I. }^ Olive Ile Revue, n" du i<" janvier
sera certainement violée par les Allemands. « ...Si Ion pouvait alors avoir fait cette éducacation idéale des Français, on laisserait l'ennemi s'engager dans la direction du camp de Châlons, soutenu de cette casemate formidable que sera le camp retranché de Paris : et les Allemands, aventurés dans ce guêpier, n'échapperaient pas, une semaine après, à la déroute. Si la France gardait son sang-froid, sa défaite serait impossible, même après des surprises funestes et des revers immérités.. . L'Italie, de jour en jour, devient moins résolue à nous assaillir, les derniers événements lui ayant ouvert les yeux.. . La France ne désire pas la guerre, mais elle ne la craint plus. L'armée allemande et son empereur n'ont pas cessé de la souhaiter.
« ...Après la guerre, nous en aurons fini avec près d'un demi-siècle de rodomontades odieuses, de querelles d'Allemands, et de mauvaise foi. Nous pleurerons nos morts, nous guérirons nos blessures, nous rebâtirons des cités neuves, et nous aurons enfin devant nous de longues années de paix féconde, de travail et de liberté » .
En cet important exposé de prophéties, nous n'en avons guère rencontré de plus directement appliquées à l'objet qu'elles se proposaient toutes. Notre étude sur la Fausse Nouvelle ne s'est point égarée sur une question annexe et d'importance secondaire, puisque parmi tous les oracles du passé, la plupart ont été reconnus par nous comme ayant le caractère de la nouvelle ou trop largement approximative ou résolument inexacte. La récompense qui nous était due réside dans les clairvoyants propos du général Galliéni : ils nous prouvent que quelquefois les prophètes savent deviner la vérité. Beaucoup moins nette fut, certainement, M™*^ de Thèbes, peu de temps avant l'ouverture des hostilités, alors qu'elle consignait en son almanach de 191 4 : « Tout est inquiétant dans le destin de
l'Allemagne. Tout est fragile et compromis. J'ai relevé, l'an passé, de si fâcheux indices, que j'ai été comme effrayée, après coup, d'avoir été si pessimiste à l'égard d'un pays en apparence si puissant. J'ai repris mes études, mes calculs, mes observations. Je les ai multipliés autant que j'ai pu. Et je dis et redis que l'Allemagne est parmi les pays les plus menacés de bouleversements, de changements profonds dans les mœurs et les institutions.
« A ne s'en tenir qu'aux calculs astrologiques et observations courantes, le destin immédiat des dirigeants de la grande Allemagne paraît devoir être promptement modifié. La personne impériale est la plus visée par le sort. Ce n'est pas l'aigle de la victoire que l'Empereur porte sur son cimier. Tel qui semble heureux et puissant se sent malheureux et faible, torturé par le passé. On en est prisonnier. On se grise, on se trompe soi-même, mais plus on parade, plus on sent le sol se dérober sous soi ».
Ce n'est pas mal, peut-être, pour qui se contente d'obscurités traversées de vagues lueurs, mais nous préférons les affirmations catégoriques deGalliéni.
M'"" Lenormand, par les cartes, ne fut pas mieux avertie. Elle aboutissait à des conclusions à peu près analogues à celles de M.™^ de Thèbes : mais sa principale erreur était de prévoir une guerre courte.
L'un des derniers visionnaires d'avant-guerre fut enfin ce Paillet qui vivait encore en 1880 et dont M. Guillaume Apollinaire '■ a recopié quelques écrits, sur des manuscrits qui lui furent communiqués. Voici Tune de ces prévisions troubles, à la manière Nostradamus et au sujet de laquelle le transcripteur a écrit : « Je tiens à faire remarquer l'expression énigmatique Foudunbras (fou d'un