I. Revue des Deux Mondes, 15 juin
et les Français « cernés ». iVlais déjà au commencement d'avril, le scepticisme devint général.
A l'appui de ces déclarations, constatons en effet que, de Bruchhausen, le 26 mars, on écrit à un soldat du front allemand : « On dit, dans les journaux que Verdun est incendié et que les Français sont cernés ». Le même jour, on écrit d'Altona : (( Hier, nous avons appris par une édition spéciale que Verdun a été incendié. Bientôt il sera complètement à nous* ».
Mieux encore, le 10 mars déjà, toute l'Allemagne, sur la foi d'un communiqué mensonger, s'entêtait à affirmer que la division Guretsky était entrée dans le fort de Vaux -. Cinq jours plus tard, le communiqué, encouragé par ses propres audaces, annonce la prise du Mort-Homme, ce qui est inexact.
Cependant, tous les sujets du Kaiser n'avaient pas la même admiration béate pour les textes officieux. Le 2 mars, de Ittlingen — dix jours après l'attaque — un père écrit à son fils soldat devant Verdun : « Il ne faut pas songer le moins du monde à percer... Tout ce que les journaux racontent, personne ne le croit ». Les soldats et les officiers, souvent, par leurs lettres, rectifient l'opinion du Waterland. Le 8 avril, un officier ennemi, lieutenant R..., du 71' de réserve, écrira : « Demain, notre régiment attaque entre le Bois des Corbeaux et le Mort-Homme que d'ailleurs les Français occupent toujours et où ils ont d'excellents observatoires ».