AN V
On traversa lentement Coblentz , et l'on arriva au fort de Fétersl)ergj au milieu d'un feu continuel d'artillerie et de mousqueterie, auquel les impénaux répondirent i-égulièrement. Là , entre quatre cyprès et au milieu des enseignes plantées sur le boid de la fosse, furent déposées les cendres de Hoche, dans le même endroit où l'avaient été celles de Marceau.
Quand le corps fut descendu dans la tombe, le général Lefebvre, d'une voix émue, prononça ce discours :
DE lA GLOIRE. 545 ^
a Chers camarades, la mort qui ne nous a jamais paru » redoutable se montre à nos yeux d'une manière terri- » ble ; elle anëanlîl d'un seul coup la jeunesse, les taiens » et les vertus. Hoche n'est plus ! la parque meurtrière a » terminé ses jours , dans un instant il ne nous xestelra de ^ lui que le souvenir de ses vertus et le tableau de ses » exploits ; consacrons-le à lui rendre le témoignage de yi notre profonde affliction. Que la foudre guerrière qui » a ëclairé ses nombreux triomphes, apprenne à l'univers » entier que l'humanitë a perdu un ami , la victoire un » de ses fenfans, la patrie un de ses défenseurs, la repu-
y> biique un appui; nous tous un ami sincèie \ »
M. Rousselin , dans une vie de Hoche j a tracé de ce
grand capitaine le portrait suivant : « Sa tète était bien
» organisée 5 rien ne lui paraissait trop grand pour
• » s'y mesurer. Sa taille était haute ^ ses formes unis*
» saient- l'élégance à ta force; il avait les cheveux , les
ï> sourcils et les yeux noirs 5 sa bouche était petite , ses
» dents belles, sa physionomie spirituelle; la sévérité de
» ses traits était souvent adoucie par la grâce de son sou»
» rire*, son maintien était grave et imposant^ sa démar-
» che fière. On rapporte qu^une &mme de la cour Payant
» remarqué à Versailles, dans une revue, avait dît : « On
» ferait un général dç ce jeunç h^mme^ » Il était ro-
» buste et tempérant; il méditait long-temps, mais dans
» les affaires urgentes, il voyait d'un coup-d'œil et né
» mettait point d'intervalle entre la pensée et l'exécu-^
)> tion. Dans les grandes occaisions il savait se rendre
» maître de son caractère natureltemént impétueux. Il
» haïssait la noblesse ,^ les tîti*es et les emplois hérédîtaî-
» res qui, dans la magistrature et les armées, s'élèvent
> au détrimeni dès lalens et de h probité. Quand il ââ-^
» vint gênerai d'armée , «ne femme très vaine qu'il aï- » mait, voulut qu'il fîl accroire que sa hière,' avant de » se m^irier, l'avait eu d'iin grand d§ la cour ; « Je suis » sorti d'un homme du peuple y répond le général , Je ne^ » veux pas d'un sang noble aux dépens de la vertu de » ma mère^ »
Hoche n'avait que celte fierté, qui prend sa.source dans Feslinie de soi-même ; cependant il était jaloux à l'excès de son autorité , et peut-être dans les rêves de son ambition convoitait-il la suprême puissance. On se soutient d'une époque où lorsqu'on chantait la fameuse Marseil-^ laise, chacun se découvrait à la strophe qui commençait par ces mots : Amour sacré de la patrie y Hoche, qui assistait au théâtre de la République, à l'kme des représentations de la mort de César, garda son chapeau en pareille occasion \ et répondit à Tun des spectateurs qui lui demandait pourquoi : Le général en chef ne doit compté de ses actions à personne. Ce mot essentiellement carac*. léristique ne décéleraît-il pa? ^ si Hoche eût Tecu, Finlent ion d'opérer w/2X?«Ar-/2i/i7 irwmaire. »
Un monument à la gloire de cet illustre général fut élpvé à.Weissenthurn, et son nom fut do^né à Tune des rues de Paris,
RENNO ( Jean ) , chef d'escadron , capitaine au i^giment des chevau-légers lanciers de la garde impériale, officier de la Légion^-d'honneur , chevalier des ordres de Saînl-Louîs et de là Réunion , né le 9 avril 1777,3 Saint- Jean-d^Acre.en Syrie,
Le 4 vendémiaire an 6,.Bennopiit volontairement dti service dans les troupes frangaîses, et eatra en qualité de sous-Ueutenant à rétal-majqr de ravmée d'Italie, En l'an
^ DE LA GliOIRE. 545
lOy il de?mt lieutenant de Mameloucks dana la garde des Consuls , fut promu le 16 février 1807 au grade de capitaine, et admis en celte qualité dans les chevau-I^gers lanciei^s de France, le 5 août i8ï4. L'Italie, l^JÈgypte, l'Autricbe , la Prusse , la Pologne , l'Espagne , la fiusaie , la Saxe , le firabant et la France , furent les théâti*es où se déploya sa valeur. , '
A Austerlilz, il pénétra le premier avec un peloton de Mameloucks dans un carré de la garde russe, eut un cheval tué sous lui, et fut atteint de deux coups de baïonnette , l'un au côté droit , l'autre au bras gauche.
Le 24 mai 1809 , à l'affaire dePradanos, en Espagne, il fit , dans une charge , cent prisonniers. Un an auparavant il s'étattsignalé pendant la révolte de Madrid , ou en se précipitant sur les rebelles^ il avait reçu une balle dand le genou gauche.
Le 27^ septembre 18.1 5, à Altembourg, il combattît Vaillamment <et fut démonté pendant l'action.
Le 5i mars i8i4 , à l'affaire dé Courtray , il feul encore son cheval tué , en fonçant à la tête de quelques bmves sur une pièce de c^non dont il parvint à &'emparer$ quoiqu'elle fut défendue par cent cinquante cuirassiers saxons. Peu de jours auparavant , avec, vingt - cinq . Mameloucks^ il avait attaqué cent qua*- ^tre-vingt cavaliers prussiens , les avait chassés à plus d'une lieue , en avait mis plusieurs hors de combat , et avait ramené des prisonniers. Son intitfpidité dans cette occasion avait été mentionnée par le général comte Mai^^ son , dajds l'ordre du jour du 26 mars*
Benno avait mérité par des traits de la plus grande au* ddce , la croix de la Légion-d'honneur qu'il reçut le 25 prairial an 12; celle d'officier, qui lui fut décernée le 24
mars 1806 , fat anssi la récompense de son courage et de ton dëvouement , qui en 18 l4 lui valurent une autre distinction , le soleil de l'ordre de la Réunion.
En 181 5 9 Bennofitla campagne du Nord; à Mont- Saint-Jean ) il eut encore un cheval iné sous lui, et fut grièvement blessé.
Cet officier 9 naturalise Français le 17 mars 1817 , est anjourd^bui en demi*soIde.
DERUFFE ( Joseph)^ capitaine au 24" régiment de cavalerie ( chasseurs des Vosges ) , membre de la Légiond'honneur, chevalier de Saint- Louis, né en 1775, à Bonnet , département de la Meuse.
Fendant vingt ans de guerre en Allemagne, en Italie et en F^spagne, Derufie obtint la réputation d'un des plus braves militaires du u4* régiment de dragons , où il servit de 1795 â 18 14. Depuis le rang de simple cavalier jus*" qu'au grade de capitaine, il obtint tout son avancement •or le champ de bataille. Il se signala notamment dans la Péninsule : à l'affaire du Pont du Roi, le 20 décembre 1808, il fit des prodiges de valeur; le 23 février 1809, il ne déploya pas moins de courage au combat de Valo^ on , en ae précipitant sur les Espagnols , il eut un cheval tué sous lui. Pendant le siège de Tarragone , il donna aouvent des preuves, d'une audace extraordinaire : le 34 juin 181 1 y sa conduite sous les murs de cette place fiit admirée des plus intrépides ; elle lui valut 1» décoration de l'honneur, qui lui fut décernée le 6 août suivant.
Après cette époque , Deruffe se fit encore fréquemment reniarquer; il eut sans doute reçu une nouvelle récompense de sa vaillance et de son zèle ; mais, rentré en France «près l'évacuadon de l'Espagne, il apprit que le héro^
en qni.nos légions mettaient leur confiance et leur espoir, ëtait descendu du tr6ne dont long-temps elles avaient élé la gloire et Pappui,
RANCHON ( Etienne-Ambroise ) , chef de bataillon au i52* régiment d'infanterie de ligne ^ officier de la Légion-d*honneur , né en 17739 à Saint- Jean , en Roy ans, département de la Drame,
Parti en 1793 comme tambour dans le 3' bataillon de la Drame, qui devint ensuite 18*. demi-brigade d^nfauterie de ligne, Ranchon, par sa bravoure, s'éleva au grade de chef de bataillon ; voici quelques-unes des actions qui lui méritèrent cet avancement.
Le i5 janvier 1797 , au point du jour, les Autrichiens postés sur les hauteurs de la Corona, attaquèrent les troupes de la division Joubert^ Ranchon, alors tambourmajor au 3* bataillon des grenadiers réunis, prend une caisse , sort des retranchemens , bat la charge, et entraîne ainsi sur s^^ pas les grenadiers qui, pendant plusieurs heu-* yes, tinrent l'ennemi en échec. Ce trait, rapporté plus tard au premier Consul , devait faire décerner à Ranchon l'étoile du courage.
A Austerlitfc ^ tandis que le vailbtnt capitaine Raymond, ^ la tète d'une compagnie du 18* de ligne, fonce sur une batterie qui faisait d'afireux ravages dan« la division Morand, Ranchon, encore tambour-major, voit tous ses tambours renversés par un des derniers coups de canon, €t est lui-même frappé au bras gauche par un biscayen | malgré sa blessure, il se saisit aussitôt de la caisse de l'un de ceux qui venaient d'être tués à ses cotés, et n^ cesse pas de battre la charge tant que les troupes sont engagées :il fut alors particulièrement remarqué du chef
de sa brigade , le général Levasseur , qui ëtant accouru pi es de lui , le félicita en présence du régiment : Tiens ^ mon brave , lui dît-îl en lui offrant un flacon y bois , tu Vas bien mérité ( i ).
En 1812, Bancbon devenu capitaine dans le i32*de ligne, reçut Tordre de s^emparer de Woltowisk en Liihuanie; les Russes y étaient depuis plusieurs heures, et la ville était eu feu 5 Manchon , malgré la plus vigoureuse résistance , y pénétra à la tête de sa compagnie, fit cent cinquante prisonniers et reprit les fourgons de son régiment , enlevés dans la matinée par l'ennemi. Au retour de celte expédition, il fut embrassé par le colonel Trîdoulat qui, en présence du général Reynier, lui adressa ces mois : m. Capitaine, aussitôt que je serai auto- » ri^é à former mes compagnies de grenadiers, vous pou- » vez compler qu'il y en aura une pour vous (2). »
Le 31^ août i8i5 , le 7* corps, commandé par le général Reynier , fut arrêté dans sa marche par un canal large et profond; un pont pouvait servir de passage, mais il était vivement défendu. Ranchon reçut l'ordre d'aller à un quart de lieue de là , en suivant la rive, s'embusquer dans. la plaine. Parvenu à l'endroit qui liji a été indiqué, il conçoit le hardi projet de franchir le caiial ; aussitôt jl le comble avec du foin qu'il fait ramasser sur ses bords par sa compagnie de voltigeurs, se risque le premier sur cette espèce de radeau, appelle à lui le reste de son ba-
(1) Un lieutepam de grenafliers , Sibuet ( Viçior ) , également de 1» '^ demi-brigade, se couvrit de gloire dan» cette journée. Il jfut nomme cP«- Valier de la Légion-d'liooncur.
(2) Le Ueuteoaat Valette , le soua -lieutenant Buch et le sergent-»»^]^*^ C«4i9C » se distinguèrent à TatUqua de Wolko\vii»k.
DE lA GLOIRE. 5ig
taillon, cdlbute l'ennemi dans an petit bois, et s'établit dans une ferme sur la roule de Berlin. Surprise de ce mou» vement aussi rapide qu'inattendu , la colonne qui gardait le pont , se dégarnit d'une partie de son artillerie y et la dirige contre fianchon , dont la manœuvre va la placéir entre deux feux. La circonstance est favorable, le général Beynî^r qui s'en est aperçu fait alors avancer 8\X régiment d'inianterie, il les précipite au pas de charge , et le pont ainsi que les canons , sont enlevés a la baïonnette. Après ce succès, Reynier , accompagné des généraux Durutte et Jarry , se porte en avant et va reconnaître la ferme occupée par le commandant Ranchon. ^ Génél*al ^ lui dit ce M dernier , en franchissant le canal sans attendre vos or^ » dres^ j'ai peut-être fait une faute? — Non, lui répond » Reynier, si iious avons passé le potit , c'est grâces à vo- )i tre. courage » ^ et en même temps, en pi^sence de tout son état-major, il lui donna cet éloquent baiser de la victoire, la plus douce des récompenses du guerrier sur' un champ de bataille (i).
Le lendemain la division Durutte eut à soutenir le choc d'une immense cavalerie^ la pluie tombait p^r torrent ^ l'infanterie ne pouvait se servir de ses armes^ et l'épaisse fumée du canon dérobait tous les mouvemens de len^ nemi : dans cette situation, le iSâ'^ se trouva engagé contre des forces de beaucoup supérieures aux Siennes ; la mêlée devint affreuse , et , dans un lafioment de désordre, l'aigle fut sur le point de tomber au pbû voir des Prussiens; Ranchon se dévoua pour la défendre et la sauver^ tout
(l) Lé comnuiudi&it RàDchon fut particulièrement secondé, dans cette ■etion , par les capitainei OlSrier; Roch €t Uourdin , ainsi que par le ser- Cent Tustc , "
Z5ù LES FASTES
couvert de coups de sabre, il se retirait avec le précieajt d^pôt confié à la valeur de tous les braves, lorqu'un officier ennemi venu par derrière , lui assène plusieurs coups sur. la tète, et s'élance pour lui arracher son drapeau; Banehon se retourne brusquement et le perce de son ëpée; l'officier tombe avant^que son adversaire ait pa retirer la lande qui se brise à un pied de la garde ! JRanchon désarmé serait maintenant hors d'état de fisiire face à de nouveaux dangers; cependant, résolu à ne point . abandonner son aigle ^ il la cache sous sa capotte j et après avoir, avec les généraux Durutte et Jarry, raUié cent cinquante hommes de toutes armes et quatre pièces de canon, il la rapporta au colonel Tridoulat, qui le complimenta d'avoir ainsi, contre tout espoir, sauté l'honneur de son régiment*
Dans un combat aux environs de Wirtemberg, le commandant Ranchon, à la tète de son bataillon, emporta une forte position , fit cinq cents prisonniers, et mi^ tita que le maréchal Ou dinot dit de lui dans un ordre dtt }our : Ce chef intrépide et sa troupe se sont couçerU de gloire.
Le 10 janvier i8i4., pendant la bataille de Champ Âubert , les alliés s'étaient établis dans une ferme et sur un plateau d'où ils fermaient le passage au 6* corps d'armée \ de la route , deux de nos pièces faisaient feu sur ce point ; Ranchon , envoyé d'abord pour protéger cette artillerie, reçut du général Joubat l'ordre d'aborder le plateau et de marcher sur b ferme : en un instant il eut tout renversé ; l'ennemi vigoureusement attaqué à la baïonnette , tenta en vam de fiiire résistance, il fut enfoncé de partout, e}: oblige de céder le terrain à l'intrépidité de nos soldats devant qui il
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prit la fuite en abandonnant des morts et des ppsonniers. Danscetteluttey un adjudant souâ-officier 6e signala par une ardeur et une bravoure dignes des plus grands éloges^ ce vaillant militaire se nommait Barron;en voyant avec quelle ardeur il combattait, Banchon .transporië d'enthousiasme courut à lui , et , détachant sa croix « « Tiens , Barron j lui dit*il , voilà ma décoration , tu Pat » gagnée, si l'empereur te la refuse, je t'en donne les )» appointemens. » Peu de jours après , Napoléon à qui ce trait fut rapporté, voulut récompenser le courage de l'un et la générosité de l'autre; Banchon à qui il venait de donner sur le champ de bataille le surnom de Vieiix * d'Egypte, fut &it ^officier de la Légion^d'honneur , et; l'adjudant Barron reçut le brevet de chevalier dePordre.
Pendant la campagne de i8i4, Banchon, en l'absence du colonel Caillasson , que de graves blessures retenaient à Mayence, prit le commandement du xSs*^ auquel fut joint un bataillon de marche. Ce corps placé en tirailleurs dans la journée du 3o mars fit des prodiges de .Tableur; il se composait de huit cents hommes: tous, k Pexemple de leur chef, se signalèrent par une conduite héroïque ^ entourés d'ennemis , aucun d'eux ne voulut se rendre ; il n'y avait plus qu'un seul tambour, il alla périK au milieu des Busses^ les capitaines Maillot et Julien s« signalèrent par un dévouement supérieur à tous les périla) deux de leurs collègues , les braves Ferrot et Thomas, sucr combèrent glorieusement en se précipitant dans les rangs qui leur étaient opposés ; en^ , quand le combat cessa il ne restait plus de cette ^oupe 9[ue trente-sept soldats el treize o£Bciers.
55î LES FASTES
THILLET ( André ) , sergent dans la l^ion du Rhône , ancien chasseur au 6* régiment d'infanterie légère, che- Talier de la Lëgion-d'bonneur.
En i8î 1 , Thîllet se signala par un fait des plus éclatans auxquels la guerre puisse donner lieu. Nous empruntons ici le i'ëcil que le lieutenant-général Foy en fit, le 19 avril 1820 ^ dans une séance des représentais , à Foccasion d'une pétition adressée à l'assemblée par ce militaire.
« L'armée françai4»e, commandée par le maréchal ' » Masséna, occupait le Portugal. Le chef du gonverne- % ment avait prescrit démettre la place d'Almeida en état » de sauter ^u premier ordre qui en serait donné. Mais la » retraite fut plus prompte qu'on ne s'y était attendu, » et quand l'ordre arriva, Almeida était bloqué par )» les Anglais;
» Ajftn d'exécuter roi*dre de Napoléon, le maréchal w Masséna livra bataille ; nous ne fûmes pa» assez heureux » pour débloquer Almeida.
» Cependant l'ordre de faire sauter cette place était » impératif, l'armée française n'était qu'à trois lieues » d'Almeida. Le pays entre deux est couvert de rochers: » sur cet espace et dans* ces rochers était établie une ar- » mée de cent mille Anglais , Portugais et Espagnols , et ». de plus une population nombreuse qui y avait cherche » un refuge. La place d*Almeida , quia peu de dévelop- / » pementj.élait étroitement bloquée; le général Btennier, » qui y coi|imandait , avait tout préparé pour fairesauler » les fortifications; les mines étaient chargées, ftiais il » attendait l'ordre d'y metti^e le feu.
» Le maréchal Masséna fit demander des hommes Je
» bonne
DE M GLOIRB. 5i5
» borne. voldntë pcter-dller à AUnelda. Quatre soldats «e » présentant ; 'Sur les qiiiakef, tvois <ini péri \ un seul reste ^ » c'esb André Thillet,. le. pétitionnaire dont nous ho^s » occupons. ^ : :.; .
•n André ThiUet mit trois jours et trois nuits à faire lâ » trajet, llné-votflut.pqint' se travestir, de peur d^è^e »^penâU'Comnlû un vil espion. Il ^e cachait pendant le » jour, 'il se «traînait. pluHdt qu'il ne cheminait pendant »; .la jnuiL iTantôt il tombait au milieu d'un bivouac des )> eiinfmi£,' eik^ pôariéviiter d'étape redonnu^ il se mettait y> àisonfieràvec eu^; tantôt il rencontrait des familles »- 0àpsJgnoles:i:éEugiées dansides cavernes/ et c'était alors » qu'di fallait de bi présence d'esprû potir échapper au )) pW^randrdes. dangers. Le troisième jour,ThiUet arriva » au' dernier cordon ,.. devant Àlmeida; il s'élança sur le » dernier factionnaire anglais, le' culbuta et courut à la » bamèxtiiâè .la place, sous une grêle de balles tirées par )) les tcoxKpestdtt. cordon et pjsir la: garnison* Heureuéement- » aocmedeoes baltes n'atteignit ce brave. Il remit l'or* » dre au général Brennier.
À Aminuit^ la place. d'Âlmeida sauta en Fain Le gé- » néral Bi»nm^j avec son excdlente garnison, enfonça » la ligne anglaise du blocus , rejoignit J'armée française^ » et:i][ous ramena André ThiUet. '
W'iîet événement, dont il n^ a pis d'exemple dans » l'histoire des temps modernes, fit une profonde im*' » pression sur les Anglais. Le colonel Bevan^ comman^ » dant la portion de la ligne qui fut enfoncée, ne pot » résister à la douleur qu'il éprouva d'un événement si » inattendu , et se brûla la cervelle. ^
>> Onaccordaà André TbiUet une dotation de 6006 fri » de tente sur les domaines que le gouvernenient fran- Tome V. 25
554 LES FA8TËS
j> çaift treuil réserves dans: la Cas(IUe« Celte dotaiitn était » un ckâleau eu Espagne. ThiUeb n^n a Jamais rien » veçiK,J«el il n'a pas même ^u largralificaiioQ accordée n aux donataires dépossédés.
» Cependant l^îllel a contîntië sa candère a?(ec bailla »e«i\ li a fait bravement Ik guf rk*e en Espâl^ne et en » Allemagne dans le 6* régiment: d'infanterie l^ghre. Il » egt anjoordfhui sergent dans la; I^ioa duRbéàe*
]» JMessienrsy à celte séance tnètne on terœûle.fai loi }> des comptes* La loi da i5 mai i8ifi ordonne, ijiifr le » compte du domaine exlraok^inaire sera rendu «âmâme )i temps que le compte des finanoes. Ain^> noiisr^tarvk derons pas à recevoir un projet ^e^lolbui* le doinaine » extraordinaire* Ce seral'occaiiion de i^fooMjpettS^y fat- )i' ce même par une mesure d'exception^ l^Mtîan! écls- » tante d'Andra Thillet; V
» Je demande qu^ raisott de ce que ThîUet çst ud » excellent sergent, «iaceptib)e d^re i^eoramafuidé aax » bontés Au Roi pour le gradé d'x^cier^ on renfroi^sa j» pétition au ministre de la guerre.
» Je demande qu'on la renvoie aussi aa ministre des » finances, afin que ThUiet.ait une récompenae prîie^ar » le domaine extraordinaire. : ^
» Et comme ce qui abonde ne saurait nuire, j'appaîe » Tàvis de la comniisûon pour le renvoi au piléiideQt » du conseil des ministres.» Le tdple i^^ivoifatr prononcé ^ mais, qui sait si , depuis. celte époque y. la recommandation du général Foy n'a pas été' un n^otif i'^^i^ injuste envers le brave Tfaîilet.
PUTIGNY (le haroxi' Jean-Marie), capkainc au 53^ i-égîaieni d'in&nterie de ligne , chevalier de U
Légkm - d'hounéur , né à SeîHeriard , dëpaHcfment de Saône-et-Loire.
• (Addition à son article, i*'vol. dest'àstes, pàg. 216.)
En 17Q2, tulîgny, a peine âgé de dix-sept ans, entra, comme soldat au 2* bataillon da rt'giment de Navarre , infanterie; fils d^un pauvre cultivateur, il n'avait reçu aucune instruction, mais il était avide de savoir, et pour apprendre a lire il mit à profit les loisirs du camp. Malheureusement les premières guerres de la révolution ne^ laissaient que peu de repos au soldat: Putigny trop sou-, vent interrompu dans ses études, ne fit que peu de,pro-* grès; mais il devînt habile dans le maniement des .firmes , et , quand vînt le moment de combattre , il passait dans Ib régiment pour un militaire de^ plus exerces, jusqu'alors il ne s'était fait remarquer que par. son aptitude , sa bonne conduite et une exactitude scrupuleuse à remplir ses devoirs j bientôt il se signaja, par sa bravoure. Le premier combat auquel il assista , eut lieu prèé de Maulde, en 1792 j Putigny y fut conduit par un vaillant officier, le brave Réinoissonnet (1), qui ne s'apierçut pas, qu'il n'avait pas enpore vu le feu.
Feu de jours après , il se montra intrépide à l'attaqué du village de Ramegy (2) , qui fut repris sur les Autrichiens par un détachement dpiit il faisait partie. A U
(1) îi fit toute là campagne ayant le bras en ëcharpe. En i8o4 , cet officie^; que ct'édatans serTicea avaient £iit parr^ir au grade de colonel, comma»dait un des rëgimens de la garde de Paris.
(a) A l'approche de la première invasion » les habitansdeRaro^, s^aiw inèrent tous pour repbusser Tennemi j à leur tête éuit leur curé^ qui les enflammait par son exemple et par se^ disco^. La servante de ce vénérable pasteur, surprise au moment où elle sonnait le toscin, fut lardée k •oups de baioBAettcâ et précipitée du haut du clocher \^t les Impériaux.
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joucaëe de JernOMipes, le 5 novembre , il fat envoyé en tirailleur et se distingua pat son courage et son sang-froîd.
En 1793, il se trouvait au siège de Maestrecht, où, avec quinze de ses camarades, commandés par le sergent Saint-Georges j il contribua à repousser la cavalerie hollandaise qui fut obligée de rentrer dans la place. Dans cette action ) Putigny qui s'était porté en avant , lutta seul contre trois cavaliers, tira sur eux et les mit en fuite.
Un mois après, dans le bois de Vicogne , près de Valenciennes, il fut au nombre des tirailleurs qui, ayant par leurs démonstrations attiré une colonne anglaise sous une batterie masquée, et la voyant foudroyée et en désordre, profitèrent de cette confusion pour foncer dans «ses rangs, achever sa déroute, et la poursuivre jusque dans ses retranchemens (i). '
En avi'il 179^, Putigny franchit sur un madrier les
(1) La peite des Ang^lsfut énonne; la plupart ayaient d'horrihles Mes- •ures. Un de leurs oolouélis que Ton recueillit sur ~Ie champ de bataille avait eu les deux jambes et les deu^ bras brisés par la mitraille j. hûjifiâecet infortuné se constitua prisonnier pour lui prodiguer les soins qu'e^gesit sa situation ; mais déjà il avait été prévenu dans cette intention par rbuinanité d'une cantinièi^ française, dont le désintéressement et le côarage méritent d*étre célébrés : cette femme était connue sous le nom de LaMèfeMoreau, citait la veuve d'un ancien militaire mort par suite des blessures qa^il a^^^^ reçues à laEàire de Skeilberk près le mont Cassel.£Ile suivait l'aniiée par dévouement ^ pendant le coiùbat son poste était' ordinairement sur la ligne des tirailleurs 5 souvent on la vit s'av.ancer au milieu d'un gi.éle debaUef pour leur porter l'eau-de-vie, ou pour secourir les blessés. Après Tactio^, so"* cœur -qui était excellent, ne connaissait plus d'ennemis : Finançais où 4t^^ gers, %otts; s'ils soufiraient avaient des diY>îts à sa pitié , et jamais elle n'ao- «eptait rien pour prix de ses bons oÉces. La mère Moreau ne devait p^» ûii« fortune; en iÔo4', dlei'cvint k Paris ou depuis cette époque elle a vécu dans
la misère; peut-être n'est-elle pltis ! ! ! En lisant ces pages plus d'o"
ancien soldat, le cœur narré, l'œil immide de laimes,' lu^ donnera un souvenir de gratitude*
fossés deForne» , et pénétra dfes premiers' dans la place où rennemi assailli dans les rues et poussé la baïonnette aux reins, fut contraint de Se rendre à discrétion. Peu de jour» ap?ès cet assaut, ÏPtitigny fut nommé caporal au choix de ses camarades^
Dans le mois de juin de la même année, il fUt compté parmi les vingt guerriers déterminés qui , sut un pont dont l'approche n'était défendue par aucun ouvrage de fortification , arrêtèrent pendant plus de deux heures un corps de cinq mille Hessois, attendirent d'être débordés et tournés pour efiectuer leur retraite , firent une trouée et se frayèrent un passage sur les cadavres des assaillans. En 1795, le bataillon dans lequel servait Putîgny , fut envoyé contre les chouans. Sur le théâtre de nos discordes civiles, Pu tigny trouva plus d'une fois l'occasion de faire briller sa valeur. Dans une attaque contre une bande des rjebelles, il en mit cinq en fu^te et s'empara du cheval de l'un d'eux. En rentrant dans un village, ce cheval fut reconnu par un marchand auquel les brigands Tavaieut eulevé; Putigny le rendit sur-le-champ-, le mar-^ ohand lui offrit alors cent francs, mais il les refu«a d'abord , et ne se décida ensuite à accepter cette somme "que sous la. condition qu'elle serait remise eçtre les mains de son capitaine Thiery (1) fet répartie entre les soldats de sa compagnie.
(l) Le capitaine Thiery était né dans le département d'Indre-et-Loire j il iat tué «n 1B09 , sons les murs de Ratisbonne en défendant ^aillament contre, les Autrichiens un poste des pluib împortans,.oii succombèrent son lieur* tenant le brave Maublanc , et pluâ des deux tiers des soldats qu'il commaAdait. Pendant les premières campagnes d Italie , Thiery s'était, signalé par plusieui^s beaux faits d'armes qui lui aYaient fait décerner im sabr^d'honnenr»
558 LES PAfiTÉS •
E!n 1798, le duc de Montmorency était mifermé comme prisonm'ei* d'élat daQs la citadelle de Milan; il était ^(.'fendu expressëaient de le laisser communiquer avec les personnes du dehors $ deux inconnos se présen*tent à la porte de l'avancé du/ort^ et demandent à parler au duc; c'étaient deux doses amis^ qui ne Pavaient p vu depuis long- temps 9 et qui, par un billet, lai témoignaient le désir de s^entretenir avec lui; Putigny qui remplissait les fonctions de sergent j était alors de garde près dfô^ détenus; le duc le prie de favoriser son entreroe avec les deux étrangers; Putigny se rappelle sa consigne; c^est la première fois qu'il l'aura violée , mais TefléchissaDt qu'une telle infraction qui ne peut être dangereuse que poul*lui seul,va sans doute procurer un instant de bonheur à une des victimes de l'odieuse politique, il n'hésite plus à s'exposer, envoie un de ses soldats au chef du pesitede l'avancé, et prend sur lui de lui faire dire que le coanmiidant de la citadelle a donné l'ordre de laisser entf (st.
En i8o5, Putigny qui avait suivi les drapeaux de la république dans le Nord ,. dans la Vendée , en Italie et sur les c<5tes de POcéan, fit la campagne d'Autricfce, et reçut , poyr prix de sa belle conduite à Austerlitz, l'étoile de la Légion-d'honneur et le brevet de sous-lieutenant.
Plus tard il partagea les travaux et les triomphes de la grande armée en Prusse. A Eylau, une balle Iw brisa sa pipé dans la poche dé son cariçk; elle devait lui percer la poitrine: elle fut détournée p« cet obstacle ; une seconde balle emporta un lambeau de son habit sur l'avant- bras gauche; un biscaïen aujorli ie frappa au - dessus de la cheville du piçd droit, et un boulet en ricochant lui fit une grave meurtrissoJ^
m. lA «LOIRE. 5*9
au gras de la jambe. Malgré la do^leui^tie Inietilâlient ces Tioienies contiens, il i*eiiiploça petidasit la «bataille ^ùol tieutooaat qui Tenàitil'ètreiblesaé à la telse de sa foompagiiie, et réiiatant.aux instmceis 4e ses camat^ades qoi le pressaient d'aller se faire panser, il ne quitta paaiaoa rang jusqu'à la fin de la journée.
Le 2$ avril 1809, devant ï{ati.4bonhe , Il ibbhHia dés premiers à Tassant , et fit des prodiges d'une telle valeur , que , sur Je chatnp de bataille , Napoléon lui conféra le titre de baron de l'empire , avec une dotation de quatre mille francs et le grade de lieutenant.
En 1812^ il eut part à tons les snocès d^ l'expédition de Russie , en supporta, les désastres avec énergie , et com* battit eniSi 3 dans la Saxe , où une nouvelle gloire et de nouveaux revers $il, tendaient nos aigles. En 18 14, il fut bloqnédans les remparts de LuxembcMirg^ à la paix il fut maintenu en activité, et fit en i8i5^ daiasle corps de Vandamme , la dernière campa^e de Belgique , pendant Ia« quelle il assista à la prise de Charleroy, de Fleurus'et de Wavres. Au moment de larètraite^ ilfut atteint d'un coup de feù dans un engagement qui eut lieu près de Nàmur; mais il n'en resta paà moins à la tête de ^es soldats et prit le commandement de son bataillon dont le chef venait d%re mis hors de combat.
Après avoir fait vingt campagnes toujours dans le ma* tne régiment , le capitaine Patig|^ , tout couvert d'ho« norables blessures qu'il a reçues dans plus de soixante batailles, combats et affaires d'Mvant-poslesy a subi le licenciement de l'armée de la Loire , et n'a pu obtemr en iSijS d'être compris dans la réorganisation des légioûf départementales. 4^dmis à la retraite, conrorniémetit à rordonoance du i*'' aoàl^ 181 5 , il réside maintenant
3ÔO LES-FAStËS-
à MAcoH' où iiconsaùre la pins' grande partie de sa pension à sôuteoir. une t sœur infirme, et une .bellesœur resiée vedve avec trois en&ns en. bas %e. H n'est 'pas .rare de voir les militaires .français • donner de^ pareils exenrples de vertu.
BALSON ( Luce ) , chef, de bataillon , lieutenant de roi, chevalier de la Lëgion-d'honneur et de Tordre de Saînl-Louîs, né à Rumilly-les-Vaudes , département de TAube,
( Addilîon à son article, tom. x*' des Fastes ^pag. 206.)
En i8i5 , Bakon^ ex-capitaine âu 9* régiment d'in— &nterie de ligne, était commandant d'armes de la place de Goes et de l'île de Sud^Bévelffnd , lorsque , vers la fin de décembre y les Anglais s'emparèrent de plusieurs iles VQÎsinea. A l'approche du danger ,. les employés des douanes et des droits«réunis se hâtèrent de prendre la fuite j et le capitaine resta seul avec .deux compagnies de . canonniers garde - c^les , dont il se vit bientôt abandonné. Balson demanda alors des troupes an général Gilly y gouverneur de la Zélande; mais celui-ci ne lui envoya que soixante hommes d'un bataillon colonial, en lui recommandant de ne pas se compromettre avec l'ennemi , et de se replier de suite sui* llle^de Walcheren. C^>endant cinq cents Anglais on insurgés Hollandais étaient déjà descends dans te Welpbaardyk, espèce d^iK^t qui^ par une digue, se j<Hnt k Sud-Béveland : deux autres débarquemens de quatre cents hommes chacun s'effectuaient, l'uni l'écluse ^u canal de Goes , l'autre en fece deT^ledeTholen, près des villages de Wemeldinge et Irseoke, d'où Ton pouvait! couper hi i^elraîte &àx: le fort deBatz. Avec soixtoiierbaiïotînettes, ileûl^^té bi^ai^difficile
dE LA GLOIRE. 36i
de garder une ligné de cinq Keues dVUen due : Balson disposa sa petite troupe de manière à surveiller l'enceinte de la ville. Il était nuit quand il plaça ses postes ; au point du . lour^ il reconnut que toutes les digues et chemins qui conduisent de Goes à Pîle de Walcheren et au fort de Batz étaiçrï occupés par l'ennemi ; dans une situation si critique, il fallait ou subir la honte de rendre ses armes, ou se faire jour le fer à la main. Sans hésiter, Balson à la tête de son détiacliement se dirige vers la digue qui mène à l'endroit où s'effectue le passage pour Middelbourg ; déjà les Aiiglais y étaient établis; il prit la résolution de marcher droit à eux ; mais auparavant il adressa à ses soldats cette courte harangue: « Camarades, si voire bravoure » ne m'était pas connue, je n'espérerais pas sortir de la » position difficile à laquelle nous sommes réduits 5 pro- » meltez-ri)oi de m'obéir exactement, et je promets à )) mon tour de vous sauver du péril ; point de précîpîta- » tion dans vos mouvemens , ne faites* aucune manœuvre » sans que je vous Paie auparavant commandée , ne tirez » sur Fennemi qu'à bout portant , c'est le moyen de ne » pas perdre de la poudre; s'il vous résiste, foncez sur » lui à la baïonnette. » Dès que les Anglais eurent . aperçu le détachement que commandait Balson, leurs poules se replièrent les uns surles'aùti*es. En voyant la . manehe assurée de cette poignée de Français qui s'a van-çaient l'arme au bras, l'a colonne ennemie, trompée par leur assurance, pensa qu'ils étaient Pavant-garde d'uti corps* plus considérable arrivé de Batz pour livrer combat; dans celte* persuasion, elle se retira dans le. Welsphaarsdik pour défendre avec plus d'avantage le passage de la digue; Balson profila de cette erreur pour gagner promplement le port de Borselen , où il avait Ja
66a IJSS FASTES
certitade de tréuvar^etembarcations^Left Anglas voyant le )our baisser, et cramant de tomber dens une embuseadej le laissèrent poursuivre «a route sans trop Tinquîëter; en traversant le village de Heinkessant^ Balsoa troava les habitans révollés, et parvint à soustraire- à leur fureur un percepteur des contributions^ sa femme et ses enfaus , ' qu'ils voulaient égorger; il fut assez heureux pour les ra* mener a Flesoingue, avec sa petite troupe. Depuis pins de quatre ans^le capitaine Babon résidait avec toute sa famille dans Pile de Sud*BéveIand, lorsqoUl fut contraint de l'évacuer; il y laissa un mobilier considérable, qui fut livré au pillage : c'était là le fruit de ses épargnes et toute sa fortune.
Après de glorieux services et quatorze blessures reçues en .combattant pour la patrie y cet officier qui, en 18 15, •'est signalé par la défense du chdteau de Ham, a été renvoyé en demi^solde au commencement de 1816, et remplacé dans son poste' par un de ces émigrés qui Tentrèrent en France sous le consulat, et qui montrèrent sous l!empire que ramper, flatter et mendier sont des habitudes que ne perd jamais un courtisan.
AUBRY DE LA BOUCH&RDERIE( Te comte Claude- Charles) y général de division d'artillerie, commandant de la Légion-d'honnenrj né en 1775, à Bourg en Bresse, département de PAin*
Fils d'un inspecteur général des ponls^et-chaussées, Aubry s'appliqua de bonne heure à l'étude des sciences exactes. Il se destinait à la profession de son père, lorsque lout-^à*coup la révolution vint changer ses goots , et lui montrer sa véritable rocat ion. Le 10 mars 1793, il
. DBLAÇLOIRE. 5^5
entra au service cotâme ^lève sous^lietateiâurit d'artillerie , devint lieutenant en second, le i" septembre delà f&ème annëe,. lieutenant en i^' le ]>5 aTril 1793, et çapttaide le 1^' aoat suivant; il fit successiyenient en cette qualité, jusqu'en 1796, les campagnes aux arm^ées du Nord, de la Moselle et du Rhin, où sa bravoure, son activité , son instmctiçn et son intelligence forent souvent remarquées. ' Le 1*' avril 1797 ) ^^ donna et fit accepter sa démission , ^ et ne reparut sous les drapeaux que le i3 janvier 1799. Q repritalors son grade et fut employé à l'armée d'Italie. Au moment où les troupes franchirent le grand Saint-Bernard il fit efiectuer le transport de l'aHilIerie^et s'acquitta avec un rare talent de celte opération aussi périlleuse que'difficile; peu ide temps après il se distingua au passage du Mincio^ y commanda les batteries de Pavant-garde , et les dirigea avec tant d'habileté qu'elles sauvèrent la division du général Moncey 9 momeniaoément en péril sur un point où elle s'était engagée. A Mosambano, on le vit, sous le &u le plus meurtrier, commander quatre pièces de canon et les xnanœuvrer pendant plus d'une heure dans une position en butte à tous les coups de l'ennemi* Vingt-deux canonniers ou soldats du -train , c'est-àrdire plus de la moitié des hommes sous ses ordres , et vingt chevaux y furent tués ou blessés.
En 1801 ,il fit partie de l'expédition de Saint-Domingue, sous le commandanent du général Leclerc ,^t fut en débarquant au Cap, nommé chef de bataillon, sous-directeur d'artillerie. Il se signala à cette époque dans plusieuas combats contre les noirs, notamment le 19 mai 1802, qu'il reçut dans l'estomac une balle dont l'fextraction lut impossible.
En i8o3, Aubry revînt en France, et fut, le 25 mai,
promu au grade de major dans l'artillerie légère; c\^ mois après il recul le brevet de coloDel du 8* régiment pied delà même arme^ et fut appelé en i8o5 au campd Ek/ulogne, d'où il partit en 1809 avec les troupes quis^ rendaient en Allemagne^ Chef d'étal-major de rartilleriir du corps d'armée de Masséna , en trois hernies il comlruif sit sur l'un des bras du Danube>. entre les villages deGrot Aflpern et d'Ëssling^ un pont de àéixante-deux loises, communiquant de la rive gauche du fleuve à Pîle d'IDde^ Lobâu, où se trouvait la division Molilor. Le 22 mai, i assista à la bataille d'Rssling , où il fut grièvement blesi . et resta quelque temps confondu parmi les morts; quinJ jours a|>rès j Fempereur voulant récompeilser les éclatai» services qn'Aubry lai avait rendus le nomma général de | brigade et lui conféra ensuite, par décret du i5 août, le' titre de baron.
De retour en France , après que rAulrîche eut feil sa paix, Aubry fut envoyé dans les provinces îUyriennes, où il fut chargé de plusie.ui's inspections. Au sein de ces contrées sauvages, où il tt'y eut jamais de sûreté pour des Français, il fut souvent en danger de perdre la vie. II li» 'fallut autant d'adresse que de courage pour éviter ^ embûches des Morlaques et des Monténégrins, et s'exposer en même temps à leurs attaques.
Après avoir rempli celte importante mission, Aii^^J ^^^ nommé directeur de l'école d'artillerie à Alexandrie^ le ministre de la guerre lui confia alors la lâche d'inspecter l'île de Corse et toutes les places fortes de l'Italie. Le 2 août 181 1 , il obtint une dotation de 4ooo francs en actions de la Société d'Hanovre, et fut appelé le i«' février 1812 au commandement de Partilleriie du 2" corps de la grande armée avec lequel il fit la campagne de Russie. H ^
DE: LA 6I,C«RB. Sé5
couvrit de gloire aux cpmbâts^e Smok^skC» dePoJc^atet de.Valontiua (i).
Pendant la retraite deMoscou^iljetaayecuneproizip* tîtude qui tint du prodige, le pont§iir lequ^^vle aSoiQvembre y le gros de l'armée passa la Bërësina. îi ;
Devenu général de division, Aubiy commanda.emi j,8i5 l'artillerie du 1 1^ corps formaut ravant^arde ^ lî( grpitide armée; dans les journées de Lutzen et de ^^ut^çn^i^il w%^ plusieurs chevaux tué? sous lui, çt i^t couvert der blesski-»" r^. Apjrès tant de fatigues et de . travaux y, sa santé se ti^où- . vant trop afiFaiblie, il profita de l'armistice de Dresde pour solliciter ua congé ; l'empereur qui venait récemment de lui coliférèr le litre de conale, lui accorfla un repos de trois moW Aubiy s^absenta à peipe quelques jours, et ne fit pour > ainsi dire que paraître à Paris. Les hostilités' ayant pi^o^Uptemeut recommencé, il oublia ses Souffrances,^ repartit aussxt<6t et revint au 1 1^* corps oih mi loi AVaÂtj con^ery/é ,son çommandemeni:. A Leipsick-, 4s$i^ <3ont}ixite> fut héroïque; mais dans la dernière 4es journées de cette' funeste bataille, au moment où il faisait mettre .en position des batteries ., destiuéo» à ^oiileiûr la retcaite , . il tomba frappé par un boulefj traiisporté dans la "ville, il y subit Pamputation des deux cuîssesj on Croyait le sauver, lorsqu'à la nouvelle d'aça défaite q^i^^J^i^ait au pouvoir de l'ennemi, il mourut de douleur (2) eusoi^ géant aux désastres dont sa patrie était menacée. ' -
.(1) Voyez le \k^ bulletin de U grande armée.
(2) On tTOuvedans la Noupelle Biographie des contemporains, plusients individus du nom d'Aubry ; parmi lesquels un conunissaire feudiste qai,àé-f puté du tiers-état en 1 789, ne put sortir de Fobscur ité à laquelle (e condamnait Tabsence totale.de talens. Un bénédictin, auteur de compilations indigestes et de Urres anti-philosophiques oubliés: une énergumènequi fitqu^]quç#
566 LES FASTfiS
On 11 îprëtenda ^de le général Aubrjr, st trouvant sans argent à l'ambalance, en am^ait fait demander à Pemperear;>etqne celui-ci aurait répandu: yàubry ne peut pt^a^iA^étre àUle^ il n'a plus heaoèn de rien. On'a ajouté que cette répcM^ise, tranamiâe au général, lorsque la fièvn» qui suit l'amputation, disait concetoir le plus heureux espoir, Faurait traii&^rté de colère, que dans sa fureur ilaul^t déchiré l*appareîl, et aurait auccombé à une violente héraorragiei- L'absurdité d'un paràl récit est trop ëridente pour que nous chéiichions à le réfuter. Comment
mauTais drames et s'honora du titre de (bndalrice de la. Êoçjiélé popuJaire diu des tticot'eusès de la ConTention \ une danseuse figurante à l'ojpérs ; nmarquabUpmff la beauté de sesfdrtàesi et qui dans le i^ôlc de là Gloire^toTok fie fort lu^it et se cassa Hi^brasj'aBCiiré'de \td, m«t éccUsiasÛqtifi sToot on juge; on ne sait pas dans laquelle d« ces profei^M)ns j . i^lflnû^ ^ PaiiS; profond calculateur, et dont les travaux les plus releva soptde 11 iiat^]ié'dèc6u<^Ëârème, il puBlia/ditle rédacteur de son articte, plosietm omirdge9ide iiiiifAiiiîa/ifti«,particttlUs«mentsur leêtehriers,^iAnâetD\u ces homonymes, un des membres de Ifi Convention , déporte avt|} Ficbe|ni et mort en AngleteiTe est le seul dont la carrière n'ait pas été. frappée di nullité. Après la taotice consacrée a ce personnage , ou clierche en vainceUei des trois ^étieraux Aiâivj, qtn s'illustrèrèni au' service de la patrie : le premier comt>attit atec distinction sous )e» dxapeauxdela république^ lesecoixi, aujom*d'lmilieutenant-<général, et le Nestor deTartillerie, a Sût toutalei guerres de la révolution j il se signala notamment k Farmée des Pyrénées, kfft de la première invasion' cl^s ^pagnols, fut cité souvent pour sa bray^weet «es taleos» obtint k dlVerseft époques plusieurs commiHideineDi un- . portans, fortifia un grand nombre de places, en Italie et en Allemagne;^* désigné deux fois pour présider le collège électoral de son dcpartemeni et marcha à' la tête d'une légion dé ' citoyens en armes, au moment, où en l8i4, les alliés menacèrent- le territeâre de l'Empire; le troisième est le comte Aiibry,àqtd,av€cleurparcimoaie orRinaire, les auteurs des Victoires et conquêtes, dans une prétendue Biographie militaire de la France j ont accordé quelqufslignes insignifiantes, et ceux daJ>ictionnaire des généraux, ouvrage composé sous une influence toute aristocratique et anti-natlonale , trois peg**^ rempUes d'en'etirs et d'inexactitudes. .
penser que Napoléon , abandotiné de la fortune , ait montre une ingratitude qu'on ne lui connut pas dans sa plus grande prospënfé? Pouvait-il' abandonner ses guerriers mutilés, celui qui avait plus besoin que janiais de multiplier Fliéro'isme et tous lies genres de dévouement? Napoléom ftiralt apprécié' le caractère et les talens du jgénéral Aubryj il savait qu^il serait difficile dé le remplacei', et, sMl ne dépendit pas de lui d'adoucir sa situation, du moins il le ptaignil^ et lui donnaî de siiicères regrets.
Le général Aubry était d^une baute stature; sa taille était svèlte- et élégante^ son visage sombre et fiirouclie,' son regard plein de feu et d'expression, son abord dur^ ses Biiànières' tives et brusques. A la nuatfce rembriihie de soiiteiiïtj'^ étdt aiis^éde reconnâlEtre qu'il avait été brûlé par- le soleil des Antilles. Dans' Ténsemble de sa physibnomiè, il y avait quelque cbose de celle de Bonaparte T/^âliquei c^était:!» même coupe x[e figure, la liiêmè vigiieUr de traits^ la même ^empreinte dû génie; ses cheveux d'ub bean noir d^tbêne et la blancheur éclatanbe de ses dents ajoutaietit encore & la ressemblâncè/Sbn âme, d'une trempe énergiquié, était le foyer dés passions les plu^ fougueuses et les plus.ardenteîs^, mais elle était surtout embi^à^éé de cet amoârr de' la 'gloire 'qui fiit les héros ; elle touchait à la fois II tous les eB;t:f^tties, et se prêtait à tousr les contras^ tes. L'habitude de son hunieut était la tristesse et la m&: lancolie, et cependant au sein des fêtes, dans uii banquet' ou dans toutâ autre réunion joyeiïse, il portait une gaité bruyante, eti c^mme.sur le chtoip de bataille, il' donnait à tout le monde une impulsion d'enthousiasme. Il alUaft' la pétulance à lâ réfle^lion , la discrétion à la franchise. Il ne voulait pas-qu^i^l^^éftt 4e seci^ p^ur lui, et mysié'vieux lui-^m^e, il eàottài k s'exifomcer dan$ les épaisse»
téuèbres de l'Illuoilnisine et de la francise* maçonnerie. ] Son esprit pouvait embra^sser les combinaisons les plus vas- , tes et les plus profondes^ ou descendre aux objets les plus I futiles^ aux choses les^plqs. frivoles* Souvent on le vit or- . donner lui-même le- menu de son dîner, etmçntrèr qu'il n'ignorait ^ucun des détails dont se compose la science des Âppicius. U était sobf e et tempéranjt^ et il voulait que sa table fût abondamment couverte des mets )es plus rares et les plus exquis. On eut dit qu'il avait pris à tâdbe de prouver qu'à son gré il savait jouir ou s'abstf^ir 4^ tout. Au milieu des travaux de la gueri e , il.suppoi'tai.t les fati- ; gués et les privations avec l'endurcissemjent^d'un Spartiate ^. lui était-il per^iis de prendre qu,elque repos, ij mettait à se procurer les aisances et les cp^nmoditiésdela vie, to|ite la jechercbe. d'uaj^jharitef II aimait le^ fenunes, le jeu, la musique, les chevaux,, les «pectacles,^ le» tu;aiulie d€|s camps , et pour lui la solitude, le silence .^^atçnt un cl^armç indicible. Des psp)^ de luxe^Qcç^pa^nt ,aa peursée, l'instant 4Vprè8 des projets de réfi)rnae.:}l'étâ;it naturçUepient indépendant, et ni^l plus que. J^ n'était enclave de son devoir. Il connaissait toutes les contenances de la société C9mme un homme de cour, et, suivant qu'il lui plaisait, ^ les. observait toutes, ou trouvait l'occa3i<m de s'en affranchir^ U tenait à passer pour sévère., inflexible, inabordable, jet per^onijie.. n'était plus fccile à , attendrir, nf .p^lqs obligeant que lui; à Uje^.jugejE^que 3Ur les appa» reaces, on eut pensé qu'il était dépourvu de cette sensibiUlé qui; cède aux plu^ touchantes émotionçi et 41 ét^it, au çontrpire., bumdin , généreux j comp^ti^ax^t : rarement il ne s'intéressait pas à uniflalh^r réel/j alors son cœur faisait explosion^ il n'était pliMj^^maître de vefuserj presque toujours il accordait, pl^a^quV^U.Qg. demandait..
Sous
DÉ^^M-ÔLOÏilE. 369
SoV^B éùA clebors faits ÎN^Ui" intin&ider j ^Qâ§ ttiV dir - ^làcUl avec utf aspect en qùd^tie sortefaroiichfey qui ^thi&iil et semblMl écarter tout e«{)^r^ il cachait les seniiihetiâ^drisne équité^ magnanime y nobre y ^valeresque ; t<Ki le* najùstice le révoltait, il se soûlerait <:dntre l'oppression, plaignait les opprimes 9 et se fut iM^lontiers décki^ lear^^rengeur. II faisait le bien sans en «parier , sand paraître vouloir L» fairéy -et fermait labouche àla reco^maissance/ Tantôt '}l était le Miaanûirope^ tantôt le Bourru bienfituaké, mais aTM plus de dignité et d'à -propos. Il n^éui t pas ribhe , et pl«i6ieurs- veuves de militeôres ne subsistaient que de ses libéraliies. »
Aubry n'avait pas un défaut qui ne fut sur-lè-champ racheté au centuple par une compensation heureuse. II était irascible, emporté ; venâit-il à se calmer, il pesait les moti& de sa colère : s'ils s'évanouissaient , 'il se-la re^ prochait intérieurement et, afin de la faire oublier^ il n'y avait pa^ de bons procédés dont il n'usât-: bienveillance , pr'otection, argent, il prodiguait tout pour expier 1^ violence d'unmoment. On était£|ché qu'il se laissât égarer par des pi^ ventions, mais on l'excusait bient ôtenle voy an t^revepirde'Spn errei|r,^tiiierien .négliger pour réparer ses. tpx^,
Aubry possédait des connaissances variées, et causait de tout avec discernement. Sa tête était analy tiqueau plus haut degré , &t il n'y arvait. pas dei^aisoutiement • qu'il ne comprît sur-le-champ, pas de pi»6blêiiié dont il ne donnât la solution. Dans une situation quelque criltîque 'qu'elle fût il n'héritait jamais^ etyquand-lea iQb^aclesse muUi pliaient, son impatience tranehair ^dinai'refnent la difficulté; il ne s-'arrêtait pas disait IrnobuféGèrdieh ^ ihâisv comme Alexandre^ lOe bmàït. ji p^étà^t'^pas*' doué d'dne graûdé éloquenQÇ^; mf^of^f^J^^BiSé^. i?^%f9. .^'«^^ ,^ précision, TomeT. ' 24
37P •M8;.FAS3rBai..
^t i;ï»p:b;')Ar^}^ a^^vaWt»,: qn v.fjraitiqft'H était ne pour le ciHnman^fiiieiil;. :Il s'était faUdi^iJ^y^tèaie parAîCHito d%goiisme^ miiii» seyileai^at pour Jh caav^^^dtion, car^ dans touteà. lep action» de sa vie^ il ^àit d'iia'«lé$intëi.*esûeiiieDt et d'uQ« Joyuttté qui surpassent ito.ut :ce. qu'on sam*ait ima^ giner.- Il observait à la lettre teet préceptes de 'confraternité ^ui^ dai\¥ l» franche^maçonhérie^ prescrivent de s'entcaider et vde.se secourir mutuellemeal. C'était là sàJ^eligioQ: pairtoùt ailleurs.il était encore excellent camarade^ ami dévoué* Colonel 9 il se fit adorer :de son régiment ^ gésérai, il obtînt le tnèm^. amour de ses subordonnés el de ses ^aux; t6us présageaient pour lui.devhaùtes destina: il était sur la voie des honneurset des grandes dignités; maiS) À l'âge de quarante ans , if fut foudroyé au sein de nos revers. Son heure était venue : c'était la fatalité à laquelle II croyait. ( i) Les- vieux giien;iers le pleurèrent. .
Le général Aubiy n^avak^ïti'on SU. Jeune encore, il promettait de i^eproduire ses bonnes qualités. Nous ignorons ce qu'il est devenu,' maisysi ïe hasard le conduit à lire j cette notûcé, il i^econnaîtra, à plus d'un trait, qu'elle est | d'un compatriote (2), d'un aini'^ d'ufil soJ.diQit de son père, j
(1) Un jour lerëdMUut dBO«Bt»Ai(»âctf.lul dêmÉttéaàt k isDi|placer nn^ ses Camarades. dââ^né pour UY^.^n^^^n oii^il j avait de. ^an4s dang<^ I cx>urir; c'itait en 1807 pendant la catnpajgne de Pologne. «.Ce n'ettp> 7> YOtre tout, rëpôndit Àubry , votre z^e esi îouabîéy sani-douU , n''"* , 9 ne faut janiftia-déTàneér ion'ftbVtvisi é'At e^ Vertu dé ce pri9cip« <I"' * » voua reliiaè^ 9 Celui ^\ r9|iBlHff^nys}iq|):S:«\Kfpinbaf .*.■ ■
(3) M. I^. F. I.Vritiîr.(d4r>Sâp)i(fii«rei^f!%*i«ire, auUur d« ^<^^*^ articles on^paux<ms(âi>és dans, les ^Fâ<fC5 (/^t la gloYett -r. ^" \! d'asile ,' ou taéleau topogripliiq'ue ae là province du ttxaSyp au profit d^s réfugiés f^î'd^hJ^m&^iihûàt^^
TADPIN (le baron) , général de division, commandant de la Légion-d'honneur;
Taupin tie dut qu'à se^ talens et à sa bravoure le grade de général qu'il reçut sur lé champ dé bataille. Lieute*naiit , Capitaine , chef de bataillon , il se couvrit de gloire en Italie, et s*y distingua par de belles actions dans tous les combats, notamment le 9 juiil 1800, sur les hauteurs à la droite de Casteggio, où il fut grièvement blessé. Colonel du io3® régiment d'infanterie de ligne, il se signala , pen* dant la cknipagne de i8o5 , en Allemagne : il se comporta vaillamment à Austerlit2, où sa brillante conduite fut récompensée par le brevet de Commandant de la Légion-* d'honneur.
En 1806 et en 1807, il montra la plus rare intrépidité dans toutes les affaires auxquelles donna lieu la guerre de Pologne et de Prusse, et reçut les épadlettes de général, après la victoire d^Ëylau à laquelle il avait contribué.
En 1809, il soutint, en x\utricbe,. la réputation qu^it s'était acquise, et fut appelé l'année suivante en Espagne, où il se ilt remarquer autant par son habileté que par soti courageé II rendit les plus gi'ands services dans la retraite de l'armée sur le Duero, et fut promu au grade de général de division- Eni8i4, au montent de l'évacuation delà Péninsule, il fit tous ses efforts pour arrêter dans les Pyrénées les Anglo*Eipagnols qu'il battit dans plusieurs rencontres.
L'attaque de Toulouse par les armées, sous les ordres de Wellington, fut> poui' le brave Taupin, la dernière occasion de se dévouer» Il avait reçu l^ordie de voler i\d
histoire abrégée de» guerres de In dévolution française , depuis 179» jusqu'à i8i5> publié «ous le noin cle Ml Tis60t, profes«eur de poésie Utiae 4ttooîaigi4e France. -.'.v v.:-. «] :>
secours dfune redoute contre laquelle était dirigé tout le choc des allies. Il opéra sou mouvement, mais, acrété par les difficultés' du terrain, il arriva une demi-heure trop tard. Dans ce moment, le la* régiment d'in&nterie légère, qui n'avait pu tenir contre l'impatience de ne pas être secouru , avait imprudemment quitté ses retranchemens, pom* se précipiter sur l'une des colonnes d'assaut. 11 était aux prises et enveloppé, lorsque Taupin parut avec sa division ; dans ce danger pressant , il n'hésita pas , et , pour dégager le la*, il ordonna la charge avant que ses soldats, qui étaient encore péle-mèle et disséminés, ensKUt pu se former. Dans sa bouillante ardeur, il n'avait pu calculer les conséquences de trop de précipitation : le 13* Ié« ^er, criblé par un feu des plus meurtriers, et se yoyant sur le point d'être entièrement anéanti ou pris, se hâta d'abandonner le poste : la redoute resta au pouvoir des as8aillans,,et Taupin, sans appui et obligé de lutter oontre des forces de beaucoup trop su|périeure8, fut contraint de se replier. Quand il luiËdlut.ordonner la retraite, il voulait qu'elle s'effectuât en bon ordre, mais, au rétour du 4/^ de ligne, à la tête duquel le commandant Beaujean venait d'exécuter une charge des plus impétueuses, toute la division foudroyée par derrière k trente pas, ftit saisie d'épouvante; le général, qui jusqu'aloi^ s'était exposé aux plus grands périls, crut que, par la puissance de son exemple, il parviendrait à la rallier. Il courut à la queue des cplonues, les enflamma pour la résistance, et se jeta lui-mâmedansla mêlée où il tomba frappé de huit balles. Quatre grenadiers l'enlevèrent du champ de bataille et le transportèrent dans la ville. 11 y fut accompagné de «on chef d'éiat-major et -de spn pi*emier aide-de-:camp ; iU entrèrent par la porto Saint-Étîenne, mais au^dà il
DE U GLÔffiR 57$
leur fut impossible de percer la foule; dn débitant de tabac^ le nommé Cambon , ancien militaire, s'empressa de recevoir le généi*al et de îni prodiguer ses soins ; il n'eut que la douleur de le voir expirer dans ses bras (i); il était onze heures du matin. Dans l'après*midi , le corps de Taupin fut dépo^ dans Péglise Saint-Étienne ; le lendemain, on Finhuma -ayéc tous les honneurs àûa à sofï rang.
La bataille de Toulouse est Pun de ces évènemens perdu* auxquels Phistoire attache toujours trop peu d'importance, parce qu'elle les considère comme n'ayant eu aucune influence sar les époques ultérieures. Cependant cette grande action- dans laquelle 11 n'y eut ni* Vainqueurs ni taîiûcus, et qui peut se mettre au rang de celles qui , dé part et d'antfve, donnent ordinairement lieu à un Te Deum, fournit une dernière preuve que nos triomphes n'a*^ raient point ëté'rem^rtés par le nombre, mais par le courage. La bataille de Toulouse, dans les circonstatices ou elle fut livrée^ et'daiis ses résultats, était bien^propre à consoler la France de son bumilidiîbn; elle montra â l'Europe coalisée que la nation , ^lÀ si long-temj^k avait
(1) Le ehefd'éut- major du gënér^ Taupin avait eu ses vêtcmcns tout percés de coups de feu : un hït qui paraîtra surprenant , c'est que, dans le grand nomlyre de ballet dcmt ses habiu furent ckOàH , il y en ««thftoe ^Ui entra par le haut de la manche de son uniforme, et sortit yers le pJMgnét lans causer ni blessure ni contusion.
Au moment oii Taupin suoconâbait ,' Cambon fit entrer chez lui tm capitaine que l'on ttaàsportait à Fh^tal. Cet oftcirr , atteint mortedéinènt, i'informa de l'eut dû général. Il n'est plus , lui répmidk-on. -.* ec Âls 1 3> s'écria-t-il à cette nouvelle , je me sens dangereusement blessé 5 mab D je aérais heureux de mourir comme lui , si nous remportons la vie- » loîre ! » Ces paroles étaient Us derniers soupirs d'un brave, elles méri-s teut d'éire reçucitties.
opéré d^ pFodige3^ n'a rail pas cessé d'être la première poar la râleur, et qu'elle recouvrerait un jour une supénorilé que lui avait arraché la trahison* he récit des héroïques combats par lesquels nos phalanges s'immorlalisèrcnt , sous les murs de la capitale de l'ancienne Ocxita* nie, ne sera pas un hors-d'oejuvre dans cet ouyragie. Noua le reproduisons ; c'est un monument, le seul p^Ui -être qui sera jamais élevé à la mémoire des Français , dont le trépas marqua , en i8i49 le dernier épisode de la guerre.
Apr^ vingt années de revers^, nos ennemis avsiient esfin vu luire un jour de succès ; la coalition refoulait vers leur patrie les débris de nos bataillons vaincu^ par lea fcî— matsjj nos soldats durent alors se replier vers les frpOLtîères menapé^ , et, l'armée d'Espagne, qui depuis si long-tempa luttait avec avantage, quoique sans espoir dh secours, contre des forces décuples , commença sa marche rétro-* gi^ade. GeHte retraite^ effectuée sqû9 les ordres du duc de Palmatie,8e fit avec lenteur et en dUputantie terrain pied à pied; en vain l'Anglais t«ita*t-il de l'accéléiêF par des attaqua continuelles, il .fut repou^ partout. Douze mille morts laissés à Bassnssary , et de formidablea reircitt-* cbemens enlevés a la- baïonnette, sqr les hauteurs de Lansterenia , leur prouvèrent que l'avatitage des positions et la supériorité du nombre ne sont pas toujours de sûrs garans de la victotreé .
Plus heureux à Of thèse, lés alUés nous firent^ éprouver une perte de quatre mille Jiommes et restl^rent maîtres du champ de bataille, arrosé néanfâOjins du. sang de'seise mille des leurs.
Après celte journée, Soult se dégageant par une manœuvre savante et hardie, du demi-cercle où l'ennemi le tenait enfermé, se dingea vers le haut Languedoc, en 'com-
DB «à^ GtdBlE. S?5
bmaotseé itaioiiTemeiiff buY É^3è^d«* ^8S&^pdô*iïl»mètè * ^ gagner de, TÎHesse M >a .les ^cé^i« ^e^Msitors-^urs^ à Toulouse ytmék^ aèàit (déjà- èdvèjë %n Cfoldiftl du ' gfeiic GhaKgé;d&'fiim6i9ii6l<|fltnioiMvà^4^dé^fotoCk^ : ^ f>llittm?ii ltiî^êoi«>Ua2*hiaià à là tfttè de îsëfi àrteéérë* ^giife ft j«N6in9 dèimgiHqaSlIe bcripufiëfi'. €^étaît'bieii peu , si r<^a calcule le» niasaéîiaitiàiuées auxquelles elle alkit r^sîst«g^;;m^UoQliljP ari]i(é«4ieic«unposaii;d^Vî^x: guerriers liabî* tu^&QombaUre^etjq^ipi^tf^iéiiiien I^ur ohefiàile conâance %l9eagl?» En.,voyautîiboroiiUïttïde;et leur résolution , les *]&if|l9ii6J|ta0 ^sfiQJburanfeiybitaUi se • dissiper réffrdi dont Ri aJr^fnti.Ql^^ aaisià à'Ja 'S0ale>peti8ëe que petit^êlre , ils ét^kiakkh. uiW^^ de soutètiiv un siège.
>;2lB délia» aQir^.rarméeooiiàbinée déboucha par lèche-
iBiip;5)'4n^h; ottioiï ayant «'postes;* a^près^ avoir çchaûgéquel-
quea coups dei fusils^ se reticèFcnt sui' la Pëtté d^^oîe j où
d^oxredoules. étaient Â) peine, comméftcëès; Il est évident
~ qfi'^vpjQplps d'dUdac% bèa-aUiésremserH^dès-lbrfi^' pu émpor-
-|er.;iy^>yîUe. or la-^ildérense était toute en prépara*
ti^;:ii)ais/Wellingt0n1n'Qsà' rien ehtj^prea^t^e , et le lûà-
x^|(ji|J;i^l i^t à profit ]g$ mofliensa}Tie lui la^s^ait c^e tinii-
jàiié. En quatre jours , les dehors des faubourgs Silint Cy-
prienL,. Saânt^Nicol;as>ies ponts dei^e^nbooehure, des Mi-
n^fçes^ de MatabiiHi 5^de Sàiii^Ëtiennè^ de Montaudran
et |es:bautevirs[de M<inti*aTé, se. couvrirent de redoutés ^
barricades, fossés, blockaus, chevau-de-frise , palissa-
d06, etc., etc.: iantderiravaux s achevèrent comuie par
eai^antemi?nt.;jLie général eti- chef animait tout par sa
préseuc^ ; on 1^ vit le beylau à la main^ se* mêler aux sol-
datsf pour les encoi^rager ; plusieurs généraux, à son
exemple, passèrent les jours et les nuits dans les retran-
chemens. Jamais il n'y eut plus d'ardeur ni plus d'activité.
Non-seulement Tpulpase fut mise à 1 abri d'un coup de
9^9. . ;<tiES< FAiSITBd
pou>^ i;%i^îf; .^^^ ;)e3f[0mU^£tifiâi^^eette ville nagiuèi^c^ 9uyeit<^;jçti40iiÛAëe ^^partoat, 6utëlé imprenaUe;< ^i ' ^
Jusquaii;^ i^Trily.l(^alU49.MffiventttiifNuie:d6m tioa. iiévitv^4 pjaçt^^ «Ur Ja. cive. gauche. de Jâ Garontie, iUae COQ triaient d'.envoyeriqadqiita boulèUi Enfin, le 5V ils jetèrent jeuj^s porUaft^'^à^iBautêUe y etHrirob à ùeox^ lieues au-<)e$6us;4fit /fcHilaiMey'elHsoiiiinencèiNmt * à' ' M^ $u\^ I^ rÎTQ 4talle^ P^ndaoi'Moat^tpâaaage , un bal«ifin 'à crochalslauçé contre lep(iot;lâarainfSt^:et^uno potÙbitÊ, d& rarm^efiaeuiie selraavûâatoieocàulM^Bibalkyiia^eUe i^a?>* Tf^it fîjariiU^rie^.mlaqniitiai»^ einfaiil dooie /«i-^IeiâBUMirié^ cbal Souh , sans se comporomettli» eàt po marcher eorà^ tceelUi, q^i'il ne l'eiit induite à mettre bas: l«a Mftâitt. aie Tiesla trOiU ))uurs dans cette situation critiqciè ; enfin le &', fioIxaule-Kli^.mîileliûmm^ tcaversèreMla Gafonneet t?^ tendirent dans la campagne. On* dut cronhe'^bë îetir in^ tention était de cerner les Françaisuet delés prendre 'fëif £wuinec tout du moins annonçaibde* leur part la fètbiiftë de faire un si^ en règle , et dé)à à B&lma et à Colomièrs^ les Ânglaia préparaient des fusées à b congrève (i) pour incendier Touiouse. • f • *
. Le^> reQmemi poussa desrecontia&saneesyi^avant-i posiiss se tiraillèrent ^e* T^m dut s'attëbdie'pbur le Héh^^ demain à. lâie attaque générale j elle 'eut- lien èn'^Set ^* trois heures et demie du matiii. ^
Les points les plus vigoureusement assaillis , forent les ponts de rEmbouchure, des Minimes^ et' des D^biôiMlës,' mais le plateau de Montràve, si e^lèbre sùiis lenom du signal du Cdhiaetf devint surtout lé but fers lèq'iiel les
(i) On a attieîbué cette infernale invention aux Maratea de llade , f|ui; K>u»Hider-Aly yen firent , dct-dn ,' luagecétitre In kttfj^tdâ.
BE LA GtOItlE. S77
allies dii^gèrent té pliis de! forces. Pluôé^' dëiisles quatre redoute» de celte position ira portante, quelques centaines de braves repoôssècent-dana vingt assauftsle clioc de trente raille Efi{]^gnob et Portugais, quf,;chaque fois 9 laissèrent le temrinfinchë de morts* et de blessas; Dès le com^ mencénieilt daroomfaat, l'ennemi préroya[nt"6etté Vêsisttaî^ce, avait tente de- t6tn*fiei< te plateau: ÎMjh le génévsA Taupih^ . acDouvu pour s'opposer à ce mouvement de l'ennemi , était mort, la confùsioii ëttiit parmi ses soldat^, le Ëiaboiirgâàiht'Etiefine était menacé^ tdttt était perdu, loTsqiie quarante grenadiers du isfo* i*égiment d'infanterie v^e ligae, firainehissentau pas dé cdùrse l'intervalle qui les sépare de l'ennemi , se ràtigent en bataille â rinstant, et'lui barrent le dièmin; en vain mille baïonnettes! sont dirigées contre euit,, nn (eu'de deux rangs qd'ils exécutent avec sang-froid et îpffécision,* lés détivtè de» assaillans les plos àcblsii^iiés»^ oMi^ë lia colonne à ^'arrè^ ter ^i)et dimne àa géflétoiV Dimnagnaclé tèmpià d^arfiver et de.sauver la villfs; L'ennemi , fof^dé'de^serèjîliervilit étrëèè dans sa retraite par FartîUerie de hoisr redoutes ^ ce fbt alors q.u?<>nentiefiditim bataill^il de^<^ônscirit5 armés delà veille , s^éçrSer tous d^qiné voîxv '' ^^ appelant lan régïttrént dfînfanterie : /c£v é/wa 8r% i^ô«if- èri mêfê» tant ^Ué iHiueiVQùdrejB} et en efi^^ la tet¥è^ut cbùverte dé ntôk^ eUiiQ'înstant;'-;. ' :-^ V- •• •"• ;-i-j. «■•••'
Vers les trois hepres , le^iùar^bAt ^apercevcênrqûe deâ masses considérables fiaient de nouveau' vers le signal da Calvinet', exhit ipjdudent d'en OFddniier^Tév^uatit)n' qui ^ fit ayec ordre, ea emmenant tbâte^PattitleriëV dont Té gros calibre et les. mortiers net ixéîbreût^s de battre târ câte où les alliés durent renoncer à se|ioster. •
La défense dé&îp(m(s' de FËmbôaehiii^ , des Midimes ,
57$ î LES FASTES
de Malabian et des demoiselles ,ii]t des plus glonetises; partout des milliei:s de efdavresamençeUS'Aiix pieds des retranchemens, attestaient l'opiiiîâlrctBJcsasBaiHaiis ea même temps .que* la froide valeur de nos trotipes, qaî presque toujours l^iis^rent approcher. Fennemi à bo&t portant 9. pQur Taccablcir ensulte.de mitraille et de balks. En aucune autr^ cirooiis|ai|ce elles ne sTfaonorèrent* par pins de constance ou plus dé résolution; an nûlîeti des périls qui^ les environnaient de toute? parts /elles demenrèiientinëbfanlables e(: fermes comme deii blocs de granit, et quand la nuit^ *>ou plutôt ,Ia lassitude eût. mis un terme aucombat , c^es étaient encore maîtresses degrés-
que toute 1^ ligite 4^ fortifications. / • j '-
. Aux yeux dequ^queséçriv^ios, dont la. plume fut con» tamipent vendue auX'^trângers,Udé£eme du duc de Dal^» .inaliesouf lesmurs de Tool^use.^t uncrime s suivant enx^ lemArécbal aurjHtcfKHiiivç la liaine de ses concàoyens, et se /lerait ri$i^0 coupable envers L'humanité enngcpoaantâ ^edjeftiRucjyiofQtçtstle'uiieetl^ desplus poptiieDSesiCesréi^ précises sqiiit graves» mais le$;!foUs prouvent combien ib sont injustes; ;7ou)pas0a peu .souffert:/etijaB.Eraîijiai^ s^y couvrirent d'ifi^e g}oireaaps tacbey tar il ne dépendit pas ^^^x de priivepir ou d'empéeBee iine inutile éffuisidii de sang*. I^^ugl$is;e[li.I^|]rs alliés étaient toçoredeseanemis^, puisque Ton n'avait pu recevoir audmié nouvelle eJSçieUe'jdes iéifèifelpens de Faiià y et:qnë dé sin^ples conjectures^ q^i.d^çs;!^^ suitiB auraient ^pu ne pas se réaliser, ne su|ii^aien|L i^ii^pqqf^ .mtHîver la jsesfiatiom des hiratiliiés.' ^f^e. saîJt-on..pas4lAAleDi?s. que la veille* de la bataille , le nuuréc^al demanda une suspension d'armësde huit jours ^ espérant acquérir nendant ce délai de» cbnitàissances au-thentiqnes ^vaçUs l^ilftffuitirQulaieiit7.Foarqtioi cette
DE ta GLOIRE. $79
{proposition lafe fat^elle pas accucâUie? Saiis doute WeQLog* ton 3'4tait|>roaii3 de venger.son amour-^propre offense ,. en anëantissant une poigi«ée de héros, qui^^depuissismok^ Gravaient ui^ arn^ée de plus^ceni^inilk homnies commandés par sa Grâce. Mais ce projet fut déjoué^ar les dispositSans d'un.i^4?!^r^ii*e dont l'habileté et Je courage auraient dâ d'avapce [préserver .d-ui]e.,.pMmlbe illusi^îitJa présomptueuse et ridicule vanité du généralissime.
Malgré, ^i; inimease supériorité^ l'ennemi ne pût jan^ais prendra Ja TiMe;4!afsaut4 il n'y entra qu.'apirès que jSou|t<, qui avaitle droit de a'eysçvelîi^ spus ses ruines, V^eât cédée et sauvée en l'évacuant; au «\ptnent t ou les as^ sai^lans, irrités par i|pe invincible résistance, .allaient v&er.de leurs derniers moyeits, l'incendie: et -le soulèvement dupeupleg et qu'o^ ne ^pçô-ie^de pas -queia» iatràite du^ général lut favorisée par les. anglais, Iqui?»« aitiaqsMS infructueuses au pont djQS;Pçj|^iftelti^.et,la tentât! veq</ib firent. pour passer la GaroimjS^ an^desaiid dàTonlèusé , kfid de s^ porter sur les^ d?>Tières de l'armée françaiaei démon-^
trent a^ez le contraire. . .^.,, , , i
i^ll ^pigndant toute la joomée^Jio&troapes gardèrent encore leurs retranchemensycontreieâi|tiek'od ti'^sa rien entreprendre. A la lïnit eUes s'élôigbêrérit etlîvrèrënt volontairement aux alliés un chan?p de bataille ou vingt-un inille jde l^r^ morts et quinze <2X|ilJe. bl^Aséi.dAimit'» kur faire déplorer ' uncf viètoire âoi»lief)'se<et si èhèremeftt afcbe* tée. De notre côté la perte n'eût pasété aussi considérable , lors même que tout eût péri,.d^uis le .maréchal jusqu'au dernier tan^ourj elle s'éleva a. deux mille tués et à un nombre égal d'hommes hors de combat.
Cette affaire mémorable où une troupe , reste précieux de tant de valeureux soldats morts au champ d'honneur^
«mtÎDt avec soooès pendant quinse heores ht cboc oontî^ nuetd'une armée cinq Sois pins nombreuee , dut préaentei* «I présenta en effiel une foule d'actions remarquables ^ qoi réhaosBent la gloire de née armes, fious allons en citer qadqiiBs<-nne8.
> Cinq cents Anglais marchant contre le pont Jamean , étaient déjà arrivés aux palissades; n^ayant plus rien à craindre de la mpusquelerîe ^ ils étaient prêts à s'élancer dans les retranchemens, quand les soldats du 85* déposant spontanément leurs fusils , -que rendait inutiles la proximité de Tennemi, firent pleuvoir silr lui une grêle de cailloux, l'écrasèrent ou le forcèrent à la fuite; tout ce ^ni échappa aux piencès alla plds loin recevoir là mort sous les boulets et la mitraiHe.
• Le»F«ançaiB, en se retirant en-deçs de l'Ers, détruisirent tonales ponts; un seul, celui de Lasbordes était encore debout i.FettnèmîaUadt k franchir, mais le maréchal-des* logis Vincent^ dii 32^ chasséuilà ( i ) , rietoumé an ga^op sur
(1) On troure rar ce beau déTonement dans le Mercure de T'rance du t'y janvier 1818, la Uttte tiiùraittt, aidnttée par U marédud-de-almti Bex^ ton, il'Et7|ii(f^d#iA Quy/iney c&tjMva0«àTQ«loiue : <
« Je yaU^ eatimable ermite, tous citer un fait héroïne ^ s'ert pMsé V souameayeux:
« Xe MSferî&hai Sonlt y qui aynt taf amment choisi et détermiiaé la position ^iâisà |ièiîié-aini^«ous Toolbiiie, arèltfiuf miner «pic^ues'iponU kar »l%eêi flir, ]kinq|a'ilirit^pM.UIl>tiiik>ââit:d^
» de sa eavalerie qui, depuis lapQÎnte du jour ^ se>attait en arant de cette n rivi^. Je repassais avec ma brigacle sur le pout de VErs , vis-à-Tis Saint- !» Martin; et restais en obserration «à cent toises en arrière arec quelques » pdbtoDUiypour m'oppoier à la tiotilbreitse cAralerie-qtiî^me suivait, dan* )> la crainte qu'dle n'en tentk Iç passage afaat qu^il ne fi&t Tampu. Les vi- » nutes sont alors bien longues; il s^en e'tait écoulé plusieurs, et le pont ne » se détruisait pas. "Les conséquences en derenaient terribles. Le nommé ^r Fîrncenf, marécbaMeslogbau22*régîmfiitdechâiseUrs', 5* compagnie
DE Là gloire. SBi
aes pas, descehd de cheval et v^ battre le briquet «ar l'étoupille de la fougasse; le ieii prend à l'instant» l'explosion a lieu , les arches s^âsronleut ou i^ient en l'air y et Viniré^ pidë sous-officier 9 environné de débris , dont il a le \xm^ heur de ne pas être touché^ se bâte de rejoindre son corps^ ^où l'onsfétonne qu'il ait pu échapper à un si grand danger;
^ I ' ' ' ■ ■ I I I i I I I ; ■ I I p i mm, I II
» témoin de mon impatience et de tonte mon inquiétude , de m» propre D mouvement se précipite vers le pont, suiri d'nn chasseur qu'il appela ib pour tenir son cheval , met pied à terre près de la foudre qui pouvait écl»- » ter , Ta eiaminar la mèdhe de la fougasse qu'il trouva éteinte , l>at le hnr* 9 quet 9 et y remet le fieu avec un morceau d'amadou ; il s'âanoe piromplt-» 3> ment sur son cheval, et , ayant à peine eu le temps de s'éloigner, l'explo* •» sion fut si prompte, qu'on craignit pour les jours des deux soldats qui 3» s'étaient si courageusement exposés poàr l'intérêt de l'armée. La première 9 récompense que je crus devoir doni^er a ce brave sou»-ofiicier, fut de l'em-^ ^ brasser devant tous ses camarades, et je crois que ce fut la seule qu'il reçnt. 3> J'ignore si Vincent vit encore ; je désirerais qu'il pût lire ces lignes , e^ » qu'il appiit que je ne fonblierai jamais. y>
Signé, le maréchaMe-camp Bbrtoit.
Quelques jours apiès, Vincent fit insérer cette réponse dans le Journal de MarsëiUej^àuu le ConsHtutionneh
AM.lejnaréchalr'demcampJBêrton,
. BfarsèîUe , 3o janvier i8i8.
« Mqu géââ^, j'ai eu la douoe ÉÉtiafaction de 4îie dans le Mercure de D "France ^ da 1 7 de ce mois , nnft lettre où voq» rappelez le trait de dévoue- 3» ment que je fis souf vos yeux» ^ tous, ceux des braves composant les divins sions qui se tix>uvaient sur la posîlion de la routede Saint-Martin, en Ctce 9 de la cavalerie anglaise, et sons les eb^vmit de deux pdotous de tiiail«< ' 3» leurs, i la tête du poot sur l^Ers. Unaoavéïnr aussi précieux me oomble » de joie et d'honneur, tt est vrai que ce ffit de votre bo^té que je vécus m» 9 première et unique récompense, puisque vous daignâtes m'embrasser eis » me donnant, le nom de brave. La joie que je ijesscntis d'un accueil auss4 » flatteur, m'empêcha de vous témoigner combien j'étais reeonaaissant s d'une si haute marque d'estime. Je ne pus vous, répondre que ces niota ; 9 mon général, je suis Français I ce fut l'expression de. mon cœur. EDe 9 était dictée par l'amour de ma patrie ; et aujourd'hui, quoique je sois ^ resté sans emploi , doyei^ mon général y que les niâmes sentimens m'«ni« m meQt ^ujours : que le sang firaoçùs «ook dafts meê ^fém»^ que je nâe
Le& coloni&UiSegan ville, Porret et Des&sséâ, ainsi qne le général Berton, témoiki9 de cette action^ félicitèrent Vincent ei; lui promirent 4e la faire valoir pour son avancement.-
Un chasseur du même régiment se âîkingaa par un courage non moins héroïque. En luttant contre un hussard anglais, il eut son cheval tué sous lui ; il continuait à se défendre , lorsqu'il fut atteint d'un coup de sabi-e qui lui détacha la joue et l'oreille ; ii feignit alors de vouloir rendre les armes, mais à peine le hussard trop empressé de les prendre ft-t*il mis pied à ten^e, que satisfait d'avoir, par celte ruse, égalisé le combat, le chasseur fonce sur - lui avec la promptitude de Téclair, et du premier coup lui abat le poignet. L'Anglais allait succomber, mais dans ce moihehC un conscrit réfracfaire qui se trouvait dans le camp ennemi, vient lui offrir de tenir la bride de son cheval ^ libre de se» monvemens, il se jette avec furie sur son iidversaire qui, trop affaibli par la perte de ^n sang, n'a plus la force né-
3> toujours prêt k- combattre les ennemis du /Roi et de la France, et à lev :» , prouTer que les Français sont toujours Français.
» A répoque oii le 27? de chasseurs fut incorpore dans le troisièsiie de 9 lanciers, alors en garnison k Qambrai, M^ le comte de Pully y iuspecteur- 9 général de caralerie , chargé de l'organisation de ce l'égiment , eut tnes » états de fienriees sous les yett3c« Ils lui f urem temûï avec demande du cou- » seil d'administration à S. M. de m'accoider la décoration de la Liégion- 39) d'honqeur. Peut-être que la letttè où Vous Mtes mention de moi, donnera 1^ quelque crédita cette demande , qui est restée dans fbubli; dans toupies i cas , Fintérét que Toua me portés etciterâ toujours en moi une rire recon- 3» aaissaftce. ' •
». Jîai Fhonnevr d'être , «te; i^
» Louis ViTitcsttT f rue Etroite , n9^,à Marseille* »
CeaouM»ScieF) attfdiird»'liuiempila^é dans les doiuuies a MarsQtlle , a itçv 4ii,.i»ijla.«poi%4iêUJ^ioit-^'hoaii«tty. *
DEIA GLOIBE. . iU .
cessait^ «pour parei* uiie attti^l« mcprlfeUe^ tJûê pièce de, quàratttesous et la dépouille du chasseur^ furent la réoompeaae du lâche qui avait pU; vendre à j'ennenû le san|[ de son compatriote. Une heiîre âpt^éâ^ ce misérable fat écrasé par iine bombé. ' î . . .
Forcés de céder au nombre , le» tirailleurs qui pro^ tégeaient la l'edoute de la Patte d'oie , rentrèrent dans la première enceinte; un seâl hOmiîli*è , percM sur un toît^ refusa de les suivre* Dans ce poste périlleux ^ il usa quatre paquets de cartouches, choisissant au miheu des ennemis ceux qu'il voulait immoler d'ayance à ses kiânes, car il ne doutait pas qu'une fois découvert il ne fût victime de son audace; il fut aperçu, et à Kinstant une dé«charge générale le fit tomber sans vie*
Eu avant du pont des Minimes , sept tirailleurs embus* quésdans une maison d'où , à l'abri des murs, ils]portàieât impunément la mort, furent cernés par les Anglais; sommés de se rendre : « Venez nous déloger , répondirent-ils ; y^ mais ii était mortel d accepter le défi; furieux de ne pou- Toir î?éduire ces sept braver' , l'ennemi incendie leilr retraite. Alors cinq d'enti^eux, pour se défoUet atcr diammes, sautent p^r les fenêtres, s'piïvrentun passage avec kurfe bâïonn€fites, et parviennent malgré une grêle déballes^ à gagner une redoulé. Lesdeux autres, grièvement blessés et ^ors d^état de les suivre, prirent la résblutian de mourir à leur poste; ils ne cessèrent de tirer qu'au môï*teilt où entraînés dans la chute des chai*penles éttih^à'aéeë; ils e'xpirèr^nt eri proie aux plus horribles toui?» mens. Trois ^ours après on trottva leurs ossemeûs dans lés décombres.^
Au p<m«Matabwiu,'le comtoaîidant Guîngret,du69* iégîûitotd'irffaûterie deUgne, sesignalrparune déftwise
m LES FASTES \
^quitlutda prodige: pendani^toate la journée il cotnbattk ci Ia tc(c de «on bataîlloQ) et .arrêta des masses formidables. Tandis qa'il ^tait aux prises ^ le général Harispe, qui aetiiblait se multiplier pour se Irourer partout où il y avait du danger 9 vint lui recommander de. redoubler de zèk pouf conserver le poste important qui lui était confie: Soy^^ tranqïdUe 9 mon général, r^CKmdit Goingret^ Penn^mi ne. passera pa&, et il Untparole*
Un chasseur du 2g^% resté en arrière de son régiment avait sabré plusieurs cavaliers faanovriem^, entouré par un de leurs pelolooS) U voulut se fiiire }our ; maia sa valeur fat imfuiasanlçiprisQnmer, prisonnier, lui criaient les Ha~ novriens en le voyant tout couvert de blessures; mort, leur répondit -il y en £iisaat un dernier effbkt poinr se dégager 9 et aussitôt percé de mille coups y il roule aous son cheval \ il yeut encore r<^mr son sabre qui s'échappe de se9. maînf défaillai|tes| inutiles efforts y. sa destinée sVtait accomplie : il expire, . ^ -
Les soldats du 45* r^iment d'infanterie de. ligne , ayaient juré de se &ire? ent^errer dans une redoute, plnt^ ,que de la rendre. Inébranlables dans* cette résolution , et iaolant leur râleur par^culière de celle de t^ute l'armée y ib w cédèrent xii aux ao^licîtations^ ni mâme.aux ordres du général en cheCy qui fut forcé d'employer la xaenate y pour obtenir d^eux qu'ils 9uiviàsent.le moiivenient de re-* traite. Alors «euleiuent ils sortipent des. »etrahQheiP.ena au pied desquels a wient péri des milliers d'eQpeiôii. Quapd ils durent obéir 9 ils pousjsèrent des cris de rage et versèrent des larmes de désespoir; ils fs'éloignèrcoikt^çoiiive^ls de sang çt de poussière ; a peine restait-il dans leurs, r^ngfs.qvii^ hommes j^arçoisapagniet^Ja plupart étai^tf^i^jti^^.
C^iftpy> sous-U^u<JetiaAt^aji;igo«.r^j^?ï(îi.d'i9^
de
die Ugatt , A k bras droit traverâë d'an coup de feu: ses ' che& le pressent de se retirer ; il combat encore : une balle le frappe à la tète et le renverse; son fière^ lieutenant an même corps ^ se dégage aussitôt de la mêlée, et culbutant tout ce qui s'oppose à son passage, accourt pour le se-»* courir et le relever; pendant qu'f 1 le soutient et fait des prodiges de valeur pour le défendre contre une foule d'enneotis ^ il reçok à bout portant un coup de fusil dans la poitrine; h son tour il fipitt>Iit et chancelle; une lutte de gënërosité s'établit alors entre les deux frères; le sous* lieutenant à qui l'amitié fait relrouvei^ un reste de vigueur^ reçoit, le li^ufenant dans ses bras : il voudrait l'enlever du champ de bataille, c'est en vain, le dernier blessé n'a plus que quelques instans à vivre; il le sent : « Conaerpe » tes/Qursj 6 mon frère I kUa^ernm, ^> et il expiré en prononçant ces mots. Le sous-^tientenant , navré de douleur, épuisé par la peiie de son sang, et n'ayant plus qu'un tronçon de son épée , se tratna avec peine jusqu'à son régiment, d'où un sapeur le conduisit dans la maison paternelle (i)«
Du haut d'an tertre d'où^ au moyen d'une excellente carabine, il pouvait impimementattdndi^ nos soldats , un Ecossais neces^tpasde faire feu. Il était important de v le déloger ; l'entreprise était périlleuse i le capitaine . Gandi«Pomard ne craignit pas de la tester; après avoir
(i) Le Itentemat Jeab-Aoguite Crigpy et le 8oui4îeutenant Jean-^iené- ÂleiLaudre, fuient SU de Cknnaiii CrUpj, Vun des pins bmyes officier» d# 54° ^giment d'infanterie de li^e. Ce viens, gjoerriery «pris avoir perdu une jambe en HolUoidey dans un combat avec les Anglo-Russes, avait obtenu saretraitCy et résidait k Toulouse avec le troisième de ses fils Louis Ciispy ^ qui , lieutenant au lao* tégiramt , tfftit 4l^ grièrenMBt blessé et mis hoM de service à U bataille d'Ostbe^ *