‹ Les fastes de RouenChapitre 8 sur 28 · DATE · texte numérisé non relu

DATE

Touvrage de Grisel, dont il parie, et qu'il a dû rédiger ses indications sur une note bien fautive et bien incomplète, fournie par le possesseur de cet ouvrage, en 1719, lorsqu'il donna sa Bibliothèque historique.

C'est cependant cette note qui sera répétée sans cesse, depuis le début du xviii*' siècle jusqu'à nos jours, par tous ceux gui s'occuperont des Fastes de Rouen, malgré la critique qu'en fit, une cinquantaine d'années plus tard, l'homme qui servit le plus à faire connaître Grisel et ses Oeuvres, critique que nous signalerons en son lieu.

Un an après l'ouvrage du P. Lelong. un Normand, le ï>. Martin, né àCaen, en 1639, et mort à Caen, en 1726, gardien du couvent des Gordeliers de cette ville, donna >ine petite place à Grisel parmi les 958 notices latines, plus ou moins . détaillées, de son Athènes des Normands^ manuscrit de 1720, sur les poètes et sur les prosateurs nor-' mands. Mais cette courte notice, encore inédite aujourd'hui, ne servit point à mieux faire connaître ni Grisel ni les Fastes. En vofci la traduction : <

« Grisel Hercule de Rouen, prêtre de la paroisse de « 8,. Maclou et professeur du Collège d'Evreux, publia, « comme prémices poétiques, Lés Triomphes de Louis, « dédiés à l'Eminent Duc de Richelieu, Evreux, 1635,in-8". « De rimprimerie d'Antoine Le Marié.

« Il a écrit aussi les Fastes de Rouen en vers hexa- « mètres ; en outre il a décrit les Fêtes, les Processions ou

109 ETUDE LITTÉRAIIE

« Prières générales» les Renlrées du Parlement, des « Classes, etc., avec des notes fort curieuses à la marge.

« Il mourut vers Tan 1677 » (1).

La première partie de la notice contient deux détails nouveaux, le « professorat au collège d'Evreux, » et le titre du second des ouvrages de Grisel, a les Triomphes de « Louis» » que le P. Martin eut bien certainement entre les mains. Mais c'est de confiance, et en résumant en latin là notice si fautive du P. Lelong, quMl parle aussi des « Vers hexamètres, » des « noiea fort curieuses » placées à la marge des Fasteis Dti Roujsn, où Grisel « a décrit en outre, eto. » S'il avait eu Touvrage entre les mains, comme il a compté lui-même parmi les poètes tatins de son époque, et qu^on louait fort Télégance de sa versification» il anrait bien tu que les Fastrs ne sont paa en « vers hexaniètres, » que cas « notes fort curieuies d en marge se réduisait à fort peu de QhosQ, enfin que ce passage : « 11 a décrit en tmirê » etc., est dénué de sens« puisque cette description des Fêtes, Processions, etc., est préciséinent le fond même du sujet traité par ce poète. Copiste du P. Lelongpour le titre et pour lea deux premières erreurs de sa notice, le P. Martin a eu le tort d'en ajouter ici une troisième de son oh^«

Neuf ans après que le P. Martin écrivait sa notice, restée manuscrite, le nom de Grisel revint, à cause des Fastes^

(I) Voir le texte kttio, PiÏgbs xvsTtpiGATnrsft, XXXI.

SUR BBRCULB QIUSBL. 109

DB Rouen, sous la plume d*un savant» TabbéLenglet-Dufre&xioy, qui se borna encore à copier le P. Lelong en entier et moi pour mot.

Bn 1713, il avait donné sa Méthode pour étudier l'Histoire, avec un « Catalogue des principaux Historiens et des Re- « marquas critiques sur la bonté de leurs ouvrages et sur « le choix des meilleures éditions. — Paris, 1713; 2 vol. « in<^l 2. » Il n'y a pas un mot de (îrisel, dans le tome I,.ni au chapitre {IX) de V Histoire de France, ni au chapitre XIV, dont le tnragraphe I traite de VHistoire des Prûvinees, en deux pages seulement. Il ne figure pas davantage dans le tome n, où se trouve la liste des auteurs à consulter sur la Normandie (p. 164«-167}. Elle commence par André Du Ghesne Nortnannorum Historiit, ete., et finit parle P. Buf» fier: Histoire des Royaumes de Naples et de Sicilss etc. Mais quand Len^et-Dufresnoy donna une nonvelle édition de sa Méthode pour étudier l'Histoire, en 1729, il y comprit le nom et Touvrage de Grisel, en copiant littéralement la notice du P. Lelong, sans en indiqiier la source. Il fit de même dans toutes ses éditions postérieures, efu plaçant les Fastes De Rouen au milieu des ouvrages de Taillepied, D. Pommeraye, D. Dessin, Dadré, Farin, Oursel, etc. (1).

(i) Voir l'édition in-i© de 1729, t. IV, p. 200 ; de 1785, in-4% t. IV. Articto XGin, Nonnandiê, p. 157; de 1772, in-i2, t. xni, p. 65. - Par une méprise singulière, la bibliothèque historique de la Francûf par le P. Lelong, 1768, 5 vol. in-^, n« 3&,2I3 (édition Perret de Fon-

iiO ETUDE UTTÉBAIAE

Cette précaution nouvelle montre bien que rimportance historique des Fastes avait été comprise par le docte abbé, puisqu'il les signale à l'attention des savants comme une souri*/e où ils devront puiser pour les renseigner sur l'histoire de Rouen.

C'est encore le P. Lelongquele P. Louis-Auguste Marye, Prieur titulaire du Prieuré de la Madeleine, à Rouen, jugea à propos de copier pour expliquer le contenu des deux tomes, ou Trimestres, possédés par cet établissement, en 1745 (1). A son renvoi, p. 6203 (t. VI), se trouve Tarticle : Histoire des YUles de Normandie en particulier, où il donne en entier le titre et la notice de rOratorien, qu'il emprunte à rédition de 1719, d'après son indication de source (Le Lon{2, p. 758, n** 14817). Quoique possesseur de deux Trimestres, le P. Marye ne relève aucune des erreurs dont fourmille la noticie du P. Lelong; il trouve plus simple de la copier d*im bout à TauUre sans contrôle.

Ainsi, les quatre ou cinq écrivains qui ont parlé des Fastes ue Rouen, soit dans des publications, soit dans des manuscrits, n'en ont certainement pas parlé de visUf tant ils sont remplis d'erreurs. Ce fait seul suffirait pour

tette), renvoie à Lenglet-Dufresnoy, Méthode historique^ in-4", t. IV, p. 200 (c'est rédition de 1729), comme si ce numéro était puisé chez lui, taudis que c'est Lenglet-Dufresnoy qui a copié littéralement le P. Lelong.

(1) Voir plus haut, p. I07.

SUR HIRGOLE GMSBL. 111

prouver toute la rareté de ce poème, dès la fin du xvii* siècle et au commencement du xym«. Dans Timpossibilité de se le pracurer, les écdyams en furent réduits à se reproduire servilement les uns les autres.

Il est probable que ces courtes indications, enfouies dans les in-folio ou dans les in-quarto des savants, ou bien encore dans des Catalogues manuscrits, ne cotiiribuèrent guère à faire connaître du public Grisel et son œuvre. Mais rheure d'une révélation plus complète, pour tous les deux, ne devait pas longtemps se faire attendre.

En 1762, à Toccasion de ses Fastbs, le nom de Grisel reparut» à Rouen, d'une façon tout inespérée. On venait d'y fonderies Annonces^ Affiches et Am divers de la Haute et Basse Normandie^ publication hebdomadaire, dont le premier numéro est du vendredi 4 juin 1762, quand, dans le second numéro, celui du 11 juin, parmi les Avis divers, & Tarticle Belles-Lettres^ on prévint le public qu'un libraire de cette ville se proposait de faire réimprimer le « RecueU4es Antiqmtés et 9 singularités de la viUe de Rouen par NoU Taillepied^ fameux « cordeHer. » On déclarait insuffisantes etdifficilesà trouver les trois éditions de 1587, 1601 et 1610, et on voulait in* trodnire des améliorations et des explications proclamées indispensables. Pour y réussir plus complètement, le libraire « prie les Antiquaires et autres sçavaas qui auront « des mémoires ou notes à lui communiquer, de les adres- « ser au Bureau général des Annonces et Avis de Rouen. »

t^-'^^lle de GrV^«^' ,^ seconde ô. ^^,« pat

^ SUR «ERCULE GHiSEL. i13

« en 1762 les «ère qui sont cités dans les Affiches et An- « nonees de Normandie n"* 4 deladite année, » {!) et qu'on va lire bientôt.

Une autre conséquence pour nous, c'est que ce même article des Annonces est aussi de l'abbé Saas. Il le poursuit en citant la « Notice que le P. le Long de l'Oratoire donne « de l'ouvrage de Grisel dans sa Bibliothèque de la France, « au numéro 14817 » (2], Aussitôt il en fait la critique en ces termes : « Le P. te Long, ordinairement exact, ne Ta « pas été tout-à-fait ici; car, 1® il dit que l'ouvrage de « Grisel est en deux volumes, il dévoit dire en quatre ou « en un, puisqu'il y a quatre parties qui peuvent se relier « en un tome ; 2® il dit que l'ouvrage est en vers Hexa- « mètres; il se trompe et cela n'est pas étonnant, car il ne « se conapissoit point du tout en poésie pour laquelle il « n'avoit aucun goût. Le P. Desmoletz, spn confrère, en « est un bon garant. Il ditd^^^s la vie du P. le Long, mise « à la tête de la Bibliothèque sacrée, Illi vis imaginafionis a autmediocrisautnulla. Poêlas omnes, Virgilius, Homerus, « illi sordebant ; ad Gallorum carminum recitationem dormia tabat. Ceh posé, 1^ P. le Long a pris des vers Elégiaques

(I) P. 113 du manuscrit dos Fastbs ob Rouen. {%) Nous U supprimons» parce que nous l'avons donnée plus haut, en nous occupant du P. Lelong, p. J04.

114 ÉTUDE L1TTBIUI1US *

a pour dee vers Hexamètres (1); car il est constant que

« tout Touvrage de Grisel est .dans la même mesure de

« vers, que les suivants tirés du quatoi*zième d'Août siir la

« Cloche de Georges d'Amboise. .

Augusto fusa est Gampana, Octobre pependit ;

Ad Janum insonult sexque dacemque viris.

Cùm sopat, avelli lapides m Turre putare s,

Et propior firmo non potes e^e gradu.

Sequana devexas fert murmura tanta per undas,

Butilaque Ambosios (sic) aceipit ima sonos (2).

« Ce n'est pas ici le lieu d'expliquer pourquoi Grisel dit « que la Cloche de Georges d'Amboise fut sonnée pour la « première fois au mois de Janvier. Il est conforme dans « le reste à Farin dans son Histoire de "Rouen, et au P. « Pommeraye, dans l'Histoire de la Cathédrale, qui disent « que la fameuse Cloche fut fondue le 2 Août 1501 , montée « cà la Tour le 9 Octobre suivant, et sonnée en vol par 16 « hommes, le 16 Février 1502.

« Les hommes de ce tems là devaient être beaucoup plus « forts que ceux de ce tems-ci, car on y met à présent,

(i)€ette rectification, au sujet des vers hexamètres, a dû passer inaperçue, sans quoi elle rendrait plus singulière la persistance avec laquelle a été reproduite la méprise du P. Tjelong jusqu'à nos jours.

(2) Voir- \>lxis, loin Jouit p, 26 1, v. I6;'-162. — Ambosios est pour Ambasios.

SUR .HEBÇUIK 6IMSEL. Ii5

(n dit-0D> 30 et même .50; hommes qui n'ont pas la force de « la sonner çn vol, ».

L'abbé Saasi qui avait entre les mains un Trimestre de

l'édition in-4% :a bien vu l'inexactitude de cette notice ;

mais il a le tort d'affirmer lui-même : « qu'il y a quatrt

« parties dans Touviiage, ^ comm^ s'il les avait vues. 11 le

suppose* td'aprô9 le seul Trimestre qu'il possède, mais d'est

1U)ut, puisqu'il réclame précisément tous, ceux qui lui font

défaut. Il eût été plus: juste de dijrô.q[uie rouvrdge « devait

m se composer de quatre Trimestres. »

Il a bien vu la singulière méprise où tombait le P. Lelongau sujet deé prétendus ver^ tuxamhtres. Mais, « son « manque d'imagination, son dédaiifi pour tous les poètes, « son sommeil à là leôture des poètes français , » n'en sont peut-être pas autant la cause que Timpossibilîté de coilsultet* un seiA exemplaire d'une partie quelconque du poènie de Grisel ; car lïn coup-d'œil lui aurait suffi pour s'éclairer.

Enfin, l'article des Annonct$ se terminait ainsi : « Her-

^ cule Grîsel étoit d'une famille qui a produit des Oratçui's

« et des Poètes François dont les ouvrages ont été estimés

^ autrefois et subsistent encore aujourd'hui (1). Il nous

(I) On connaît du R. P. Jean Grisel : i« Le Mystère de V Homme- ^ieu, ou tout ce qui regarde Jésus-Christ^ etc. I. J^sus-Chrisl prédestiné. II. Jésus-Christ promis. III. Jésus-Christ désiré. Paris,

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qu^aucùn Trimestre imprimé des Fastes eût été déposé an bureau àesAnn(Mces de ta Normandie.

Un autre savèoit normand, né â Rouen, le 31 janvier 1739, successi veinent vicaire de la paroisse Sa1nt-Cande4e-Jeune, eh la méfne ville^ grand amateur de poéâiês latines, maintes fois lauréat desPalinods de Rouen, dont 11 fut secrétaire jusqu'en 1768; chanoine et bibliothécaire de Tabbaye de Saint- Victor, à Paris, en' 1783 ; prieur de Sairit-Guenault, à Corbeil, en 1 785 ; curé de Saint-Spire de Corbeil, en 1 795, et du Bourg-la-Reine, en 1804(1), s'occupait aussi, dans la seconde moitié du xvni* siècle, des Fastes de Rouen. Pas plus que Tabbé Saas, ne pouvant les avoir imprimés, il se mit à leur recherche pour les faire transcrire, à une époque difficile à déterminer, mais qui doit vraisemblablement se placer entre 1 768 et 1 777.

En 1762, il était encore à Rouen, et fut témoin des etfurts infructueux de Tabbé Saas pour se procurer les Trimestres des Fastes quMl n'avait pas. Quand il eut quitté notre ville pour se rendre à Paris, en 1768, il entra dans la communauté de Saint-*Roch, et, en 1773, il fut reçu chanoine régulier de Tabbaye royale de Saint- Victor, dont il devint bibliothécaire en 1783, grâce à ses nombreuses connais-

(i> Notice biogriophique sur M. Guiot, yi. {-3, par M. Pinard, autof]rrapb^ée et tirée à trente exemplaires.

118 BTUDB UTTERâlRB

sances littéraires (1). C'est pendant ce séjour à Paris que Guiot, se mettant à la piste des Fastes de Grisel, finit par les rencontrer et s'empressa de les faire copier; car c'est; à lui que nous rapportons l'honneur d'avoir fait faire la transcription des deux Trimestres dont nous avons publié le Manuscrit. La preuve s*en tire pour nous de Paddition qu'il a faite au titre, pour le Trimestre d'Hiver, dulieaet de la date de Timpression, et du nom de l'imprimeur ; d'un renvoi à Farin pour la famille Lenoble, à IsLÛnixiTri^nestre de Printemps ; de quelques indications françaises en manchettes ; de corrections nombreuses dans le texte latin, et enfin de cette note qui termine le Trimestre de Printemps : a Ces deux trimestres ont été copiés sur un imprimé in-4'' a dans la bibliothèque des P.P. de la doctrine à Paris (2). > Tous ces passages sont bien de la main de Guiot, dont récriture est connue, ne fdt-ce que par son M.S. Clio RothomagensiSj que possède la Bibliothèque de Rouen. Quant à la date de la transcription de ces deux Trimestres, elle se place nécessairement entre 1768, époque de l'arrivée de Guiot à Paris, et 1777, lorsqu'il ajouta un nouveau Trimestre à la, copie des deux précédents.

Cette fois, Guiot fit lui-même la transcription du 7Vi-

(1) Notice biographique sur M. Guioty p. 2, par M. Pinard.

(2) Page 79 du M.S. — Les. additions et corrections se trouvent surtout aux pages 6, 18, 22, 23,27. 37, 43, 40, 52, 57, M, 69, 64, 73.

set HStClTLE GUSSL. 119

mutre éTÉié^ exk recourant vraisemblablement à Timprimé de Tabbé Saaa. qui était alors* depuis 1774, entre les mains de H. Haillet de Couronne. La date est même certaine, Guiot ayant mis i la fin de sa transcription : « Copié en « 1777 le 30 9^. » Pour trouver ce Trimestre, sa peine ftit moins grande que pour les deux autres* puisqu'il en connaissait Texistence à Rouen, en 1762, antre les mains de Tabbé Saas, et que M. Haillet de Couronne^ leur nouveau possesseuF* était son ami.

Gruiot est certainement l'homme du xvm* siècle qui s'est le plus occupé de Grisel et de ses Pastbs. Non content de les rechercher et de les faire transcrire ou de les transcrire lui-même, il a redit le nom de Grisel en téte^ du CHo Rothomagensis^ quand il fut possesseur dés trois Trimestres si difficilement réunis. A la feuille consacrée au 1 Janvier, après la citation des 14 premiers vers des Fastbs, il ajoute, en vers latins : « Ici Grisel a produit son premier chant « sous le nom de Maignart, et c'est sous un tel guide qu'il «( entreprenait son œuvre. Héritier de sa plume, c'est sous «I un guide plus grand, croisse bien, que nous consacrent rons les vers du poème entrepris par noua. Notre Mécène « ici sera le sauveur Jésus. C'est fière d'un tel appui que « tu vas chanter, ô Muse y» (1).

De plus il a copié 837 vers des Fastes répartis dans Clio

(I) PlÈCBS nrSTlFICATlVBS, XXXII.

itO ÉTUDE UTTÉIIAIRC

Rothomagensis^ aux jours et mois où il eftt question des Ëiîts: traités par Grisel, eC, comme polir ne pas laisser dte doute qu'il puisait dans le Mamiscrit des Fastbs, en sa possession, il indiquait^ en général» à' la fin du passage^ la page de son M.S., d'où il Tavait lire. '

Giiiot a encoire fait, dans un autre M.S., le àhréri' des NQitnmis^ plusieurs articles sur. trois ou quatre niénifares ^ la famiUe Grisel. Pour Heréûle, il donne plus dé déiàifs bibliographiques qu'aucun de ses. prédécesseurs ou de «es contempoiiains (!•); niais 'ks^flàtiSE «laissent à désirer. 11 résumait son opiniau^«ùr les FUst^nEiBkniENen ces subis : i( Cet ouvrage ^at trèsf-iQtérêssani pdur lès Antiquités de (c k.yille'deiiloùen ii.(2y. . '- . ^ :-•

Kn 1778, te nom de Orisei el^ des Fastes reviennent sur la scène, èt.ce sont leëÀnnoneès de Normandie qui servent ^mQoris â les bàré eonnaitra au public J . D0UX lettres y furem insérées, Tune, le 27 décembre 1777, pai^ un M. de riroix^Mare, élève en cèirurgie (3) ; Taufre, le 13 mars 1778, par une personne anonyme, sur la prononciation du nios Mcntfiboudet ou M(mt*Rib(mdet^ et sur la

FmitÉike de A>mmce, é&ns let vallée d'Yon ville. Alors; le

(0 Voir plus haut Biographie, la citation de cet.«rUc|e, en niajeure partie, p. 54 et 55. ....

(2) LeMorériâesNorfnandSf l.T,p. 464-465, verbo finie/ Ifercules.

(3) Cette lettre se trouve dans les Additions et PiftcBS justificatives de notre édition des Fastes,, p. 596-597.

SUB HKRGULC GRISEL. 121

24 Avril 1 778, fut adressée une Lettre à l'Auteur des Annonces^ où un vers de Griael, emprunté au début du Mois de Juin, servais à établir Texistence de la Fontaine de «fouvence :

Uic quondam Limpha salubris erat (l).

« Tel est le vers presque en son entier. Il est d^m Poète

<K latin du siècle dernier, connu ainsi que son père par les

* prix qu'il a remportés après lui, en l'Académie de l'im-

^ maculée conception, prêtre d*ailleurs de S. Maclou et

^ dont V0U9 avez jadis parlé dans une de vos Affiches de

^< 1762 N<> 4 (Hercules Grisel) et plus récemment dans

^^ l'Annonce d'un Calendrier historique pour le Tableau de

^ Rouen de 1778» (2).

L'auteur de la lettre cite quelques vers du Mois de Juin, ^t, comme la transcription du Trimestre d'Été par Guiot ^ait suite, dans notre Manuscrit, à la transcription du ^Trimestre d'Hiver et du Trimestre de Printemps faite chez les P.P, de la Doctrine à Paris, il est certain que Guiot seul a pu écrire cette lettre, où il cite sept vers du mois de Juin inconnus de tous, et dont il avait le texte en sa possession, pour l'avoir copié lui-même, peu de temps auparavant, le 30 novembre 1777 (3).

(I) P. 160, y. 44 de notre édition.

(7) Voir cette letiiVB dans les Additions, etc., p. 584-586.

f3) Voir plus haut, p. ii9w

\n iTUM urmuiEB

il est bien vrai que Gaiot avait quitté Rouen en 1768; mais noua savons aossi qu'il n'interrompit pas pour cela ses relations avec notre ville et surtout avec rÂcadémie des Palinods, dont il avait été secrétaire. « H n'en:denieiira « pas moins le correspondant de cette société jusqu'à sa « suppression • (en 1790).

Aussi V Auteur des Annonces St-il suivre la lettre qui lui avait été adressée, « le vendredi 24 avril 1778, » de cette prière :

(> N. B. On prie Fauteur de cette lettre de donner au « public quelques morceaux semblables du poète, dont il « possède l'ouvrage si rare et si curieux. Il y a 16 ans que « nous en demandions la communication pour un de nos « Abonnés qui vouloit en donner une nouvelle édition ; « et il ne s'en est trouvé que le Trimestre d'été où il est a parlé de la cloche de Georges d^Amboise, dont nous « avons alors cité les vers. »

Après un laps de temps si considérable, VAuteur des i4nnonce5 avait oublié que, dans l'avis du 25 juin 1762, il n^était pas question d'une nouvelle édition des Fastes de Rouen, par Grisel, mais seulement « de consulter les Fasti « Rothomagenises àe Grisel ^ dont l'Éditeur futur [des Antù « qwitis de Taillepied) n'avait qu'un morceau. »

Le vœu manifesté par VAuteur des Annonces ne tajrda pas à recevoir son exécution. Le 26 juin 1778, une nouvelle lettre lui était adressée, où Guiot faisait usage de citations

SUR HBRCULB GRIdEi. 123

puisées dans les mois de Mai et de Juin des Fastes de RouEN« à l'occasion de la Fête-Dieu et de la Confrérie ambulante du Saint-Sacrement. Le caractère l'ellgieux et la science liturgique, dont Tauteur 7 fait preuve, deviennent un nouvel assument pour montrer que cette lettre est encore de Guiot (1).

Enfln^ le 4 Février 1780, et dans une lettre où il est question d'un poème latin assez ignoré, intitulé SaUberna, « <Bernesault, près Neufchâtel,} par P. de Grouchy, » au sujet duquel on demande des éclaircissements, le nom de notre auteur revient dans les Annonces. « Vous citez quel- « quefois des vers de H. 6r. (2) (sic) et d'autres auteurs, « en la même langue, pourquoi ceux que je promets ne « seraient-ils^ pas aussi bien accueillis ? »

A pai^tir de ce moment jusqu'en 1789, les Annonces n'offrent plus de lettres sur Hercule Grisel, ni de citations empruntées à ses Fastes de Rouen.

. L'explication la plus simple nous paraît être le projet qu avait le possesseur des trois premiers Trimestres manuscrits» Guiot, de ne point donner au public des richesses qui auraient effleuré son sujet, puisquHl travaillait à compléter Grisel par son ouvrage en cours d'exécution : CHo

(U Voir plus loin cette lettre, dans les Additions et Pièces justificatives, p. 577-580.

(2) Dana Clio RoihomagensiSy Guiot se sert toujours de cette forme abr^ée à ia suite de ses citations de. Grisel.

124 ÉTUDE LITTERAIRB

Rothatnagensis, où il a consigné tant de vers de son devancier*

Mais il ressort de toutes ces lettres que» jusqu^en 1778>. on ne connaissait à Rouen qu^un seul Trimestre imprimé, celui d'Été, entre les mains de l'abbé Sans d'abord, puis de M. Haillet de Couronne ; que Guiot enravmt deux autres manuscrits, ceux d^Hiver et de Printemps,. auxquels il avait joint la copie du Trimestre d'Été ; que jamais on ne trouva, malgré ce pressant appel, le Trimestre d'Automne,* et qu'enfin personne ne soupçonnait l'existence du Mois de Janvier ni du Mois de Novembre, détachés de l'édition in-S®, et antérieurs à l'édition in-4«.

Guiot ne s'est pas borné à ces transcriptions, à ces recherches, à ces détails, à ces lettres sur Grisel. Il en a encore parlé dans deux autres de ses ouvrages, restés aussi manuscrits.

Après le règne de la Terreur, chargé par les habitants de Gorbeil, au milieu desquels il était revenu, de réorganiser le culte catholique, en l'église ci-devant collégiale de Saint- Spire (juin 1795), il composa, à l'imitation de Grisel, des Fasti corbolienses, devenus plus tard Fasti impériales , en vers élégiaques. Là se trouvait Bibliotheca corboliemis^ carmen, pro solemni instaurationis actu, où il passe en revue les livres de la Bibliothèque de GorbeiK Quand il a parlé de l'Histoire sacrée et de l'Histoire civile, il arrive aux Fastes^ écrits en vers latins et formant une espèce de corollaire à

SUR BBRCULB QfttôEL. 125

ee chapitre, et dit : « Il y aura un petit nombre de poèmes « sur les Fastes à lire ^ et la plupart rouleront, comme le « veut Ovide, leur modèle, sur des isujets sacrés. C*est « -aénsi que Grisel chanle ce qui s- est fait et doit se faire à « Rtoioénv jour par jour, en suivant Tordre des saisons » (1 ).

Gett»>partié de' son ouvrage, Mtë vévs {797, hou^ap-» prend que : «c dans la partie stipèriéure d'une église' de « Corbeil, où le culte avait cessé, se trouvèrent les Fastes « DE Rouen, par Grisel , au milietf d'une foule d^autres « livres/^ Maife le tout devait 'se WAufre au manuscrit dont Gruiot était possesseur ^i), ' ' ' ' '

Ce même poème latiti de' Guiot, là Bibliothèque de Cor- {«{//contenait au ssî Sur Grisel' fa petite notice que voici :

a Gri«eil'(Iier<fut^y, né à Rouen le 18 août 1595, était r d'une famille où 1^ talents et les vertus étaient hérédia laires. Son génie se tourna du côté de la poésie latine, « et sa pièce la plus consiâéi^ble en cette laiigue est celle « intitulée Fasti Rotomagenses, à Tinstar des Fasti Romani^ « par Ovide Ces Hastes ont été imprimés à Paris, in-4*»,

(1) P16GBS JU8TrFiCiiTivB8,XXXnï, p.' 13, d'utis copie manuscrite que noua possédons, BtMiotheea eorboKensiSt 45 page^, tant en vers latins qu^enaMlyàes n*ançai9es pour relier lés vers entre eux.

(2) Cette indication nous a déterminé à nous adresser au bibliothécaire- actuel de Corbeil, qui nous a répondu cpie les Fastes de Grisel ne se trouvaient pas dans la bibliothèque de cette ville aujourdlmi. — ■ La vue de Tancienne bibliothèque de Corbeil figure dans les M.SS. de Guiot, à la bibliothèque de Houen:

126 KTODB LITTBIUIBB

« en 1643. On troure aiusi dans se^ Sylva une pièce sur la « Bibliothèque du pi*é9ident de Mesuie » (1 K

Ypilà certainement Thomme qui s'est le plus occupé de Grisel dans le xvni* siècle, et Ton peut'dire que, «tans sa persistance, sans le soiil religieux qu*il mit à recueillirîles divers Trimestres des Fibres et à les transcrire, noitiB iàirions probablement à déplorer aujourd'hui la perte de cet ouvrage^ si curieux çt si utile pour retracer Phifftoire de notre ville dans le passé. , ,. .

Ce M.S. des Fastes^ Quiot, en possesseur jaloux, ne le garda pas pour lui seul. Tl dut en faire parti Milliu»Mn panégyriste et son ami (2) E(u 1791, en effet, celui-ci, dans ses Antiquités nationales (3), à propos de la Grosse, Horloge de Rouen, cite en note les vingt derniers vers du mois de Janvier (4j, en les faisant précéder de:cet avis : « Voici ce

(I) Bibliothèque de l'Académie de Rouen. — Communication de M. de Beaurepaire.

{7) Magasin encyclopédique, 8* année, t. VJ, p. I3fi^ ,

(3) T. III, chap. XXX, p. 21.

(4) P. 21-22 de notre édition, v. 431-451. — ^ Hiilin donne un barbarisme gnomine pour gnomone, le v^rs ûtux de iuna semper vortè, et il met implererat, qui est de son fait, pour implêverai. Q*est de là que M. de La Quérière a pris la cilatioa de H ifoUcê kisiarigue et descriptive sur Vancien BôteUde^.ViUêy U Be/ftoi et la (pro^e Horloge de Rouen^p, 50, avec les deux premières âiutes, dont Tune, gnomine, est corrigée dans le M. S., et l'autre, le vers ftiux, 8*y trouve. — Voir nos Rbmarqurs sur la Versification, p. tSO.

SUR HERCULE 6RISEL. iil

« qu'Hercule Griael dit de la Grosse Horloge de Bouen, fl dans ses Fasti rotomagensest imprimés à Paris en 1643, i in-4<>. » Cette désignation montre bien qu'il s'agit de notre manuscrit et non du Mois de Janvier isolé, qui est in-8®, et où d'ailleurs ces vers sur la Grosse Horloge ne se trouvent point. Millin eut donc entre les mains le 7Wmeitre (P Hiver.

Après sa citation, Millin ajoutait : « Ces vers terminent « le mois de Janvier dans l'ouvrage Historico-Poitique de

< Grisel» et l'on voit avec quelle complaisance il s'étend

< sur les armoiries de la ville, spécialement arborées sur la « Grosse-Horloge. C'étoit autrefois im hérisson ou porc-

< pic, aujourd'hui c'est un agneau psschaU emblème de « la douceur des mœurs des habitants de Rouen, de leur « docilité aux vérités de la foi, lorsqu'elle leur fut an* t noncée, et de leur inviolable respect pour la personne « des rois qui ont succédé à leurs anciens ducs. Une des « figures de cet agneau échappe ordinairement aux pas- « sans, c'est celle qui est sur l'aiguille même du Cadran et « qui tourne avec elle.

Vertile phryxdso signatur temptis ab agno • (V • Il connut aussi le Trimistre de Printemps, puisqu'il en

(1) Antiguilés nationales, t. III, ch. xxx, p. 22. — Ce vers est à la page 22, le 439*, dans notre édition.

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Pour les Fastbs, il se borne à copier la courte et fautive notice du P. Lelcmg.

Tels sont les écrivains, normands et autres, qui, dans des ouvrages imprimés et manuscrits, pendant tout le cours du XVIII* siècle, se sont occupés deGrisel. Mais leuVs travaux, peu connus, ne sont pas parvenu? à le tirer d'un oubli presque deux fois séculaire.

Cependant toutes ces communications faites au public finirent par attirer Tattention sur Grisel. Si Farin, dans son Histoire de Rouen^ ne mentionne même pas son nom, ni Lecerf, dans ses Eloges des Normands^ ni Servin, dans son Essai sur la Normandie littéraire^ c^est qu'à leur époque le nom d'Hercule Grisel était encore plongé dans le plus profond oubli. En 1748 et en 1774, on ne connaissait que celui du Jésuite Jean Grisel. Mais, après les tentatives de l'abbé Saas, les recherches plus heureuses de l'abbé Guiot, Hercule Grisel obtint une certaine notoriété, même dans le public. Aussi, en 1812, les Mémoires biographiques et littéraires^ par Guilbert, contiennent-ils un article spécial sur lui, reproduction pure et simple de la notice manuscrite d'Adrien Pasquier.

De nos jours il a eu les honneurs de la Biographie et même de la Bibliographie. Pour ces travaux contemporains, bon nombre des documents antérieurs, imprimés et manuscrits, ont été mis à contribution; mais non pas de

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