‹ Les fastes de RouenChapitre 10 sur 28 · SUE URGULE GRI8BL. U · texte numérisé non relu

SUE URGULE GRI8BL. U

Lutetise

Apud Gervasiiun Alliot, in palatio, juxtà

Saoellnm Divi Michaelis.

Gùm (8i<^ privilegio Régis.

(Iii-4'* daiis le 4* liv. des poésies lat, de Tauteur) (1).

Sans cette sage précaution, toutes ces indications aul'aient pu rester inconnues, tant il semble avoir été dans les destinées de ce poème de rassembler en lui toutes les obscuritiés possibles.

Ces deux Trimestres ne portaient pas, dans Tlmprimé, le complément habituel d'un titre, parce qu'ils venaient à la suite d'un autre ouvrage de Grisel, dont Guiot a donné le nom, dans la notice consacrée à Hercule Grisel. Après la mention de trois autres livres ou recueils de Vers de notre auteur, on lit : « Le 4* en la même année «1 1643, intitulé : Ore^dum stlv^ de Christo et B. Matre, ^ cum prioribus Fastorum (2) », c'est-à-dire: « LesSylves ^< des Oréades sur le Christ et sa Bienheureuse Mère, avec

(1) Au*dessou8 du titre, p. 6 du manuscrit. — Nous retrouvons ces mêmes indications, au bas du premier livre des Epigrammes, et de cette façon : LvtetUs | Apud Gervasivm Alliotp In Palatio \ prope Sacellitm Diui Michaelis \ M.DC.XXIIX. \ Cum Privilegio Régis. Ce qui nous fait supposer quelques modifications, presque insignifiantes, dans le complément du titre des Fastbs donné par Guiot.

(2) MoréridesNormandSf t. I,p. 464. Voir plus haut Biographie, p. ô5.

148 BTTOS UTTIAAIRB

« Us premiers (Trimestres) det Fastes. » C'est au titre général de ce quatrième liTre des poésies de Grisel, celui qui se trouvait en tête des Sylves des Oriades^ dont ces deux Trimestres faisaient la suite, que &uiot a emprunté le complément du titre ajouté par lui au Manuscrit.

A cause du vague de ces expressions : Cum prioribus Fastorum^ on pourrait se demander s*ii ne faudrait pas entendre : « les premiers mois des Fastes, » ou simplement le Trimestre d'Hiver. Mais comme, dans le Trimestre de Printemps, au Mois de Juin, Grisel a mis ce détail qu'à Tépoque où il écrit a le Pape Urbain remplace S. Pierre à « Rome ; d le Pape Urbain VIII n'étant mort que le 28 juillet 1644, la publication de ce Trimestre ne saurait être postérieure à cette date. Si nous lui assignons celle de 1643, comme pour le Trimestre d'Hiver, c'est que Guiot n'en a pas mis une nouvelle, dans le Manuscrit» eu tête du Trimestre de Printemps, preuve évidente qu'il appliquait la même date à la publication de ces deux Trimestres. Imprimés en même temps, en 1643, ils ont toujours été trouvés ensemble. Le second motif, c'est que Guiot a dit formellement ailleurs, en parlant do la mort de Lenoble, arrivée le 9 octobre : « François le Nohle^ Cens*» au Pari . « àSt-Godard« 1653. dix ans après qu'Hercule Grisellui <x eut dédié son second Trimestre des Fasli Rotom. (1). »

(I) Clio RoihomagensiSf à la date du 9 octobre. Morts.

SUR HBRCULB «USEL. 149

Ainsi, le Trimestre d*Hiver et le Trimestre de Printemps des Fastes de Rouen, in- 4*, ont été imprimés : à Paris, chez Gervais AUioU au Palais^ près de la Chapelle de Samt-^ Michel^ 1643. Avec privilège du Rai.

Reste enfin le Trimestre d'Été, où toutes ces indications font défaut dans le M.S. Gmot,gui Ta copié, a misa la suite de sa transcription : « Cette copie a été faite sur un im- « primé in -4^ de 32 pages sans date ni lieu ... Il a été im- « primé à Paris vers 1650 chés Gervais AUiot, comme les a deux autres trimestres précédons qui sont de même « format et de mêmes caractères (1). »

A Taide du texte, on peut donner une date plus précise encore. En effet, la dédicace du Trimestre d'Été à Charles Dufour, « abbé d'Aulnay », prouve que la publication de ce trimestre est postérieure à l'année 1650; car il y est question de la mort de son oncle, Camus, évéque de Belley (2). Gomme cet évéque mourut en 1653, et que Dufour ne devint « abbé d'Aulnay » qu'après la mort de son onde, il en résulte que cette publication serait, tout au plus tôt, de cette année 1653.

Une autre preuve est aussi fournie par le passage du Mois de Septembre, où Grisel dit que : « Le P. Dinet vient

(1) Manuseril, page 113.

(2) Voir plus loin, Fastes db Rovbk, p. 243.

« d*étre nommé confesseur de Louis XIV » (I). C'est le 1 Juin 1653 que ce roi se confessa, pour la première fois, au P. Dinet (2).

La composition de ce Mois de Septembre est donc postérieure à cette date, et la publication du Trimesire S Été est au moins de la fin de Tannée 1653.

Ce Trimestre, comme les deux précédents, venait à la suite d'un ouvrage de Grisel, qu'il ne nous est pas dôntié de désigner ; car nous n'en possédons point à cette date, qui correspond à la lacune de dix années que nous avons signalée dans sa biographie et dans la suite de ses publications.

On voit donc combien étaient dans Terreur ceux qui croyaient que les éditions de Grisel avaient été complètes et faites d'un seul jet, in-4o en 1631, in-8« (sans indication de date). etin-4<' en 1643. Sédition in i"" de 1631 est une pure hypothèse; celle de 1 635-1 636, in-8^, n*a compté que deux mois, et l'édition in-4®, connue par notre seul Manuscrit, ne présente que trois trimestres, publiés en 10 ans au moins, de 1643 à 1653. Aussi Guiot avait^il bien raison de dire : « que les œuvres de Grisel consistaient « en vers latins imprimés à diverses reprises, et comme a feuille à feuille, mais tous à Paris chez Gervais ÀUiot,

(1) Voir^lus loin, Fastes ob Rouen, p. 273, v. 116 et lis.

(2) Voir Pièces justificatives, p. SI7.

SUR HBRGULE 6RISEL. 151

« ia-4* (!)• » C'est bien <k à diverses reprises » que les Fastes ont été imprimés» pour l'édition in-4<>, la seule connue de lui, et les dqux mois in-8<*, qu'il ne connaissait pas.

Ce mode de publication explique Textréme rareté ou plutôt Tabsence presque totale des exemplaires des Fastes. De l'édition in-8<>, en efiet, on ne connaît qu*un exemplaire unique et pour deux mois seulement, et de l'édition in- 4'', on ne possède pas un seul Trimestre imprimé, comme on Ta vu dans V Avertissement.

 la réflexion, on s'explique qu*il ne pouvait guère en être autrement. Supposons, en effet, que les douze mois de l'édition in-S^ aient été publiés. Ils auraient paru en douze livres ou cahiers détachés, et à des époques différentes, probablement assez éloignées les unes des autres, comme ouvrage de longue haleine, et non une simple réimpression. Gomment alors, à moins d'un soin extrême, d'un véritable amour de bibliophile, aurait-on pu se procurer et conserver ces douze cahiers ou livres publiés de cette façon?

La difficulté aurait été moins grande pour réunir les quatre Trimestres de l'édition in-4*' ; mais ils avaient contre eux l'inconvénient de venir à la suite de poésies peu faites

(0 Moréri des Normands^ 1. 1, p. 464. — Il ne parle que d*après les éditions qu'il a vues. Plus heureux que lui, nous indiquons, dans notre Bibliographie, les éditions faites à Evreux, chez Le Marié, et, à Paris, chez Béchet, avant et fiprés celles d*Alliot.

i52 ÉTUDE LITTÉRAIRE

pour tenter la curiosité des amis de Thistoire de Rouen, désireux de posséder seulement les Fastes, sans ce cortège médiocrement attrayant.

Il fai^ joindre à cela que les Fastes ont dû être tirés à un fort petit nombre d'exemplaires. On sait que tel fut le procédé de Ménage pour ses poésies latines, ce qui les rend toutes rares, et Marolles a fait, à ses frais, une édition de sa traduction d'Athénée, tirée a vingt-cinq exemplaires seulement. Enfin , les Fastes n'ayant pas été imprimés à Rouen , mais à Ëvreux et à Paris, les Rouennais n'ont pas eu leur attention bien vivement appelée sur ce poème latin, quoique fait à l'éloge de leur ville.

Sans toutes ces circonstances fâcheuses, on aurait bien trouvé quelques exemplaires des Fastes formés de la réunion des publications successives, par Mois ou par Trimestre, comme cela eut lieu, précisément à la même époque {1625-1651), pour l&Muse normande de David Ferrand, publiée, selon toute apparence, par cahier et par année.

Mais les Parisiens, auxquels Grisel donnait les prémices de ses Fastes, s'intéressant peu à son histoire poétique de Rouen, dépourvue d'attrait pour eux, ce poème devait presque fatalement grossir le nombre des Livres perdus. Sans notre Manuscrit, il serait allé rejoindre la traduction de Stace par P. Corneille, dont il a été impossible de retrouver une trace quelconque.

Nous ignorons si jamais on découvrira quelques exem-

SUB HERCULE QRISEL. 153

plaires de ces deux éditions des Fastes, in-S^ et in -4'', en dehors des deux Mois de Janvier et de Novembre, les seuls connus aujourd'hui. Mais, pour la première, on ne peut en rencontrer qu'un Mois isolé, et, pour la seconde, c'est à la suite d'un autre ouvrage de Grisel, enseveli peut-être dans le fond de quelque bibliothëque, qu'on a chance d'en rencontrer un Trimestre. Nous signalons cette remarque au bon souvenir des Bibliophiles, en la recommandant à leurs habiles investigations.

Quant à la recherche du dernier Trimestre, celui d'Automne, nous la croyons superflue. Â nos yeux Grisel, dpnt nous ne prolongeons pas la carrière au-^delà de 1660, n'a pas achevé son œuvre, dernier trait de ressemblance avec Ovide» son modèle, puisque les Fastes de Rome sont incomplets à présent des six derniers mois de Tannée, sans qu'on sache également s'ils ont été jamais composés.

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« pieds^ dn Distique » (!)• Il garda ces vers, les revit» les

eorrigea, pendant une période de huit ans, josqu'en 1643,

époque de la publication des deu^ Trimestres d'Hiver et de

Printemps, et une nouvelle période de dix ans s'écoula

jusqu'en 1 653, où il publia son Trimestre d'Été. Plus que

jamais il devait appliquer à cette œuvrecapitale sa méthode

habituelle de travail, c Elle ne se lasse jamais, la plume

« qui me sert à corriger mes Poésies. La prise de cette

« Troie^là exige plus de temps que celle de la Troie de

« Phrygie. Avec quelle facilité, quelle rapidité viennent

« les fleurs et les arbustes. Pour que le chêne pousse, il

^ lui faut compter des olympiades » (2).

CTest, en effet, à peu près de dix ans en dix ans que Grisel a publié ses Fastes, qui, dans son esprit et dans la i:^atité, sont là plus considérable et la plus importante de 908 œuvres. A celle-là, il ne croyait jamais donner ni trop de temi>s ni trop de soin ; aussi nous semble-t-il en avoir fait l'oeuvre de toute sa vie.

La raison en est bien simple : Tamour de sa ville natale, qui lui avait inspiré l'idée de ce poème, le soutint sans cesse dans l'exécution. Il perce, à chaque instant, dans ses vers, et rend, à ses yeux, l'entreprise excusable : « Qui « pourrait condamner un homme épris de l'amour de sa

(1) Pièces JUSTIFICATIVES, XXX et IX.

(2) Voir mdem, XXXTV,

« patrie? » Gomme il est heureux d'eu faire Féloge \ « Quelle « plage n*a pas entendu parler de Rouen? La Normandie « la proclame sa capitale, et la France, la première ville « après Paris. » Ailleurs il s'écrie : « ma patrie ! toi si « digne des faveurs d'un grand Roi 1 Toi si riche en tré* « sors, si remarquable par les génies nés dans ton sein! » (1) Le début de chaque Trimestre ramène un npuveau concert de louanges en son honneur. Au Mois d'Avril, il assure que : t Rouen n*est pas seulement connue par son commerce, ic mais par ses doctes assemblées, ses savants^ ses avocats, ft son goût pour les beaux-arts, et ses poètes dans la « langue maternelle » (2). Une de ses dédicaces parle aussi de son œuvre, « où il ne faut voir qu*un témoignage de « reconnaissance envers sa patrie, toujours présente à son 4c cœur, bien qu'il en soit toujours absent > (3). De la le soin apporté dans Texécution de cette œuvre, de là tant d'années consacrées à la rendre digne de cette patrie bien aimée. Quoique loin d'elle, il éprouvait les sentiments d'Ovide pour Rome, quand celui-ci, du fond de son eixil, disait :

Nescio qua nottla eoium duicedine captot DuAit, et immsmores non siolt e^se sui (i).

(1) Janvier f p. b, vers ^ ; p. S, vers 33 et 34 ; p. 7, vers '59 et 60.

(2) Avril, p. 137, V. 5-lî.

(3) P. 344, Dédicace du Trime8tr$ d'Été.

(4) Ovide, Pontiques, liv. I, épit. 3, vers 3S et 34. ,

SUE HEECULE ttEISEL. 157

« Le sol natal a je ne sais quel channe qui nous captive « et nous empêche de Toublier jamais. » Rouen produisit le même effet sur Grisel ; à Evreux, à Paris, il s'en sou- Tint toujours y et ce profond attachement pour la patrie absente se retrouve dans toutes les inspirations de sa Muse.

Les Fastks db Rouen sont un poème didactique, en latin, et mois par mois, où Grisel se propose de retracer avant tout le tableau des mœurs de ses compatriotes. « J'entre- « prends, dit-il, de décrire dans mes vers les divers usages « de Rouen, séduit par Tamour de ma patrie. »

Carminé Bothomagi varios descrlbere mores Aggredior, Patriœ captus amore mese.

(Edition in-8').

C'est ce qu'il disait dans le premier jet de son œuvre, légèrement modifié plus tard, pour l'expression, mais non pour le fond et pour le sentiment patriotique : a Je veux « exposer dans mes vers les mœurs de Rouen, ma patrie ; « qui donc condamnerait un homme épris de Tamour de « sa patrie ?» «

Rothomagi patriiB yersu volo pandere mores; Qais captum patri» damnet amore su» ? (i).

(Edition in-4o).

Son plan primitif était bien simple. Pour la disposition (1) Voir ÂppBNDics I, p. 481 et p. 5.

158 ÉTUDB LITTERAIRE

et la division de l'ouvrage, il se proposait « de suivre reli- « gieusement Tordre des temps, et de donner autant de « livres qu'il y avait de mois, et le désir d'arriver à com- <c pléter le nombre des mois lui faisait implorer Tassistance « de la Muse. »

Tempora rite sequar, menses uumerate libellos ; Ut numerem menses ordine, Musa flsiue (i).

Sa division primitive était donc de faire autant de livres qu'il y a de mois dans l'année, avec une dédicace distincte pour chacun d'eux, et nous avons vu qu'elle avait reçu un commencement d'exécution par les deux mois de Janvier et de Novembre, intitulés l'un « Livre premier, » l'autre « Livre onzième (2). » C'était une grosse entreprise, et, pour la mener à bonne fin, pour épuiser les douze mois de Tannée, Tassistance de la Muse n'était pas superflue.

Gomme mode d'exécution, le plan primitif a subi pareillement des modifications. D'anciens manuscrits des Fastes de Rome, par Ovide, donnaient un Galendrier où, mois par mois» jour par jour, se trouvaient Tindication et la date des fêtes, le lever des constellations, etc. Heinsius ayant jugé à propos de le joindre à son édition des Fastes d^Ovide, Grisel Tavait imité dans le Mois de Jan-

(1) P. I de l'éditioa in-S"* et p. 5 de la ndtre.

(2) Voir plus haut, Des diverses éditions des Fastes bt de lbor DATE, p. 139-140.

SDR BBIGULB 6B1SIL. 159

vier, in- 8', en tête duquel on lit : « GoupHi'œil d ou « Tableau de Janvier n (Synopsis)^ comme pour le Mois de Novembre. Ainsi que dans le Calendrier d'Ovide, on y retrouve les fêtes avec leur date, le lever des constellations; mai^, en poète chrétien, Grisel les envisage d'une autre façon : « Je vous chanterai aussi, dit-il, vous autres, « Astres, qui, plus tardivement dans notre siècle, vous « levez, et vous plongez dans les ondes du couchant. Je ne « déshonorerai point les astres par des prodiges ridicules; H îe me moque de tes fables, ô Grèce mensongère. On me m proclamera Tami de la vérité, et c^est dans le ciel des ^ livres fiaints que j*irai chercher des astres brillants, de ^ véritables flammes. .Mon ciel est I'Égriturb, parseniée « dé figures sacrées ; tout ce qu'elle renferme, c'est à bon « droit, croyez-le, que je Pappelle du nom d'Astre » (!)• Aussi, voitton, dans le a Tableau de Janvier, » en: face du coucher ou du lever d'une constellation, un renvoi à un passage de rÉcriture : le « Lever du Scorpion » devient « la Vipère » des Actes des Apôtres; le « Lever du Dau- « jhixkf » le t Poisson de Tobie; » le <c Soleil dans le Ver- « seau, » le « Baptême du Sauveur, » etc. Ces rapprochements, auôsi difficiles à trouver qu'à justifier, durent donner bien de la peine à Grisel dans les deux seuls mois de l'édition in-S» (2)*

' (1) Voir le texte latin, Appékdicb I, p. 481. (3) Voir lanvarii Synopsis^ p. 480, et Novembris Sffnopsis, p. 394.

i60 nVDK LlTTIftilRB

Ce plan, inspiré par une admiration outrée, de Tanti^quité, qui portait notre auteur à suivre' Ovide pas à pas, et pour la division par mois, et pour les indications aatro^ nomiquesy Grisel eut le bon. esprit de le modifiev dans rédifion in-4''. Au lieu dé continuer à publier les Fastbs, Mois par Mois, il les donna par trois mois ou Trimostros^ de façon quUl put éviter le trop grâtid morcellement dé son œuvre et présenter au public un volume d'une étendue plus raisonnable. C'est ainsi que, partant, du cominèncement de Tannée, il publia successivement le Tritnestre d'Hiver, le Trimestre de Printemps et le Tâmestre d'Ëté, qu'il a dédiés, non plus Mcâs par Moi»,- à une seule personne , comme dans l'édition in-S"** mmis par Trimestres , dont il fait Thommage i une: seule ett inéine personne.

Outre ce changement dans le mode de pubiieotîon, it en fit un autre portant sur le fond même de rouvrage; en supprimant presque tous les détails àstronomiqaes, et surtout ces rapprochements forcés entre le lever, le coucher des constellations et certains faits de PÉcriture aaiole. L'absence de vérité et de naturel était le tnmndre dé&Hit de ces passages, qui déparaient les deux Môia^e l'édition in-8% et son goût en fit bonne justice/

Il supprima de même la dédicace de JeânvSsr AFrailçeSëde Harlay, et tout ce qui se rapportait dans le texte A. ce personnage* quand il pritCharles^Maigûartde Bemièree, pour

lui déiUer le Trimestre d'Hiver« dont ce même Mois de Janvier forme le début.

Ënfln, au lieu de donner un « Goupd'œil » {Synopsis) en téta de chaque mois, il plaça en manchettes l'indication très sommaire du sujet, comme on peut le voir dans notre édition.

De ces modifications introduites dans le plan primitif de Touvrage, passons^à ^analyse des trois Trimestres de rédition in-4o et du Mois de Novembre isolé de l'édition

Dans ses Fastes de Rouen, Grisel expose les mœurs* les usages, les coutumes, les croyances, les superstitions» les délasseiûents, les plaisirs, les institutions civiles, politi*^ ques, militaires, religieuses et scolaires des Rouennais, pendant la première moitié du xvn« siècle, pour tous les ordres, toutes les classes de la société, à tous les degrés et à tottsks ftges^ avec quelques retoura historiques vers le passé, quand le sujet traité s'y prête.

On peut en voir l'exposé complet dans les SoarMAmss que nouft avonfi placés en tête des Notks de chaque Mois, ii^>élé8^1a Table GÉNÉRALE des Matfères, et détaillé» dimcf les trois Tni^x > des noms de personnes, de lieux ef de choses à la fin de ToUvrage.

MaiSf pour mieux faire saisir l'impoUance et la nou-^ veauté des matières traitées par notre auteur, nous allons: grouper les pluâ teniarquabiès d^en<rei elles, enilei^van-^

géant sous les âitférents chefs auxquels elles se xaiH portent.

Religion. — On y trouve, avec d'intéressants détails^ les principales fêtes de Tannée, la GirconcisioUi l'Epiphanie, la Purification, les Gendres, le Carême, les Rameaux, la Procession du Corps Saint, la Passion, la solennité de Pâques, la Fête-Dieu, la Transfiguration, TAssomptioii, lia Nativité de la Vierge, la Toussaint et une foule d'autres fêtes particulières en l'honneur des Saints et Saintes, à propos desquels il dit quelques mots de l'Église, du Couvent, du Monastère, de la Chapelle, où ils sont honorés à Rouen.

Il traite aussi des Archevêques et de leur installation, des Chanoines et de leur Chapitre général, du Clergé et des Synodes. Les Processions de TËpiphanie, des Rogations, du Prisonnier ou de la Levée de la Fierté» de la Fête-Dieu, des Pauvres, des Pèlerins de Saint^Jacques de Compostelle, de Sainte-Ânne, ou bien encore pour l'expulsioa des Anglais, y sont décrites asses longuemenVou rappeléiss en quelques vei*s. Il rappoirte les Péterii^ago^ de de) Sainte^Veûisse^ au Bois-Guillaniinet dans ;PiateB|ioa de faciliter les mariages; de Sai^t^-JifoIîgWIit15i à, Samt-* Léger-dUrBourgrDenis^ powr.la déliyrww 4e» femmes gro»9es4iles croyances populnirea quii.le JQwde l&SsÂnte- Trinité,. portaient le peuple d«. (flUm^OiÂigf^r ^^ eol^nes

SUR HtRCBLB ORISEL. 163

voisines pourvoir trois soleils se lever à la fois, ou simple* ment le soleil danser, et le préjugé qui frappait de malheur les mariages contractés en mai. Il présente, la veille de la Saint-Jean, les enfants espérant, s'ils étaient <'i jeun, trouver un charbon ardent, sous une touffe dUierbes, en creusant avec leur couteau dans Taltre des Églises ; le lendemain, les vieilles femmes portant de la verveine et prenant les tisons du feu de la Saint- Jean comme préservatif contre la foudre ; ou bien les parents convaincus que Tenfant né le jour de la Conversion de Saint*Paul, pourra impunément boire tous les poisons et manier tous les reptiles.

.Justice. — Toutes les juridictions, dont le siège était à Rouen , sont passées en revue , le Parlement , la Chambre des Comptes, la Cour des Aides, la Table de Marbre (Amirauté*. Eaux et Forêts), la Vicomte de TEau, le Bailliage, TOffieialité, la Juridiction consulaire, la Monnaie, la Gabelle, les Poids et Mesures, les Plaids de Robec, les Avocats, les Procureurs, les Huissiers, :etc. A rocca-» sion de la rentrée du Parlement, à la Saint- Martin d'Hiver, le Mois de Novembre donne, sur ce grand coxps judiciaire et sur tous ceux qui s'y j^ttachaient, les détails les plus curieux et les plus complets. .

, ÀfMiiilsrRATiON iiOCALB. r- Il y est question des Etats de Normandie, que Louis XIV allait bientôt faire dispa-

<64 iww ymiukiRe

raltre, et, comme il n'y avait point alors de Maire à Rouen, Grisel $e borne à mentionner les six E<dievins et le Oonteil administrant notre ville, avec les autres officiera subalternes faisant partie de ce Conseil.

CoRFS d'ktat. — Les Fariniers, Bouchers» Poissonniers, Maquignons, Mariniers, Marchands de vin, Tisseraads, Tanneurs, Imprimeurs, Musiciens, Médecins, Phamiaciens, etc., obtiennent de lui plus ou moins de souvenir, suivant leur importance.

Marine et Commerce. — C'est grâce à son commerce que Rouen était alors la seconde ville du royaume, en importance et en population; aussi Grisel y revient-il à plusieurs reprises. Il montre ses navires la mettant en rap* port, par mer, avec les nations étrangères, et, par la Setne, avec Paris et les autres provinces baignées par elle^ sans oublier le service du Bateau de Bouille, qui la relie à la Basse-Normandie. Il insiste principalement sur le commerce des vins très considérable alors, et sur la fabrieation du vin en Normandie et à Rot^n môme, où une légitl«fion spéciale était appliquée au Terjus. - i- ^ ' '

Les Foires, les Marchés, les Hàttes destinés à favoriser les transactions commerciales, et la Game pour le transport des marcban^eis dans les màgasiAs^ «ont #Ot)fei de son .attention.' - t

SUR BERCULE 6R19KL. idS

Beaux-Arts ET Instruction publique. — Il existait, à Rouen, une confrérie célèbre, celle de Sainte-Cécile, dont le bat était de répandre et de favoriser le goût de la Musique, par leâ concours qu^elle y avait établis. Grisel retrace tout le cérémonial de cette fête et tout Tappareil du concours,dansla cathédrale, au Meds de NoveiAbre, la teille et lej<pur de la Sainte^-Céeile, patronne des Musiciens

S'ii ne parle des Petites- Écoles privées^ situées dans^l^s quatre quartiers de la ville, que pour rappeler les combats de coqs permis aux élèves, un jeudi avant le cairéme, il eét plus explicite sue l'enseignement du collège de RouenV'dilrigé par les Jésuites. Exercices publics, Académies^ Gàn*^ cours eAtre les différentes. Classes, Thèses, Discours, Poé^ sies^ Exercices de Grammaire, Énigmes, Griphes, rien n'est ocais, quand Juillet ramène avec lui les a Affiches de eol- « tége. » Il entre dans plus de détails encore sur les corn-» positions et sur la distribution des prix en Septembre, et s'étead'également sur les épreuves imposées aux élèves qui c< prenaient leurs grades, » c^est-à-dire voulaient passer dans lardasse supérieure. De cette façon, nous assistons à^ toute la vie scolaire des élèvesde <^t1ie époque, que Grisel corf^ naissait bien, pour Tavoir pratiquée lui-même au même collège.

. FiiiTS HiSfORtaoBSi- •*- Quelques uns des sièges de Rouen; rEntrée de. plusieurs rois ^ 'des Inondations , des Inceni

166 VniDC LITTÉMIRE

dies, des Funérailles célèbres , la snppressioo dePAbbé des Conards, corporation grotesque et des plus singulières, voilà les faits bistoriques signalés par lui, au jouranniver-* saire où ils ont pris place dans l'bistoîre de la cité. >

M OWMBIITS RSiiAaûfJABLBS. — Une description achevée est celle qu'il donne de la cathédrale , tandis que les autres édi^ftoes religieux n'obtiennent que. quelques traits seulement, mais toujou^ bien caractéristiques. Lqs divers Bpnts de Rouen, le Port, les Quais, les Halles, la Vieille- Tour» THôpital de la Madeleine, les Marchés, rArchevéché, le Palais-de-Justice, THôteUde^ Ville, le Lc^ abbatial de S^n<t-Oueni U Seine, les rivières de Robec etd*Aubetle, les Fontaines, les Eaux*Minérales, les Remparts, lea Portes, le Vieux^Palais, la Côte Sainte-Catherine, la Vallée dès Chartreux et celle d'Yon ville, les Prés, les Jardins boréânt le cours de la Seine, les Collines disposées en ceintui^ àu^* tour de Rouen, ont leur place marquée dAns les Fastcs.

McBUBS ET GouTUMBS* r^ Pour Cette partie, Pouviage de Grisel est d'autant plus intéressant que les détails en sont presque inconnus. •

Au premier de Pan, des aubades étaient données aitx principales autorités. Chez nos pères, il n'était pas de ttte religieuse sans festin dans la làmille ou: dans une corporation! une confrérie. Aussi revient-il souvent sur ce sujet.

En première ligne, il faut placer le festin et le gâteau des Rois, sur lesquels il s'étend longuement. A cette fête, les navires du port illuminaient et les pharmaciens envoyaient des liqueurs à leurs pratiques, comme nous avons vu, jusqu'à nos jours, les boulangers donner le gâteau des Rois, et les épiciers des chandelles des Rois. Les maquignons normands ne se faisaient pas faute de tromper les acheteurs dans une ville où les carrosses» déjà fort nombreux, et le transport des marchandises nécessitaient l'emploi d'une foule de chevaux. L'habitude était de se cotiser pour se donner les violons, et les rafraîchissements indispensables dans un bal, et, à ce propos, on voit qu'on y servait des confitures et des fruits confits. Si l'en était atteint du «Mal « des Ardents, » on allait à Téglise Saint-Paul, près de laquelle se trouvaient des eaux minérales, visitées en été par Une foule non moins avide de plaisirs que de santé. L'élève des Petites-Ecoles, proclamé roi dans les combats de coqs, était porté en grande pompe sur un cheval richement caparaçonné, à travers les rues de la ville. Du pèlerinage de Mainte- Venisse on rapportait des pâtisseries de forme bien Singulière, à ce que nous croyons. Aux jours gras, les bals ;t>rivé8 et les bals publics, les mascarades et les masques étaient nombreux, et Ton fêtait gaiement le carnaval par fies bombances et des beignets, dont la recette est très ^poétiquement décrite. Le pont de Robec, l'Altre Notre» X>ame, Tégiise Saint- Vivien étaiem de gi*ands lieux deréu-

168 ÉTUDE LITTEIUIRE

nion. pourboire, pour jouer aux jeux de hasard, pour acheter des fleurs, ou pour se louer aux patrons qui avaient besoin de tisserands. On permettait aux malheureux d'aller prendre du bois mort dans les bois et les forêts de TEtat, pour combattre la rigueur de Vhiver. Quand venait le carême, rigides observateurs des austérités prescrites, les Rouennais suivaient avec empressement les prédicateurs éloquents, mais bientôt le vide se faisait autour de la chaire de ceux qui n'avaient pas le don de plaire. Le joior de la Gène, des gâteaux et du vin étaient donnés aux fidèles, dans les différentes paroisses, et ils visitaient en foule grand nombre de chapelles ardentes pour adorer la croix. La veille de Pâques, les enfants poursuivaient de leurs chants railleurs, sous le nez des poissonnières» les barils de hareng et les tonneaux de poisson salé désormais inutiles. Le jour de Pâques, on courait au couvent des Gélestins, situé près de la porte Saint-Hilaire, dont le clottre, Téglise et les jardins s^ouvraient au public. Après Pâques, les élèves des écoles avaient congé, toute la journée du jeudi, et la férule et les verges faisaient place au jeu. de balle et aux promenades dans la campagne. En tout temps lebateau de Bouille amenait force plaideurs Bas-Normanda, qui avaient soin d'envoyer leurs pièces par terre* La. foule se portait compacte et joyeuse, le jour de l'Ascmaîesii Àh levée delà Fierté, dont la pompe était extraordinaire. Après la. cérémonie venait le Festin du Prisonnier, chez le maitrt

SUR HERGCLE ORIgBL. 169

de la confrérie de Saint-Roinain. Celui du Parlement, apipelé le « Festin du cochon, » dont le conseiller * festinant » faisait les frais, avait lieu le même jour. Celui des avocate se célébrait à la fête de TOrdre, au moisda mai. Le jonf dst la Pentecôte, dans la cathédrale, on jetait sur les fidèles des étoupes enflammées, des feuilles, des oublies, et on lâchait des oiseaux. Aux foires franches de la Chandeleur, de ^Ascension et de la Pentecôte, on accourait de tous côtés. C'est avec solennité que Ton inaugurait, à la porte Saint-Hilaire, le curage de Robec, et que s'ouvraient les Plaids de ce nom« Pendant le mois de mai, la Cinqusa* tainor la compagnie des Archers et des Arquebusiers procé* daieni au tir à Toiseau, appelé Papegault, exercice destiné à entretenir l'adresse de cette milice bourgeoise, et le vaînqixeur était proclamé le a Roi de TOiseau, » avec certains privilèges. Le même mois, on se livrait au jeu nautique dePAnguille, consistant en une course en barque, compliqiiée de certaines difficultés. Ce jeu convenait bien à une population vivant de son fleuve et delà marine. On célébrait avec pompe la procession du Saint-Sacremeat, où l'on prodiguait les fleurs, les tentures et les reposoirs. Avec le beau temps, les^Rouennaisse rendaient aux assemblées^ qui se succédaient sans interruption dans les villages voisins, à Saint-Aignan, au Bois-Guillaume, à Bonnes«*Nouvelles, au MesniUEsnard. Le mouvement du port était bruyant et incessant, et les navires saluaient de leur canon

170 KTCDB LITTERAIRE

le Vieux- Palais, situé à Ventrée du port. Une fois le navire amarré au quai, les matelots se répandaient dans les tavernes dont la ville était remplie. On allumait les feux de la Saint-Jean dans tous les quartiers de la ville» et celui des Tanneurs, sur le Neuf-Marché, fait avec des mottes ou de ]a tourbe, attirait tous les regards. Les enfants pauvres faisaient partie du cortège dans les grandes funérailles, et on leur donnait des vêtements et des secours. C'est avec ardeur que les habitants de notre ville se livraient à la natation, et Ton en voyait quelquefois se jeter du haut du pont. Parmi les plaisirs de Tété , il faut compter de fré- .quentes promenades sur Peau, avec collation et sérénades, et des promenades à la campagne, aux jours de fête. Le peuple se contentait d'aller manger des cerises dans les lies ep aval et en amont de Rouen, ou bien de la crème et des mattes à Sotteville.

Des soins intelligents étaient donnés aux malades, à THôtel-Dieu. voisin alors de la Cathédrale, et dont la rue de la Madeleine^ en souvenir de son nom, marque à peu près remplacement. De plus, une foule de corporations et d'institutions pieuses répandaient, sous toutes les formes, les bienfaits de la charité. Les exercices publics du Collège, en juillet, étaient suivis avec empressement par la partie éclairée de la population, et les « Affiches du Collège », sQumises à la critique des différentes classes entre elles, témoignaient de Tintelligence des élèves et de la force des

études. Âlafé te de Sainte-Anne, des petits garçons habillésen anges, et des petites filles habillées en vierges se répandaient, après la procession, chez leurs parents et amis, qui leur offraient de légers cadeaux. En août, on procédait à Télection des Juges consulaires, et les Marchands avaient Thabitude de se réunir à la Bourse, déjà placée sur le Port, pour traiter de leurs affaires. La Saint- Vivien était une grande fête populaire, chère non-seulement aux purins de ce quartier et du quartier Saint-Nicaise, mais à la ville entière, qui la célébrait longuement à Rouen et à l'assemblée de Bois- Guillaume. À la fin d'août, commençaient les vacances de la magistrature, dont les membres se répandaient de tous côtés pour faire leurs récoltes et les préparatifs de la vendange; car la vigne était encore cultivée en Normandie, à cette époque. Un surnom de notre ville prouve que le climpit y fut toujours pluvieux; on l'appelait le « Pot-de- « chambre de la Lune, » comme on l'appelle quelquefois encore le « Pot-derchambre de la Normandie, » et les pluies fi^queutes y servaient déjà à la propreté et à l'assainissement des rues. Cela n'empêchait pas d'y faire le verjus et d'y bénir, <m grai;ide pompe, le vin nouveau, à la cathédrale, le 1 4 de septembre. Vers la même époque, la distribution des prix du collège était une grande solennité pour toute la ville, qui: s'y portait en foule. On y jouait une Tragédie, dans la, cour d'honneur, on y dansait quelquefois un Ballet, et les vaçancesi s'ouvraient aussitôt, poui* un

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temps assez restreint. Les frais des prix, fort beaux et fert riches, étaient faits par quelque grand personnage de la ville. Mais on voit, par l'apologie de Grisel, que des soupçons planaient quelquefois sur Timpartialité des juges, soupçons propagés, sans doute, par quelques parents dont les enfants avaient échoué dans les compositions. En novembre, à la Saint-Martin d'Hiver, on courait assister à la rentrée solennelle du Parlement, cérémonie tout à là fois religieuse et judiciaire, dont Grisel ne nous laisse pas ignorer le plus petit détail. C'est alors que la corporation des Tanneurs se livrait à un divertissement où il fallait tuer une oie avec un bâton. La bête tuée servait à faire un festin, où elle était largement arrosée. On voit*, par les détails donnés, que le commerce des cuirs avait une grande importance à Rouen. Enfin venait la fête de Sainte-Cécile, où la confrérie de ce nom établissait de sérieux concours, à la Cathédrale, entre les compositeurs, dont les morceaux étaient exécutés par quatre voix, en présence d'un jury spécial. Des prix, composés d'ihstruments utiles pour la transcription de la musique, étaient décernés aux vainqueurs, et les Rouennais portaient le plus vif intérêt à ces concours.

Rien de ce qui constitue la vie publique et privée de l'individu et d'tine cité n"a donc été omis parOrisel, et l'on se rend bien compte, à la lecture du poème, de la vie que menait un Rouennais de la première moitié du xvn* siècle;

SUR H£RCULE GRISEL. 173

Pour présenter tous ces détails, le poète suit un plan invariable, l'ordre chronologique, c'est-à-dire la succession régulière des mois de Tannée et des jours de chaque mois. Si le calendrier n'offre aucune fête, aucun fait à signaler, à tel ou tel jour du mois, Grisel passe outre et garde aussi le silence.

Sachant que la loi de tout poème didactique, en dehors de l'ordre et de l'intérêt du sujet, est la variété dans Texposition, il a soin d'y introduire des descriptions plus détaillées, ou des épisodes traités avec un grand soin. Tels sont, par exemple, la Fête des Rois, les Bals publics, les Mascarades, la suppression de l'Abbé des Gonards, les Funérailles du Président de Bernières, la description du château de la Rivière- Bourdet, la Cérémonie de la levée de la Fierté, des Fables dans le goût d'Ovide, les Funérailles du Cardinal d^Amboise, la description de la Cathédrale, la distritmtion des Prix au Collège des Jésuites, les Embrasements de Rouen, la Rentrée du Parlement, le Mairtyre des Machabées, etc. Pour prévenir encore la monotonie, tantôt c'est lui qui prend la parole, tantôt il la cède à un vieux chapelain, ou bien à une vieille femme, ou bien à un vieillard, qui nous entretiennent de l'histoire du passé, en y mêlant leurs souvenirs personnels. Une instruclion trop longtemps soutenue lasserait, surtout dans un ouvrage de poésie, où l'on veut toujours trouver quelqu*amusement : c'est pour nous le procurer que Grisel

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