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SUR HERCULE 6RISEL. 175
nale, ou notre paresse qui nous suggère ces doutes, ces condamnations hautaines. Le latin moderne ne s'adressant qu'à des oreilles modernes, qu'importe vraiment ce qu'en auraient pensé Horace et Virgile ? D'ailleurs, prise d'une façon absolue, la boutade de Malherbe est moins juste que piquante. De bons esprits, plus familiarisés que lui avec le latin, tout en reprochant à la prose et aux vers des îfodernes en cette langue d'avoir un tour français, admettaient d'honorables exceptions. Ainsi, à propos du latin de Balzac, Ménage disait : « Si on en excepte quelques-uns « des nôtres, comme entr'autres M. de Valois, M. Huet, « M. Petit, M"* Dacier et quelques autres , dans les a ouvrages de qui Télégance Romaine va presque de pair o avec l'érudition ; la plupart des autres sont pleins de « Gallicismes, de TeutonismeSf à^ Anglicismes, et de tous les (c autres idiomes Européens. »
Lors même que Grisel ne serait pas à ranger dans l'exception, son latin, sous le rapport de la langue, né nous paraît pas plus mauvais que celui d'une foule d'autres poètes latins modernes, par la raison que, locutions, tours,
mouvements, images, transitions, il les emprunte, le plus souvent, comme les autres, à Ovide, à Virgile, etc., sans jamais tomber dans des centons que la différence du sujet rendait d'ailleurs impossibles.
(I) Menagiana^ 1. 1, p. 133. Amsierdmn^ I762.
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Là n'est pas prôeisément le reproche le plus grave qu'on puisse lui adresser. Il laisse plus à désirer sous le rapport de la clarté , sans que ce défaut lui soit entièrement imputable. L'emploi d'une langue morte pour retracer, décrire, exprimer une foule de faits, de chosHS, d'idées modernes, obligeait Grisel à dépouiller les mots latins de leur signification ordinaire et à leur en donner une nouvelle. Que de besoins,, que de coutumes, que d'usages, au début du xvii« siècle, complètement étrangers aux Latins 1 Le mot faisant défaut dans leur langue, aussi bien que la chose dans leur civilisation, il a donc bien fallu combler la lacune, remédier à IHnconvénient, en imposant à certains mots de leur langue une signification détournée du sens primitif. Il leur donne donc un sens tout spécial, qu*il faut s'évertuer à trouver, et plus d'un passage présente d'assez grands embarras, surtout quand le laconisme du style est joint à certains détails techniques, non moins difilcilesà comprendre qu'à traduire littéralement. Aussi, quand on n'a pas d'avance quelqu'idée de ce qu'il a voulu dire, il devient assez difficile de saisir ce qu'il a eu l'intention de présenter. sous cette enveloppe latine, tant les mots latins de son poème s'éloignent du sens ordinaire qu'y attachaient les Anciens. C'est là, du reste, le défaut commun à tous les ouvrages écrits en latin sur des sujets modernes.
Une autre cause d'obscurité, non moins grande, vient aussi de l'obligation où il s'est trouvé, pour ne pointintro-