‹ Les fausses nouvelles de la grande guerre (volume 2)Chapitre 21 sur 46 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Dès les premiers jours de mars, les journaux de province annoncent des incendies, des pillages à Paris. Les bureaux de l'Assemblée de Bordeaux, le 4, apprennent avec stupeur cette série de contrevérités : 1 insurrection dans la capitale, les télégraphes occupés par l'insurgé, le général Vinoy rejeté sur la rive gauche.

Or « Paris est absolument calme », déclarent au ministre de ITntérieur, Arnaud de TAriège, Clemenceau, Henri Martin et Tirard qui sont... venus voir.

Le 18 mars éclate. La foule conduit le général Lecomte rue des Rosiers. On croit tenir le général Vinoy. De même, à la gare d'Orléans, on arrête un officier général en grand uniforme. Un cri : « C'est d'Aurelles de Paladines ». C'était Chanzy, accompagné de Turquet.

Versailles est au comble de Taffolement. Quiconque arrive de Paris répand la terreur, annonce dans les départements une explosion d'insurrections. Le 19. on fournit les plus horribles, les plus précis détails sur la mort de Clément Thomas et de Lecomte : les révoltés ont dépouillé, piétiné, mutilé leurs cadavres. Toutes les caisses publiques, toutes les propriétés sont pillées, les faubourgs sont inondés d'or prussien et d'or bonapartiste. \J Officiel assure « qu'on a trouvé la preuve certaine de l'affi-

liation des factieux avec les plus détestables agents de l'empire et les intrigues ennemies. L'amiral Saisset affiche, à Versailles, que l'Assemblée « a accordé la reconnaissance complète des franchises municipales, l'élection de tous les officiers de la garde nationale, y compris le général en chef, des modifications à la loi sur les échéances, un projet de loi sur les loyers favorable aux locataires. Ce canard ne pouvait mystifier que Versailles ' m.

Le 26, ont lieu les élections à Paris. Thiers a télégraphié aux préfets : « Les élections ont été désertées par les citoyens amis de l'ordre... Les élections se feront aujourd'hui sans liberté ». Estce exact, au sens strict du mot? La vérité nous oblige à dire que beaucoup d'adversaires du Comité central furent élus.

De même nous fait-il contester cette autre déclaration de Thiers, en date du 19 : « L'armée, au nombre de 40.000 hommes, s'est concentrée en bon ordre à Versailles ».

Il n'y avait, à dire vrai, que 22.000 hommes (chiffre fourni par Thiers dans VEnqiicte) . Egalement contestables ces déclarations : « De toutes parts, on offre au gouvernement des bataillons de mobiles pour le soutenir contre l'anarchie » (22 mars). — « Une proportion considérable de la population et de la garde nationale de Paris sollicite le concours des départements pour le rétablissement de l'ordre >» (27 mars).

A Lyon, le 24, le général Crouzat répand le bruit que les ennemis, campés à Dijon, menacent d'occuper la cité lyonnaise dans les vingt-quatre heures si l'ordre n'est pas rétabli. Au cours des troubles de Saint-Etienne, M. de l'Espée, le nouveau préfet, est tué.

Plus tard, son successeur. Ducros, déposa ainsi

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