I. ChtM Pierre de Ltunay. Paris, m. do. xcn
Quint f qui se Tattacha comme garde du corps, et lui donna le nom de Jean de la Goulette, en souvenir du fort tunisien où il avait vaillamment combattu* C^est à la suite de son installation en France que cet ancêtre aurait modifié le nom de la Goulette, dont il fit Gueullette, qui a la m£me signification.
Pour nous en tenir à notre magistrat auteur, nous ne saurions mieux esquisser son por« trait qu^en empruntant ce passage au NécrO" loge des hommes célèbres (3* vol., année 1 768): « Il commença ses études, y est-il écrit, chez les jésuites, et les finit au collège de la Marche oti il fit de très-bonnes humanités. La viva« cité de son esprit et son penchant pour les lettres se développèrent dès sa première jeunesse ; mais ce fut surtout à la décence de sa conduite et à Phonnéteté de ses moeurs qu^il fut redevable de Pavantage d^étre reçu de très-bonne heure dans la charge de substitut du procureur du Roy. Il avait à peine vingtsix ans lorsquUl en obtint Tagrément, et il Ta exercée jusqu^à sa mort avec Festime et la confiance des principaux magistrats^ qui le
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chargèrent souvent des afTaires les plus délicates.
Magistrat intelligent et laborieux, Gueullette était aussi le meilleur et le plus désin« téressé des hommes, et, puisque nous avons en mains le nécrologe, ajoutons, diaprés lui, que, fidèle aux intentions de son père, il vendit nue sa charge de procureur et rendit leurs dossiers gratuitement à ceux des clients dont la fortune n^était pas aisée ; lui-même, à la mort de sa femme, qu'il avait tendrement chérie durant quarante-trois ans, ayant droit de jouir en toute propriété du bien qu'elle avait laisisé, n'en conserva pas même l'usufruit et en fit la remise immédiate aux héritiers.
Nous allons parler du littérateur, de Pérudit ; mais, avant de donner la nomenclature sinon de toute son œuvre, du moins de ce que nous en savons il convient de répéter que ses nombreux travaux littéraires ne lui firent jamais oublier les devoirs de sa charge, et qu'il laissa.au Palais comme dans les lettres le témoignage de sa prodigieuse activités Sans parler en effet du zèle scrupuleux avec lequel
il étudiait et conduisait les affaires délicates dont le chargeaient ses supérieurs, les archives nationales conservent du magistrat Gueullette une volumineuse collection d'arrêts et de sentences des juridictions criminel* les^ réunis et continués par lui jusqu'à sa mort, coUectix^n qui remonte à Pannée 1 191.
D'abord ce sont des copies de jugements que classe Gueullette, et il emprunte alors aux historiens et aux chroniqueurs tout ce qui est de nature à l'éclairer; ensuite viennent, imprimés, les arrêts des bailliages, des cours des comptes, des monnaies, etc., et le magistrat ajoute à chacun d'eux la sentence vendue dans les rues, la complainte, le portrait du condamné, en un mot la partie piquante et originale de l'affaire. Mais ce n'est pas tout : chaque pièce est annotée de sa main ; il consigne, en marge, les détails sommaires du crime et ceux de l'exécution; et quand le crime est , important, il développe l'affaire lui-même sur des feuillets encartés qui forment souvent de gros cahiers.
J'arrive au bibliophile^ à l'érudit. Gueullette aimait passionnément les livres^ et Pou-