I. Paul Berthelot. Petite Gironde, i" octobre
Parisiens trouvaient une légitimation de leur présence sur les rives de la Gironde, en le fait que le Gouvernement, les ministères, les ambassades, ne s'en éloignaient pas encore. C'étaient, ceux-là, des nouvellistes sans le savoir, assimilables à cette race si commune dont les membres, bien qu'indépendants, ont besoin de vivre dans l'ombre du pouvoir : « Ils se sentent protégés, ils ont chaud dans le rayonnement officiel, disait le chroniqueur malin ^ Ils ont tant d'amis dans les ministères qu'ils ne sauraient se passer de la petite visite quotidienne aux bureaux influents, où on les reçoit par tradition. Ils en sortent avec des figures graves, et leur conversation se nourrit tout le jour de l'entretien banal avec une haute personnalité. Ceux-là nous resteront. Ils ne sauraient que faire de leur journée à Paris. Bordeaux-capitale donne un aliment à leurs préoccupations ordinaires. Il leur faut le bonjour familial des huissiers, la lecture du Journal officiel, un commentaire ce autorisé » des communiqués du ministère de la guerre. Ils ne sont pas loin de se croire indispensables au jeu de la machine administrative. Ils forment la galerie, la compagnie des figurants. Il nous resteront... ».
Voilà qui est très bien observé et très bien dit, et qui semble écrit pour prendre place, de droit, dans .ce traité de psychologie d'un peuple en temps de guerre. Nous n'aurions garde de ne point utiliser ce piquant constat. Les Parisiens au boulevard auraient-ils d'ailleurs, eu le bonheur de voir le sultan Abd-el-Aziz, qui vécut quelques jours à Bordeaux et que l'on acclamait au Parc, en Benauge, ou à Frontenac?
Auraient-ils pu de si loin, entendre se contredire les informations chuchotées aux termes desquelles le Gouvernement voulait tour à tour réintégrer ses