Tome V
i3o EES FASTEES
Le 12 octobre 1782 , Hetrîod entr^ aj» n%tiaeht èr
Berwick (88* régiment d'infanterie de ligtif^-Ge fnttdeuBisce
corps qu'il apprit le naétierdcs ;àrmes;maifi);4sqn'eBr79i>
il ne put se faire remarquer que par son zèle à remplir les
devoirs qu'imposent la sutiôrdâiatîon. Lorsque la révola-
tion eut aboli d'odieux privilèges, iHilifiit enfin peignis
d'aspirer au prix d^une bonne conduite et<f une ihsirac*
tion réelie:après avoir éténotnméâouls^ieutenantyilfût fait
lieutenant en 179^2, capitaine adjudani-knaj^or en 3795,
et chef de bataillon dans la b^^ demi-brigadis dev<eimeen--
snite lo"" et fermée du 88^ > le 19 mej$sîdor an 2=. En l?an*
7 y il passa dans la 6&% lut placé d'ans la 1^* en Veai 1 1>
fut ëlevé au grade de major du tOiQ? régiment ^lèSo firî-^
maire an 12, prit en qualité de colonel^ le coçamap.d^ment
du i4* le 3o décembre 1806, etreçut^ le 2.)uiljet ^810 ^
le brevet de général de brigade. < , . :
Habileté, courage et sang-froid, telles sop,t,l|5$.qfialîlé* qui distinguèrent Eenrlod dan^ tout le cours, de ss^ cai> rière militaire. Pendant viqgt.ans de guerre^' il. cpo^baitr^ vaillamment les ennemis de sa patrie adoptive^.et.s^ si-* gnala dans plusieurs occasions par de beaux faits d^arixtô9. Si, sans nous écarter de La vérité 9 il nous était permis d'excéder les bornes d*une authenticité en q[ueique sorte ofiBcielle, il nous serait facile de prouver, par le, récit d'une fouie de brillantes actions, que. peu d'offioiers ont rendu à la France des services plus impoctans et plus multipliés^ mais ce n'est point dans les ^uvenirs des guerriers qui furent ou les chefe , ou les camarades, ou les suboi'donnés deHenriod, que nous avons dû puiser les matériaux de cette notice, que nous éctivonaavec la certitude et le regret de la laisser incoimplête.
Nous transcrirons seulement' iei les docunsens qa%
DE LA GLOIRE. \ i5i
nous. a été possible de recueillir, soit h la grande chancellerie de la Légîon-d'honneur , soit au ministère de la guerre.
Pendant la campagne de l'an 4 9 lorsque l'armëe républicaine fut obligée d'évacuer les lignes de Mayence, Henriod, avec le bataillon qu'il commandait, se trouva placé a 1 arrière-garde. Il avait l'ordre de protéger la retraite de la division du général Renaud , qui s'était jeté di^nale^ g^rS^*. *^."* Tripsladl; lout-à-coup trois bataillons autrichiens et un corps d'émigrés enveloppèrent Henriod et lancèrent contre lui une nuée de tirailleurs; forts de Ijeur supériorit^é numéviq^ue, ils croyaient le réduire à mettre bas le? armes; mais il forme sa petite troupe eo masse, lui fait faire voltie-fiaice, -p^sse sur 1<!^ ventre des as*saillans, et, à une demi-liçue de là, rejoint au Kaislop, la divisiop doqt il couvrait les derrières.
En Tan 5^ pendant la retraite de l'armée du Rhin^ I)enri<>d, avec trois mille hommes oue lui avait confiés le généra]^ Desai^, balaya le val de Saint-Pierre, et tint exjL |ialeiue d^ans celui <Je la Kinlzig, le général Nauendorf qui, à la tète de vingt-cinq mille pomba,ttans, attendait notrf colonne principale, tandis qu'elle faisait la coquille par Do^eisçhii^ et débouchait dans le Brisgaw par le val dEaf^r.
A l'affaire de Diems^n, le 1 1 novembre i8o5, la divi- 3ion du général Gazan fut cernée par trente cinq mille Busses; dans cette circonstance critique, Henriod réunit sur un plateau le loo* i^égiment aucjuel s'étaient ralliés quelques détacheraens appartenant à d'autres corps/^ K Camarades^ s'écria-t-il , en s'adressant auxsolds^ sous » «jes ordiçes; l'heure est vendue de vaincre ou de mourir. n ^u nom de l'honneur. Français, je vous conjure de
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» me suivre; ouvrons-nous un passage, montrons. à nof » ennemis que nous avons des baïonnettes etqueiioussa- » vons en faire usage. » Après cette courte harangue, qui fut accueillie aux cris mille fois répétés de i^ipé Vempc'' reur ! Henriod se met à la tête de sa colonne, et ordonna la charge. Dès le premier choc, les Russes sont culbutés sur un espace de plus de quatre cent cinquante toises, et la division Gazàn, heureusement dégagée, rejoint à une lieue de Diernstein^ la division du général Dupont. Cette action , dans laquelle Henriod eut deux chevaiix tués sou» lui, lui valut l'étoile d'officier de la Légion-d'honneur.
A Eylau , le 8 février 1807 , il ne déploya pas uii moindre courage : le général de brigade qui commandait le i4* de ligne, ayant péri dès le commencement de là bataille, Hehriod le remplaça à la tête de ce régiment, à qui il sut inspii'er des prodiges de valeur et de résolution; atleiiiit bientôt lui-même d'une blessure grave, il né voulut point quitter le poste du péril , et resta sous lé feu *, continuant à d^oiîner ses ordres au milieu de ce carré immortel dont l'emplacement fut marqué par six cent vingt hommes tués, et arrosa du sang de sept cents blessés. '
Le 10 juin 1807, à la journée d'Heilbersg qui fut encore si meurtrière pour le même régiment j Henriod donna des preuves de la plus rare bravoure, et fut frappé à la cuisse par un boulet qui traversa son cheval de part en part.
Envoyé en Espagne, où sa réputation acquit un nouvel éclat", Henriod y commanda pendant deux ans 1^ corps avec lequel il. s'était couvert de gloire durant la campagne de Prusse. Le 25 novembre 1809, il le conduisit à l'attaque du mont Tremendad, le guida dari« plusieurs autres occasions , montra toujours le même
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dévouement, et fut fiiit général en i8io. Le combat deTerrega, livré le i3 janvier 1811, et la défense de Lérida en 1812^ lui ont mérité des éloges qui doivent rendre son nom historique. Lorsqu'en 181 3, après de funestes évènemens, la guerre menaça d'envahir notice temtoire, Henriod fut compté parmi les généraux qui fi-» rent le plus d'efforts pour s'opposer aux progrès des ar^ mées de la coalition. 11 parut alors infatigable, et ne fut pas un jour sans se mesurer contre des farces supérieures.
Partout, quand il fallait aller au feu, il trouvait des hommes déterminés. Nul ne connut mieux que lui le grand et utile secret de se faire obéir et de se faire aimer : constant et rigide observateur de la discipline, mais )Qste en même temps, il savait à propos punir et récompenser ; les soldats sous ses ordres redoutaient sa sévéï^ité^ mais ils n'ignoraient pas sa sollicitude pour eux^ et tous se plaisaient à lui payer un tribut de respect et de reconnaissance.
Le général Henriod est actuellement en non-activité a Paris.
Taxis ( Ctaude), capitaine au i4* régiment d'înfenterie de ligne , officier de la Légion-d'honneur.
Depuis les premiers combats de notre révolution jus^ qu'en 1807 , Taxis fut compté parmi les plus braves d'un corps dont les héroïque^ exploits ont souvent tenu du prodige. Il concourut aux premiers triomphes delà République , et eut sa part des lauriiprs. cueillis sous J'Empire* Pendant la conquête de la Belgique , il montra souvent une intrépidité à l'épreuve de tous les périls. Le 3 o septembre 1795 , aux environs de Slalinés, avec quelques soldats, il débusqua l'ennemi retranché dans un cimetière , et fut blessé à la jambe en chargeant sur une piice
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de canon dont il parvint à s'emparer. Dix jours après y à Werwick , sur la Lys , il s'ëlança , malgré une grêle de balles, d^lruisit un cheval defrîse/ attaqua seul deux hussards tout monle's et lès fit prisonniers. Le surlendemain , à Menin , à la tête de cent tirailleurs , il fonça sur quinze cents Hanovriens y les épouvanta par son audace, les rejeta dans une position difficile , et les força à mettre , bas les armes.
Taxis ne déploya pas moins de valeur pendant les glorieuses campagnes d'Italie.
Le siège de Manloue lui fournit plus d^une occasion de se signaler. Le 3 frimaire an 5, dans l'une des sorties de 1^ garnison de cette place , suivi de quelque» grenadiers , il se précipita sur une batterie et enleva une pièce de canon..
Admis à la solde de retraite après la guerre dont il avait partagé les travaux et les dangers , le capitaine Taxis , tout couvert d'honorables cicatrices et épuisé par de longues fatigues ne jouit pas long temps du repos qu'il avait si bien mérité. Il mourut dans le département des Ardei\nes , à Sedan , où il avait fixé sa résidence.
THUILLIER , capitaine ^u i4" régiment d'infanterie de ligne, membre de la Légion-d'Jionneur, actuellement en solde de retraite dans le département de la TVIoselle.
Le 8 pluviôse an 5 , Thuillier, alors sergent de grenadiers , s'élança à la tête de quelques braves , et enleva sous le feu de l'ennemi un des chevaux de frise dont étaient garnis les retranchemens d'Avio en. Tyrol. Par cette intrépidité, il ouvrit un passage à sa compagnie , qui , aussitôt , se précipita sur ses pas.
Le 8 brumaire an 8, il se jeta dans la Bormida, la traversa sous une grêle de balles^ et entraîna, par son
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^eaEemple) le5;grenadiers, qui , jaloux d'imiter son courage, parvinrent en an instant sur la rive oppasée. Dans cette circonstance , ^ il désarma la garde d'une des portes .de la rille d'Âcqui, que son audace fit tomber an pou» ▼oîr des armes françaises.
Le i4 octobre 1806, la journée d^Iéna ajouta encore à la réputation de bravoure du capitaine 'J^huillier. Pendant cette mémorable bataille il commanda deux compagnies de voltigeurs , à la tète desquelles il culbuta, dans un bois, un bataillon prussien et s'empara de deux pièces de canon.
RUSCA., général de division, commandant de la Légion- d'honneur, né à Dolce-Aqua, en Piémont.
Bosca exerçait dans sa patrie la profession de médercin, lorsqr'oclata la révolution française, dont il se dé^ clara hautement le. partisan. Banni des états du roi de Sardaigne, et privé de ses biens à cause de ses opinions politiques , il se rendit aussitôt à l'arm^é répuBUcaine , . dans laquelle il obtint du service, et montra le plus grand coqrage. Il fut élevé en 1796 , au grade d'adjqdant*géné* rai, combattit.de la manière la plus brillante contre les Espagnols, et se distingua surtout par un sang-froid et une intelligence admirables dansrUalfaire. qui eut lieu sur les bords^de la Fluvia le i4 juînde cette a.nnée. Nommé général de brigade , il se signala de nouveau. à l'ouveilure de la campagne de 1796 , par la prise de la redoute de Saint-Jean de Muvialte.et fut; blessé le. 25 juillet , aux combàl^ de Salo.
Rusca devenu général .de division , eut, en 1798 et 1799, sa,, part des lauri/e^'s qi?e; nos bataillons Gueillîrent enllalie.En 1802, il reçut le. gouvernement de Tîle d'EUbe, qu'il conserva jusqu'en 1806 5 fut employé ensuite
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à rintérîetir, se couvrit de gloixTe à la bataille àe Sacîle, Je i6 avril 1809; contribua au succès des opérations en Carinthie el en Siyrie, et se trouva aux cortibata deRlageufiirt, de CarMorf, en juin même année. Â la paix, il revint a Paris, y fut quelque temps sans. recevoir de destination, et fut tué en i8i4, en défendant les murs de Soisbons contre les troupes coalisées.
PINO (le cômle, Dominique) , général de division , commandant de la Légîon-d'honneur, grand-officier de la couronne de fer, né à Milan en 1760.
Pino ayant embrassé avec ardeur les principes de notre révolution, s'enrôla le 1" janvier 1796, comme simple grenadier, et se vit, le même jour, chef d'une légion, qui alla prendre possession de quelques terres du duc de Parme, sur les confins du territoire milanais. Devenu adjudaùt-générai le 28 février 1797, Pino songea dèslors^ à profiter des circonslan'ces pour rendre l'Italie indépendante. Du moins, en 1798, lorsqu'à vec le général Lahoz son intime ami, il commandait dans Pezaro, fut-il soupçonné d'en avoir formé le'projet. On leur enjoignît a tous deux de quitter leur commandement : Lahoz, d'un caractère audacieux et déterminé , refusa de se soumetti'e aux ordres du gouvernement français , et se mît à la tête d'une insurrection; mais PinOj soit qu'il jugeât que cette entreprise téméraire ne pouvait amçner TafFranchissement de son pays, soit par tout autre motif, se rendit à Ancone et se jeta franchement dans les bras du général Mounîerj sous lequel il servit avec un courage qui le fil aimer et consi-^ dérer de ses braves compagnons d'armes. Lahoz au contraire se rangea sous les drapeaux autrichiens, et guida l'une' de leurs divisions. Blessé à mort et prisonnier dans Fun dés premiers combats qui suivirent sa défection, il se
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fit apporter devant Pino, qui ea le voyant dëtourna ses yeux remplis de larmes : ce fut alors qu'entendant Lahoz prier un cbasseqrcisalpm de ^achever, afin de le soustraire à rinfamie d'un jugement qui l'aurait déclaré traître , il .ordonna au soldat de terminer la vie de cet athlète de la liberté qu'il aimait sincèrement et dont au fond du cœur ^ il partageait les, seu timens politiques et les intentions.
Pino montra un dévouement sans bornes à la cause des Français^ et contribua tiès*e(Scacement à la défense d'Ancone. Créé général de brigade le 16 décembre 1798, il continua à servir en Italie , en fut chassé par l'invasion des Austro-russes 9 se réfugia en France, et ne rentra dans sa patrie qu^en 1800 , époque à laquelle il obtint le grade de général de division. Chargé en 1802 du commandement de la Bomagne, en ;L8o4,il devint ministre de la guerre du royaume; d'Italie , en remplit les fonctions jusqu'en i8o5; et à la reprise des hostilités contre l'Autriche, se mit de nouveau à la tête de sa division, avec laquelle il fit depuis les campagnes d'Allemagne, d'Espagne et de Russie, se signalant partout par sa bravoure et son intelligence.
En i8i3, il fut epvoyé en Italie pour seconder les efforts du vice-roi contre les progrès de l'Autriche, et manœuvra d'abord avec une grande habileté sur Adelsberg et Fi urne.
Après avoir rassemblé quelques troupes à Bologne, il n\arcbait vers les Autrichiens qui avaient débarqué sur le ,P<î',^ipl'sque le vice-roi commença à concevoir des inquiétudes sur les mouvemens et les desseins secrets de Murât, que l'on croyait d'accord avec les principaux chefs ita- .liens, pour changer la forme du. gouvernement de Fltalie, et n'en former qu'un seul état. Pino que l'on supposait dans la confidence de cette intrigue, fut l'un des pre-
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mîers que l'on songea à éloigner de Farmée ; relrfgo^ S Milan , avec le titre pompeux de ge'néral^n chef dç toutes les réserves ; il ne se méprit point aur la disgrâce dans laquelle il était tombée et sut , dans cette circonstance, dis^ simuler son mécontentement: il parut même alors singulièrement satisfait des libéralités du vice^roi , qui , pour acheter sa fidélité , lui Avait fait compter une soinme con- •«idécable. Ce^^endant , 0n i8i4 , au imomént où le sénat délibérait pour demander aux puissances alliées qu'elles reconnussent Eugène Beauharnais comme souverain dePItalie, il organisa en sous main les moyens d'empêcher le succès de celte démarche, et ne fut, dît-on, rien moins <)u'é(ranger à l'insurrection du 2oa^rik, ddns laquelle le -ministre Prina fut massacré. On doit dire toutefois , qtw •pendant l'émeute, et loraqu\)n traînait dans les mes le cadati^e sanglant de cet infortuné , le^génoral Pino essaya de calmer la popdiace, et préserva même le palais du îpillage dont il était menacé. Devenu immédiatement l'un ^essept membres de la Régence provisoire, et investi du commandement en chef de la force armée, il ne jomt pas long-temps de* l'autorité qu'il venait d'acquérir ; à l'arrivée des troupes autrichiennes, il fut contraint de renoncer à son pouvoir, et congédié avec une pension et le grade de feld-matéchallieutenant. Quelques jours après,
l'un de ses aides-de-camp ayant été arrêté avec plusieurs individus, accusés de conspirer contre le gouvernement autrichien, Pino, à l'înstqnt même, qurlla Milan sous le prétexte de voyager. En i8i5, sa <5otidciite et ses liaisons -appelèrent encore une fois sur lùtla sutt^eillance'du ca- -binet de Vienne; mais il réussît à se disculper, et, pouF ■fie plus éveiller désorniai.s les craintes d'une cournata- -reHemeiit ombrageuse, il se condamna à vivre dans Tiso- -lemenletlarelraite.
DE LA GLOIRE- iSg
TEUILLE, général de division; commandant de la Légion- d'honneur, officier de la Couronne de fer , né à Milan en 1764,
Teuillé exerça d'abord la profession d'avocat, et prit le parti des armes en 1796, à la suite de l'invasion des Français en Italie. 11 devint successivement chef de bataillon le 5 vendémiaire au 5 , adjudant-général dans la même aqnée , général de brigade en 1798 , et enfin général de division en i8o5 • ' ^
Pendant la campagne de l'an 5, il se signala et se trouva aux combats du pont de Semo, à la prise de Montagnola , aux affaires de Santa-Eufemia, Calciuato, pont Saint* MarCySalo, Vérone et au passage del'Adige.
En l'an 6 , il déploya autant d'habileté que de courage daDs les expéditions de la Romagne^ de Litdsana et à la prise de San-Léo.
En l'an 7, il eut un cheval tué'sousluiau coinbat de Legnazo, et contribua ensuite au gain de -la bataille de Vérone. Il fit avec une gloire égale, les campagnes de l'an 8 et de l'an 9* Nommé ministre de la guerre du royaume d'Italie en avril 1802, il fit promptement ressentir aux troupes les bons effets de son administration , et rentra peu après dans l'armée av^c laquelle il servît, en i8o4 et en .i8o5, sur les côtes de POcéan. Employé en AUeniDgne'en 1807,1! se distingua de nouveau, principalement ' au ai^e dé Colbcrg, où il de?ait trouver un trépas glorieux. Frappé d'un boulet de canon à l'instant même j où , monté sur le parapet d'une redoute , il enflammait s^s soldats pourla victoire ^^ il expira à la 'fleur de l'â^e ,• emportant les regrets de toute l'armée, et Fadmiration des ennemis eux-'mêmeâ.
PEUGNET ( le baron Jean-Baptiste)^ colonel; oflScier
i4o LES FASTES
de la L('gion-cl'liO!ineur,né , en 1764, à Vraucourt y près
de Bapeaume , département du Pas-de-Calais.
Peugnet était, depuis 1789, procureur de sa com mu* ne, lorsqu'en 1791 il quitta ce poste auquel l'avait porté lesufiFrage de ses concitoyens, et s'enrôla dans le 1*' bataillon du Pas-de-Calaîs, où il fut admis avec le grade de •ergent. Son exactitude et son zèle à remplir ses devoirs, lui méritèrent un avancement rapide. Le 7 sept. 1792 , au moment de la levée du camp de Maulde, il était lieutenant et se trouvait détaché avec quarante-deux hommes dans le château de Pabbaye, où il avait ordre de tenir jusqu'à la dernièi^ extrémités Sa résistance y fut héroïque : deux fois les Autrichiens reçus par lui à bout-portant, furent contraints de se retirer avec perte. Mais ils étaient en forces: ils reviennent à la charge; une nouvelle lutte s'engage: Peugnet est atteint de deux coups de feu à la jambe droite; six des siens mordent la poussière; un plus grand nombre tombe grièvement blessé ; bientcîf il ' ne lui reste plus que treize des compagnons de sa valeur ; ses . vêkemens , son chapeau sont criblés de balles. Au | milieu de tant de périls il sent son courage redoubler, il enflamme ses soldats , tous ont juré de périr plutôt que de se rendre; onze de ces guerriers déterminés sucbombent encore en voulant repousser un assaut; enfin des quarante-deux héros , Peugnet et deux autres sont les • seuls qui n'aient pas été victimes de leur résolution; ils n'ont pas cessé de combattre, mais désormais leur dévouement est inutile ; déjà l'ennemi est maître de la | cour du château ; alors seulement l'intrépide Peugnet î -9onge à effectuer sa retraite: il traverse un jardin et va ' chercher une issue; quatre grenadiers Autrichiens l'attendent ^u passage; Pun d'euît veut le frapper de sa baïonnette, mais, avec sa main gauche, il détourne Itf
DE LA GLOIRE. i4i
fer, et de la droite il lui porte un coup de sabre; le grenadier est renTersë ; dans le même instant deux de se» camarades expirent sous les coups des deux braves, derniers débris du détachement que commandait Peugnet ,: qui, ne rencontrant plus d'obstacle, se hâte de rejoindre ion bataillon ( i ). '
(i) La belle résiitaoce du capitaine Peugnet n'eât qu'un ëpiioite qui m lattache à un combat non xnoîna sanglant , dans lequel quatre cenu to« loQUires composant le i" bataillon du Pas-de-Calais^ et n'ayant avec eux que deux pièces de canons de petit calibre , soutinrent le choc de quatre mille Autrichiens , appuyés par douze bouches à feu. On ne lira pas sans iotérét les détails de ce beau fait d'armes , Vun des premiers de uotiv rc^ Tdution.
Le 5 septembre, dans la matinée, le colonel Desavennes, commandant k 1^' bataillon du Pas-de-Calais , reçut une dépêche qu'il lui était enjomC àt n'ouTrir qu'à huit heures du soir. Quand le moment d'en piendre con- Baîssance fut arrivé, ilexéeuu-sou ordre; il apprit alors que l'évacuation dii camp de Maulde vébait d'être décidée, et que c'était à lui que Ton confiait la tâche difficile de dissimuler et de protéger au besoin la retraite ^ l'année ; ■ on lui recommandait surtout de se garder avec les plus grandes précautions. Le' lendemain au point du jour, une seconde dépêche fut adressée à Desarennes j cette ibb il lui était prescrit de rester immobile à son poste jusqu'à deux heures de l'après-midi. A dix heures, quelques tî€moostrations commencèrent à donner de l'inquiétude; Desaveuncs monta aussitôt à cheral pour allier à la découverte, et iie tarda pas à se convaincre qu'il serait bientôt attaqué. Les Autrichiens s'avançaient sur trois colonnes, et traînaient avec eux une nombrense artillerie ; il (allait prompiement se iriettre en mesure de les recevoir. Dans cette circonstance pressante, Desavennes envoya demander un renfort; mais le général à qui il 8 adressa, prétendant qui) se méprenait sur les dispositions et la forcé de Veanemi , refusa obstinément de venir à ^on secours ; une nouvelle démarche ne fit qu'amener un nouveau refus. Desavennes voyant enfin qu'il ne devait compter que sur son bataillon , rassemble autour de lui ses voionu^es , et les harangue en ces termes : a Mes amis , mes camarades , » vous avez jusqu'ici donné des preuves de zèle et de courage, ne déracu- •» tons pas en ce jour la bonne opinion que la patrie dbit avoir de nous^. » Armés pour défendre la liberté, c'est pour notre cause personnelle que » nous combattons, quand nous repoussons les hordes barbares de la » tyiaovie. Citoy«A8 soldat» , la patrie est en danger ; mais Fet>poir qu'elle
i42 LE? FASTES
Eal'an 5) Peugnet passa en Italie, ayec la i4^ demibrigade d^iufa^terie. de ligne, dans. laquelle il était capi-
' ;^ met en nous fait son assurance^ et dëjà elle apprête les lauriers que nous 3> allons mériter ; faisons voir que nous ne scwunes pas des enfaus ingrats . 2> écartons à jamais , du sein de cette bonne mère , de yils esclaves <|ui re- 2> jettent une heureuse fraternité ; de féroces satellites qui font marcber 9 avec eux le meurtre^ le viol, la dévastation et l'incendie. La nation en- 2) tière' crie vengeance ; nous avons des baïonnettes , cette vengeance est 3> daiks nos mains. *> A peine a-t-il achevé, que U ftisiUade Rengage sur ^usieurs points à la fois, oc Ne perdons pas de temps à brdler de la pondre , » s'écrie D^savennes, les Autrichiens nous écraseraient de leur plomb/ 3i) c'est à Tarme blancbfi qu'on reconnaît des Français : à l'arme blanche ! é l'arme blçnckf J répondent les volontaires du Pas-de-Calais, et soudain ils se précipitent sur les assaillans. En un instant la mêlée devient afireuse : la terre est jonc^iée de cadavres des deux, partis. Au ipnilieu de ce carnage, la cavalerie des impériaux fond su^ les canons des volontaires > et ceux-ci font des prodiges poqj; les sauver ^ ces canons, défendus ayec un achamejnent sans exemple, sqnt pris et repris : des deux côtés op rivalise d'iutrépidité. Dans cette h^tte opiniâtre, Des^ye^nes porte les coups les plus ^erribl^sj le sabre à lan^in, sans chap^^kjgi, é^herMé, couvert de sang et l'habit en lambeaux, entouré d'une foulje d'ennemis, il. cçmbat seul et fait redouter 1^ vigueur, de eon bras. Cendant le npiubre Vem* porte sur la vaiHance, les volontaires spn^ r^epoussés^ mais en se retirant^ il» aperçoivent leur commandant, qui, enveloppé de toutes parts et danjgereusement bless^, tente envain d^ se frayei; un pas^ge. A l'aspect du danger qui le,<nen£^:e , ils se rallient , se reforment , et apcourent pour le délivrer 5 inutiles efforts } ils ont U douleur d'échouer ^ans Jeur entreprfte ', dans ce nioment p ce chef qu'ils adprent est sommé de se rendre. » Non , répond-îl, je suis à mon poste , j'y mourrai, » Mille sabres brillent sur sa poitriae et ne Ip font point tressaillir 5 son attitude lière et çiili^e, %o^ œil étincelant, imposent encore à éeite multitude; nul des témoins de son courage , ne voudrait eue celui qui lui ravira la lumi^« , tant ^n cceur véritablen^éQt guerrier inspire de respect et d admiration ! On voudrait qu'd s'avouât vaincu, on voudrait étoulTer sa voix et lui conserver la vie ; mais & travers les flots pressés des soldais qui se serrent pour dérober l'aspect du héros , dont un seul regard peut ranimer l'audace de leurs adversaires , ces mots s'échappent plus rapides que l'éclair et retentissent au loin, ce Braves compagnoj^, faudra-t-il que j'emporte au tombeau la y> certitude de notre défais ? x> U a parlé , et toml>e frappé d'une balle j les vçloDtaijres font éclater leur désespoir et leur rage; Vengeonsr-le^ psi>
DE LA GLOIBE. " tiS
\Mt^ lie 8 j^iiio^y. il 9^skdi au combat d'Avio mv Vi^e^y et eut Qi4re dç $e di»fig^r par la, hauteur, alm
gepns Desavennasj po^int de ^uaPtifir aux impériaux \ celte menace voîi^ débouche en Imuclie; le coipbat recommence avec furie ; son ÏMue est quel» que-temps indécUe ; mais la victoire reste eo&i aux magnanimes dëfen9e,urs de Ui- liberté, et les ikutrichlens de toutes parta culbutes, poursuivis hi Lajtonnettïa dtsi^les rêina , aprà» avoir éprouvé dlB» pertes considérables, »• trouvent de re^ge que dans leurs retraochemcna. Fias de la moitié du i*^T baiaiHon dn Pas-de-Calais, officiers ou soldats, péril ou fut blessé dans cène action; mais le dévouement de ces généreux volontaires, en assurant leur pkt>pre retraite , assura aussi «elle de larmée , et la préserva peiit-4tv# d'une déÊdte , à laquelle l'avait exposée Vimpériû^î ou la tr^kison de tes gé- Déraux.
Desavennes ne survécut point à cette journée. Une épouse adorée , et comme lui brûlant de «patriotisme et d'amour, Tavait suivi dans les camps : elle aocousut sur le cbamp de btfaiHe pour hd prodiguer des s<v cours'ou recueillir son dernier soupir ; mais elle en fut emp^bée par IfM impériaux, qui, en voyant les Français s'éloigner, étaient revenus sxu: lemt pas pour enlever leurs btesséis et achever les nôtres : Tiofortuné Desavennes fat massacré fous Us yeux dé sa femme,* qni vit ensuiie ces assassins hÀ usacber ses. épaiiletteftet sfi croii^^ le 4é(Mmi]kr.de ses vétemoDs , les hsiàsÉ et insulter lâchement à >oj^ cadavre, qu'ils. eoupèrent en morceaux.
Le nom de Desavennes est encore un de ceux que nous avons vaincmcnl cbetchéfe-dans la Biographie tàilitaire dé la t^jkince. Desavennes naquit a Roie, petite vaUc du d^iarteraetit delà S<)fnme( fils d'un commandant mi* litaire qui élaît gentU-bomme , il avait profité des prérogatives accordées à hi noblesse pour entrer avec le grade de sous-lieutenant dans le régiment de ^yal.ii^£»nterie;:ijl s^vvû eopuite dana odvi drSoiasoBnais et passa dans ]<¥ volontaires de la matinfl ^ /^alité de major pour la guen« d'Amérique» Vingv-six années 4e semoe^ y compm lept campagntos de guerre , tant co Àaiérique çu'en Sanavte et deu& blciaureslisi némërent la décoration mi-i^ litaire. L'expârience qu'il avaitACt les connaissances qu'on n'aoqoiert qu&pa» eQe, les principes qu'il avait maftifeatés^ son attachement ii ses devoirs ^ IQ& exactitude, aoo zèle , la dbuceur «t la |usUoe de son commandemMit,, lui avaient conoîlié l'estime, la confiauce et l'amitié de tous les volontairea de son bauilfen. Aussi, à une époque ou la discipline commançait singulier itment à se relâcher, l'ordre es la sagesse dans leur ooaduite leur firent^il» dûnaer les plus grands éloges par 1^^ mfinlfiipaUtéa de toutes les villes où ^s avaient tenu garnison.^
U4l les PASTÉS '
de sauter dans une redoute hërissée de canons ; et con^ truite par l'ennemi pour défendre le passage da fleuve. Feugnet n'avait avec lui que dix-sept hommes; il se ris* qlia avec eux dans des sentiers impraticables^ et par une nuit des plus obscures* La pluie tombait par torrens^ quinze des soldats qui le suivaient s'égarèrent ou restèrent en chemin arrêtes par d'épaisses broussailles ou par d'autres obstacles qu'il leur fut également impossible de sur* monter. Parvenu au pied des palissades placées en avant de la batterie , Peugnet veut rassembler son monde et effectuer la surprise dont il s'est chargé; mais quel n'est pas son étonnement , quand il reconnaît qu'il n'a près de lui que deux des soldats qui devaient le seconder!. S'il n'écoute que son audace il s'élancera dans-les retranchemens-, mais tandis qu'il se dispose à exécuter son entreprise, la division dont il fait partie a opéré sa retraite; certain alors qu'il ne peut plus être soutenu , et que toute tentative de sa part le compromettrait sans espoir d'avantage , il se décide à se retirer, se glisse à plat ventre entre les sentinelles et les postes ennemis, et pour échapper à leur surveillance , se jette dans un. ruisseau , où la sac sur
Nous ne terminerons pas cette note sans rapporter un trait qui honore un de ces volontaires. Peudant le combat du 6 septembre , le sergent-major Viseur était le porte-drapeau du bataillon ^ accable par le nombre j il s^ Toit arracher le dépôt'confié à sa garde, est assez heureux pour le ressaisir , lutte encore , est cerné de nouveau et cr«Knt cette fois de ne pouvoir plus le sauver y poursuivi, enveloppé ^ il tenterait inutilement de se wx^ jour j une rivière est devant lui , ce moyen de salut est le seul qui lui reste? sans hésiter il se précipite dans les flots, se dirige vers la rire opposée, couvre sa tête de joncs et de roseaux et pendant sept heures dans cette situation, rend vaines toutes les recherches de l'ennemi. Le lendemain» »»seur reùtredans Yalenciennes^oii il rapporte à son batiîillon , le drapeau que l'on croyait perdu.
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le dos (i) et dans Peau jusqu'au col, il attend que le jour ait paru. A trois heures du matin , les Autrichiens avaient abandonné leui^ jtosilions et il put se montrer sans
Le 3o ventôse, à Paffaire de Cembra dans le Tyrol, Feugnet , quoiqiie grièvement blessé au pied gauche, rallia sa compagnie sur les hauteurs de Saint-Michel, la guida dans une charge des plus vigoureuses, et fit un grand nombre de prisonniers. Sa conduite dans celle occasioîn contribua à la victoire et fut récompensée par un breyel d'honneur. Le lieutenant Vinas , ainsi que le sergent Barbanchon (voyes tome IV des Fastes, page'320 ), donnèrent 9 dans ce combat, des preuves de sang-froid et d'audace.
En Fan 7 , pendant la bataille de Novi, Peugnet , avec ;sa comi^gnie de grenadiers , culbuta un bataillon russe , après l'avoir chassé d'une position où il s'était maintenu inébranlable sous le feu de deux demi-brigades qui le battaient de fî^ont y et sous la mitraille de plusieurs piè-^ ces de canons qui le prenaient en flanc. Atteint dès le commencement de l'action d'une balle qui lui traversa la cuisse droite, malgré sa souffrance, Peugnet ne vou— ^ lut pas abandonner son commandement, et ne se retira qu'avec ses soldats qu'électrisaient sa présence , ainsi que l^exemple du lieutenant Brôsset (2) et du sous-lieutenànt Tbuillier (3) , ses dignes émules en bravoure. Le 2 frimaire an 8 , lorsqu'on eut résolu de s'emparer
(1) A cette époque, rofficier portait un havre-sac comme le soldat.
(î) Aujourd'hui lieutenaut-colonel.
(3) Aujourd'hui capitaine en retraite {voyez ce volume, page i34).