Nous commentons le prétendu fait par ailleurs
bourg! (assertion allemande produite le 2 août 191 4). Dans la matinée de ce jour, le président du Gouvernement luxembourgeois, M. Éyschen, recevait de M. von Jagow, ministre des Affaires étrangères d'Allemagne, un télégramme ainsi conçu : « Le gouvernement allemand a des nouvelles certaines d'après lesquelles les troupes françaises sont en marche sur le Luxembourg ». Peu d'heures après, à Luxembourg même, et par les soins du général Tûlff von Tscheppe und Weidenbach, était distribuée une proclamation imprimée d'avance à Coblentz.
On lisait sur ce texte mensonger la première fausse nouvelle lancée en circulaire : « La France a commencé sur le sol luxembourgeois les hostilités contre l'Allemagne ». En fallait-il plus pour régulariser devant l'histoire les actes de guerre perpétrés par r Allemagne avant toute déclaration de guerre?
L'art subtil qui fut mis à conduire ces préliminaires du mensonge montre clairement jusqu'à quel point les Allemands avaient prévu leur agression. Tandis que le 2 août, ils arguaient de notre prétendue marche en avant par le Luxembourg, ils avaient déjà — avant d'avoir déclaré la guerre à la Russie, — occupé la gare luxembourgeoise des Trois-Vierges, « violant ainsi la neutralité désarmée du grand-duché' ». De même avaient-ils déjà fait usage des voies ferrées luxembourgeoises, en violation de la convention du 11 novembre 1902, article 2 : « Le gouvernement impérial s'engage à ne jamais se servir des chemins de fer luxembourgeois pour le transport des troupes et à ne pas en user pendant une guerre dans laquelle l'Allemagne serait impliquée ».
C'est le lendemain seulement que l'Allemagne condescendait à instruire de ses actes irréguliers le gouvernement du Luxembourg.