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d'Acqui(i)y Feugnet conduisit pour Pattaque la colonae de droite, traversa la Bormida sous un feu des plus meurtriers, enfonça l'ennemi qui était sorti de ses remparts, lui coupa la retraite, fit enfoncer les portes, et pénétra le premier dans la ville ainsi que dans le château. Dans cette circonstance il eut la satisfaction de sauver la vie à un magistrat, qui, ayant été trouvé armé d'un couteau de chasse , allait être fusillé.
Le 25 du même mois, dans un combat qu'un détachement français , sous les ordres du général Ootayi, soutint, au village de Bussaco, contre plusieurs régimens, Feugnet donna de nouvelles preuves de cette audace intrépide, qui ne recule jamais devant le péril : chargé par des hussards autrichiens, iKen renverse^ un d'un coup de pistolet, attend les autres à la pointe de son sabre, est engagé contre deux à la fois, bjesse le
(i) Nous devons croire qu'il y a inexactitude dans la date de ce fait, et qu'ici une grave erreur s'est glissée dans les états de serrice du colonel Peugnét. Voici comment s'expriment sur le compte de cet officier, les notes conservées aux archives du ministère de la guerre.
« Le 2 brumaire an 8 , il entra le premier dans la ville et le château » de Bosco.
» Le 7 du même mois , chargé par le général Laboissière de débusquer » l'ennemi, des positions qu'il occupait sur l'Orba et la Bormida, il le força » sur plusieurs points à repasser la dernière de ces rivières , et exécuta soo » ordre avec la plus grande précision.
y> Le lendemain 8 , ayant le commandement de la colonne de droite pour » l'attaque d'Aqui , au milieu d'un feu très-vif et très-soutenu , il passa If » premier la Bormida, dans l'eau jusqu'aux aisselles , chassa les Autri- » chiens de leurs positions , et les niena battant juscju'à Acqûl, dont nous V nous rendîmes maîtres. i>
Les états dé service , ne rapportent qu'une seule action î les notes en présentent trois bien disiinctes, qui eurent lieu daniUois journées différente».
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premier, est lui-même blessé à la main droite et à la tête , a son arme brisée , se défend encore avec le tronçon et va forcer ses adversaires à la fuite , quand un troisième hussard venu par derrière , lui assène un coup de sabre sur les reins et le fait tomber de cheval. Désormais hors de combat, Peugnet veut s'échapper en passant sous le cheval d'un des Autrichiens; après avoir reçu deux nouvelles blessures, il parvient à s'esquiver-, mais à quielqnes paa de là, il est reconnu et cerné par un peloton du régiment d'Acqui qu'il avait battu dans plusieurs rencontres. Peugnet ne put éviter d'être pris : il fut conduit en Autriche et rei^voyé sur parole après une captivité de quinze mois. Rentré dans sa patrie sur la demande du général Moreau, il ne tarda pas à recevoir le prix de sa noble conduite , et le 4 pluviôse an 1 1 , un sabre d'honneur lui fut décerné par le premier ConsuK
A Austerlitz, Peugnet touîours capitaine au i4** de ligne, combattit à la tête du i*' bataillon de ce régiment, et fut, à la revue du 5o frimaire an li , élevé au grade de c\ief de bataillon dans le 6i*.
A léna , il eut un cheval tué sous lui , et la jambe gauche percée d'une balle : ses oflSiciers le pressaient d'aller se faire panser, mais il refusa de sortir du carré de son bataillon, repoussa avec lui plusieurs charges de la cavalerie prussienne , et ne consentit à quitter le champ de bataille qu'après la victoire , et lorsque affaibli par la perte de son sang, il était hors d'état de se rendre lui-même à l'ambulance , où il fallut le transporter sur un brancard.
En 1809, il suivit la grande armée en Allemagne. Le 18 aviil, à la tête de son bataillon, il enleva à la baïonnette un village dans lequel les Autrichiens lais-
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sèrent un grand nombre de morts» Dam cette action il fut encore dëmonté et reçut plusieurs contusions*
Le lendemain, les soldats de la division Morand, dont il faisait partie, s'avancèrent en tirailleurs dau3un bois : Peugnet , occupé de poursuivre Pennemi , n'entendit pas sonner le rappel , et ne s'aperçut de son isolement qu'au moment où il ne pouvait se replier sans le plus grand danger : une compagnie de voltigeurs du 5o^ régiment^ et quelques détachemens de diffërens corps se trouvaient dans une situation non moins difficile; sans perdre de ^temps il les rallie a lui , au nombre de quatre cent dixhuit hommes, fait allumer des feux sur plusieurs points, afin de persuader à l'ennemi que la division entière est encore dans le bois, et attend ainsi que la nuit vienne favoriser sa retraite. II était dans cette position , gardant toujours une attitude menaçante et continuant à tirailler, lorsqu'un aide-de*camp du. maréchal Bessières accourut pom' reconnaître cette fusillade. Bientôt après, le maréchal vint lui-même , et après avoir adressé au comman<dant Peugnet, des félicitations sur sa présence d'esprit, sur son courage et la sages;£|<e des dispositions qu'il avait prises, il lui ordonna de prolonger autant que possible l'incertitude des Autrichiens', de les tromper par ses démonstrations tandis qu'il les ferait tourner par Ja cavalerie de son corps d'armée; de s'établir dans un village en avant' du bois, et, de s'y maintenir jusqu'à l'arrivée de l'infanterie qui devait appuyer le mouvement. Cet ordre fut ponctuellement exécuté. Malgré une foule d'obstacles et l'opposition la plus vive, le commandant Peugnet occupa le poste qui lui était assigné, et facilita de la sorte^ la manœuvre par laquelle lui et sa Groupe furent lieureusement dégagés. Le maréchal Bessières lui ter
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moigna alors sa satis&ction et s'informa des noms de^ officiers "qui avaient concouru le plus e£Scacement à ce résultat; tous furent promus à un grade supérieur, ou reçurent l'étoile des braves.
Le 21 avril, Feugnet partit pour rejoindre sa division , et après avoir remis au général Legrand douze cents prisonniers de la Landvher, arriva le 23 devant Ratisbonne.' Ce fut sous les murs de cette place assiégée qu'il revit son régiment qui le croyait au pouvoir de l'ennemi.
Le 9 juin, à la revue de l'empereur, Feugnet fut nommé colonel en second, et alla prendre, dans la division Facthod, le commandement d'un régiment pro« vîsoire, ce fut avec ce corps que, le 6 juillet suivant, à Wagram, il déposta dans la matinée l'ennemi retranché dans un village en avant de notre ligne, lui tua beaucoup de monde, aborda le premier sous les foudres d'une artillerie formidable un plateau qui fut chaudement disputé , s^en rendit maître , et le conserva malgré de grandes pertes et le choc réitéré de plusieurs colonnes considérables. Le colonel Feugnet s'étant précipité dans la mêlée le sabre à la main, tua trois Autrfchiens , en blessa quatre autres, et eutlai-mème le bras droit traversé d'un coup de feu» Ja-mais il n'avait afironté de plus grands périls; ses vêlemens furent criblés de balles, un biscayen vint s'amortir sur une fonte de ses pistolets.; et cinq autres percèrent de part en part . son manteau roulé en avant du pommeau de sa selle. Le jcommandant Toucas (i), qui avec deux bataillons tourna la position de l'ennemi, tan-^t
(i) Aujourd'hui major en demi-so ld« ( v^, tom« i^' des Fpstes , p. 25S)
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dis qu'à la tète d'un seul , Peugnet Pabordaît de Iront , montra autant d'habiletë que de valeur. Dans cette attaque, le chef de bataillon François, officier d'un rare mérite, eut la cuisse emportée par un boulet.
Le colonel Peugnet , par sa dernière blessure , perdit coraplètement l'usage de son bras : désormais incapable de faire la guerre , il avait droit par ses longs services , à une honorable retraite; mais l'empereur Voulant encore utiliser son dévouement et sa bonne volonté, le cr?a baron et le nomma commandant d'armes. En 1811 ^ il fut envoyé en cette qualité dans l'île du Texel, et réunit peu de temps après à ce commandement celui de Tlle de "Wlilaj^ide, et de plusieurs bâtimens armés pour la surveillance du littoral.
Du 23 au 24 décembre; un convoi anglais fut forcé, par la tempête de se Jeter à la c6te$ les paysans attirés par l'appât d'un butin facile, vinrent en foule sur le bord de la mer: Peugnet, par sa fermeté, sut non-seulement les contraindre à secourir les naufragés, mais encore il les obligea à retirer des flots plus de cinq cents milliers de poudre, qu'il fit entrer dans les magasins du gouvernement, Uofficier qui commandait le convoi , avait été dépouillé par les Hollandais; il lui fit restituer tjoul ce qu'on lui avait.pris, le traita avec tous les égards que réclame l'humanité, et le fit ensuite conduire à Amsterdam, avec trente de ses compagnons d'infortune.
Le 22 jtmvier i8i3, Peilgnet reçut l'ordre de se rendre en posté en Catalogne, pour y prendre le' commandement de- Barcelonne; Il testa dans cette place jusqu'au 528 mai 18 14, époque à: laquelle, d'après les intentions du roi de France, il dut en faire la remise aux Espagnols^ Il sortit, le dernier de la ville, dont
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les aulorîtés , deux heures ayant son départ , lui firent remettre cojiime un témoignage de leur estime et de leur gratitude , un certificat dans lequel elles donnaient de justes éloges à son désintéressement, à sa modération , à son zèle pour le maintien de l'ordre , et de la discipline parmi les troupes, ainsi qu'à ses bons et loyaux procédés envers les habit ans.
Le 5 novembre i8i4 , le colonel Peugnet fut nommé commandant d'armes de la Rochelle; et le i5 juin i8i5, il fut remplacé dans ce poste et envoyé sous le général Lamarque, à l'armée de la Loire, pour y commander dans la division Almeyra s, une brigade de gardes nationales mobiles, qui fut licenciée le 29 juillet. Aujourd'hui retiré à Arras , après avoir ISît toutes les campagnes de notre révolution, et s'être illustré par de nombreux et de brillans exploits , le colonel Peugnet se console du malheur de ne pouvoir plus servir sa patrie , en se voyant revivre dans un fils qui, comme lui, mettra un jour set gloire à la défendre.
Deux neveux du colonel Peugnet ont embrassé la carrière des armes. Tous deux sortirent en 18 i 5 de Técole railtaire où ils étaient élèves du gouvernement. L'un, qui officier de grenadiers, (1) ^ signala à Mont- Saint- Jean , et y fut grièvement blessé, est maintenant en nonactivité , l'autre est officier d'artillerie au régiment de Valence.
(1) n se trouve aujourd'hui impliqué dans le complot de Béfort. Français et plein'» de vénération pour les débris de notre vieille armée ; nous ne saorioDs nous interdire l'espoir de voir incessamment un brave oiEcier dé> chargé de Faccusatlon qui pèse sur lui.
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GARDIER (Louis) y capitaine, adjudant-major aa * 3^ rëgiment des tirailleurs de la garde impériale , cbeva* * lier de la Lëgion-d'honneur, ne en 1787 à Strasbourg, département du Bas-Rbin.
Gardier entra au service le 18 germinal an ii* Enrôlé Tolontaire dans le 5o® régiment d'infanterie de ligne, il y devint successivement caporal et fourrier; passa le 1*' octobre 1806, dans le 6*, où, après avoir été sergent et sergent-major, il fut nommé sous-lieutenant le 27 octobre 1808, et lieutenant le 11 juillet 18115 reçut, la même année, l'étoile du courage; fut peu de temps après envoyé dans le 111*, où, en 1812, il remplit les fonctions d'adjudant-major ; fut, en 18 13, élevé au grade de capitaine , et appelé dans la garde impériale le 5o avril 181 5.
Gardier, h son début, fit les campagnes du Hanovre et de la Hollande , et reçut le complément de son instruction militaire au camp de Montreuil. Il apprit sous le brave colonel Juillet son beau-^père, que pour mériler l'estime de ses chefs, un soldat doit faire plus que son devoir ; que pour être digne du titre de Français , un guerrier épris de la véritable gloire doit rester citoyen, et être toujours çrêt à faire à son pays le sacrifice de sa vie.
En i8o5 et 1806, Gardier montra qu'il voulait metlre à profit ces leçons. Il combattit vaillamment devant Gunzbourg, au passage du Danube, ainsi qu'a la prise des redoutes et des remparts d'Ulm. Tombé dans un des fossés de cette place, il en fut retiré par un oflBcier du 17' d'infanterie légère, et quoique tout couvert de contusions et de meurtrissures, avec quelques grenadiew,
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il se précipita aussitôt sur l'ennemi et fit un grand nombre de prisonniers. Dans cette occasion, les vaincus, honteux de s'être rendus à une poignée de braves, ressai* slrent leurs armes et voulurent à leur tour désarmer leurs vainqueurs; mais ils échouèrent dans cette entreprise: Gardier, à la tète des siens, s'ouvrit un passsage et entraîna avec lui un officier de cbevau-légers autrichiens qu'il présenta au maréchal Ney.
Peu de jours après, à l'attaque du fort de Schamibs dans le Tyrol, il fut blessé par l'éclat d'un rochen qu« les assiégés firent rouler sur lui, pendant qu'il était occupé a distribuer des cartouches aux tirailleurs.
En Espagne, où il était officier de voltigeurs dans la 8* de ligne, Gardier fit «partout remarquer son intrépidité et son sang-froid. Les affaires de Spinosa,de Somoàiera, de Madrid, les deux prises d'Alcantara, de Talavera, le siège de Cadix et le combat de Chiclatia, pendant lequel il eut la jambe droite traversée d'un coup de feu au moment où, dans une charge à la baïonnette, le régiment dont il faisait partie enfonçait les lignes anglaises, toutes ces sanglantes actions d'une guen-e aussi féconde en exploits qu'en périls , firent briller son courage et lui valurent de justes éloges et d'honorables mentions dans lea:ordres du jour. Pour prix de sa noble conduite , Gardier fut admis dans notre moderne chevalerie.
Cependant l'état de la blessure qu'il avait reçue à Chiclana empirait de jour en jour : il dut soHiciter un congé et revenir en France pour se faire guérir. Sa plaie était encore ouverte, lorsque les bruits d'une xnapture prochaine entre la France et la Russie, et l'attrait d'une ëxpWition lointaine, réveillèrent son ardeur belliqueuse: oubliant ses douleurs, il allase ranger sousles drapeaux du
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premier corps de la grande armëe , et arriva aux bords du Volga après avoir franchi^ porté sur deux béq^uilles, l'espace immense qui sépare ce fleuve , des colonnes d'Hercules. Placé en qualité d'adjudant-major dans le 111* de ligne, il s'y concilia proraptement la bienveillance de ses chefs et T'amilié de ses camarades, et rivalisa constamment avec eux de dévouement et de zèle pour soutenir la réputation d'un régiment qui passait pour l'un des plus braves de l'armée.
Le 5 septembre 1812, six ceiits soldats et trente officiers de ce corps 9 furent taillés en pièces par plusieurs escadrons de cuirassiers russes , qui , à la faveur de la nuit , s'étaient fait passer pour de la cavalerie saxonne. Au milieu du désordre de cette fatale surprise, Gardier conserva assez de pi'ésence d'esprit pour rallier la troupe, combiner les moyens de salut, et la préserver d'une entière destruction.
Deux jours après, à la bataille delà Moskowa, il se signala de nouveau en faisant prisonnier un officier de ces mêmes cuirassiers, dont l'avant-veille il avait arrêté le triomphe. Dans cette circonstance, il venait à peine de recevoir, du général Longchamps(i) et de son colonel, l'intrépide Pailhès (2), lés félicitations. que méritait sa
(1) Aujèurd'hui en non-actirité. H «e signala fréquemment pendant rexpëdition de Riusie, et en Saxe pendant la campagne de i8i3. En loi^t il fit une vigoureuse ré/sisUnce dans SoisBons^ le i4 février s'ouvrit un passage à travers les troupes de Winzingerode , et tomba ensuite au pouvoir de rennemi,
(2) Aujourd'hui en non-aclivité , et impliqué dans le complot deBéfort. he colonel Paîlhès s*élait fait à la guerre une haute réputation de courage et d'inte'grité. Ou ne peut connaître l'ensemble de la vie militaire^ et les détails de la vie prive'e de cet officier, sans désirer que les débats du proce» dans lequel il doit figurer, ne fassent éclater son innocence.
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bravoure, qu'il s'avança dans le boîs, sur la droite de la première redoute , enlevée Tinstant d'auparavant par les 25* j 67* et 111* régiment de ligne. Il voulait ajouter une nouvelle prouesse à celle par laquelle il avait commencé la journée, mais la fortune ne seconda pas ses intentions: atteint d'un coup de feu qui lui fractura la jambe gauche, il ne lui fut plus possible de combattre. Toutefois après la victoire, la joie, l'ivresse d'un succès auquel il avait pris part , lui firent retrouver assez dé vi* gueur pour suivre le mouvement de Tarmée, et il entra dans Moscow avec nos aigles triomphantes.
Le 10 octobre, Napolëon passa une revue générale; Gardier, sur la^demande de ses cbefs, fut nommé officier de la Légion-cr honneur 5 mais de funestes évènemens firent oublier cette promotion , et le privèrent de la récompense que lui avait décernée l'empereur.
Échappé comme par miracle aux misères incalculables d'une retraite, pendant laquelle tant de lauriers 8*é(aient changés en cyprès , Gardier se rendit au dépôt duiii*, où il parut dans le même état de soufii'ance qu'à son départ. Il lui fallut se résigner à l'inaction , tandis que ses frères d'armes combattaient dans la Saxe pour arrêter les ]y)rdes du Nord. Mais une fois que no» frontières furent violées, que l'ennemi eut entamé notre leiTiloire, il ne lui fut plus possible d'attendre que le temps eût cicatrisé sa blessure. La patrie invoquait l'appui de tous ses enfans : il s'arracha de son lit de douleur, et vint auprès du conseil de défense de la ville de LoDgwy , solliciter l'honneur de commander une compagnie franche. A la tête de cette troupe mal équipée , mal armée, et composée d'hommes, qui, la plupart avaient perdu l'habitude de la guerre, il jus-
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tlfia pleinement la confiance qu'on avait mise en lui. Harceler l'ennemi sur ses derrières, surprendre ses convois et ses détachemens, enlever ses magasins ,^ telles étaient les expéditions qu'il tentait journellement avec autant d'audace que de succès. Depuis le 22 février jusqu'au 18 mars, il fit rentrer dans la place trente-sept chevaux, et soixante-treize prisonniers, parmi lesquels l'intendant militaire de la province , le baron de -Bautzen , qui , au moment de frapper une réquisition d'argent, avait été forcé de se rendre avec quinze hussards formant son escorte. 1 Hayenge renfermait les forges et les approvîsiomie- | mens du corps d'armée qui bloquait Thionville. Gardier résolut de descendre dans ce bourg; il n'avait avec lai que cinquante-cinq officiers, sous-ofiiciers , ou^ldats; il les divise en trois pelotons, ordonne aux deux premiers'-d'attaquer chacun l'un des postes placés à l'entrée du village, et , avec le troisième, se dirige lui-même rapidement sur le poste principal dont il essuyé le feu à dix pas. L'ennemi étonné de cette subite apparition des Français, rentre précipitamment dans une habitation qu'il a transformée en corps-de-garde ^ Gardier y pénètre aussitôt que lui, le suit de chambr^en chambre, le • somme de mettre bas les armes, arrache le fusil des mains des premiers qui veulent se Txxettre en défisnse, intimide les autres et les fait défiler devant lui au nombre de cinquante-quatre , dont quarante-cinq fantassins et neuf hussards. Cependant le bruit de la fusillade avait donné l'alerte dans le camp des alliés: Gardier, après avoir réuni ses prisonniers, et tous ceux qu'avait faits sa petite troupe, se hâte d'efiectuer sa retraite. A Fpntoy , de la cavalerie légère se présente pojur lui fermer le passage; il
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la culbute et la disperse. Rencontré plus loin par un gros de hussards Westphallens, il se prépare à reeeyoir leur charge, et dispose ses soldats entre deux files de voitures 3 là ils pourront avec moins de danger résister au choc; mais efiFrayés par quelques coups de carabine , les paysans qui conduisent les attelages se sauvent au galop i Gardier apperçoit de l'hésitation et du désordre : parmi ses compagnons; désespérant de réussir à les ran^ ^ ger en bataille , il les exhorte à suivre son exemple , et/ précipite son cheval au milieu des Westphaliens. Trois des plus intrépides sont sabrés par lui ^ leur chef, jeune officier rempli d'ardeur , veut* engager la lutte' contre un I adversaire dont il admire la vaillance : il s'avance et : n'évite une atteinte mortelle qu'en se couchant. sur le I corps de son cheval; soudain Gardier, pour arriver jus* qu'à lui, fait un nouvel effort; mais tandis qu'il s'élance, «a selle tourne, il perd l'équilibre et tombe. Vingt Imssards fondent sur lui avant qu'il ait pu se relever; Ga^-^ ' dierpare, riposte, et fait encore redouter son adresse; mais à la fin , accablé par cette multitude , renversé par I deux coups de sabre dont un lui a ouvert le crdne et l'autre lui a partagé le visage , il est laissé pour mort sur la place. Bientôt après il fut. recueilli, et transporté à Long^i'y , où l'on désespéra long-temps de le rappeler ^ la vie. Quand on le ti'ouva , il était sans connaissance et dépouillé de tous ses vêtemens (i).
(i) Le lieutenant Guinat, commandant les dix cavaliers de la compagui* franche, ne fut pas moina maltraité que Gardier. Ce brave officier qui «'éiait distingué dans la surprise dés postes de Hayenge , et qui à Fpntoy •^ait fait quatre hussards prisonniers", s'empressa pendant le demitr cda-
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Ed i8i5, Gardier combattît à Fleuras et à Mont- Saint-Jean dans les rangs du 3* régiment de tiraillears de la jeune garde. Sa haute valeur, son dévouement dans cette courte campagne, mirent le comble à sa réputation guerrière; le titre d'officier de la Légîon-d'honneur fut encore demandé pour lui , et lui fut même conféré par le gouvernement provisoire; ^lais le gouvernement royal annula cette nomination.
DARAUX {Jacques XéOuis-Tousaainl) j lieutenant au 5o* régiment d'infanterie de ligne, membre de la Légîond'honneur, né en 1784 à Compiègne, département de rOise.
Le 26 brumaire an i4, Daraux entra comme soldat au So** régiment d'infanterie de ligne. En 1807 , sa bonne conduite lui valut le gi'ade de caporal, et en 1809, il dut à sa bravoure celui de sergent. L'action qui lui mérita cet avancement, eût lieu dans la province de Galice. Le récit suivant montrera qu'elle était digne d'une plus belle récompense.
Le 21 mai, Daraux commandait un poste de six hommes ; placé au soi:^met d'une montagne distante d'environ une demie lieue du village de Sentis, où se
bat y de voler au secours de Gardier : a Iffon ami , s'écria>t-il , en le voyant aux prises avec les Westphaliens^ tenez hon^ je viens vous sauver, » Malheureusement l'événement ne réjponditpas à son attente; enveloppé d« toutes parts et tout couvert de blessures, Cuinat resta au pouvoir de l'ennemî. Le lieutenant Duc, les maréchaut-des-logis Régimbaulc et Mani^ gard, le fourrier Rondu, ainsi cpie les soldats Histas et Anglebert, se conduisirent avec la pliis grande distinction dans les trois acticms de cette journée.
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trouvaient cantonnées trois compagnies du b^^taillon dont il faisait partie , il avait l'ordre d'observer le cours de PEa, pelile rivière qui sépare la Galice des Asturies , et qui se jette dans la mer à Rivadeo. Les insurgés étaient sur Je bord opposé ; à six heures du matin y Daraux fut averti par son factionnaire qu'ils se mettaient en mouvement ^ et que déjà quelques-uns de leurs tirailleurs ayant franchi la rivière, se dirigeaient de son côté; aussitôt il expédie un (le ses soldats pour annoncer dans le jcantpnnement que Tennemi s'avance, et il se prépare à résister à l'aitaque. A peine quelques minutes se sont - elles écoulées, qu'il est assailli par plus de deux, cents Asturiens. Daraux sans s'effrayer du nombre^ les attend derrière des rochers, et renouvelant le fameux serment du colonel Rampon, à Montelegino, il jure et fait jurer aux cinq braves qui sont avec lui, de mou* rîr plutôt que de se rendre. Il les connaissait tous capables de partager sa résolution : pendant plu^ de deux heures ils restèrent inébranlables sous une grêle de balles^ et firenjt à propos plusieurs décharges qui couvrirent de morts les approches de leur retraite. Il continuait cette defensehéroïque, quand, furieux de la voir se prolonger^ les insurgés mirent le feu à une barraque au-dessus delàquelle s'élevait le rocher que Dareaux et ses compagnons avaient su rendre inexpugnable. Les Espagnols espéraient que les flammes et la fumée chasseraient enfin de cet abri . les guerriers intrépidesque n'avaient pu déloger les foudres d'une épouvantable mousqueterie 5 mais cet incendie ne dfeoncerta point le courage de ces Français , qui, d'avance, s'étaient résignés au sacrifice de leur vie : réduits à la dernière extrémité par le manque de munitions, ils allaient peut-être l'accomplir ce généreux sacrifice, mais
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un détachement conduit par le lieutenant Carteaùx (i), arriva assez tôt pour les secourir et les dégager.
Le colonel Frapart du 5o® et le chef de bataillon Chagnit, aujourd'hui lieutenant-colonel, furent les témoins de ce beau fait d'arme», auquel concoururent les soldats Dalongeville et Loiseau, qui secondèrent vail— lamment leur caporal ; le premier fut légèrement blessé.
Eu i8i5 ) Daraux quitta la Péninsule , où pendant quatre ans, il s'était signalé par de briilans exploits. Appelé à combattre dans les plaines de la Saxe , il y déploya la même valeur. A Bautzen , où il était sergentmajor de voltigeurs, il donna constamment l'exemple à sa compagnie: au fort de l'action, il se porta à deux cents pas en avant du front de bataille, lutta contre cinq cosaques qui le chargèrent à la fois , en mit deux hors de combat, et força les autres à prendre la fuite. L'étoile de l'honneur et l'épaulette de sous-lieutenant, qu'il reçut le i4 juin suivant , furent le prix de sa belle conduite dans cette journée.
Après avoir fait avec la plus grande distinction la campagne de France en 18 14, et celle de l'armée du Nord en i8i5, le lieutenant Darâux , dont huit ans auparavant le sang avait'teint les lauriers de Friedland , a vu le funeste licenciement des troupes terminer sa carrière militaire.
Cet officier, actuellement en traitement de réforme, a fixé son domicile à Paris, département delà Seine.
DESPEYROUX {jéntoine)^ lieutenant de grenadiers au 5* régiment d'infanterie de ligne, hé à Aiguillon, département de Lot-et-Garonne.
(1) Fils du général de ce nom,
Antoine
DEiLA^CLOIRE. i6i
Antanie Despeyfbux faj; souvent, cite comtae Pun des plus VaiUans. guerriers: du 5!" ceglment d'infanterie de ligne. L'intrépidité qu'il déploya le 2 novembre 1612^, à TatHiqUiÇ dâ9 )redpiites'dela Gariga en Catalogne,, doit lui mériter nue: mention. daiiS'Cét ouvrage. IL^tait ajtors fourrier ; la <H>nipagnie dont il faisait partie.se précipite à l'assaut,, mais elle estrepousBée, et un grand nombi^e des soua-o$ciers.^ âoldeits dont elle se compose^ eit tué* ou mis hors de combat^ Despey roux, est atteint d'un coup de feu à la jambe droite, sou sang coule abondamment 3 cependant il est résolu à ne pas quitter le champ de bataille : avec un couteau il sonde la plaie, en aixacke.la balle, et, suivi de quelques grenadiers, ayant ui^ ofÇcier.à.leur tète , il affronte! de nouveau la mousqueterîe des @spagaols , ^n.^'él9nçant des premiers dans leurs retranchemeus. Toift) cède, à Pimpétuosité française; mais avants d'abandpnixer des ouvrages qu'ils ont défepdMs^§yec:fu*ï reur,J;Q^; ennemis exécutant l'ordre de levir jén^l,^,:le baron d'Ëroles 9 se disposent à mettre le f<^v4:à jùjpçiibttr gaase dont l'explosion doit faire sauter les assaill^ç^) déjà un Espagnol s^avance la mèche à la main<; D^Speyr.Qux Paperçoit, il court sur lui, mais, au moment de lui plonger sa baïonnette dans le'poips, il le ypit topiber à ses pieds, mortellement frappé. Un grenadier, de la même compagnie que Despey roux, avait couché en joue l'Espagnol, et,avait été assez adroit pour ne pas le manquer* La croix de la Légion*d'honneur devait être le prix de l'aclion de Despeyroux; elle fat demandée pour lui au général Ëspert, par son capitaine le brave Gallien^ quô sa belle conduite venait de faire élever au grade de chef de bataillon ; mais cet officier de la plus haute distinction , n'ayant survécu que de deux jours, aux bkssurea iju'i4 Tome V^ ^x
i«îï LES E\STBS
avait reçues en enlevant les fortification^ de la Garîga^ Despeyroux ne reçut point la récompense due à soit couragfié
A pdne guàd, il affronta de nouveaux p^ls y ^rit part , aoit en Arragou , soit en Catalogne , à tous les com* bats dans lesquels sHmmortalisa le 5* de ligne ^ et^fut nommé offider le â décembre 18 13, après avoir 1, 'à Pige de vingt*trois ans, parcouru tous les degrés inférieurs de la hiérarchie militaire.
En i8t4 et en 18 15, Despeyroux eut encore le bonheur de se distinguer: son dévouement et les services qu'il rendit le firent une seconde fois juger digne d'être admisvdans cette chevalerie véritablement nationale', dont un héros était le patron et le fondateur^ mais les évènemens de cette fatale époque , n'ayant pas laissé au chef et an père de nos légions le temps d'accomplir' envers elles toutes àës intentions rémunératrices, Despeyroux ne re^ çut point le brevet qui devait consacrer seis tifresàla reconnaissance de la patrie. Rentré dans ^es fo^eti' après le Ikencièment de Paiinée de la Loire , cet officrer, qui n'avait d'antre fortune que son épée, est aujciûrd'hùi chef d'une écfole d'enseignement mutuel, et professeur de mathématiques au collège d'Aiguillon. ^
Deux de ses frères se sont, comme lui, signalés dans la carrière des armes. Un article est consacï'é , dans notre preiiiier volume, à l'aîné (Jean Despeyroux ) (1). Le plus
(f)Elk i&ti , Bes^^^oux (JeAû) était Tenu àParis pour pieMntérune re» quj^k l'Empereur.; sou intention était de l'aborder dans une reyue f lorç- ^'il apprit qufilse rendrait le leudemnin^ uoegran^e chasse q^ devait avoir lieu dans la forêt dé Saint-Qermain : l'occasion était favorable. DespejrouK ter^fit Èotk ustifonsio- d'ancien: chasseur de la garde , et partir àèg le point
jeuûe ^ qui se hpinineiit également Jean Despeyroux, par* lil comm6 volontaire dana le 6* régiment des voltigeurs de la garde. Pendant l'expédition de Russie;, il montra souvent un courage à toule épi'euyé, et përil^ lors de la funeste retraite de Màscow , dans un combat où tl fut percé de mille coups de baïonnette» Cet intrépide soldat
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du jour aVec M. de la CiierWière et une dame iuUenne ^ qui, cotiime lui y ivaient quelqu^e r^lamatidn à faire. ÂnÎTés k Nanterre» il descendirent de voiture) et te promenèrent qu^ques insuns. La journée fêtait superbe, et jamais l'aMuence des lûurieûit', attirés par le désir de saluer l'Empereur à ton passage , ou de suivre la chasse , n'avait été plus considérable. Tout ce qu'il y avait'de brillant dans là capitale sVuit donné reudez-^votts à Nanterre» Au milieu de cette foule , un aveugle implorait la charité publique ; devant lui éuit uU vieux chapeau renversé > dont on ne s'approchait quo ta^rement pour y déposer quelques pièces de monnaie» La dame italienne te mit âk plaisanter sur la manière dont le pauvre homme jouait sur une mauvaise flûte Oet'âilrsi ôonnU ï Bon^oyetge , chef DuMolet Chez une jeune et jolie femme la compassion est souvent bien près de succéder au^ éclairs d'une galté inconsidérée : prësqu'aussiiot la belle étrangète se re"* procha d'avoir ri , et cômmen^ à s'âppitoyer sur le compte du malheureux, ce n est si facile de réparer nos torts , lui dit alors Despeyroux, ett 30 contribuant à fpulager là misère de Cet infortuné qui a perdu les joieA X de oe mondes » En même temps > son chapeau à la main , il s'adresse aux voyageurs et implot« leut pitié en faveur de l'aveugle qui se fatiguait à jouer u>u(o|^s le même air. De son câté, la dame italienne se mit aussi en . devoir de quêter t elle le faisait avec Unt de grâce ! c'était à qUi donnerait quelque chose. La collecte fut abondante : celui à qui elle était destinée en MttUit de joie $ mais ce n'éuit pas lui qui en ressentait la plus vive émo-^ tion I des larmes d^tttendrissem^it roulaient dans les yeux de sa bien-» Csitrice»
Que Ton se représente , dam& totit Véclat de la parm'e et de la beauté ;» une femme à la tournure élégante > aux manières enchanteresses , près d'eDe un jeune gp.errier mutilé, d'utie physionomie intéressante, d'un maintien distingué et portant jirec noblesse l'uniforme de cette gard^ impériale dont le aom seul réveille tant de glorieux souvenirs. Qu'on se les- représente l'un et l'ab^e, improvisant ime quête pour l'aveugle de Nanterre, et autour d'eux le» spectateurs ravis s'enfpres^ant dé répondre à une si généteuse intention :• n'est-^ep^s U-qpe scike digne dM^tre tctracée pat le crayon d'un artiste français ?
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était à pelue âge de seize ans^ quand il mourut àa champ d^honneur, ' •
BEAXJREGkBD {foseph'Domergue de) (i), général de brîgade, officier de la légion d'^honneur, né dans le déparlement de la Lozère.
En 1782, Beauregard s'enrôla comme soldat dans le régiment suisse de Diesbach, où il obtînt un avance-* ment rapide ^ et reçut la décoration de Saînt^Louis. Retiré dans ses terres au commencement de la révolution , Beauregard, quoiqu'apparlenaût à la ncflilesse, se montra partisan des nouveaux principes, et fut élu vice-président du départemen^de la Lozèi^. Dès le i/^mars 1791, il fut nommé maréchal- de- camp , et représenta le même département à l'assemblée législative. Après le 10 août 1792, il prit à Avignon le commandement de la réserve de Parmée du Midi, et servit, en 1795, àParmée des Ardennes^ où il dirigea plusieurs expéditions avec sucr ces ^ lé 17 mai, il chassa Pennenu du vilfage de Fioran ville et de Pabbaye d'Orval, se saisit d'un chef de partisans Autrichiens., défit un corps de HuUans, et s'empara de quelques chevaux ainsi que d'une grande quantité d'efiels militaires. Le commissaire de la Convention, Michaud, et, dans cette occasion, le plus grand éloge de sa conduite. Peu de temps après, le général Beauregard fut envoyé a l'armée du Nord. Pendant le siège. de Valenciennes par les Anglo-Autrichiens, il fut chargé de défendre avec trois bataillons lé feubourg de
(1) Désigné mal à piropos par le prénom de Victor, dans le DicUonnairê historique et biograghique de9 généraux français , par le chevalitrdc Cour ce lies.
DE LA GLOIRE. i65
Marly dont la tête et les issues n'élaîent couvertes que parr de faîbles relranchemens 5 attî^iué, le 26 maî, par des forces supe'rieures, il disputa pied à pied le terrain pendant cinq heures, rësista à plusieurs sommations ^ repoussa plusieurs assauts, et ne rentra dans Id place , où il eut le bonheur de ramener son artillerie , qu'après que celle des Autrichiens eut ruiné de fond en comble les ouvrages construits pour le protéger.
Le 9 juin , il assista à la bataille d'Arlon , guida pendant Faction un corps de deux mille hommes arrivés la veille de Sedan et de Montmédi, occupa la position de Sainte-Croix, s'empara d'Arlon, couronna les hauteurs qui la dominent, et força l'aîle droite de l'armée autrichienne à se replier sur son centre. Dans cette journée^ quatre cents carabiniers français, conduits par lë général Beauregard, chargèrent et enfoncèrent un carré de quinze cents Impériaux. Ce fut dans cette lutte iné*gale que l'intrépide lieutenant Boucret ( ou de Bouvert) fut atteint de vingt-huit coups de sabre sur la tête et sur les bras. En 1794, Beauregard pa:$sa à l'armée de l'Ouest j où il déploya, dans plusieurs occasions^ autant de bravoure que d'habileté. En 1796 , il quitta le théâtre de la guerre civile, cessa d'être employé, et ne reprit 1^ armes qu'au moment où éclata la guerre de la Pétiinsule. Il se distingua à la bataille d'Occana , gagnée sur les Espagisok le 18 novembre 1809 , et fut blessé en combattant près du marécbè^l Mortier. Le 9 février 1810, il étÊiit à la tête d'une des colonnes mobiles, qui dissipèrent qneii{ues rassemblemens d'însmgés à Xêrès-delos^Cavalieros et à Valverdé, lorsque, dans un dernier engagement^ il fut frappé d^une balle au cœur, en char-
ï66 LES FASTES
géant aveo notre çavi^Iôiûe qu'çqflaïQiQAit rexmp]e de
^on courage,
SUCHET {LouU^Gahriel, duo d^Albufém\^ marchai et pair de France y gran4'*9n)ix de la légion d'hon** neur, commandeur de l'ordre de Saint-Iaouia^ et de celui de Saint-Henri de Saxe, oheralier de la cooronne de f^r, ne, le 2 t^ars 1772, à Lyon, dëparten^eqt' du Rh^ne,
Fik d'un manufacturier en soie, trèsrconsidéré pour fleç utiles découvertes et pour aès «er vices dans di^rentes administra tiops municipales, Suchet appartenait à cette .classe honnête et i^idustrieuse des citoyeQs que \^ rë?o« lution devait réintégrer daiis leurs-droits^-Après avoir terminé ses études au collège de l'Ile-Barbe, il entra, en .1792, comme volontaire dans la cavalerie nationale lyoon naise, et fut reçu, le 12 m^i xfSf^) çapitsiiiie ^%xne €oiii*i pagiiie frapche formée à Largentîère. I^ ao septembj^^ \ il fui nomopié olief du 4-' bataillon de TÂrdèche, et en* vpyé à Farmëe sous les murs de "^I^QuIont Son début fi^t un triomphe; il se distingua dans ptusîears af^ûr^ notamment, dans la JQ^rnée du 3o déccsnbre, où le général anglais, Q'Haraj^ se rendit ^ lui JH^r 1<î çb^mp de bataille.
A la fin de cette campagne ^ )e 4* hataiiHofi de l'Ar^ dêche alla se ranger squs les drapeauiç de Tannée d'Italie, que commandait k gé^éi*^! OMStnerl^^» ^^^ la rivière de Gènes. S^ichet , placé à Pi^v^ntrgarde, son» les ordres du général Laharpe, assista.) çn i7J9t4, 9S^^ çombalsi de Vado, et de Saint-Jacques. ,. se jSgnala daDf plusieurs autres actions,, et battit les Autrîchîemà Loana }e^ 22| et 23 novembre 1796; à le^ tête d^ ses soldats ji
DELA GLOmE. 167
fl^eid^V^ alors, trots âi*^6ftii± à l'ennemi: Mtftè 1>iehtAt U TÎOi^ire dèvdit prendre^ vu es«or plqs rapide et plus briUaai} la âeétîn^e de la'^fVance Tenait dé placer à la l£te.4ie.'HariEiëè é'Italîct un de ced hommes qui savent cèmiwiiiiqaer^laor enthousiasme à toat ce^qûi les envî^ rmMikfm:7iB:s9ùii pa^ moins féconds en ressources dans le péril .qu'halNles à profiter de leurs succès ; qui seol* Uieisit lue. ]Qtk09 de tOos les obstacles , créer ou maîtriser touB,j|$A ^t^>è«ieméns , ^ëiéTént au-dessus ide tous les par- . tU, Qç^mmandéot à toutes'lespasttonîs, et qui, par Fas^ jc^ndaii^ndè leur génie y 'Ourretit une nouvélte carrière à la gloire , let -donnent une grande -imimldlon à l'esprit d$ lencè^èote. Tel ëtait ftonaparte. '
La arSs.* deràî-bi-igade^ 4ans- laquelle lé 4.* bataillon d^ l'j&rdêofae.&tincorporé', devenue l'avant-garde delà diviâoii Massâia^ se trouvait sens cesse au poste le plus di^ite et le plus périlleuk.' Oe ne fut qu^lne suite d^actions dJédat )peittv ce corps ^ àCdàsariii, à la seconde at* laqoeideD^go, à Ifentfëe«a Piémont ^;aru passage dû fà , à. ^faSsaiaeei^* àvLo^i > " où ^ves grenadiers ^andhirent Je ppQtr^iaiii passage dùMisoio'prèsBorg^tto, â la pri^ de.Fe|(Bbkm»^jet desrmagadilis de Gatitei«^No¥6 «sur ka bor^ade FAdige, à BircdiVâ Gastiglione, & Saloj â.IiO>* Il9t9.> «fi!^i^Ni:^>^ftr*Ia x^otisei<de Bonaparte- au Combat dei^al^riiaçcy a* la pdbe-jde iMontebaldo, 'à la bataille !^i{|iftit9C|Kb^ ITraite^^àBasBanoy à la batêrtlle d'Atcofe^ ^ longue eij«.Baèuf%rïèf>é* Au ooinbat déCeiea, aprèn avçir l^sfifaiiaafTtMÎa diaigèa :da cairalerie' , repris Si l'enuftil^îi^tfftiarpièces et ieùi» caissona^ Socket tati griè^ Tei^i^it^^ei9^ 4 Fépimle, jet mis hors de <9ô«Fibc^t. Sona* pai^e dit .daPCfsaofi. rapport ; jLe ehefde buiuiitton Suchei^ aéié ^kn^imêiÊBiibent btes^en combattant à la téie d^
î68 LESlFASTBS ■
^o^'^rp^lflR^ia^é Uénlât «dans/les raiigâ;; il âiyl¥it on plulât cop<lixiâit oneore» M» csattiandes â iîr vîctèire an passée de la Piave, à Belhine*, où le gënëral Ltaignàn fut pris f^veç neuf oeatscboiumes; ik'ik TagKciikiééta, à Fouteba et. .a .Ta]rvîs> à- m il ire«iBt avec :oq«nMluveHe çicf^trice et futenvoyë par Masséoa poorr-parterti rBomparte les drapeaux. conqoisdaïKi tsetie j<Miviiëa'[A4a prise de Ciagenfuith , il fut atteint d^uneWlé^ et fbt^^ ffeu^ marck, nommé chef de brigade 'éur le chimip^dè hikmlle, A la paix de CampqrFarmia^ il reçut ^oràrëdé^Étnn* dre avec sQXk corps sur 1^ frontières ifeia^iStnâsefc^^Sàehet •'établit à Versoix , -péj^txaii dans le poj^s de- V'àad, et traita, au nom du génik'êl de'.dimsion AIéii«icd,aâ9e« lei envoyé» de Berne et de f rihoivg. Le géaërid Brime vint prendre le.çpmmand^me^t e^^ehef de J^rai4e>y<et lès hostilités,, çpmmencèr^KiU iSupjbet eonpourot ^i la pn» des:pQstes impprtaiis de Mprat et de Gcidûne», ^ Uivapl> tula.tion d^ feV^'Jboi'V'g >. • ainsi; qp^k un eomW 'Â^éiili^^^ ^Vi pont de gç^uyÎQe, et 9pràs lé^od Vata^^p^oMisçà sao les murs de Bernai et opéi^)sa'J!di:MDtio|iua«tte^^^F^ venues dq Bhin.Laimidiiite-Ikiltan^M'^^^S^ ^.e(te ca^pa]gn^ lui y^hxl,dlhtagammtàë^ipm^V!'it^'P^^^ .vingt-trois'd4rapea«xprfa'à'reia»6iïiî. ' .i^^ij^^A'! ^îi ^- :• Le .95,m^^il79Q i il futwélei^ ais!g)rAf}e^d(»:>fiiiâtâ|)^ brigade, et dpfidgné pourfaiteopiaoniedé ^mptài^y^'^ gypl^; A.eeHe époque^. «se :è£*aj»aQtaéé«ill^tibâiion meqa^V^'4(rm^dltaliet'Ies.a(ddatsélme0tJdkil^ ^l&euxrd^nu€^e»t| Palitoidtpidès gtoéFàwâÉ^<«t des eif&'^ ciers i^tAÎt «A^nnae ; il fallait it^^bliriia'^ab^^ et la cQnJSancew Bans de teUes.conîonciur6fi,/li^^^ldt&^^ * c|ief 9ru^e, jugeant néceâsain^ de retemj:!<{i«i6 ^^ ^ ^ général Suûhet , lui fit donne£L l!ordre de^fi-p^int p*^*^-
kir'pôurPÉgirpie^ et le nomma son chei^d'^tat-ifiajor./ Bieniiâtla solde fot.payeé, et la discipline raffermie.
Quelques, mois après, Suchet csontinua les mêmes fooctions^iaous {oi>l|)ert).4ont il fut Vaizû et «le compagnon de gloire.. Dès lora^iOO.'remarqua dans Sochet une.aptitod^iprodigionse .piixlir.rorganisation et rl'edministration des corps^^t sur-tout le rare talent d'entraîner les troupes p^j9(9P.?XfE^<np^e^ et aie se les attacher autant par sa ferin^. ^pOuci las. itaain tenir constampieht dans l'ordre^ et le de? 0ir yique: par aumen^ressement à relever les actions du soldat , et à exalter son ardeur par. des encourage-»
tïien^»" -.5 .* t;.;u..
Hat allianee fwmidable entre la> Russie et rAutriche etlaiiiarchei'd'ùnMCCM^s russe >9ers Tltalie annoncèrent de rMes projets*. lûa .Piémont donnait des inquiétudes, et fK0i disposition&.jEttstûéiit fcraiiidre pour la sûreté de Tactt^^. -lie 'gÊtt^ral:Jpi»bert reçut l'ordre. de l'occuper. Suelue^ prépara cett^ entreprise, 1 qui /par sessoins^ se temiioA* SMbi'cflbsieitf d»»8ang. .Au. milieu. de ses travaux»* pour t^nit^ à V^mméà one eis:isleiiè6iim|H^nl% il éprouva dfe8i>viok»iteSi wnt Jiadiiilftiofas de ;>la> piart ?dcg commissaires ^H^IMrcK^lQwé:9Mll|iD^imaMilBntI^ii^oser k- tlem* gré des fondiJraéai^n.ltalM^.ftiqifil de0fimii<â:âm«liore^ le sort <b'/M4M4\£«;d໣y^Jài3^att^^^ un:)dâ»?éty par lequel il lui était enjoint 4^;jrefitGâC'*imF<f«lice«sèlïis trois* jours , ^'4;r.i|^r T0u{|ii^^)$t|f4^ porilé sur ila .' liste dies émigrés. Il &liiit^b^;.4n^'J^>|f!iQ4ral Jp^bei^ty zn^dontentlde la coQi^ii^-dtt Djurpctoil^E^ ettdulï^pf^l (injuste de 'son cbef d!^^jPP^|oiç^4Q^i^c^tb a|^o«ité iW ponseillë tout^ )f^ yqpiefvi^^>t^;4éii!Mt»;âe.ton.i8^iii^^ les
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