EXTRAITS DES BREVETS D'HONNEUR
ARNOlJlD (Jean-Baptiête) j lieutenant au i8« i-égiment de dragons, né dans le département delà Seine. Le 4 frqclîdor î^n 9 , à la tête de quinze de ses soldats , il chargea sur un escadron des Anglais , et reprit une de nos pièces, dont ils s'étaient emparé. ( Sabre , le 4 fructidor an 9. ) '
BABA ( François ) , tambour à la 52* demi-brigade d'infanterie, de ligne , né dans le département du Rhône. Il se signala par son courage au siège de Sainf-Jean d'Acre. ( Baguettes, le 9 venlose an 10. )
BASQUETTES (iV.), chasseur à la 2i« demî-brigade d'infanterie légère, né dans le département du Cher. Il combattit vaillamment à l'affaire du ^ fructidor an 9. ( Fusil , le 8 germinal an 10. )
BATIF0LIE(/^a7i) , fusilier à la 52* demi-brigade d'infanlerie de ligne , né dans le département du Lot. Au siège de Saint- Jean d'Acre , il se signala par son intrépidité. ( Fusil , le 9 ventôse an 10. )
BEAUREPAIRECiV.), sergent de grenadiers à la 61* demi-brigade de ligne, né dans le département du Nord. Il se distingua par sa bravoure au combat du 4 fructidor an 9. (Fusil , le 1*2 prairial an 10.)
BENOIT { Laurent) y capovàl à la 21' demi -brigade d'infanterie légère , né dans le département de la C<îted'Or. Le 4 fructidor an 7 , il se signala par une rare intrépidité. ( Fusil ,1e 3 germinal an 10. )
ROCHEUX ( iV". ), brigadier des guides du général en chef Bonaparte , né dans le département de l'Aisne.
Il conlribua à l'enlèvement d'une ballevie de canons, à FaiFaire d'Aboukîr,le 7 thermidor an 7. (Sabre, le 19 pluviôse an 9.)
BO!NfNIÈRE(ioî^i*), tambour à la 74* demi -brigade d'infanterie dejîgne , né dans le départemenf; de la Seine. Pendant le combat du 22 germinal an 9 , il s'avança dans les rangs ennemis, battît la charge dans leur camp, et y jeta l'épouvante. (Baguettes, le ai messidor an 9.)
BODDOT {Jean ) , sergent au 4* l'églment d'artillerie à pied , né dans le département du Puy-de-Dôme. Il se comporta avec distinction pendant la campagne de Syrie , uotanmient au siège de Saînt-Jean-d'Acre , où la justesse de son tir fut fatale aux ennemis. (Grenade, le 29 germinal an 10. )
BOURGEOIS (iV.), fourrier à la 6i' demi-brigade d'infanterie de ligne , né dans le département de la Somme. 11 se distingua par sa bravoure à l'armée d'Orient, le 4 fructidor an 9. (Fusil , le 12 prairial an 10.)
BRUNEL( iV..... )nmaréchal-des-logis des guides du général en chef Bonaparte , né dans le département des Landes. Il contribua à l'enlèvement d'une batterie de canons à l'affaire d'Aboukir , le 7 thennidor an 7.
BUNEAU {Jean) , dragon "au 18* régiment , né dans le département de ,1a Gironde. Ce militaire est l'un des quinze dragons qui se distinguèrent par leur intrépidité à l'afiàire du 3 fructidor an 9. Guidés par un lieutenant , ils parvinrent, par une chrage vigoureuse sur un escadron anglais, à reprendre une pièce de canon , et à la ramener. (Sabre , le 4 fructidor an 9. )
8o LES FASTES
CAMBFORT ( Louis ) , sergent-mffjw à la Sa" demibrigade d^nfanterie de ligne , né dans le départemenl de l'Hérault. Il fut cité comme l'un des plus intrépides pendant toute la campagne d'Egypte. ( Sabre, le 9 ventôse an 10.)
CASTAGNET(JV.), grenadier à la 7 5^ demi- brigade d'infanterie de ligne, né dans le département des Landes. Pendant le siège du Caire , il tomba au pouvoir des Anglais , s'ouvrit un. passage , et parvint à rejoindre le camp français , malgré le feu de l'ennemi. ( Fusil , le !•' pluviôse an 10. j
CHARLIN ( François ) , chasseur dans la garde des consuls , né dans le département de 4' Ain. Au siège de JafFa , il monta des premiers à l'assaut. (Fusil , le ^5 ventôse an 7.)
CHASSEROY(JV.), guide du général en chef Bonaparte y et auparavant hussard au 7® régiment, né dans le département d'Eure-et-Loir. Il se signala à la bataille d'Aboukir. ( Sabre , le i5 thermidor an 7. )
CHEILLARD(iV.), sergent à la 69* demi-brîgade d'infanterie de ligne , né dans le département de Vaucluse. Il se distingua à la bataille d'Aboukir. ( Sabre, le 9 prairial an 9. )
CITTÉ ( Pierre ) , grenadier à la 58' demi-brigade d'infanterie de ligne , né dans le département des Côtesdu-]^ord. Fendant le siège de Saint-Jean d'Acre , il se signala fréquemment par une bravoure à toute épreuve. ( Fusil , le 1*' pluviôse an 10. )
COMBEROUSSE(iV.), caporal à la 4' demi-brigade d'infanterie légère, né dans le département de la
Drome,
DE LA GLOffiE. 81^
I)rôme\ Dans la Jonrxiée da 29 yenlosean ^ ^ deratit Saint-J^an d'Aci^ , avec trois de ses camarades, il soutint Tattaque d'une multitude de Turcs , qu'il (Qrça de rentrer dans kurs retraQcheiiien.9t (Fusil, le 4 prairial an 10.)
COMBBTTB(iVi....),cHefde bataillon à lag^derai-* brigade d'iniànterie légère, né dans le département de rA,rdicbe« Pendant le siège de Saint-Jean-d'Acre^ il fit desprod^es de valeur, et fut blesse sur la brèche. ( Sabre^ le 9 ventôse dn 9. )
DEMlGNON{/ûcçMérf), caporal de carattnîew à la sg'' demi«brigade d'infanlerie légère, n4 dans le dépar^ temetit^ilë la Dordogne» il se signala le 4 fructidor an g* Fendant 1« coiïibat il donna constamment l'exemple d'une bratoure à toute épreuve* (Fusil, le V^ pluviôse an 10.)
DëRAUX (J'ean'Baptisie)j sergent & la 32* demi-^ brigade d'infanteriQ de ligne, né dans le département det la Manche. Il se distingua par des actions d'éclat à la prise d'Alexandrie , aux assauts de Saint-Jean-d'Acre et à la prise du villa^ de Matharieh» (Sarbre, le 9 prairial an 10).
DESPBÊS (FmnçoU)^ caporal au 4* i^îiàiènt d*âr^ tillerle à pied, né dans le département dé Seide-et-0is^4 Sa conduite courageuse dans les combats des 17. et dsi ventôse an 9 fut admirée de Parmée entière» ( Grenade ^ le 29 germinal an 10 )*
DXJBUART (dît Martin)^ capitaine en second des guides de l'armée d'Orient^ né dans le départementd^Eure-et-Loîr. Devant Saint-Jean-d'Acre l''ennemi s'était emparé, d'une de nos batteries, Dubuart ikvec quelques Tome V. €
braves* 9 partial ù la repi!endre; (Grenade, lé-iripraviose
an ^). I
• DUMANGEON {Joseph), fourrier à la 61^ demî^Tjrîgade dHnfanterie de ligne , né dans le département "des Vosges. Au combat du i. fruclidoraQ 9 , il fitides prodiges de valeur. ( Fusil , le 9 vendémiaire an 9 )•
DUMOULIN (iV.)i grenadier à la76*'demî-brièade d'infanterie de ligne, né dans le département delà Coted'Or. Le 17 ventôse an 9^ il se signala daiis ractioii ^ui eut lieu à Aboul^ir.( Grenade, le 9 prairial an xo> :
DUNAN(iVl), tambekir à la. iS^idemi-brigadrâ'înrfa^tfirJe de ligne, né dana le département de Plsère; Dans le combat dn/4 fcucJbidiQC an 9, tl dëpl<»ya'une raréiatté*» pidité et reçut.deuxblessares* (Baguettes y le i^^.^uviose an 10). - '
• DÙTHOift ( iV. ) , marécbàl-des^ogîs de Firtîlièrîe delà garde de» Consuls, nédanslè départemient du'Nord* Pendant le siège de Saint^Jean-d'Acre^ il dotina fi:^q(ûeniment des preuves d^adresse et det^bura'ge en démontant plusieurs. pièces deTettnemi.'(Gi^àtfe,'lé 'i4 pluviôse an 9).
EBERLÉ^^fAefde brigade^ ( Sabre, le 26 prairial an 9 )« Voyez tome T' des Fastes, page* 39S.
'£LLIOTE {Jean), grenadier de la garde de? Consuls , ué dans le département de làf Seine. Pendant ïe siège de Saint-Jean-d'Acre , il se distingua pur des actes d'une rare intrépidité! ( Fusil, le 29 ihermidpr an 7 )•
EMMERY {N.), capitaine à la 75* demi-brigade d'ini^nterie de ligne, né dauA le département de la Gâte— d'Or. A VoSskifpçi du 29 thermidor au 9 , il donna cons-
DE hk GLOItlE. 85
tamment Pexemple de Fintrépidité. ( Pasîl , le i" plu- TÎose an 10 )•
PAVIER {Louis) y caporal au 4' régiment d'artillerie à pied , ué dans le département de l'Ain. Il déploya k Çus rare bravoure pendant le siège d'AboUkir (Grenade, le 39 prairial an lo).
FONADE (Â^.), brigadier dans les chasseurs de la garde des Consuls, né dans le département de la Haute* Garonne. A Paffa4re d'Aboukir, le 7 fructidor an 7 , il fonça l'un des premiers sur une batterie et contribua à l^enlever. (Sabre, le 19 pluviôse âmi 9).
FOUBNIEB (Fra«poi5)^ lieutenant à la Sa* demibrigade d'infanterie de ligne, né dans le département de l'Hérault. An siège de Saint-Jean-d'Acre , ïl mérita des âoges pour sa constante intrépidité. (Sabre, le 9 ventôse an 10).
GARRIQUE (N.), grenadier h h i8* dëmî-brigade -d'n^anterie de ligne, né daas le^épartement des Côtesdn-Nord. Le 4 fructidor an 9^ il donna des preuves de la plus éclatante ibisavoure. (Fusil, le i*'^ pluviôse an 10 ).
GAUTHIER ditLECLËRC {Pierre- Joseph), chef d'escadron au h8^ régiment de dragoqs , .né dans le département du Jura. U prit part à toutes Içs actions de l'armée d'Orient, et donna l'exemple d'une couÉstanteintijépidité. {Sabre, le 19 floréalan 9).
GAY (Pierre) y sergent au 4^:régîi»eat d'artillerie à pied, né dans le déparletnent du Jura, il s'était signalé «u siège de Jaffa ; «pendant celui de. Saint'Jean-d'A.cre ^ il pénétra par une énûibr&sure dans une 4es batteries enne-
mies et encloua trois, pièces de canon. ( Fusil > le dg ger^ minai an lO ).
6AY0LLE {Jean), tambour-major à la 3 2^ demi*brîgade d'infanterie de ligne, né dans le département du Var. Il se dislingna au siëge de Saint-Jean-d'Acre par ui^ WUante conduite. (Baguettes, le 9 ventôse an 10 )•
GILLES (N.), lieutenant à la SS'^demi-brigade d^în-^ farïterie de ligne', né dans le département des Deux-Sèvres. Au combat du 4 fructidor an g , son com*age contribua à la victoire. (Sabre, le 9 prairial an 10).
GIRARD (iV. ), mineur à la 5" compagnie , né dans le département du Doubs. Pendant le siège de Jaffa , il donna les plus grandes preuves de dévouement. (Fusil, le 29 germinal an 10 j.
GUDE (iV.), tambour-maitre à la 52* demi-brigade d'infanterie de ligne, né dans le département de la Gi-ronde. Le 29 thermidor an 9 , il se distingua devant Alexandrie. (Fusil, le 1.^' pluviôse an 10 )•
6UIBEBT ( iV. ) , porte^étendard de la garde des con-^ suis, né dans le département du Lot. Le ^ thermidor an 7, à Aboukir il s^élança des premiers- dans une batterie ennemie qui fut enlevée. ( Sabre , le .19. pluviôse an 9 ).
GUIGARD { JV.ji capitaine à la 22'' demi-brigade d'infanterie légère, né dans le département de PAin, •A JaSa y et pendant toute la campagne de Syrie , il fit admirer son courage. (Sabre, le 4 pluviôse an 9. )
' HASSÉ , tamboiir . à la • 88* demi-brigade ' d'infanterie de ligne, né dans le département de la Moselle. Au com- • bat du 4 fructidor an 9 , il donna des preuves de la plus rare intrépidité* (JBagueties, le 20 prairial an lo.)'
DE L4 GLOnŒl. «5
HERÔTT ( Zjouis ) , cànonnier au 4* régiment d'artillerle à cheval , né dans le dëpartement de la Meuse. Au combat du 5o ventôse an 9 , il eut deux chevaux tués sous lui , et resta seul à servir sa pièce. ( Grenade ^ le sg prairial an lo.)
KRETTLY (N.) ^ trompette-major des guidfes du général en chef), né dans le département de Seine-etOIse; Au mont Thabor ^ le ^6 germinal an 7 , il s'élança intrépidement au milieu des Mameloncks ^ et en sabra plusieurs. (Sabre, le 37 germinal an g. ] ( Voyez, tome IC des Fastes, page 356 ).
LA FERTÉ {^Jean) , caporal & Ta Z^ demi-brigade d'infanterie de ligne , né dans le département de la Drdme. Au siège de Saint-Jean-d'Acre , il monta dés premiers à tous les assauts. ( Fusil , le i*"' pluviôse au ie«)
LâPLA^B ( /<^a/i ) ^ capitaine à la 32"^ demir brigade d'infanterie de ligne , né dans le département de la Hante-Garenne. Il fut souvent cité pour sa bravoure pendant le nége deSaint-Jeanrd'Acre.(Sabre5 le g ven-« tosean lo^)
LATOUR (Maurice) , chasseur au 32* régiment y né dans le département de» Basses<*Alpes. Il brilla dans tons les combats, et arrêta un hussard du 7* bis^ qui désertait à Fennemi. ( Sabre , le 12 germinal an g. )
LATREILLE {N.)y sergent à la 75* demi-brigade d'infanterie de ligne, né dans le département de l'Hérault*^ Le sg , thermidor an g , il tomba dans un bataillon anglais , se fît jour à la baïonnette , et rejoignit le camp français au milieu d'une grêle de balles. (^Sabre, le 1" plu*^ viose an 10. )
IAURANT(ilf/cA6Z), sergent à la 31* demi-brigade d^infanterie légère , ne dans k département des Cdtes du Kord. II fit des prodiges de valeur à la balaille de Sëdinaan» ( Sabre , le 3 gerstiinal an 10. }
LENOBLE (N.), grenadier à la 6i* demî-brîgado d'infanterie de ligne y né dans le département de Saâne^ et-Loire. AU combat du 4 fi*uctidor an 9 , il donna l'exemple d'une intrépidité à toute ëpreuye. ( Fusil , le 13 prairial an lO.)
IIBES {Jean y y sergent^major à la 33* demî*brigade d'infanterie de ligne, né dans le dépailement de l'Hérault. A Aboukir , le 7 thermidor an 7 , il se battit long-temps contre six Tuiles , qu'il força à prendre la fuite. Pendant cette action^ si glorieuse pour lui, il reçut plusieurs coups de sabre, qui contribuèrent à lui affaiblir la Tue,( Sabre ^ le 9 ventôse an 10. }
M AI* IF LEUR {N,), caporal de gr^adiera à h 88^ demi-bvigadè d'infanterie de ligne ,. département d# lar S^mme. Au combat du 4 fructidor an 9 , il tua ou grand nombre d'ennemis. ( Fusil, le 9 prairial an 10.)
M AB8ALA (Pierre), caporal à la 32*' brigade dln-r &aterie de ligne , né dana le département de FIsèrai Au siège de Saint-Je»a d'Acre , il demanda constanliment & monter des premiers à l'aasaut. (.Fiuôl, le 9 ventôse an 10.)
MATHÉ (iV.) , brigadier à la 88« demi-brigade d'in-r fanterie de ligne, né dans le département de U Côt^d'Or. Sa conduite héroïque pendant le combat do 4 fructidor an 9 fut admirée de toute l'iàrmée. (Fosil , la^^ prairial an 10» }
DE TA GLOIRE. "tf,
MELZINGjiai ( N. )> esfitaîiie à la 88* demi-Brigade d'ii^anterie de ligne, .né dan» le département dé k Moselle. Au combat da 4 fructidor an 9, il de signala pav son intrépidité et son 8aiig<^rroid.( Sabre ^ le ^ prairial an 10.)
MBNAHD (N. ) , sergïint de darabinlers à la 4* demibrigade d^inifanterie l^ère ^ né dans le département de l'Isère. A l'affaire du 29 yentose an 7 ^ devlmt SaînWean--^ d'Acre. 9 sou audace le précipita au milieu d^un gros corp» de Turcs , qui s'étaient emparés d'une de nos^ pOFÎtions y et qui y après une résistance des plus opiniâtres , farDut contraints de céder à sa valeur. (Sabre^le 4 prairial an r o.)'
MEYRON(i?e/ioi7), grenadier à la 3î»" demi-brigade d'infamterie de ligne , né dans le dëpartemènt de la Dor-^ dogue* A Faffaire du 39 thermidor an 9 ^ il se signala par un coupage supérieur à tona les* pénis. (Fusiiy le 9 prairial an 10. .) - . i :, » ..: '
MILLE (Gabri^ y ^ greitaôieif à la sa* demi-ibrîgade d'infanterie de ligne y né dam le département de la Stura. A Tàffaire du 29 thermidor an 9>il>^ fit remarquer par a^m intrépidité. (Sabre, le 9 prairial au lo^ )
MONTMIROT {N.)j capitaine à la fii*^ demibrigade d'infanterie de ligue , né dans lè départenrent de Saôhe^et-Loire. Au combat du 4 frdçlidOT an 9 , î! donna des preuves de la plus grande bravoure. ( Sabre j le la prairial an 10.)
PAUL (N.).^ ehasseur de la garde des Consuls , né dans le département ».de la Haute-Garonne^ A Aboukir, le 7 tbemudov an 7 , il s'élança des premiers dans une baiterie^ulfut œlevée de vite .force. ( Sabre , le 19 pluviôse au gc) i'i ^^
88 tJSSFASrnSB
FÂULA3 ou SOIAS( François )^ sergent de carà-* binierlBàla 2^ demUbrigaded^infanterie légère, né dana le département de l'Ardécbe. Le 3o ventôse an 9 y deraoïl: Alexandrie il «e «ignala par une éclatante bravoure^. (Sabre, le 9 prairial an 10.)
PEBRIN (N.)y lieutenant en second dans Parlîllerîe de la garde des Consuls, né dans le département dé la Meuse. Devant Saint -Jeanrd' Acre 3 il fit admii^r soa courage et la justesse de son tir; (Grenade, le:i4 plu-^ , yiose an 7. )
PERRUCHOT {N.)y lieutenant à la 85* demibrigade d'infi^ulerie de ligne, né dans le département de la Nièvre. 11 fui cité, dans le^ rapports des généi-aux, pour une foule d^actions d'éclat sous les murs dé^Sàint- Jean-d'Acre , à la bataille d'Héliopolis et au siège da Caire. ( Sabre ^ le 9 prairial an 10. )
PICARD (Louis) y marécbal*des- logis de la garda des Consuls , né dans le département de Seine et*Oîse, Au combat du passage de la Mer*RougeV le 8' nivôse an 7 , il fbnça des premiers' sur une batterie , et fut du nombre de ceux qui s'en empatrèrent, ( Sabre, le 19 pluviôse an 9. )
PLAINEL ou PLENET. (/ôa/î), sergent de carabi-r niers à I^ ^* demi-brigade d'infanterie légère , né dan^ le départeqie^t de l'Avdèichç. Le $0 ventôse fin 9 , il fut compté au nombre des plus vaillans guerriers qui combat-r tirent devaii^t Alexandip^ ( S^b^-e, le 9 prairial an 10. )
POINCELET ( iV. ) , chasseur à la 21* demi-brigade d^infanterie légère , né dans le département de la Mo-* selle. Le 4 fructidor an 9 , îl se signala par son cç^ifage et par sa résolution. ( Fusil, le 5 geiminal au 10. y
DE lA GLOIRE. 89
POMARÈDES i Jacques ^ Laurent ) j capitaine en ipremier au i^ bataillon de sapeurs , né dans le dépar-^ tement du Morbihan. La prise d'El - Arich , celle de Jaffa et le siège de Saint-Jean-d'Acre Tarent pour lui de beaux titres de gloire. Il se signala surtout pendant Fat** laque de cette dernière place , en allant intrëpidement y a la tète de dix-huit sapeurs et de quinze grenadiers , se loger dans une tour , d'où il chassa les Turcs et où il se maintint malgré leurs efforts réitérés pour la re<prendre. En marchant à cet assaut , l'intrépide Pomarèdes fut atteint de deux graves blessures; mais.il voulait mourir ou réussir dans son entreprise. Enflammés par son exemple , ses soldats se précipitèrent spr ses pas , et le succès couronna sa résolution. ( Sabre , le i5 germinal an 10. )
POMPIER ( Augustin ) , , lieutenant à la 25* demibrigade d'inFanterie de ligne , né dans le département du Cantal. La bataille du 5o ventôse, près d'Alexandrie, fut l'une des plus belles époques de sa vie militaire ; il s'y fit remarquer par de brillans exploits. (Sabre^leg prairial an 10. ) .
PRIEUR ( Joseph ) , caporal au 3" régiment d'arlillene a pied , né dans le département de la Haute^ Marne. Le 4 fructidor an 9 ^ pendant le combat , il était de service à une pièce du calibre de huit 9 dont il dirigea si bien la mitraille , que les tSles des colon tics ennemies en furent criblées. Il continuait à porter la mort dans les rangs des Turos, lorsque , vivement pressé par leur cavalerie , il jugea qu'il ne lui serait plus possible de sauver son canon; sans se déconcerter il attendit les assaillans à quinze pas , fit sur éqx une dernière
§o LE» FASTES
décharge , encloua la pièce, nût le fea au ca\s8km\ et fut assez, heureux pour ne pas élre atteint par Pexplo-^ sîon. (Grenade , le ^ thermidor ah loO
PUJET ( iV. )5 sergent-major à la Sa* demi-brigade d'infanterie de ligne , né dans le département de rjELérault. La journée du 5o ventôse an 9 lui fournit l'occasion de plusieurs actions d'éclat qui le firent mentionner honorablement. (Sabre, le g prairial an lo. )
RA.MEL ( ■N'.' ) 9 ouvrir de la 1 5^ compagnie d^ar-> tillerie , làé daus^ le département de l'Isère. Il se distîdgua au combat d'Aboukir, le I7 ve»tose an 9. (Grenade, le 27 floréal an 10. )
RANCHON ( Lùuù ) , capitaine de grenadiers à la s5® demi-brigade d'infanterie de ligne, né dans le département de la Loire* Le 29 thermidor an 9 , il mérita y par son courage et par son sang-froid , les éloges de ses che&. (Sabre, lé 9 prairial an 10. )
RAT ( François) y fusilier à la ïS* demi-brigade d'infanterie de ligne , né dana le départemfnt du Mont- Blanc. Pendant tonte la campagne de Syrie y> et notam* înent à l'aBaire du 28 venlose an 7*, il donna des preuves multipliées de courage. ( Fusil, le 29 germinal an iO« )
RICHE ( iV. ) , sergent à la 52® demi-brigade d'infanterie de ligne, né dans le département de l'Ain. Il assista à toutes les actions dans lesquelles combattit r le corps dont il faisait partie , et fit partout admirer sa valeur*
ROUAIX (Pierre)^ sergent à la 32' demi-^brigade d^infanterie dé ligne, né dans le département de la Haute*
DE lA QJJOmE. ^1
Caroline, hé 5d tentoeé A g , deraBt Alexandrie, il «e «gnàla par sob intrépidité. ( Sabre, le 9 yentose £ra 10^)
SALLETTE ( François) , sergent à la 32* demi-Brigade d'infanterie de ligne , né dans le département de la Haute-* Garonne. Lç 3o renlose an 9, ses exploite le firent mentionner à l'ordre du jour. (Sabre, le 9 yentose an lo).
SARTIGUECiV;) ouvrier d'artillerie S la iS^ compagnie^ né dans le département de la Gironde. Il se signala par plusieurs actes de courage , notamment à Aboukir, le 17 yentose an 9. (Grenade,. le 7 floréâj an 10).
SCHOUDER (FmwpotV),^ brigadier au 1 4* régiment de dragons , né dans le département de la Mjosette. Pendant la bataille du 3o yentose an 9, HsVlaliça au milieu des rangs ennemis et combattit longptemps après que l'on eut sonné la retraite, ( Sabre ^ le n piaiiial an 9).
SiCAlAD( François), tambour au 4* tigifMAt d^artillerie à pied, né daiis le d^afrlement du Var. Les s8 , 32et 3o ventôse an 9, fu'rent pour Inr de&)<Mr«iécs gle-^ rieuses: chacun èe ces conibats fit éclater sa bravovre; (Baguettes, le 29 prairial an 1 q )•
STAMPhY (^f^oyez tome II des Fastes, page 167). (Sabre, le 9 praînal an 10).
SÙDRIÉ (Dominique) (1), capitaine à la 52* demibrigade d^nfanterie de ligne, né à Toulouse, départ, de la Haute-Garonne. Le 3o yentose aii 9, sous Alexandrie,
(1) Aujourd'hui chef de bataillon eu retraite , officier de )a L^ioq-v dlionDeuT ; quand il «'embarqua pour Texpëdition d'Orient^ il aTrait faît les campa^e* de 1792 et lygS , an 3 ^ 3, 4 et 5 en Italie.
§9 LES PASnnES
il se signala par des actes d'une intpépiditî^ héroïqnèt lae ^1 florëal an 7 , il s'était distingaé au siège de Saint-Jean<» d'Acre^ 9 où il reçut deux coups de feu; et le 7 thermidor^ à la bataille d'Aboukir, & la tête d'une compagnie de grenadiers, il avait enlevé le village et fait prisonnier le pa,« cfaa qui s'y ëtait réfugie. ( Sabre 9 le 9 ventôse an 10 )•
TOUTANT (Pierre), adjudant sous-officier à la Sa* demi-brigade d'infanterie de ligne, né à Paris , département de la Seine. Pendant le siège de Saint-Jean-d'^Acre il fut de tous'les assauts et brigua constajnment les missions et les postes les plus périlleux. ( Fusil, le 9 ventôse an 10).
VAULHER {Noline), grenadier à la iS" demi-brigade d'in&nterie de ligne , né dans. le département des Ardennés. Il escalada des premiers les retranchemens de JaSà. ( Sabre, le i3 prairial an 10 }•
VILLEMONT {N.)y sergent à la a' compagnie de mineurs , né dans le département de la Mosdie. Peiidant le siège de Saint-Jean-^d'Acre il affronta joamellement les plus grands dangers et rendit d'éminens services. ( Fusil, le 29 germinal an 10 ).
f DE LA GLCMBE. gS
CXJSrUn^ {jidam^Philippe , comte de), gënéral en çbef, n4 à Melz , départ, de la Moselle, le 4 février ly^p^
Nomme, à P&ge de sept ans, lieutenant en second au r^iment de Saint«Chamans , Custine suivit le maréchal de Saxe pendant la campagne desTays*Bas; réformé, il reprit ses études à Paris, En sortant du collège j il entra dans le régiment du roi, et se signala, dans la guerre de sept ans, par des traits d'audace et d'intrépidité» Rapidement porterenseigne , lieutenant , capitaine dans Schomberg-dragons , à vingt-un ans il devint colonel du l'égiment de ce nom. Â la paix , il parcourut le^ principaux états de l'Eàirope, et s'appliqua à connaitte leurs forces militaires. Le grand Frédéric le distingua. Custine approfondit à Berlin la tactique moderne.
Au commencement de la révolution d'Amérique, il fut du nombre de ces Français généreux qui passèrent dans le Nouveau-Monde. Sa bonne conduite, au siège d'Yorck, Itti valut le brevet de maréchaUde-camp. A sou re-^ tour en Frai¥^, îl fut &it gouverneur de Toulon, et éla par la noblesse de Lorraine , député aux éta^tsrgénéraax , où il se raûgea du p^rti.de PoppositLOQ.
ËB 1792, €ustine eut le commandement en ch^d'une armée. TandbjqueDumourier envahissait la Belgique, on voulut attirer^ vers le Rhin , les principales forces de Tennemi. Le 29 septembres ^ Custine rassemble un corps de quatorze mille hommes , $e porte sur Spire 9 4éi^iidue par cinq mille Alleiminds , renlève de Vive force et fait quatre mille prisonniers. Après ce succès , il. apprend que les impériaux n'ont que quatre mille sojldats dans » Mayence. 11 part secrètement .pendant la nuit,, renverse un petit coi-ps autrichien à Worm^, et arrive, le 19 octobre, ^sot|3 les. nkixiê de la place,, où il entre le
§4 îiÊS PASTIÊS
lendetkiain à ta faveur d«g înteBîgenoes qu^il s*y est ménagées et de la menace d'une escalade. U passe lé Rhin '^ s'empare de Francfort , menace Hantia , Gissen y et bat lés Pi'nssîens à Lènslbonrg.
Lés habitant de Fraoc&rt massacrent la garnison française, etCiistine, par cette trahison , est contraint d'abandonner les bords de FÂnnida et de la Lahn. Il jette un détacbement dans Kœhig$tein , iwi^e quatre! cQ(mbats près de Linïbouirg , lè^e des contribolions , arrête l'ennemi 9 et se replié sur Cassel^ dont les remparts qu^il aiFait fait répai-ef lui offraient 'un ^bl?i.
Le 6 janirier 179? ^ les^ Prussiens attaquèrent son ayant-garde & Ëfochéim ; un moment ^e snr^se les favorisa, mais Cassél protégea la retraite ^e il os troapes* L'hiver fut employé à rendre ce poste inexpugnable , à èpprovîsiônner Mayencéj et à renforcer l^armée que Custine porta à quarante-cinq mUle homnaes. Au prin* temps , lés Frûssieiï^'p^à^êrént le iRhin Tel-s fiaccfaarachr Soudain Custîne rassemble dix-huit ndlle ^dats sur la Nâhe , et attaque , à Stromberg , les flanqueiu*s de l'en* nemi. La nuit sai vante ^ 41 voulait combattre le corps enti^ ; biais & peine a*tt^M engage 1- action , il est informé que Farmée de la Moselle, qui , en occupant le revers oeeideQtald^ 'Vosges, devait couvrir son flanc gauôhe, se retire derrière }a Blise, et ouvi^ ainsi aux Autrichiens tes défilés qu'dle devait lèué fermer. Renonçant alors & son Crémier dessein, il réiinlt seû trpupessnr la rimgaiiche delà Nahe^ etarppuya sa^drt&teaa Bhin par uïie -ctAotine détacbée^-en avant de Bil^gen; il sy fortifia en observant- les inouvemens des Pt^ussiens; œaisf bientôt il M fat iAipoàsiblè de gardei? cètite ligne , et îl se ireplîa èur AJteey; La mênienià ^il>p«étit que
DB hk GLOIRE. 9S
Majneuce; pouri:ait Hv^ i^vesti^^ 2I destina quinze mille hommes à sa défense,, et commanda au reste de l'armée et à J'artiyerie .légère de venir le joindre par Worms, Malheureusement ses ordres furent exécuté^ troptard, les Prussien^ se rendirent maîtres deBingeu, dirigèrent par Ing^Iheim des forces copsidérabLes entre l'armée française etMayence^.et refoulèrent dans cette place les troupes qui en défendaient les approches. Custine, plein de confiance dans l'accomplissement de ce qu'il avait prescrit, tint position à Oberslein, livra le n;»érxie jour deux san'glans combats, repoussa l'ennemi, et lui fit éprouver une perte énorme. Toutefois, privé de ses renforts, de ses tentes, de ses caisses , de son artUlérié légère , de'Sâ cavalerie , il ne put tenir plus long-temps la campagne, brûla ses magadns^ et 3e .décida à la jcetjiaite. Il.jaj!ri£a4)£ès de Weis- ^mboarg avec vingt mille soldats harassés et sans armes, loin de inayçnce , bloqué? et abaijdoipLBée à ses propres forces^ Unfoâisiaprèa îtae vit k la tète de xrâquanterdeux mille iumnâes-y et Bit éil état de reprendre fofiFensivci C'est dans cette altitude menaçante qu'il apprit la trahisoa 4g Dumôttri^P ^ =©* yfiÇttt l^*wdre de h remplacer à Parmée du Nerd. -levant ée «'éloigner^ il voulut ouvrir â son successeur le çjheniin de ]V!(ayence assiégée; il ordonna au général Hpv»çJî«ffd de s'avancer à9im le Hundsradji et lui*nalime, avee vuste ^riie 4e Varmée du Sbîn, atlaqna faraot-garde ennemîe qui avait passé U Quièçlu Maïs , soit q.u^il n'inspirâ.t pliis ass^z de con- ^^(^9 ^oit que ^a 4if9|NQ|ai,tiQp^ fî^seat ;m<i^ «o^certéea, d a'>ol9tint pas k» sùcèès mr lesquek il avait compté . I^'ennemiécïhappa, et Çufftitte, supportant lé contre-coup desfauies de DumouriW, abandonna le Rhin pour se rwire«ur la frontière du J^6a^?d. Il trouva , en arrivant ,
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90 tes FASTES 'f^
une armëe sëditieuse , trènblante et dispersa ^ leé pîaceg fortes envahies , et Valenciennes assiégëe.
Son premier soin fut de rétablir la discipline : il remonta les restes de sa cavalerie, et s'ëtablit au camp de Cësàr -sous Bouchain. Pendant ce temps le gouvernenaent lé pressait de faire lever lé sîëge de Valenciennes; il fallait risquer une bataille , Cûstine ne le fit pas. Il fut mandé à Paris , sous le prétexte de concerter des plans de campagne. La Convention nationale le décréta d'accusation, et il fut décapité le 29 aîoût 1793(1).
Cnstine , doué d'une audace intrépide, se fôt mis au premier rang des capitaines illustres, si Pinteippér/inçe
(i) Le procès dura quatorze jours. Fendant Vinstruction , un aide-de« camp de Custine mérita que son nom fût consacré pat un souvenir danc rhistoire. BilIihid^yBrenBes , Collot^d'Hét^lkiis , «t :R4bei(>ktxé Ifaraient xttandé avec un autre oiBcier au Comité de salut public. Ils leur ordonnèrent de dénoncer leur générât. C2es officiers résistèrent aux promesses et aux menaces. Le plus Jeune (Outillet) , parla aVec une fermeté qui étonna Ro<- )>e6pierre. BiUaud-Varènnes en fut ti'aniporté de fureur : « Traite« , dk-il, ;i> tu défends ton^én^rall tu es 809 con^plide. n-^ i£, Gelul fff^ ybçw ac- :» cusez> s'écrie Dutillet , a bravé cent fois la mort pour la République* 7> Quant amoi, Toici la liste de mes crimes! » il découvre sa poitrine sur laquelle plusieurs blessures avaient laissé de profondes cicatrices. Collotd'Hèrbois et Robespierre ii»! ordonnèrent ile se retirer. En s'é<^p^ot de cet antre funèbre > d'où sortai^Nj^tont-^ cdn^es et âfi plan«.4« TV=l?ûres, Tofficier courageux reproche à s^^tnni spn silence et la pâleur qui couvre son visage, oi Tu ne trembles pas aiusî un jour de combat, lui dit-il. t> -^ dQuB veufc-tul j'étais désarmé, répond ?atttre officier, et fêtais en 9 présence dêf trqis iplus ginnds'ei^nemia.de la.r^dbUque».» BdimC^s* tine parut devant ses juges. Ce même , Dutillet^ le général' YiUers^ Sectham et Baraguey-d'Hillçrs, aides-de-camp de Custine, osèrent le suivre pour le justifier. Cependant jusqu'aloi^s cfe tril^unâl aviiit toujôuÀ frappa du mârae arrêt de mçtt 1^ d^enseur»«traccteé» ' Tt « . r;
'' lègîde
DE LA GLOIRE. : gy
Bt les excès du vîn we lui eussent souvent fait conlmet-» Ire de grande fautes. Ce général était d'une hautâv ' stature y son regard était imposant et son port majes-^ tueux. Les formes athlétiques et énergiquenient pronon- ' cées de son corps , semblaient annoncer que son âme derait être 1« foyer des plus ardentes.passions. *■ «r
Il éisà^ né violent , ^mais son cœur était bon et fidèle e4 ' amitié;4l poilait dans le commandement la dureté de son cardctère. Ardent dans ses conceptions, il était calme uu jour dïs bataille 5 son sang-froid était alors adrairabler, v Un d^ses aides«de-camp (Bar<¥gaeytd'Hillers) lui lisait une % dépêche pendant que ses soldats se battaient^ Unj^^Hc ' '"^^/ sijffle et perce entre sesfloigts'le papier déployé ; Paidc«lè*. , camp s'arrête : <( Conlinj^t^ii ^t Custine^ c'e^i un mot que la halle aurq ^f^^Kf^SÊ'
Rigide observatoâr de ^^^^Çt.dô la discipline , il était sans pitSi pour l'offi^ier^^ty^ij^^ qui s'^^t^.t9wda ooqpable de la moindre inf1|^^Np|&ii Le lendemain de la prise de Spire, un capitaine ^^^bux sous«*officiers^[ui \ a?aieat conduit leur <5ompagîlJî^m^ pillage , en déola»* rani i|u'il était légitime , furent |Hp^ petr son ordre j ib étaîe&t chargés d'unricfae butin; c^|^Main|^ s'était signalé ^ datis plusieurs affaires, il méritait unS^4&compense; mai& il fallait un terrible exemple : il fut fusillée Cette sévérité eut l'approbation de Farmée entière; elle ramena là subordination, dont les troupes ne doivent jamais s'écarter* Au sein même de ses revers > Custine ne manqua jamais de cette fermeté, qui maintient les droits du chef et impose l'obéissance. Sa conduite à Ogersheim , montre qu'il possédait cette éloquence, qui plus d'une fois a fait rentrer des mutins; dans le devoir. 'Une sédition avait Tome V. 7 ,
éclate parmi les gendarmes qui demandaient une aug^ meiitation de paie^ il leur fit observer que leur solde était la meilleure de toute Farmée, qu'ils étaient tenus avec le plus grand soin y et que leurs yêtemens étaient en très-bon état : « Et cependant, s'écria*t-ii , qui croirait » qu'aumilieu devoQS, au milieu des soldats de la pa— » trie , il est des hommes assez ingrats pour oublier les » bienfaits de cette tendre mère?.... On m'a parlé de ré- » clamation à la Convention... Moi, je ne connais que des }) esclaves qui marchandent leurs services* (Il régnait un » profond silence), On m'a dit que vous étiez méc^ntens •»' Eh! dé quoi mécontens? Où sont-ils les méconteii3? ^ pasrlez. » \ *
ie colonel de la gendsu^erie s^avança et dit : « Mon » général, ce n'est pas ui^ ce n'est pas deux gendarmes qui >> sont neiécontens, ils le%ont tous. » — << En ce cas^ xç- » prend vivement Custâie, ce n'.est pas un, ce n'est pas » deux gendarmes, c'est tout le corps qu'il &ut ré&èmev» n On veut établir des lois arbitraires. C'est à moi qu!on * » en veut dicter! Non, je n'en recevrai jamais, et ce ne » sera pas en vain que la nation m'aura confié d'énormes '
» pouvoirs Cependant vous parlez de déserter
» les drapeaux^Ëh quoi! gendarmes, vous ouvrirez di^pc >) un passage à l'ennemi pour qu'il aille égorger vos^iiaT- » &QS sur les cadavres de vos femmes ! £b bien ! si v«^|ig^ J )> avez conçu ce lâche projet , si la patrie n'est rien 'p4»iu^. \ » VOUS), si l'honneur est muet dans vos âmes ^ partes-'') ■ » parlez toUsj meë lettres, ma vengeance vous précéder » xont dans v'os dépajctemens; vos concitoyens indigpé^ » Vous receivrant à coups de canon. Moi^ je serai fidél^À \ v \» mon devoir^ je vous ferai poursuivre dans votre ftii:te ' •
r> par ma cavalerie; mon infanterie vous chargera^ je » m'attacherai à vous conune une furie* » Il dit et mit son cheval au galop ^aas attendre une i^ppnse<
Avant de quitter la prison pour monter à l'ëchafaudy Gnstine écrivit à son fils la lettre suivante :
26 aoât 17^ y à dix Yieures an soir*
« 'Adîeu.5 mon. fils, adieu* Conservez le souvenir » d'un père. Je n^c^nport^ qu'un r^ret , ' c'est celui » .de.j|^s laisser un nom y qu'un jugement fera croire un » instant coupable' de trahison, par quelques homme# )) crédule& Réhabilites ma mémoire quand voua le ponp- )> resB ', si vous obteiaes ma co^Tespondânce , ce sera » une chose bien facile* AHvez pour votre aimable épouse, )> pour vbtre sœurque j'embrasse pour la damièce fois.
» Je crois que je verrai arriver avec calme ma der- » liière heure. Adieu encore, adieu. Vottepère, votre » ami; CtIôTine. »
Le si^pplice de Gustine n^as^ouvit pas la fbreur de «es WrreauiL. £ia\belle fille (1) qui, juscfue sur la fatale
I (i) Madame de Custine /sa belle fille^ âitk seule |3e M famille qui cul implorer ^es }uge>* « Yain secours 4« l'iuuocence et de Iti. beauté , «'ëcrie i> M. Châteauneuf daùs aqh Histoire des gMrau» français ; ni ses .3» vertus 9 ni S9i piété filiale ne purent flécbir leur bavbarie. Cette jeune 2> femme, impatiente «t courageuse > devançait le jour; triste et yoâlée, » elle attendait, sons les Toutes sombre» dupalais^ qi^ le J»ruit des gonds > et de la redoutable escorte V avertit du passage d^ la prison « la salle des s jqgeineQS de mort.£lle embrafisait son père dans un morne silence : elle » le sùivait-au 'tribunal. Asstsftaux pieds de VescabeUe, eUe levait Ycrt lui jo des yeux mouillés de larmes. Lorsque Vînterrogatoire était suapeodu , V plus mourante que lui^ elle le consolait eo lui montrant un espoir 3> qu'elle chercbait en vain dans le fond de son cœur. Si Custioes'arracbait » à ses embrassemens pour rentrer dans sa prison, elle allait déposer dan^
loo LES PASrÉS
chaînette, lui avait donne des preuve d'un héroïque at-^ tacfaement^ fiit plcmg^ dam les cachots. Son fils Re-* naud-Louis-Philippe-Frànçois Custine , fût également arrêté; il avait dëjà passé par diyers emplois )* dont il
» le sein de son jeune époux ^ détenu à la Force ^ ses alarmes pour les jours ^ de son beaa-pire. Elle était la seule de ses encans qui lui rendit des de- 3> Toirs »i touchans ; la terreiir avait fait taire le san^ et glacé Famitié. On 'p la^oyait pâttager ses soins religieux entre' lé père et le fils , courir d'une » prison à Vautre, dégiâiant sa tristesse sous un front serein , pour éloigner 2> ti!n pressentiment funeste. Elle était la dépositaire de leurs. ieci«U toui>» 3» mens, et de ces combats tumultueux que la crainte et Pespérance élevaient 9 tour' à tour dans le coeur du père et de son malheureux .fils. XJn. jour elle -ar sortit du palais avec plus d'espoir; le soutire était sur ses lèvres : du mi- ^ lieu de cette /ouïe indigente et barbare, qu'un salaire attirait pour ap- •» plaudu: aux arrêts par d'afirenses clameurs , des femmes lui firent enten- "^ dre èes atrocesrailleries : Elle riff mais elle ne rira pas long^temps .* à»' C'eétia'fille dé Çustine; son père jouera bientôt à la main chaude, n .On ne peut sans indignation retracer de ti horribles souvenirs ; . • • •
a II ne fallait rien moins que la jeunesse et la santé la plus florissante, .poux :» que madame de Custine iae succombât pas sous le poids de ses propres :d douleur», a vee quel intérêt, cet autre peuple de Paris, toujours trompe» )> mais plus curieux que méchant, la voyait près de son malheureux beau- ':d père, pendant les séances de ce tribunal ^ oii il confondit la calomnie et ia>ngnorance de ses lâcher accusateurs! »
. 'Madame Necker, dans un de ses ouvrages [Réflexions sur le dii^orcé)
rmi la morale la plus pure s*allie a un style plein de grâces et animé de la
rdbtfileur de la vertu , peint ainsi le sublime dévouement de madame de
Custine pour son beau-père et son époux : « O! vous, lui dit-élle, gloire
» de votre sexe I sublime exception k tous ses désordres , à toutes ses indé-
J> pendances , à toutes ses fausses exalutîons pour de £àux devoirs^ je baiée
. 3» léstraces de vos pas, je les couvre de fleurs jusqu'à la porte de cette prison,
» que vos larmes vous font ouvrir chaqUfe jour : puisse le charme de vos
}E) vertus, pareil à celui de la lyre d'Orphée, fléchir les arbitres de la mort , et
D présenter un nouvel argument, plus touchant que tous les autres, en
» faveur de Videntité des époux , et de l'indissolubilité du mariage !
DE lA GLOIRE. loi-
H^^tait rendu digne. Avant la révolution il était capitaine au régiment de la Reine , cavalerie ; le ministre Delesaart le chargea des affaires de France à Berlin; à son: 'retour , il servit comme aide-de-camp du maréchal Luckner à l'armée du Rhin, puis comme adjudant-gé-' néral. C'est dans ce grade qu'il signala sa bravoure à l'attaque de Francfort. Il était âgé de vingt-cin(} ans lorsqu'il périt par la terrible guillotine^ le i4 nii[oseanâ»
DAMPIERRE ( ^uguête-Henn-Marie Picot de )^ l^néral en chef, né à Paris, le 19 août 1756.
A dix ans, Dampierre s'enflammait au récit des batailles, et n'aimait, des jeux de $on âge, que ceux qui' lai retraçaient l'image de. la guerre. Il fit des études variées , apprit les principales langues de l'Europe , les hautes sciences , le droit public , et approfondit, dans les aateurs anciens et dans les meilleurs ouvrages modernes , les connaissances nécessaires à l'homme d'armes. Témoin' des heureuses dispositions qui se développaient de bonne heure dans cet en&nt , le lord Bolingbroke , qui venait fi^uemment dans sa famille, s'écrfa à une réponse ingénieuse qu'il lui fit : « Auguste , tu seras un jour un )» homme ; cuhivepar le travail ce que la naturea fait pour » toi. » On va voir comment s^accomplit ce présage.
Brillant de marcher sur les traces de son père qui avait été blessé à la bataillé de Dittingen^ en 1745; et de son onele Charles de Dampierre, commandeur de Malte^ et chef d'escadre, qui avait eu une partie delamâ-^ choire emportée en i/Sg, au combat naval de la Gre*- Aade., Auguste Dampierre entra à quinze ans dans les gardes-françaises. Dès qu'il eut revêtu l'uniforme, il &t éclater toute l'impatience d'un jeune amant de la gloire;^
xa% LES FASTES
On l'entendit louvent s'&rier : « Neferalje donc jamais rien pour mon pays? Quand pourrai^è perdre un braa dans une bataille ?yi Ce caractère ardent n'^ttepdaitque }^s occasions.
En 1772 ^ il demanda à partir comme voloiitaire pour TAmérique septentrionale , qui commençait à secouer un joug odieux j mais Une prétendue nécessité pour la France, fie conserver vis-à-^vis de VAnglelerre les apparences de l'amitié, empêcha d'accorder cette permission, Ce refu3 irritil Dampierr^ et le porta à haïr la cour ; à chaque victoire des Américains et des ofSciers français, il s'écriait en versant des Carmes : <( /ihl malfieureux , je n'y suis pas { » Le comte d'Artois alla commander en perspnne le siège dç Gibraltar , une foule de volon^ taires le suivit, Dampierre, ne pouvant pas obtenir de congé, prit le parti de s'y rendre secrètementXe même pouvoir qui s'était opposé à son dép^irtpour l'Améri» que , le fit arrêter à Barceloniie et reconduire à Paris, ^1 épQusa alors une demoiselle qui lui apportait un million et de la beauté; c'était une petite-ffille de LuUî ? <^lèbré compositeur de nos premiers opéras. Les dames de la coup prétendirent que Dampierre se mésalliait 5^ dlesneson-» geaient pas que leurs noms n'étaient connus que de quelques cotteries de Versaillet^, tandis que LuUi était ad*» miré dans toutes les villes de l'Europe, où L'on est sensible au charrie d'une musique harmonieuse 0t savante.
Pendant que d'autres )euQes officiers énervaient dans les plaisirs leur corps et leur courage, Dîimpieri'e passa en Angleterre f d(»::it il estimait le gouverhement comme tous les hommes libres» Ami des philosophe^ et des grands orateurs de cette naiiott , il étudia l'histoire et Ift législation des Anglais* 11 se rendit ensuite à Berlin ,. où il
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DE tk gloire: io5
prit, dans les exercices de paix , dans les grandes mar nœuvres , des leçons les plus utiles pour son pays. Son admiration pour Frédéric tint de la passion ; mais , à son retour, ses manières prussiennes, trop affectées, lui firent da tort à la cour, où un ridicule est plus rare qu^une mauvaise action. Un jour étant allé à une revue, la queue longue et le chapeau mis à la prussienne, Louis XVI , qui le r^arqua , dit avec humeur au maréchal de Biron : « Aifez-ifous ifù ce fou de Dampierrel » Ces seuls mots connus. des ministres et des courtisans qui vont toujours plus loin que leurs maîtres , sufiirent pour le priver de l'avancement qu'il méritait. Un second Toyage en Prusse , pendant la maladie qui mit Frédéric au toml)eau , le confirma dans son estime pour ce grand capitaine.
Tous les progrès des sciences intéressaient le cœur et l'esprit de Dampierre. Lorsque Monlgolfier découvrit l^artjçru long-temps impossible à l'homme, de s'élever dans Iesairs,'Dampierre se présenta pour monter dans le premier ballon qui fut construit à Paris. Pendant qu'il éprouve un refus, il apprend qu'une seconde ascension doit avi)ir lieu à Lyon; il part pour celtes ville, l'instant après avoir descendu sa garde , espérant de revenir à point nommé pour la prochaine. H était impatient de montrer «on courage, ens'exposant dans une faible nacelle suspens ^^ à un globe dé papier que la moindre étincelle pouvait enflammer. Lyon retentit des éloges des hardis voyageurs: malgré le charme que DampieiTe éprouvait aux fêles, dont il était l'objet , il Repartit pour Paris , oà son service le rappelait 5 mais, quelque diligence qu'il ^«it faite , il arriva trop tard; On punit de six mois de^
%oi ^^h -tES FASTES-
prjsonV.c^ voyage qui ne devait^tre consticlérê que oomme
yi^e étaun^rie je jeune homme.
Cette séférité fit abandonner à Dampierre le rëgiinent des G^rdçs. 11 ëtait danç sa terre t lorsqu'il s'honora par . un? action qui serait remarquable même dans un de ces hommes que le inalbeur excite à faire le sacrifice de leur vie. Un jour de fête^ en hiver, à six heures du soîr^ taudis qu'on dansait dans le château de Dampien*e , un père de femille tombe dans la rivière et disparaît. Les cri» de ses enfaps attirent une foule de paysans, sans qu'un seul pse \e secourir. I^a nouvellç en parvient jusqu'à la salle de haï; Dan^pierre, en sueur, quitte ses habita, court et plonge trois fois dans l'eau glacée sans trouver l'infortuné que venait d'entraîner le courant 2 il nage rapidement , Fatteint au moment où il va être ëcrasé sous les ix)ues d'un mpqlin , et le retire au p^ril de s'y briser lui-mê^ne. Dampierre ne jouH pas du prix d'un ci rare courage $ ce-p lui pour qui il s'ëtait» dévoué ne put être rappelé à la vieXa généroisité de Dampierre«e tourna alorssur ses pauvres en-* fans, il soulagea leur misère et leur prodigua des consola-» lions : ce trait d'humanité qui le fit comparer au dtic Léo^ pold de Brunswick , qui. avait péri en se précipitant dans l'Oder, pour «auver up de ses sujets, pensa lui causer'Iak mort par une maladie vîoJenteç mais son nom ne fut plus prononcé, dans la contrée, qu'avec ce respect que le rang n'impose pas toujours, et que la bienfaisance seule inspire^
On touchait à l'année 1789, Dampierre $e montra dans les rangs de ceux qui voulaient la liberté , c'est-à-» dire de presque toute la nation. Nommé président du dé-r partement d^ l'Aube, il honora sa place par son patrior
DE lA GLOHIE. io5
tisme et sa fennètë ; il fit toat le bien qu'il ponVait faim. La reconnaissance des habitans allait le porter à l'Assemblée nationale avec M. Beugnot^ homme érudit et éloquent, comme les deux citoyens lesplus dignes de les reprësenter. Le nom de Dampierre sortait dePume, lorsqu'une troupe de forcenés inonde la salle des séances^en poussant des cris et des hurlemens : c'est le choix qu'on a fait de Dampierre qui excite les furieux. Les sabres se croisent. C'est ici qu'il fit un noble sacrifice dé son ambition 5 pour ôter tout prétexte à une émeute, il se désiste à l'instant , et déclare qu'il ne se pardonnerait de sa vie d'arriver à l'Assemblée nationale sous de tels auspices. Un honneur , qu'il voyait mêlé à l'idée d'une calamité publique , ne pouvait convenir à sa probité.
En 1792^ l'Europe en armes se ligua contre les droits des peuples* Dampierre quitta ses fonctions civiles et ac* courut sous le drapeau de la révolution. Il était aide-decamp du maréchal de Rochambeau 9 lorsqu'il fut nomnfé^ colonel du régiment de dragons dp la Colonelle-générale. Cé^orps, qu'avait commandé lé duc deLuynes, accou* tumé au séjour de Versailles et flatté par la cour, était d^vmu difficile à conduire: il fallait un homme ferme :f. ^BÎIai inspirât ce reste de respect pour la naissance, qui i^élait point encore effacé. Dampierre, noble, mais populaire, remplaça heureusement l'ancien colonel qui avait laissé , parmi ses soldats , une sorte d'esprit qui les faisait accuser à^arièiocratie par les volontaires que les provinces envoyaieqteâtt^çpursdes frontières. Avant le premier combat, an 'v8ia^e>vde Bossut ( 29 avril 1792 ), ce régiment enpàwmtdevant le front du bataillon dé l'Oise laissa éclnt€E ides murmures. Dampierre se retourne : « Eh ! quoi î j) dragons ^a'écrief-t-il , lorsque nous allons combattre le&
io6 lES FASTEff .
)» ennemis de notre patrie , vous garderiez an ressentiment » foneste? » Vive le bataillon de VOUe! Vive la France t Un même cri se fit entendre: JV'a)^on« de haine que contre- Vétranger.
^Peu de jours après, ces mêmes dragons , entraînés par^ Fesprit d'indiscipline qui gagnait tous les corps de Far-^ mëe , envoyèrent au général Dampierre une députationt de cinq d'entr^enx pour demander qu'on leur distribuât tout l'argent qu'ils avaient à la masse , a^fom2<4 ^ disaientils, qu'allant fairela guerre et pouvant Sire tués, chacun^ devait Jouir de ce qui était â lui. Cette demande fut re«jetée, comme elle devait l'être» En partant les cinq dragons laissent cette menace : Cela suffît. Le régiment sortait à peine de Mons pour combattre Fennemi, qu'ils font rompre lés rangs et crier en tumulte : La masse , ou nous ne marchons pas. Le moment était difficile. C'en était fait delà subordination et peut-être de la vie de tous les officiçr^ , sans la fermeté de Dampierre : <c Officiers et sous* » officiers^ s'écria*t41 d'une voix de tonnerre, vous répondea » sur vos têtes de Fordre que je vais donner : que les dragons 9 mutinés suivent les soldats fidèles. » Tout le régiment obéit* Dampierre fit faire balte à un quart de lieue» « Ap- » prenez, dit-il , que, si je refuse tout à la révolte, f ac— » corde tout i la soumission. » Et il fit compter à chaque soldat si:^ francs sur la masse. On vit bientôt quelle auto* rite lui donnait ce mélange d'infiexibilé et de douceur. Le régiment bivouaquait sur la route de Yalenciennes* Tout-à-coup, des troupes de cavalerie accourent en criant : « Saut^ qui peut ; fuyez , tout est perdu y l'en-uemi est dans le camp* » Dampierre fut d^abord foulé
aux pieds des chevaux et eut son casque brisé. Il se relève et crie de toute ses forces : <( Au nom de Vhonneur^
iraffon» soyez jermea à vos rangsf* )> Et tous restent ira-> mobiles. Ce même jour, Dampierre atait accru son ascen-> dant sur le soldat, en allant seul^ à la portée du pistokt, et au milieu d'une grêle de balles, reconnaître un poste de tirailleurs ennemis.
Le lendemain , nos soldats firent un mouvement rétt ograde. L'Autrichien se mit à harceler nos troupes légères $ il redoublait d'audace, sans que personne donnât d'ordres. Dans ce danger extrême, Dampierre commande aux derniers bataillons de s'arrêter, et met du canon en batterie. Le feu de Tartillerie force l'ennemi de s'éloigner. Dampien-e se prëpare à défendre le défilé de Quiévrain , lorsqu'il reçoit l'ordre de se diriger sur Valenciennes 5 il hésite, « AValenciennes, à Valenciennes, lui crie-t-on de » toutes parts, il n'y a que là qu^on soit en sûreté. » Tant le duc de Bîron , général en chef , inspirait peu de con-' fiance à l'armée 1
Dampierre , aux camps de Maulde et de Maubeuge, mit le comble à sa réputation d'excellent officier par>de^ cornliais d'ayant-postes et par des reconnaissances, dans lesquellesilaffronta souvent le plomb et la mîtraiHe de l'ennemi. 11 8e porta. en Champagne avec son régiment de dragons et quatre mille fantassins pour s'opposer aux progrès du roi de Prusse, maître de Longwi et de Verdun. La veille de la bataille de Valmy, il arriva au camp de Saînle-Meïiehould , en même temps que les vingt -cinq mille hommes de l'armée du Rhin. Il eût pu faire beaucoup de mal aux Prussiens pendant la vive canonnade qui s'engagea ^loti , en s'avançant , de l'aile gauche où il était placé , sur leur flanc, queia disposition du terrain permettait d^altaquer avec une grande probabilUé^ de succès. Tel ^tait du moins son avisj mais le général en chef Keller-i
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xnann jugea plus prudent de ne rien compromettre. TI n'y eut dans cette action aucun engagement d'infànte^rie;. le jeu mipérieur de notre artillerie arrêta seul ts^ marche de Tarmëe prussienne.
A la bataille de Jemmapes, le corps de Dampîerre ^. devenu l'ayant-garde, emporta les positions de Bossnt e^ de Frameries , opiniâtrement défendues par les Autxi— chiens. Après cet avantage, Dumouriez résolut d'attaquer les retranchemenjsde Jemmapes. On se battit d'abord sans qu'il y eût rien de décisi f ^ mais Dampierre prit la r&olutiort soudaine de forcer la gauche des ennemis. A la tète des régimens de Flandre et des bataillons de Paris, qu'il précédait de cent pas, il enleva deux redoutes, en tourna lea canons contre les Autrichiens, et fit seize cents prisonniers» Nos soldats l'avaient vu constamments'avancerà cheval et le premier : ils le nommèrent aussi le premier dans ces acclamations qui suivent la victoire. Nos blessés oubliai^it leurs douleurs pour se demander : « Dampierre pît-il encore? Ct'autrea disaient qu'ils mouraient contens puisque ce brave homme était conservé à leur pays*
Dampierre , à la tête d'un corps de dix-mille hommes^ combattit à la bataille d'Anderleck près de Bruxelles j réduisit Malines, et^ dans une action sanglante, près de I^iège , acheva la conquête de la Belgique. Dumouriez établit son quartier-général à Aix-la-Chapelle. La présence des Français fut célébrée par des fêtes et par les voeux sinrcèresdes habitans qu'ila venaient de soumettre* Dumouries empressé de recev<»r leurs hommages, parut au théâtre.. On lui offrit X une couronne de lauriers; au moment où les acteurs la lui présentaient , les. soldats, crièrent des^ loges et du parterre : « Une couronne au général Damr^ pierre } il Va bien méritée^» Dumouriez. partagea U coi*--
ronne ; mais il n'oublia jamais qa'il y avait é\é contraint par la yoix des solâats , vrais arbitres da courage et des talens de leurs cbeis. Dampierre fut en quelque sorte exilé de l'armée. Relégué à Aix-la-Chapelle avec deux mille hommes et]condamné à Finactiou, du sein du repos, il put mieux juger quels évènemens étaient réservés A Tavexiîrj prévoyant quels efforts exigeait la situation de la France, il écrivit à Pache , ministre de la guerre , pour rengager à porter les Français sur le Rhin, où dans d^ quartiers d'hiver formidables par leur position, ils'auraient pu attendre les renforts dont ils avaient le plus grand besoin*
Toutes ses lettres cdthmençaient par ces mots en gros caractères : « Ou lé Rhin ^ ou la Meuse n » Dampierre prouva combien ce plan était facile contre les Autrichiens encore eflFrayés de nos derniers triomphes; mais le nûr- BLStre dédaigna de répondre, et Dumouriez lui-même, tout entier à ses préparatifs contre la Hollande, sembla ne pas songer que cette expédition, dépendant des succès de sa grande armée, se changerait en revers par les moindres échecs qu'elle éprouverait.
Tandis que trente' mille de nos soldats, prenant les places de Bréda^ Klundert et Gertruydemberg, faisaient fc craliulre à la Hollande une conquête aussi rapide que celle de la Belgique, le prince de Cobourg^, avec quarante mille hommes, vint attaquer les quinze mille Français disperèés sur les bords de la Roêrj leur défaite eût été entière, sans la conduite énergique et la présence d'esprit du baron de LeiFort (1), colonel de hussards , qui se mit
(1) Céuât on diCTCcndant de Lefort , grand amiral d« Russie qui seconJa
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à la tète de toute la cavalerie et protégea la retraite^ Dampierre, dont les troupes étaient inutiles à Âix-la^ Chapelle , accourut sur le champ de bataille j guidanj l'arrière-garde, il débouchait à peine ded bois qui bordent le chemin d^Aix^la-Chapelie à Liège, qu'il entendit deloinuqe vive canonnade; Dampierre seport^ près 1^ barrière d'Aigneux, fait masquer ses canons par des haies , les fait charger à mitraille , couvre la grande route de piècçs de position qui en défendent rapproche, et vole ap -secpqrs du général Lamarche, doniTar'* rière- garde entaillée,, mais ranimé^ à la vue d'un renfort, demande à charger les Autrichiens. Damjpieri^ tâcha de réprimer cette a^^deur : le L'eutenant-général Xanoue se laissa entraîner par le vœu de ses soldais dans un teiTain coupé et inégal : on n'avait jamais rien va d'aussi rapide que la marche de nos grenadiers $ en quelques, minute!» ils gagnèrent près d'une lieue de terrain. Us arrivent ..au pied d'une éminence couronnée d'artillerie; la^ ipitraille emporte la moitié de ces braves, et force l'autre à rétrograder. D^ns cette circonstance, l'ennemi allait pénétrer dans Liège et s'emparer du seul pont qui fut sur la Meuse, où il eût noyé tous ceux- qui auraient tenté le passage. DampieiTC voulut sauver l'armée; jl ramène ses troupes dans les mêmes lieux qu'elles avaient occupés,.. et s'y^ bat avec a charnen>ent au milieu du feu de la mousquetme et du canon. Après des efforts inouis , les Ai3trichen$.renQncèrent à leur attaque , et, à l'entrée de la nuit, P^ampier^e resta maîti^e du terrain qu'il avait si \aiIUmmçnt défendu.
si heureusement lé Czar Ptetre-le-Grand dans cet oonqQM€S)'et , dans la ci> TiUsation de ce pays.
DE LÀ GLOIBE. m
Il se rapprocha da champ de bataille de Nerwinde; Dumouriez lui avait ordonné de se diriger sur Tirlemont par la Yoie la plus courte. La destruction des ponts Tobligea^de suivre la grande proute de Louvain, et malgië uae foule d'obstacles, il arriva avec sa cavalerie* En Pa^^ percevant^ Diumouriez transporté de colère ^ lui dit avec dureté , devant d'autres généraux y i< qu'il voulait que ses » ordres fussent exécutés à la lettre, et qu'il avait cou- )> tume de punir ceux qui les éludaient sous quelque » prétexte que ce fût. » U faUu| déboucher par une porte de Tirlemont contre laquelle trente canons étaient brac* qués; Dampierjre passa te preinier avec quelques compagnies de hussards et trois pièces d'artillerie légère. L'ennemi fut repoussé derrièj^ k Gèle, et forcé d'abandonner le village de Gocsenboven, où 1^ Français se maintinrent contre vingt cluo^ges successives de la oavakrie.
Dumouriez résolut d'attaquer les Autrichiens dans leur position en arriè^*e de lasecsoinde Géte. Oam pierre, au centre 4e l'arinée , eut son flanc découvert pap la retraite de Paile contmaodée par Mit-aoda.. L^ennemi, loin de poursuivre ce général, tourne son artillerie sur le centre, dont il démo^ite toutes les b£ltt^ries^ et où il < un grand carnage. Dampiei:re arrêta le dés«ipdi>e, tint ferme jusqu'à la nuit, et contribua au SQCcès de l'aile droite; il voulait qu'ont attaqMât le lendemaisa aviec cette aile animée et victorieuse^ et qu'on refusât à l'aile gaacke de combattre sous Mixanda. Duisfouriez , soupant a^ec Dampierre dans le. village de Nidtir-ËlLseii , lui dit : «Je vois » bien pourquoi cela n'a pas. élé coinme à Jemmapes^ » vous commanderez demain )a première attaque. » Mais il ne persista pas dans ce dessein , et Dampierre désespéfé ne songea qu'à se défendre. Dès la pointe du
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jour, l'ennemi marcha rapidement pour poursuivre %e^ avantages de la yeille contre notre aîle gauche. Dampierre envoie aussitôt son aide-de*camp au gënéral en .chef à Tirlemont, pour l'informer de la marche des Au-' trichiens et de l'attaque qu'elle faisait présager. Dumouriez ëtait alors occupé à écrire ses dépêches pour Paris; il s'écrift avec colère : « Tant mieux , tant mieuXé y> Revenu de ce premier mouvement : « Allez, répondit-il, annoncez » au général Dampierre que j'envoie au secours de Italie » gauche, et que j'y vfkrai moi-même dans un mo- )» ment. y> Malheureusement les troupes du général Mia* zinski, posté sur un mamelon, près d'une chaussée qui conduit de Tirlemont à Liège, étaient déjà forcfe; écrasées par l'artillerie autrichienne, elles se replient, et se heurtent contre nos renforts. A chaque seconde,|a mitraille moissonnait dix hommes par bataillon. Un quart-d'heure du feu de ces batteries pouvait anéantir cette masse serrée comme un troupeau que la frayeur rend immobile, quand Dampierre aqcourt avec sa cavalerie et du canon ^: il voit que personne ne commande, que Miazinski a perdu la tête. Il prescrit à nos soldats éperdus de se jeter à droite et à gauche , et de se former en pelotons sous la protection de la cavalerie légère. Déjà ils se sont ralliés; Dumouriez arrî?e de Tirlemont. « Quel est donc » ce désordre, s'écri©-t^il avec étonhement? — Vous ve- )» nez trop tard, lui répond Dampierre, j'accours du » cehtre pour enapècher la mort de tant de braves gens. » Dumouriez, 'dans ses mémoires, s'attribue l'honneur de cette manoeuvre; ce n'est pas le seul mensonge de ce genre qu'il ait inventé pour ndettre à couvert ^a réputation de grand capitaine.
L'armée
IffilA GLOIRE. , li5
JL'«riliée 9^ retira aur^ frontières de la Flandre et .du Bainaultk Dumouriez, jugeant d'avance de la sensation ^ue produirait dans. Paris la nouvelle des revers qu'il venait d'ëprouver , et redoutant la colère de la Conventions médita de la renverser^
• Dampierrë était au Questioi avec le seul rëgiment de flandre et deux bataillons de Paris, quand il fut infoimé que le général en chef avait vendu la France aiix généraux de l'Âulricbe. H déclara à ses deux mille soldats, qu'il s'ensevelirait avec eux souB les ruines . de la citadelle plutôt que de la rendre. L'émotion de ces braves éclata lorsqu'il fit entendre ces dernières paroles: <( Camarades 1 nous avons tous juré de défen^ 9> dre nos lois et notre Uberté« Eh bien! ce serment » que Dumouriezfit avant nous^ il l'a violé le premier: » il vend la patrie à nos implacables ennemis* Vous fré- » naissez d'un tel crime. L'honneur par}e : il sera plus y^ puissant que la voix du traître q ui prétend nous séduire. » Jurons de périr sous les débris enflammés de cette ville,* Y avant de la livrer aux Autrichiens* » Les soldats répétaient à peine ce serment , Dampierre apprend que les représentans du peuple l'ont nommé général en chef de l'armée du Nord , pour l'opposer à DumourieZé Aussitôt il part pour.Valenciennes , qui avait fermé ses portes aux soldats envoyés pour s'en emparer , et où le commandant Fecrand avait su garder 9 pendant cette crise ,* un calme et une discipline admirables. Il conjura nos troupes de ïie point déchirer le sein de la patrie dans l'intérêt d'un seul homme ^ et parvint , en moins de trois jours ,, k les rassembler toutes sous les murs de Yalenciennes.
Le découragement, de nos bataillons se joignait à leur Tome r. 8
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affaiblissement. Den^in y sons la protection des forterà^t permeUait d'altendre les recrues id^une levée de trois cent mille hommes décrétée par la Convention , et de faire les apprêts de la campagne. Mais avant que Dampierre Cat ea mesure d'exécuter le plan qu'il avait conçu, les repréaeiH tans du peuple lui ordonnèrent de faire marcher au secoars de Condé une aimée i^éduite à vingt mille sdldats abattus, dénués de tout, incapables de résister à quatre^ vingt miUé' Autrichiens bien conduits et fiers d'avoir reconquisses moins d'un mois, la Hollande et les Pays -^ Bas. Dampierre vint occuper le camp de Famars. Le cours da l'Escaut, qui traverse la ville de Condé, avait fait partagea Fârmée autrichienne en deux corps; sa position semblait prescrii'e aux Français de ne livrer bataille qtfàl'une des deux ailes* Dampierre , sorti du camp à la pointe da jour, trompe l'ennemi par une fausse attaque sur loutre bord du fleuve, renverse tout ce qui est devant ha, emporte plusieurs villages et se fraye un passage j usquerprès de Quiévrain. Les Autrichiens étaient vaineus^si on ne leur eût pas laissé le temps de revenir d'ime première frajFeui*. L'irrésolution de quelques troupes du centre, et la lenteur d'un régiment qui devait s'y porter, permettent à l'eu* nemi de.nous enfoncer, et forcent l'aile de Dampierre à la retraite. Ce général fit rentrer toute l'armée au camp de Famani dans un ordre aussi calme que s'il Peôt rame^ née d'une manoeuvre dé paix. Cette tentative malheu* reuse , la vue du sang inutilement répandu, ne pu* rent ouvrir les yeux des fougueux représentans da peuple.
Dampierre ne put fléchir leur obstination; ils avaient vu, dans le combat heureux d'une aile de l'armée, l'in"*
£d]lible présage d'un succès décisif* Cette volonté absolue^ et peut-être la crainte de leur céder en audace y j'engagerent à recOminencei^ une attaque^ avec le seul espoir de Tendre chèrement sa vie* Les Autrichiens avaient renfbrcé Faile gauche de leur armée; il imagina de la faire in-^ qoiéter par des détachemens du Quesnoi et de Landrecies^ tandis qu'on passerait l'Escaut pour attaquer leur aile droite. Le général Lamarlière , accouru de Lille contre Saint-Amand, devait prendre cette aile à revers, au moment où Dampierre, k l'avant - garde ^ à câté du brave Kilmaine, emportait de front le village de Beymes* L'euttemi, poursuivi vers Saint-Amand, eàt été refoulé sous les murs de Condé^ si Lamarlière eut secondé l'im-* pétuosité du reste de la ligne; mais, loin de la mêlée, àSL division fit à peine entendre un feu mourant d'artillerie. L'Autrichien^ qui d^abord avafit songé à là retraite, rassuré bientôt sur Saint- Arnaud, change brusquement de résolution, fond avec toutes ses forces sur Tavant-garde dé Kilmaine , abandontié de Lamarlière ^ et reprend le village de Reymés. Dampierre, toujours à Pavant'garde , accourait par le chemin de l'abbaye du bois de Yicoigne, lorsqu'il eut la cuisse emportée par un boqlet parti d'une batterie autrichienne^ Les regrets des soldats éclatèrent avec violence : tous s^inFormaient avec anxiété si sa blessure était mortelle , et s'il pourrait ks commander encore. L'armée entière laissa le camp désert pour jeter un dernier regard sur son géiféral; on fut obligé de consigner les troupes sous leurs tentes. Les chirurgiens l'amputèrent et il expira six heures après Popération. Quand sa mort fut annoncée , nos guerrier^, le front baissé et dans un morne silence^ parurent im^
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tnohiles. L'ennemi sembla i*6specter le deuil de Vatmé^ : tout le temps qu'elle rendit les honneurs funèbres à son général) les Autrichiens laissèrent reposer leurs armes sur cette terre malheureuse, vaste tombeau que nous al« lions leur disputer encore $ et lorsqu'ils s'emparèrent da camp Français, ils mirent des gardes près du monument que de pauvres soldats avaient élevë.
L'invasion des Autrichiens dans la Flandre française justifia l'opposition de Dampierre aux ordres qui l'avaient forcé à tenter le sort dès armes^ La Convention nationale décréta quç les honneurs du Panthéon seraient décernés à la mémoire de ce général illustre, dont elle voulut qg^ le buste fut placé dans le lieu de ses séances*
Dampierre eut un fils digne de lui et qui, comme lui , brilla par son courage et par ses vertus. Jeune encôte il devint colonel et fut souvent cité dans les rapports des généraux. Il fit avec gloire la campagne de 1800 en Italie ^ se signala par une conduite héroïque à Marengo et dans le Tyrôl^ devint adjudant-général, fut envoyé à Saint- Pomingue avec l'expédition sous les ordres du général Leclerc , et mourut au Cap , emporté par la fièvre des Antilles.
CAVAILLÏÉR ( PrançoU'Appoîlonie ) , chef dé bataillon au corps royal d'état- major j officier de la Légion-d'honneur , chevalier de Saint^Louis, né à Noé, départenient de la Haute-Garonne.
Cavaillier entra volontairement au service en 1800; élève de.l' Académie des. arts de. Toulouse, il ne tarda, pas à faire remarquer ses talensç nommé sous-lieutenant ingénieur-géograjphe ^ il travailla en Italie à la belle carte
DE LA GLOIRE. iijr
de celte contrée^ ainsi qu'à la rédaction des mëmoires qui l'accompagnent. Pendant la campagne de i8o5, il déploya autant d'activité que de courage et fut blessé à la bataille de Caldiéro. En 1809, il suivit en. Allemagne le maréchal Masséna qui l'avait choisi pour aide-de-canlp et qui lui avait reconnu toutes les qualités qui signalent un excellent officier. Cavaillier se distingua arfs diverses affiûres de l'ile de Lobau, à la prise, de l'île du Moulin^ le 2 juillet, et pendant la bataille de Wagram à l'attaque d'Aderklau; il y eut la cuisse traversée d'une halle et fut alors élevé au grade de capitaine. En 1810 et 1811, il fit; la guerre d'Espagne et de Portugal, fut chargé aux sièges de Ciudad^Bodrigo et d'Almeyda, de plusieurs levées et reconnaissances importantes , prit part à tous les combats de cette époque et montra partout autant de valeur que d'habileté.
En 1812, il fit partie de l'expédition de Russie, comme chef de bataillon d'état-major , attaché au 2* corps d'ar-- • mée. Au sein de nos succès, comme dans nos revers, il ne cessa pas de s'honorer par une bx^illante conduite; toutes ses actions firent voir en lui lé guerrier sans peur et sans reproche , estimé de sea cheÊ , chéri de ses cama-^ rades, respecté de tous.
Le 18 octobre, à la bataille de Polostk, il donna une preuve dedévouenàent dont lui seul sembla ne pas apercevoir tout le mérite. Les dragons russes , après avoir foncé SDrunede nos batteries et. dispersé une brigade de nos chasseurs, arrivaient au galop dans l'endroit où était à pied le commandant en clief Gpuvion Saînt-Cyr séparé de son état*major qui venait d'èlfre entièrenî^nt dispersé; le danger était imminent ; d'un instant à l'autre le général pouvait être enveloppé et pris; Cavaillier, qui seul
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• «st rest^ près d^ lui, n'Wsite pas , il le presse d'accepter son obérai; mais le brave Saint^Cyr ne peut se décider a je sauver en exposant les jours d'un de ses officiers; il l*efuse, Cavaillier insiste, nouveau refus encore; alots yoyant que ses instances sont inutiles : « JJu moins jdLt^ il y Je ne vous abandonnerai pas » : et ils se dirigent ensemble versvfun ravin dont 1^ prpfondeur les dérobe à la poursuite de l'ennemi* ^
Ce fut le coi^maudant Cavaillier qui^ daqs la matinée du 2^ novembre, fut. envoyé, par le maréchal Oudinot, pour annoncer à Napoléon que non<rrseuIement les Russes étaient sur la Bérésina, mais encore que, mattres de Bo- \'isow, ils débouchaient sur Nemonitza^ CeUe nppvelle était des plu^ fâcheuses; l'empereur la reçut avec calme ^l réflexion, et quoiqu'oi) en ait dit, il ne montra ni
'emportement, ni inquiétude; toujours plus/ grand que sa fortune, sans sMtoniier d'un contre-temps qui n'était poin): hors des chances qu'il avait prévues, il çontimia à se porter en avant pour i^eppn^er Pennemî qui prét^idïdt lui couper la retraite,
Pendant la dernière et ten-ible pérîpde de cette funeste campagne, le chef de bataillon Cavaillier donné fréquemt .ment des preuves de cette fermeté de caractère, de cette force et de celte énergique résolution de l'âme, plus rares alors et plus difficiles qu'une brillante valeur. Tant qu'il y eut dans le corps d'armée quelques hommes en état de combattre, il partagea leurs périls, leurs fatigues, leur9 privations, et les électrisa par son courage.. Obligé^ par Is^ perle de ses équipages et de ses chevaux, de faire à pied cette désastreuse retraite, il semblait moins s'occuper de lui-même que de donner les soins les plus touchans à spa meilleur ami, le colonel Pelet, grièvement blessée Dans
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cette marche pénible à travers les neiges du Nord^ C«« v«illier perdit ses deux orteils qui furent gelés ^ pour ré« iablir sa santé et faire cicatriser ses blessures, il dut rentrer dans ses fbyers, mais incapable de repos lorsque sa patrie était menacée d'une invasion, il se mit à la téta d'une légion de garde nationale active , avec laquelle , pendant le cours de 18 iS, il alla se poster dans les hautes vallées de la Garonne et les défendit contre les entre* prbes des Espagnols. Quand les Anglais se dirigèrent sur Toulouse, il se porta sur leurs denîères, surprit leura détachçmena, intercepta leurs cofivois et inquiéta telle-» ment leur armée, que Wellington , dans son rapport, attribua à ces attaques la lenteur de ses opérations.
En i8i5 , le chef de bataillon Cavaillier fut encort compté parmi les guerriers qui volèrent h la défense du territoire^ il fut à cette époque chef d'état-major de Ii| division des chasseurs à pied de la vieille-garde. Depuis la rentrée des Bourboiis , cet officier a été compris dana l'organisation du corps royal de l'état-ma)or«
LANGLOIS ( LouUhUonoré)^ capitaine dans la vieille^ garde, chevalier delà Légion-d'honneur, né à Etampes , département de Seine-et-Qise,
En> 1807 , Langlois entra au service dans les fusiliers delà garde impériale; nommé ensuite officier au 48* régiment d'infanterie de Ugne , il se signala dans tou^ les combats où se couvrit de glohre ce brave corps que le prince d'Ëckmûlh appelait h premier de tous les régi'* mens. Partout Langlois se montra digne d'appartenir à cette troupe d'élite : la campagne de Russie lui fournit notamment plus d'une occasion de faire briller sa valeur*
Le 16 octobre, à Woronowobâ, pendant une reconnaia*
I2è LES FASTES
sancedoirit il faisait partie, il réunit quatre- vingts &ii«^ tassins, en prit le commandement quoiqu'il ne fut que soujh-lieùtenant et qu'il eût ayec lui des officiers d'un grade supérieur au sien, et résista pendant toute la joar*-née, aux attaques de huit cents cosaques qui le pôinmii^ virent j usqu'à sa rentrée dans le caziip.
Le 16 novembre, il était dans les environs de Smolensk, avec un faible détachement du 48^; séparée du reste de l'armée , d'un instant à l'autre petteppigpée de Fran« çais pouvait être anéantie ou du moins tomber au pouvoir d^un ennemi nombreu/s i mais Langlois n'ignore auoane des ressQiirces de sa position , il ralUe à son peloton tous les soldats isolés qu^il r^icontre sur sa route, en forme nne colonne de cinq à si:x cents hommes, et toujours combattant, toujours entouré, il rejoint, à travers mille périls, la 2® division du 1"^ corps, o^ il retrouve ses camarades et ses chefs 9 moins surpris du courage qu^il a déployé que du succès qui a couronné sa résolution.
En avril i8i5 , le colonel Pelet du 48* élevé au grade 4e général, se souvint de Langlois 5 il n'avait oublié, ni celte bravoure à toute épreuve, pair laquelle il s'était (ait coilstammenl remarquer , ni le% soins touchans qu'il avait reçus de lui, lorsque, grièvement blessé, il ramenait des. j bords du Borysthènet (lux rives de U Ehvipa,* les débris de ^ son régiment 5 Pelet pressé de témoigner s^ reconnais-r sance à cet excellent officier et de lui offrir en même tei^ps le pi*i3ç dç s^ belle cpnduite, le choisit poqr son aide-de-camp.
Nommé membre de la Légion^-d'honnenr à Dr^de, Langlois assista, avec la 3** division de la jeune garde , à toutes les actions qui: préludèrent à l'ouverture de I4 . • campagne de France. Son dévouement, son zèle, ^rr*^
DE tA GtOlftEÎ. ial
Inlrépidîié dans ces graves circonstances^ lui vèltirent souvent des éloges j mais le sort dé la^ guerre devait sos*pendre lé cours de :ses exploits; à la seconde bataille de Leipsick, il eut le haut de l'épaule gauche emporté par un boulet; la blessure fut. jugée mortelle y toutefois il n'y suGcomba point: transporté: dans une maison où il avait logé avec son général > il y reçut tous les secours, qu'exigeait sa situation et vécut encore pour consacrer dans de nouveaux dangers son bras à la patrie, à laquelle il a?ait voué toute son existence. '
Eit i8i4 9 Langlois suivit le général Pelet dans la Vieille^arde. En i8i5, il combattit vaillamment à Plan-* ehenoit et autour de Faigle des chasseurs, dans la retraite de Mont«Sainl-Jean. •
Cet officier est maintenant en retraite àËtampes, son pays«
DORA (Jean^Louis ) , chef de bataillon au corps royal d'étatirmajor à Paris, chevalier de la Légion-d'honneuif ^tdeSaintt>Louis, né en 1778, à Morman^ dépiartement de Seine^t-Marne.
Un thermidor an 7 , Dora entra au service. comme fourrier dans, un bataillon auxiliaire que &urnit son dé^ t parlement , et qui fut bientôt après incorporé dans la ''pfi* demi-brigade d'infanterie de ligne. Envoyé en Italie avee ce corps, il y fit ses deux premières campagnes, et se conduisit de manière à faire x'emarquer son zèle et sou courage. Avant là glorieuse journée de Marengo , il n'avait encolle assisté à aucune bataille rangée , et cependant , dans cette grande et mémorable action , il montra qu'il est possible d'allier, à la bouillante ardeur d'un -jeune homme, le sang-froid et la résolution d'un vieux 'S^^errier, U n'était .que sergent, et prit le commande-
IM * lES FASTES
ment de sa compagnie qui se trouvait rëduite à dix-buît hommes : la valeur et PhabileU qu^ii déploya à la tète de cette poignée de soldats , lui màritârent des éloges et le firent élever au grade de sous-lieu tenai^t, dans lequel il ne fut confirmé que le m vendémiaire an i9. Plaoé alors dans le 45^ régiment ^ il y fut nommé lieutenant le 7 jan* vier 1808 5 fui appelé , le aS mar« 1809 , aux fonctions d'adjudant* major dans le 117^$ devint capitaine Je 20 Janvier 1810 , et passa en qualité de cbef de bataillon au i4% le 10 avril 181 3.
Dans le cours de vingt campagnes qu'il fit toutes ayec dévouement, Doi^a ne laissa échapper ^aucune des occasions de se signaler par aa bi^TOure. Voici qaelques-nns des faits d'armes qui le recommandent à Festime des Français épris de la gloire guerrière4
Le aS novembre 1808 ^ pendant la bataille de Tudela, une partie delà division Morlot, chargée par l'infanterie et la cavalerie espagnoles, se repliait précipitamment, et avec confusion, dans un ravin où elle allait être écrasée; dans ce pressant danger , il fallait , par une proinpte audace , étonner l'ennemi et le forcer à renoncer à sa poursuite rie capitaine Dora, que sa présence d'esprit n'a point abandonné , a saisi ce moyen de salilt , il s'élance le premier à la l^le de sa compagnie , et fonce sur les Espagnols, quibienti)t, chassés dépositions en positions, culbutés dé toutes parts , sont rédiiiis a prendre la fuite. L'inti'épide Dora , à qui appartint tout l'honneur de ce succès, fut, pendant le combat, atteint d'un coup de feu au poignet.
Le i*"^ décembre 1809, Dora alors adjudant-major, marchait, sur les bords de la Noguera^ en avant d'une Reconnaissance guidée par le colonel Robert du 117* : à
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peine a-'t-il fait quelques pas qu'il aperçoit 'na peloton d'Espagnob; auâsitâtil se dirige vers eux, essuyé le feu de leurs mousqueterie , fond dans leurs rangs avec la rapi* dite de réolair) et leur crie de se rendre; épouvantes, les Espagnols jettent leurs armes et font , en' signe de sou-» niissioii, voler leurs bonnets en Pain à ce mouvement. Dora voit $on cheval se cabrer, U perd lés étrièrs et tombe, mais, par un hasard aussi heureux qu'étrange , il 66 retrouve debout , le sabre au poing et dans une attitude qui augmente encore la surprise et la terreur des enuemia qui ne songèrent pas à lui résister. Hs étaient au nombre de dix-hpit ; Dora se met en devoir dé les conduire au co^ lonel Robert; mais sur ces entrefaites, oelui*ci qui n'avait avec lui qu'un Êiible détachement , vient d'être attaqué et cerné par quatre à cinq cents hommes d'infanterie; au:^ prises avec eux , il combat vaillamment pour s'ouvrir un passage; Dora témoin de ses efforts, s'empresse de voler à son secours , et , par des démonstrations qui imposent aux assaillans, il l'aide a leur passer sur le corps et à ga-gner la rive opposée de la Noguera. Pendant cet engage*^ meut^ il avait confié ses prisonniers' à un domestique qui , armé d'un cputeau de chasse, n'en laissa pas échappe? un seul.
Le ig avril 1810, le capitaine Dora , embusqué dans un fossé avec cent quatre-vingts voltigeurs , arrêta le^ troupes de la garnison de Lérida, qui tentèrent vainement de franchir lé pontsurlaSègi*e, afin d'appuyer un mou-* vement d'O'Donell pour faire lever le siège de la place. Quatre mille fantassins espagnols et mille cavaliers pror» tégës par l'artillerie du fort et des remparts, furent çon«r tenus pendant plus de deux heures et forcée de renoncej(^ i leur entreprise.
mI Les fastes
Quatre jônrs après, O'Donell avec toutes ses forces patut en vue de la ville; la garnison voulut de nouveau essayer une sortie en débouchant pat la tête du pont , qui jusqu'alors lui avait présenté une invincible barrière : elle s-avance , les Français reçoivent d'abord le choc avec TÎgueur; mais tandis qu'ib sont engagés avec la colonne principale des assiégés, quelques centaines de tirailleurs espagnols pénètrent dans nos retranchemens; ils allaient s'en rendre maîtres , quand toiit-à-coup le. terrible Dora, suivi de ses plus intrépides voltigeurë, se précipite à leur, reûcontre, passe à la baïonnette tout ce qui lui oppose de la résistance, contraint le reste à prendre la fuite , et par cette charge impétueiùe dont l'impulsion devient générale, décide de la retraite de l'ennemi, qui rentre, en désordre , dans une enceinte oti la bravoure et la vigilance des assiégeans ne lui laissent plus d'espoir. Dans cette lutte où ses soldats firent des prodiges, le capitaine Dora fut constamment ail poste le plus périlleux; il y fut frappé d'une balle au bras droit, et reçut l'étoile de l'honneur poxir prix du sang qu'il avait versé.. Sur sa proposition, la même récompense fut décernée à quatre des braves qui l'avaient secondé avec le plus de courage.
Le 9 juin 1810 , le capitaine Dora ayant avec lui deux compagnies de voltigeurs , soutenues par deux bataillons sous la conduite du colonel Robert, s'avança pour reconnaître et attaquer le pont de Tremp , défendu pat* neuf cents, hommes d'infantterie et deux pièces de canon : son intention était d'aborder sur lé champ l'ennemi : mais l'avant-garde dont il s'était fs^it précéder, ayant été accueillie par un feu des plus vifs et des plus meurtriers , fut' forcée de battre en retraite. L^échec qu'elle venait d'éprouyer pouvait donner de la confiance aux Espagnols et faire
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échoner Fexpëdition ; Dora convainca que dans une telk conjoncture, il impoi*te. de ne pas leur laisser le temps de la réflexion, réunit en tojate hâte son détacheroisnt , passe le premier, dans Peau jusqu'au menton, i^n des bras de la rivière, et fait sonner la charge, Dëjà il est sur le pont ; ses soldats animés par son exemple s'élancent après lui, tout cède à la violence de leur choc*, les barricades sont renversées , PartlUerie est enlevée, et les Espa* gDols culbutés, mis en fuite, abandonnent plus de cent cinquante des leurs, morts, blessés ou pris»
Le 8 janvier x8ii , à la prise du fort du col de Balla-*" gaer, ce fut encore la colonne que commandait Dora qui escalada les palissades et pénétra la première dans la place dont le gouverneur fut désarmé par le lieutenant Bord.
Un mois après , on marcha sur Gambril ; pendant èette expédition, Dora guida la colonne du centre, et là de-^ vança dans la yillej où il fit un grand nombre de piisonniers*
La défense du Plate, oi!i avec deux cent vingt hommes el à deux lieues en avant de sa division, il résista h des forces de beaucoup supérieures aux siennes, montra ce qoepeuTent des Français quand ils obéissent à des chefs qui unissent Fintelligenceau sang «froid, Phabileté h la résolution. Le 5 mars, dès l'aube du jour, quinze cents Espagnols, infanterie et cayalme, vinrent l'assaillir à l'imprbvîste; il avait l'ordre de tenir jii$qu'& la dernière extrémité^ soudain il rassemble ses officiers, assigne un poste à chacun, et avec le reste de sa troupe , se porte ra« pidement au secours d'une reconnaissance qu^il avait en<« voyée au point de l'attaque principale et qui était au moment d'être enlevée^ déconcerté par ce mouvement ^u-
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laft ' tËS FASTES
bit exécntë avec autant de pi:omptitiide que d^à-propos^ Vennemi lâche pied et ne manœurre plus qu'avec hésita^l tion } Dora a ressaisi l'avantage; mais il doit s'attendre à' de nouveaux assauts; il les repousse tous^ et^ quoique grièH vement blesse à la cuisse ei en proie aux plus cruelles souf* frances ^ il ne quitte le champ de bataille qu'après l'ar-^ rivée du cobnel Robert, dont l'apparition met fin au combat. Il durait depuis plus de trois heui^, et cepen^ dant les Espagnols, malgré les chargés rëitérées de leur cavalerie , n'avaient pu entamer le détachement du ca-* pitaine Dora , qui ne laissa en leur pôuvéii* aucun de ses blessés, et qui leur fit essuyer une pert^ (Considérable.
Le capitaine Dorât a souvent été cité Bvec éloge dand les ordres du jour de Favmée d'Arragon«
Âpres de longs et glorieux services, cet officier fet enfin élevé au rang de chef de bataillon : cette promotion &isait pré8agerque,daiisl'avenii^, il trouverait un avanceimenf qui, jusqu'alors, n'avait pas été proportionné à son mérite; mais les évèneffiens politiques empêchèrent cet espoir de se réaliser. Dora , nommé peu auparavant la chute de l'empirey lieutenant-cy)lonel et offider^ dte là Légiond'honneur, ne fut point confirmé dans ceà grades. Danrf la vîguenr de l'âge et la maturité des talens , il vit son étoile s'arrêter. Il jouissait de Festimè de ses frères d'armes: en se sépairant d'eux il emporta leurs regrets, et s'éloigna de Farmée avec le désir d'être bientôt à même de prouver à la patrie, que les guerriers qui avaient com-' battu sous les Aigles de Napoléon , sont prêts ausid à faire le sacrifice 'de leur vie à l'indépendance nationale et à la liberté.
Après, le licenciement, Dora devint premier aicfcd^
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cam]râa maréclml I/tfebirre^ fut honoré de son amitië et reeoeillit le dernier soupir et les decnîers vœux du hëroi jponr la gloire et la prospérité de son pays*
ANGÈLIS (Joseph)^ capitaine au i4* régiment d'in-* fâQterîiEt de lignes né le lo avril 1781 , à Nonza, dépar* temeat dm Golo^ actuellement en retraite à Baslia (ile de Corse ).
YëHte le 18 mes;rïdor an 12, Angélis fut nommé souslieutenant au i4* régiment d'infanterie de ligne, le i5 juillet 1807; il y détint successivement lieutenant, adjadant^major et capitaine; chacune de ces promotions fut k ptix d'une action d'éclat. Eu Espagne, il fut compté parmi les plus braves de l'année d'Arragon, dont les or* dres dtt jour rapportent les &its saivans :
Le aâ novembre 1811 ) à BaJaguer, il pénétra seul dans les rangé dHm faatAÎUon d^nsiargés, et, se faisant jour avec son sabré, attâgnit et fit prisonnier l'officier qui ies'coniinandait.. L'inatant d'après ^ k la tète de cinq dragons du 24^, il chargea et rompit nn fort peloton du même oorps>. tua qiiaxante«^*ois Ëspa^nelfl et fit trentedeux prisoanieiB.
En 1 8x3, Angelis se signala pendant la campagne de Saxe. Le 16 octobre, il commanda le 3>* bataillon du 1^% soQsle feu d'un corpa considérable de l'armée ennemie, fiians celte •circonstance oji il avait ordi!e'de tenir jusqu'à la dernière extrémité, et où ce valeureux bataillon fut presse détruit en entier^ il montia un courage, une résoktion et Une présence d'esprit dignes d'an chef des plasexpéiimentés, dignes d'un héros. Pendant cette glo^ rieose résistance, il fui criblé de blessures, une balle lui Uayersa la jambe gauchej deux biscayoïâ le frappèrent:
^a8 LES FASTES
le premier lui fracassa Pépaule droite, le.second lâi^oi-^ pointa une partie de la figura et. laissa une cicatrice large et profonde de deux pouces»
Angéii^ baigné dans son sang, resta sur le champ de bataille, où il fut recueilli par l'ennemi et fait prisonnier. Bendu en i8i4 , à son retour en France , il fut proposé pour un commandement de place, qu'il n'a point obtenu.
ARNAUD {François ) , capitaine au i4* régiment d'infanterie de ligne , membre de la Légion-d'honneur , né en 1761 à Carcassonne, département de l'Aude, actuellement en solde de retraite à Boulogne sur mer.
Soldat , en 1781 ,:au 4l^ régiment d'infanterie- de ligne; Arnaud avait fait son apprentissage de la profession des armes, lorsque le révolution éclata. A cette époque, il partit comme sergent dans le 3*. bataillon du Pas^e->Ca* lais; devint, lei5 mai 1792, sous lieutenant au i5* régi-* ment de ligne, qui prit par la suite le n^ i4; futproinu au grade de lieutenant le 38 floréaLan 2, et à. celui de capitaine le 18 vendémiaire an 6*
Le 5 septembre ijf 92, il commandait un détachemt^nt et se défendit avec la plus rare intrépidité dans Roubaix , qu'il n'abandonna qu'après quatre heures de combat , .quand il ne lui restait plus ni munitions ni soldats^ An moment de sa retraite Arnaud n'avait que ce que l'ennemi ûe pouvait pas lui ravir, la gloire d'une ré^stanoe héroïque.
Le ^ mars 1795, à Flodrop, il soutint , par^son fsxemple , les efforts et la constance de son bataillon, qui se maintint inébranlable sous les coups. les plus meurtriers ,de la mousqneterie et du Qanon. Dans cette circonstai^ce «rltique> nos.troup^ après avoir disputé, avçc acharnement
DE LA GLOIRE. %ûq
ment le pftssage.du pont sur la Boër, se virent réduites à le faire sauter t les fougasses étaient préparées, mais personne ne voulait y mettre le feu; Arnaud seul se dévouant alors pour épargner à ses camarades des périls auxquels lai-ntême ne craignait pas de s'exposer, s'avança sous une grâe de boulets et de balles, saisit la mèche, attendit qu'elle fût enflammée, et ne s'éloigna qu'avec la certitude que lien ne s'opposait plus ài'explosion.
Le 19 prairial an 2 , il se signala de nouveau en tenant en échec, avec une coin pagniede grenadiers,, un corps considérable d'ennemis, dont il fît éclK>uer.les attaques et auquel il imposa par l'habileté de ses dispositions et la fermeté de to contenaïice. . . '
Arnaud ne combattit plas moins vaillamment sous l'Empire, qu'il n'avait fait du' temps de la République. Pen-' dantia bataille d'Iéna, Napoléon avait or^donné de s'emparer iï*uri*débouché : Arnaud, suivi de quelques biaves, s'élança sur deux pièces de canon <J[ui en défendaient Papprache, les -enleva , et les fil aussitôt tourner contre une colonne prussienne^, 'qu'il obligea à se replier eh désordre.
Le 24 décembre 1806 , le i4* régiment d'Infanterie de lîpie était arrêté sur les tords de la Wrka 5 le pont de Kôsolombîa , sur cette rivièi-e , avait été rompu : Arnaud , malgré la fusillade la plus vive et les obstacles sans nombre qu^on lui opposait, parvint à le rétablir, et donna ainsi à .son régiment les moyens d'effectuer le passage et de battre l'ennemi.
HE!SfRIOD (le baron, Frawcoi*), maréchal-de-camp, oiBcier de la Légioh-d'honnéur , né le ai octobre 1763, a Larivière, département de Léman.