‹ Les fausses enviesChapitre 4 sur 23 · SCENE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈRE

LE MAISTRE, av4c une lettre à la, main.

Il faut avouer que je suis, le gentilhomme de France le plus fortuné. Il y a bientost trois ans que j'ay épousé M**® Isabelle ; après avoir essuyé plusieurs mauvaises plaisanteries sur sa stérilité , je commençois à désespérer d'avoir de sa lignée en ligne directe, lorsque cette lettre m'annonce que je seray bientost père. Je suis parti pour la guerre de Corse, où j'avois un poste considérable. Après avoir servi dans la milice du guet à pied, où j'estois chef d'escadre, j'àvois obtenu le commandement des brouettes qui servent à enlever les boues du camp; mais, quelque gloire qu'il y eût pour moy dans ce périlleux, employ, je n'ay pas eu plustost reçu cette missive de ma femme que , voilant

vers nostre général , je lui ay demandé un congé de six semaines ; il me l'a accordé, et j'arrive en poste pour embrasser tendrement ma chère moitiez, que je vais Surprendre bien agréablement. Entrons dans ma maison sans me faire annoncer.

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