‹ Les fausses nouvelles de la grande guerreChapitre 43 sur 52 · LES JOURNAUX DU FRONT · texte numérisé non relu

LES JOURNAUX DU FRONT

La préoccupation fut toujours vive, au front, de deviner les changements éventuels, les déplacements des régiments* : le 120 Court exprime joyeusement ce souci, en apportant des précisions, dans sa colonne de « tuyaux », au 120^ bataillon de chasseurs :

« Où va-t-on? Le commandant s'est adressé en vain aux cuistots pour avoir des détails. Ces messieurs se renferment dans un prudent mutisme. Pour une fois, nous nous passerons de leurs lumières. En effet, le camarade Deté, conducteur de la voiture d'outils, a su, par un de ses amis qui est au mieux avec un ministre, que nous partions à Salonique. Le bataillon sera habillé à Paris, rue de la Paix, puis fera une saison de quinze jours à Paris-Plage.

« Il embarquera ensuite en canot automobile pour Marseille : les unités profiteront de la marée basse pour gagner à pied l'île de Cythère par un chemin défilé dans la Méditerranée. Elles prendront 500 mètres d'intervalle, le sergent des logis Maitrepierre reconnaîtra l'itinéraire. Pour éviter de mouiller les instruments, la fanfare ne quittera pas la métropole : elle renforcera provisoirement la Garde Républicaine ».

Dans le même numéro, cette « bonne nouvelle » : « Depuis la formation du bataillon, nous avons fait exactement 77 déplacements, soit : 8 en chemin de fer, 7 en camions autos et 62 à pinces. Emu de la disproportion qui existe entre les différents mo5^ens de locomotion, le ministre de la Guerre a décidé de

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