qu'il avait à combaltre , c'étaient des l^ommes s'indignant du bienfait delà liberté et mourant pour la cause de leurs oppresseurs* Toutefois , quel que fut leur aveuglement, ces hommes étaient Français, et Tridoulat prouva dans mille ciroonstances qu^il conservait pour eux ks sentimens qu'un citoyen rattache à ce titre sacré. Maïs ta chose publique était en danger;^ les décbiremens intérieurs^ ne favorisaient que trop les projets de nos ennemis ; il fallait y mettre un terme , il fallait exterminer au milieu de leurs bandes les coupables instigateurs du trouble. C^tte •pensée dirigea seule nos bataillons contre les Chouans; seule elle les absout de tous les maux de cette funeste lutte. Tridoulat n'y recueillit que des lauriers , et lorsqu'en 1800 il passa à Farmée d'Italie , ce fut avec la plus brillante réputation.
A Marengo il commandait une compagnie de la 6^
légère et faisait partie de la division aux ordres (du
général Lannes. Cette division fut une de celles qui se
distinguèrent le plus en soutenant d'abord Pattaque du
, général Kaim, et en s'emparant ensuite du village de fif a-
rengo. Dans ces diverses actions toutes aussi meurtrières
|{que 4écisives, Tridoulat fit preuve de la plus rare intré-
^pidité| et scella de son sang la gloire de cette bataille
mémorable.
^ Après ia reprise des hostilités eà Italie, pendant l'hiver ide 1800 à 1801, il assista à l'attaque de Gazoldo. Cette at- LEsire, dansiaqùelie les Autrichiens firent d'inutile^ éfiorts
a44 LES FASTES
• pour conserver une position des plus importantes , fut très-honWablé pour Tridoiilat: il s'y* fit remarquer par «a belle contenance et reçut une balle dausia'cmssedroit'e en combattant aux premiers rangs. .
Quelques mois plus tard, le général Brune ayant résolu de passer le Mincio ., les préparatifs d'un pbnt furent ordonnés. Impatiens d<e disperser lea restes dei^arméede Bellegarde, que nagiuère.ils avaient battue à Pozzolo, nos soldats pressaient de leurs vœux' le moment où ils pourraient les atteindre. Tridôulat, neconsaltaqt alors -que son ardeur^ se ^ttë à la i^age sous le feu de l' ennemi : par- TenûL-au milieu du fleuve, «il est grièvement blessé à la jambe; mais il n^en ^continue pas moins* «on' audacieuse entreprise et touche ^nfin à la rive opposée où* il atta- . che la preniîère barque. Cet acte de courageet de dévoueœeilt valutà Tridoiilat un sabre-d'hbnneurqui lui^atdé* cerné par le premier Coxisnl.
Devenu chef de bataillon , il trouva dans cer nouveau grade de fréquentes occasions de faire briller sar valeur et sonzèle. À Ulm^à Saalfeld, à léna^àPalsthuc, on lé vit s'égaler aux ^lusintrépidea:: 'Iiéteut'à*la:h{Uaille d'Amterliiz : ces mots qui désignent un bi^ave y suffiraient à l'éloge de Tridoulat, si, au inili<eu des hérps de cette'immo^ | telle Journée ^ eet officier n'arait 'su se» distiriguër pardes ; services- édatans. A la tète- de son bataillon , il fit des pro- | digea et ramena trois pièces de canon qu'il avait enlevées | à Peniiemi. C^estpar 'de sèmHables exploits que Trîdoulat i mérita successivement les grades d'officier de laL^ibnd'hoUneur, de major! dans la 34* demi-brigade et de colonel du i32*r^iment de ligne. En cette qualité il eut plusieurs fois la gloire de veriser son sang pour la' patrie «t de fix^jes regards de Fempereur Napoléon, En mai
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i8i5 j devant Gorlîts, îl fut blessé à la tête par ua éclat d'obus ;Ji Dresde il se battit avec tant de suc-^ ces et de courage, qu'il en fut récompensé par le titre de baron de l'empire. A Strelitz-, nos soldats., confqtudus avec, les Prussiens , combattaient corps à coi'ps, comme dans un duel d'homme à homme : au milieu de ce désordre , l'aigle du régiment a disparu ; Tridoulat présumant qu'elle est tombée . au. pouvoir de l'ennemi , et ne voulant pas survivre à. ce déshonneur, se jette au plus fort delà mêlée; vingt balles criblent ses habits, son cheval tombe mortellement frappé 5 dans son nobJe désespoir , Tridoulat. demeure insensible à toutes les atteintes,, il brave tous les dangers. Cependant l'aigle n'est point perdue : un bras , digne, de la porter et. de la défendre l'a reconquise 5 et lorsqn'après le combat nos soldats se.sont ralliés , le commandant Ranchon .la rend lui-même à son colonel. Tridoulat n'eut plus alprsà déplorer un malheur qu'il n'avait cru pouvoir racheter qu'au prîx^ dé son sang ; mais ses blessures lui fermèrent sans - retour l'espoir de .poursuivre la carrière qu'il avait parcourue d'une manière. si honorable. Il demanda sa. retraite et rentra dans sa patrie pour y joiiir auprès de ses. nombiêux amis, du calme nécessaire après de . longs travaux.
Une épouvantable persécution vint troubler le repos dn brave. Le baron Tridoulat qui, pendant les cent 5 ouTS, n'avait pris d'autre part aux événemensque cçlle d'an, soldat fidèle aux ordres de ses ^ chefs, vit, après cqtte époque , s'élever, contre lui les clameurs d'une horde toujours dévouée aux opprcFseurs. Ces voix qu'il entendit mugir avaient aù.«!si hurlé pendant les horribles saturnales de 1795; mais, ferme au sein de l'orage, commer il
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rayait étë dans les combats , il se prësenla aux furieux avec cette assurance que les lâches n'affrontent jamais. La délation devint leur ressource , et ce fut du glaive des lois qu'ils voulurent le frapper.
Prévenu d'avoir porté des couleurs proscrites , Trîdouiatfut arrêté et sou domicile demeura à la merci des familiers de la police municipale. Pendant qu'on le irai* nait en prison , des hommes , dont la noblesse achetée à prix d'argent est aujourd'hui vouée au ridicule ^ ne rougirent pas d'insulter à ^n malheur : il n'y eut personne qui vengeât l'outrage d'un citoyen illustre, tant la terreur avait dénaturé les sentimens et glacé les esprits! Tridoulat seul conserva toute son énergie; fort de sa cons* cience , il méprisa les injures , et sut éviter les pièges d'une fallacieuse pitié. Ses juges dont il attendait la décision y bientôt convaincus qu'une main perfide avait préparé le crime dont on voulait le charger y proclamèrent hautement son innocence. Cette première épreuve, dont il sortit victorieux, redoubla l'acharnement de ses ennemis ; ils épuisèrent , pour le trouver coupable , tous les degrés de la jurisdiction criminelle , et lorsqu'enfin il fallut briser ses fers , lorsque , libre des tribunaux, il eut subi la peine des suspects,, le terme de sa captivité ne fut que le commencement d'un rigoureux exil. . Rendu & ses foyers en 1816, le baron Tridoulat, qui . n'a jamais cessé de donner l'exemple du re^ect pour les lois , continue à mériter cette haute considération , que les gens de bien accordent toujours aux véritables amis de l'ordre , de la justice et d'une sage liberté.*
NIOLLET { Bernard- Jluguête ) y lieutenant de gen- 4^rmçrie ^ m non activité | chevalier de la Légion^
d'honneur , né à Trévoux , département de l'àin.
Entré au service en 1791, Niollet fît les premières campagnes de la révolution dans les chasseurs à cheval où son courage , son exactitude à remplir ses devoirs , et la soumission à la discipline lui valurent l'estime de ses chefs qui le regardaient avec raison comme un sujet précieux.
A cette époque, la gendarmerie se recrutait de sol-* dais dont la bravoure avait été éprouvée sur le champ de bataille , et dont les qualités morales étaient reconnues : Niollet fut appelé à fcire partie de cette élite destinée à tenîv le premier rang parmi les troupes de France. On ne soupçonnait pas que ce corps fournirait un jour le déplorable exemple de ce que peuvent les gouyememens pour corrompre les plus belles institutions. Bientôt une force , qui ne devait être que tutélaire , s'est signalée par des abus , et lie s'est plus montrée aux yeux des citoyens , qui s'attendaient à en être protégés , qu'avec les caractères de l'oppression. Une milice qui devait s'enorgueillir d'être armée par la loi pour faire respecter les lois elles-mêmes , si elle eût compris la dignité d'un ministère si auguste , n'eût pas souffert que le glaive confié à son bras se changeât en un poignard perfide. Si la gendailnérie fut demeurée fidèle aux principes qui présidèrent à sa création, on ne l'eut pas vue , servile instrument de la tyrannie , oublier qu'elle se devait à la sécuFilé des grandes routes , et n'épier que les caprices des persécuteurs dont elle favorisait les vengeances : trop souvent ils la trouvèrent prête à jeter l'alarme et la désolation dans les familles et à harceler les gens de bien ' dans leurs demeures. Il est triste de le dire , et encore plus afiligeant de le penser; l'opinion n'apercevant déjà
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plus qu'un des fléaux de l'ordre social dans des indiTH dus rassemblés pour en être le boucHerj va, jusiqu'à les confondre dans son mépris ^ et peut-être dans sa haine, avec les malfaiteurs. qui seuls devraient les redouter. E«(i il un ami de la liberté , un ami de la patrie qui ne ressente une impression fâcheuse , à Faspect de,runiforme d'un gendarme ? Ne sait-on pas qu'au gré de la police, cette livrée peut faire place au déguisement de l'espion? Et qui se flatterait d'être à Fabri d'un zèlç qui n'est dirigé que dans un esprit . d'inquisition, et qui , aveugle dans son obéissance , ne connaît point de bornes? Heureux celui qui, ayant su se soustraire, à une influence si déplorable , n'a jamais agi que par des voies légales et par des ordres légalement donnés ! Celui-là du moins, a des droits» à la gratitude de ses concitoyens , il est environné de- leur affection , car ils le virent toujours sourd à la Toix de l'arbitraire , et dévoué à la. sûreté publique. Tels sont ces vétérans , qui • redouteront constamment d'avilir les lauriers dont la victoire a paré leurs fronts: ces ofiSciers dont les exploits ont fait la gloire de nos armées, et qui, en devenant les auxiliaires de la justice , n'ont rien voulu perdre de leur loyauté , la première des vertus militaires et le guide le plus sûr pour ne pas s'écarter de la probité politique. Tel fut aussi Niollet : pendant plus de seize ans il appartint au corps de la gendarmerie, et sa longue carrière a ete sans tache. Employé en Italie, il eut souvent l'occasion de déployer autant d'activité que de valeur contre 1«* nombreuses bandes qui de tous temps infestèrent ce pays» mais que la domination française réusèit enfin à extirper. . Informé qu'une troupe de brigands s'étaient retranchés dans une ferme des environs de Spinetta^ Niollet se
proposa de les suiprendre.^t de les enlever. A. Pentvee de la nuit , il partit de Castellazo , où il était en i^idence : un gaide fidèle le conduisit jusqu'à, la maison où ces J^nimes , l'efiFroi de la'Contrée,.alIaient se partager les dépouilles du voyageur. Par ordre de leur chef, les gen- . da raies occupent toutes les. issues , tandis que lui-même se présente à la porte.. Il frappe^ on ne répond pas 5 il frappe encore y on refuse d'ouvru'. Alors JNioUet , employant un levier dont il s'est muai j enfonce.la porle et pénètre seul dans ce rçpaire. Au même .instant lune décharge de fusils et de tremblons est dirigée contre lt|i; plusieurs balles percent ses habits sans le blesser j mais son guide , resté dans la cour , tombe frappé d'un coup mortel. Niollet s'élance avec fureur , saisit l^qn des assassins, le terrasse, le désarme et parvient à l'entraîner, pendant que la brigade, accourue au bruit de l'explosipn, cherche à s'emparer des. autres. L'obscurité d'une nwit d'orage et. la pluie qui tombait par torrens- favorisèrent leur fuite : ils se dérobèrent à la justice.
Celte action, dans laquelle Niollet s'exposa courageusement, à une mort presque certaine , lui . fit beaucoup d'honneur. Ses chefs s'erapres3èrent . de lui adresser leurs félicitations, et une mention particulière dans l'ordre général du 26 mars i8o5 lui fit connaître que sa conduite avait mérité les éloges du gouvernement.
Les gendarmes Martinello, Notz , Brulard, Cros , Santhonaxet Schmitte , qui l'avaient secondé dans cette expédition , furent également cités 5 le premier avait été blessé d'un coup de feu.
Des habitans de Baselico avaient formé le projet d'enlever à main armée les caisses publiques de l'arrondisse» ment de Borgo et d'assassiner l'adjoint de leur corn-
a5o LES FASTES DE LA GLOIRE.
mune. Ce complol ourdi dans le plus gi^and secret, était à la veille d'être exécuté. Le nombre des conjurés , leur force et leur audace semblaient en assurer le succès. Mais leurs trames n'ont pu échapper à l'active surveillance de NioUet : il emploie pour les déjouer autant d'à* dresse que de circonspection ^ et bravant enfin la résistance ouverte des coupables et la vengeance de leurs complices , il s'empare des plus redoutables et détruit ainH jusqu'à l'apparence du danger.
Ce fut par de semblables traits et par une intégrité qui ne se démentit jamais , que NioUet s'éleva au grade de lieutenant. Dans l'exercice de ce nouvel emploi, il continua à se concilier l'estime des honnêtes gens et la bienveillance des autorités. Nommé en 181 4 chevalier de la Légion-d'honneur , il rentra en France lors de l'invasion de notre territoire , et bientôt après fut placé dans le département de l'Avçyron, où il resta jusqu'en 1816, époque à laquelle il obtint sa retraite. NioUet avait quitté Bhodez, lorsque des monstres , armés à la fois par l'esprit de parti et par la soif de l'or, firent tomber sons leurs coups un ami trop confiant , un citoyen reconunan* dable , un magistrat vertueux , l'infortuné Fualdès«
vGooqIc
L'honneur d'avoir succomba pour la patrie donne auxsim* pies soldats et aux gdnëraux les mêmes droits à Timmorta- Jitë. Cette pensëe qui animait Bonaparte ^ lorsque, jeune fils de la liberté , soldat et citoyen , il ne commandait h ses égAtïx que pour les guider partout où la victoire souriait à ses exploits , ue l'abandonna pas quand il fut le chef suprême de la République. L*un de ses premiers actes j en prenant les rênes du gouvernement , fut d'honorer les grands Capitaines qui avaient briild sous la vieille monarchie et pendant notre révolution ; mais si les statues de Turenne ^ de Condé, de Duguaj-Trouin , du maréchal de Saxe , de Dugommier , de Dampierre, de Marceau, de Joubert, de Hoche entrèrent en même temps que le Consul dans le Palais des Tuileries , on ^entendit bientôt après annoncer aux armées , que ^ dans chaqne-thef-Keu de département , une colonne élevée par la reconnaissance nationale transmettrait à la postérité les noms de tous les militaires morts en signalant leur amour pour la patrie. L'exécution de ce projet fut différée 5 mais plus tard Napoléon voulut accomplir les mêmes voeux , en ordonnant l'érection d'un seul monument dans lequel toutes les ins« crîptions qui pouvaient rappeler un sublime dévouement et d'éminens serviceS^ seraient rassemblées. Ce monument était le Temple de la Gloire , qui , d'après le décret de sa création , n'était dédié qu'à la Grande Armée, c'est-à-dire, aux braves qui avaient combattu àUlm, à Austerlîtz et à léna : des tables d'or massif devaient j éterniser les noms de ceux qui avaient péri sur ces champs de bataille ^ cette disposition , d'abord trop restreîute, fut ensuite étendue à tous les Français qui , en défendant leur indépendance , s'étaient illustrés par un beau trépas. On dressa des listes ^ celle que nous inprimons ici £|t la première j elle embrsisse un intervalle de huit ans ^
»5a LES FASTES
depuis 1792 }usqu'V, la bataille de.MarengQ. ,Si>i|Oi|ft r^us-* ftîssons à nous procurer les suivantes , nous nous empresse* TOUS de les publier dans .un quatrième volume des Fastes, en y joignant la liste des sous-officiers et soldats , qui., par dVclatants faits-d'armes avaient mérite que leurs noms fussent graves' dans IVglise des Invalides sur des tables de marbre que le Vandalisme de 181 5 a supprimées (i).