CHAPITRE X
Nous avons, au 2 août 191 5, après un an de guerre, clos une première période sur la constatation prometteuse que faisait alors la presse française : Roumains et Bulgares, n'allaient pas tarder à se joindre à nous, pour écraser les Barbares. C'est l'étude de la décadence d'un si beau rêve — au moins pour partie — qu'il nous faut aborder désormais. Si les Roumains, plus tard, s'associèrent à nos efforts, les Bulgares..., et les Grecs (de ces derniers on nous avait promis grandes merveilles), nous ménagèrent de très sensibles désillusions : on va vérifier que nos hardis nouvellistes surent exploiter ce thème si riche en développements pour nous conduire, maintes fois et en tous sens, de l'espoir le plus fondé au dépit le plus amer.
Nos arbres, dès le début d'août, commençaient à jaunir pour la seconde fois, sur les promenades de la capitale, depuis le temps déjà lointain où Guillaume II avait juré à ses troupes qu'elles seraient rentrées dans leurs foyers pour la... chute des feuilles. De fait, nous allions vers les jours plus courts, vers les mois humides et la campagne d'hiver.