‹ Les fastes de la gloireChapitre 9 sur 19 · Tome V · texte numérisé non relu

Tome V

frayer par Pappareil des supplices) le mèment était, plos que jamais favorable pour prouver que la république frauçaise se souvenait de rengagement qu'elle avait pris de les délivrer.

Le Directoire adopte les vues de Hoche qui part pour la Hollande et pi^sse l'équipement des vaisseaux de cette Dation, notre alliée. Ce général revient aux bords du Rhin , eu détache un corps d'élite, qui se dirige vers Brest} il donne aux travaux du port une activité jusqu'alors inconnue. La flotte était armée , équipée. La grandeur et la facilité de l'entreprise allaient relever la gloire de notre marine y maifi un nouvel orage menaçait le directoire et rassemblée nationale divisés. Dans leur marche, les troupes du •général Hoche passent les limites dont la constitution défend atix armées d'appix>cher. Le corps législatif accuse le Directoire de vouloir attenter à la représentaticm du peuple. Hoche, accusé à son tour, déclare que ses bataillons se rendent à Brest ^ et que s'ils ont suivi une route difféi^ente, il ne faut attribuer cette déviation qu'à une erreur commise par un commissaire des guerres. Cependant lé général vient secrètement à Paris. Trois d'enti'e les directeurs : Barras , Rewbel et Laréveillère , à la tête du parti républicain , préparaient un coup d'état contre le parti roya* liste de l'astemVlée; Hoche, comme un guerrier piein d'audace, fut choisit pour l'instrument de leur dessein; ils lui ordonnèrent de se rendre à sou armée et de s'avancer avec elle vêts Paris. La rérolutiou qu'ils mëditaient devait s'accomplir en vingt -quatre heui^. H^che devait ensuite sortir<de la capitale et aller prendi^ le cotnmandement de l'expédition d'Irlande. Mais le complot fut éventé. Les généraux Willot et Pichegru, dans de Violws discours^ demaudèi/ent que le gé-

iiëral Hoche fut mis en jugement. Le premîer voulait qu'on allât attaquer le Directoire au Luxembourg 3 il s^en* gageait à amenei Barras, LaréveillèreetKewbelenchaînës. Le danger qui menaçait les directeurs était des plus pressans : ils se décidèrent à frapper sans délai le coup auquel ils étaient résolus^ mais soit que Hoche, par son influence, donnât de l'ombrage, soit qu'ils craignissent qu'il ne se ser* vît à son tourxontre eux-mêmes de la dictature qu*ils lui auraient confiée , ils crurent pouvoir se passer de son secours > et le renvoyèrent à son armée sans même vouloir lui rendre les quatre-vingt mille francs qu'il avait prêtés pour assurer le succès de la conjuration.

Hoohe, indigné de la perfidie du Directoire^ éclatait ^n menaces au milieu de ses soldats. Bientôt sa santé s'altéra et ses traits se couvrirent d'une pâleur mortelle* Le général Schérer , ministre de la guerre, l'avait peint comme redoutable au gouvernement. Hoche crut pouvoir le braver , il lui écrivit t « Si je n'étais persuadé que le » Directoire fera sous peu de jours justice de vos perfi* » dies, je ne prendrais que la peine de vous déclarer )» que je ne veux plus correspondre avec vous. Vous con- » vient-il de faire une adresse aux armées , vous, l'âme et ^ le chef des conspirateurs ? vous qui nous avez entourés » d'eopioQs^ qui avez .persécuté les amis de la Uberlé. -» Hâtez- vous de faire oublier jusqu'à votre nom aux-ré* > publicains que vous avez trahis; qui vous abhorrent. »

Peu de temps après, son mal augmenta , sa respiration devint difficile ^ il sentit ses entrailles se déchirer. Consumé d'un. feu que rien ne pouvait éteindre,; il eUpira* dans d'affreux tourmens , à Wetzlar , le 5« joinr cora-^ plémentaire de l'an 3, à quatre heures du matiâ. U» ins-* tant avant de rendre le dernier soupir il dit qu^il se croymt

Sio LES FASTES

reivitiè de la robe de Neaeus. Les uns attribuèrent sa mort au poison , d'autres à une passion ardente pour les femmes. On l'ouvrit ; les intestins étaient rongés et parsema de larges taches noires. Divers examens de médecins semblèrent démontrer que ce général avait succombé à Tun de ces poisons qui, irritant lessensetexaltant toujours l'énergie d'un certain organe, éteignent la vie au dernier terme de la volupté. On Scrut aussi reconnaître des traces de sublimé. La faculté de médecine pouvait prononcer et lever tous les doutes ', mais elle n'eût pas le courage de dire la vérité.

En apprenant la mort de son général, l'armce fut plongéi» dans le deuil, lee hussarde Vontpleurl, écrivait un officier à l'Assemblée* C'était peindre d'un seul trait la consternation du soldat. Le Dii^ctoire dissimula sa joie en ordonnant pne cérémonie funèbre : elle eut lien dans toutes les villes de la république, mais elle n'eut nulle part un caractère plus touchant et plus solennel que dans les camps, au milieu des compagnons et des témoins de la gloire et des triomphes de Hoche.

De demi-heure en demi-^heure un coup de canon iur térrompait le plus morne silence. Dans la soirée du 4^ jour complémentaire, on exposa sur un lit de parade, éclairé de deui lampes sépulcrales^ le cercueil surmonté de cou« ronnes de chênes et de lauriers , au milieu desquelles se croiraient l'épée et le sabre du général^ recouverts d'un crêpe funèbre et liés ensemble par son écharpe. La garde de sa triste dépouille fut confiée aux officiers de Tétattnajor du général , qui se relevaient d'heure en héui*e, â sa compagnie de grenadiers et à ses guides qui j depuis lroi# ans, ne l'avaient pas quitté.

X^e S* jour, à midi^ le convoi, précédé d'uile petite

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ayant-garde de hussards, et suivi de six pièées d'ar* iillerie avec leurs canonniers , d'une compagnie de grena* diers,^e deux escadrons de hussard^, de deux esca-* drons de chasseui-a, et d'une musique militaire, partit de Wetzlar, pour se rendre à Coblentz. Aux quatre coins du char étaient placés les aides*de-catnp du général , et les adjudans*généraux ; venaient ensuite plusieurs guides portant des torches funéraires. La compagnie de grenadiers, attachée au quartier-général, marchait et) file.de chaque côté, Tarine basse. Au centre étaient les officiers générau3ç,rélat-major de l'armée, un détachement des, guides , une musique militaire et deux compagnies de grenadiers. Un escadron de dragons fermai^; la marche.

Une salve d'artillerie, le beffroi et une harmonie lugubre donnèrent le signal du départ. Toutes les fois qu'il falWit passer dans un village, six coups de canon annonçaient l'approche du cortège , les régîmens cantonnés prenaient les armes, et lés habi ta ns ' sonnaient leurs cloches. Lorsqu'on arriva près deBraunsfels, le prince régnant envoya un de ses officiers prévenir qu'il se disposait à rendre au général les honneurs mili-* taîres; son aitillerie répondit à celle du convoi , et luimême, à la tête de ses troupes sous les armes, et entouré de tous les officiers de sa maison , attendit le cercueil sur la place, et le salua à plusieurs reprises.

Les magistrats et les principaux bourgeois de Weilbourg , vétqs de noir , vinrent aux portes de la ville recevoir le corps qu'ils accompagnèrent dans l'endroit où il fut déposé jusqu'à la nuit. Les rues , garnies de flam-r beaux, furent traversées au milieu de la garnison.

Le gouverneur autrichien de la forteresse d'Ehrepbreistein, apVès avoir rangé sur les glacir une partie de

ses soldats et disposé le reste sur la roule dont les républicains bordaient la gauche, se rendit avec son élat-major aux av^nt^postes , et ne se sépara qu^au Rhin de ce cor-* tège, qui, déWetzIs^r à Coblentz , s'avança majestueuse^ lueixt entre une double haie d'Autrichiens et de Français. Le convoi fut reçu , sur la rive opposëe , au bruit dies décharges rëitérëés de l'artillerie des forts, et des cha-^ loupes canonnières, ainsi que de toute la monsqueterie des troupes réunies en grand nombre. Trente officier^ généraux à pied avec des loixhes , accompagnèrent lecei> çueily devant lequel s'élevaient des enseignes à la romaine, chargées des inscriptions suivantes en français et en liUemand :

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