‹ Les faux bonshommesChapitre 10 sur 114 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

PÉPONET.

Dès qu'Emmelinc sera mariée avec son cousin. RcmcUozvous... remettez-vous!..,

BASSECOUUT, renliant, à madame DufoiiK'.

Ail! voilà votre mari qui vient 'd'arriver; il regarde le portrait de mademoiselle Eugénie... Comme monsieur lidgard travaille ! c'est merveilleux !... Ah ! quel charmant garçon que ce jeune homme-là!

PÉPONET.

Oui, il est assez gentil.

MADAME DUFOURÉ.

Et d'une politesse!...

BASSECOURT.

Oh! ce n'est pas précisément cela; mais quelle gaieté! quel entrain ! et puis une existence toute de travail et d'aventures! existence que vous avez partagée, n'est-ce pas, monsieur Octave ?

OCTAVE

En effet, monsieur.

BASSECOURT.

Ah! les alouettes ne tombaient pas alors toutes rôties...

OCTAVE

Si elles étaient tombées, seulement, on les aurait fait rôtir.

BASSECOUUT.

Charmant! charmant!... (a muiame Dufouré.) Eh bien! madame, ce seul mot explique ces courageuses existences que vous ignorez et que j'admire.

OCTAVE, à part.

Nous verrons bien ce que ça va durer!

BASSECOURT, conliniianl.

Oui, que j'admire! Ainsi, ce brave jeune homme, dont je puis faire l'éloge, puisqu'il n'est pas là ; ainsi, ce cher monsieur Edgard a su triompher des obstacles et se créer une posiliun presque indépendante... car, enfin, il a un certain talent.

, PÉPONET.

Mais certainement.

BASSECOURT.

Je sais bien que ce n'est pas un talent sérieux.

OCTAVE, à part.

Boni

18 LKS FAUX BONSHOMMES

BASSECOURT.

Kl qu'il ne fait guère que dos pochades ou des caricatures; ot, pour moi, je n'aime pas ce genre-là; car, évidcmmoni, la caricature est un genre bâtard, c'est une façon spirituelle de .iléoiguer son impuiesance ; c'est le calembour de la peinture, ce n'en e.-t pus l'e^^prit.

OCTAVE, il part.

(la va bien ! ça va bien !

BASSECOUKT.

Je sais qu'il serait injuste de lui demander quelque chose de réellement beau... Il n'a pas fait d'études sérieuses... son genre d'existence s'y opposait... il n'a jamais su s'astreindre aux cvigences de la société... il vit en dehors...

MADAME DUFOURÉT.

Oui, mais il est souvent bien amusant.

BASSECOURT.

Non, dites qu'il est sans façon, voilà tout; trop sans fiiçon même... mais amusant!... A ce compte-là, c'est bien facile d'être amusant! Je serais amusant si je voulais.

OCTAVE

Mais VOUS ne voulez pas?

BASSECOURT.

11 n'y a qu'à diie tout ce qui vous tombe dans l'esprit.

OCTAVE, à pan.

Encore faut-il qu'il tombe quelque chose... c'est comme les alouettes , ça !

BASSECOURT.

Non, mais voyez-vous, il y a une chose que je ne peux pas

comprendra. (Madame Du'ouré se lève el va an foml.) C'CSt Un bohème

de trente ans; car infni, ce qui était original à un certain àgi> devient insipide à un autre, c'est clair!... Par conséquent, votre monsieur Edgard Thévenot...

OCTAVE

Pardon, cher monsieur Bassecourt, pardon; quelques mots de plus et vous finirez par dire que mon ami Edgard est un de ces hommes que l'on ne peut recevoir.

BASSECOURT.

Comment! comment!

Ah ! la séance est terminée au jardin.

ACTK I 19

liASSrùCOUUTj :i Odavo.

CepenJanl je no crois pas que votre ami ail la priUoiilion d'être parfait,

OCTAVE, voyant EOganl.

Ma foi! je n'en sais rien; demandcz-ie-lui à lui-incme, le voilà !

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