‹ Les faux bonshommesChapitre 104 sur 114 · ACTE IV ICI · texte numérisé non relu

ACTE IV ICI

dire... Enfin, tuiJauras que j'ai commencé à le prendre on grippe en gravissant le mont Cenis. Tiens, monsieur Edgard nous a montré autrefois une aquarelle de ce paysage, (vivemom.) Il dessine très-bien, monsieur Edgard.

'EMMELINE, souriant.

Oui.

EUGÉNIE

En admirant ces montagnes, cette nature sublime, je ne sais ce qui se passa en moi, mais mon cœur se gonfla et des larmes mouillèrent mes paupières. J'éprouvais le besoin de voir partager mon émotion. Je me tournai vers papa; il dormait!, . Je crois qu'il n'a pas les idées Irès-poélique^ papa.

EMMELINE

Mais Anatole?

(Elle. s' assied à droite.) EUGÉNIE.

Il regardait les Alpes, lui; je l'interrogeai du regard... En vérité, me dit-il, en haussant les épaules , je ne sais [las à quoi servent ces grosses montagnes, on n'y trouve seulement pas une carrière à plâtre!

EMMELINE, liuiU.

Pauvre sœur !

EUGÉNIE

Je me rappelai alors tout ce que nous disait monsieur Edgard à ce propos.

EMMELINE

Tu t'occupais donc de lui ?

EUGÉNIE

Dame! il nous avait tant vanté l'Italie, qu'involontairement...

EMMELINE

Tu te rappelais ses paroles et tu pensais à celui qui les a'ail prononcées.

EUGÉNIE

Oh! je t'assure...

EMMELINE, la faisant asseoir en face d'ell.-.

Eugénie, veux-tu que je t'apprenne un sciiot ?

EUGÉNIE

Oh! oui!

EMMELINE

Eh bien ! monsieur Edgard...

EUGÉNIE

Monsieur Edgard?

Ifi2 LRS I AUX BONSHOMMES.

EMMELINE

11 t'aime !

EUGÉNIE

Il m'aime !

EMMELINE

Et pour toi soûle; car ce qui l'a toujours empêché de parler, c'est que ta dot est fort belle et qu'il ne possède que son talent. Depuis (jue tu n'es plus à Paris, il est. trisîe, soucieux, rêveur... Parfois, il essuie une larme et il se fâche quand nous voulons lui donner une espérance.

EUGÉNIE

Vrahnent?

Tu sais, jadis, tu mettais la main sur mon cœur et tu t'amusais à le sentir battre en prononçant le nom d'Octave?

EUGÉNIE

Oui.

EMMELINE

Eh bien I... voyons... à mon tour.

EUGÉNIE) se levant en reciilanl. •

Non... je ne veux pas!

EMMELINE. '

Tu as donc peur que je devine?

EUGÉNIE

Mais je ne sais pas, moi...

EMMELINE

Laisse-moi essayer.

EUGÉME.

Non... non... décidément.

EMMELINE, se levant aussi.*

Eh bien! n'en parlons plus, mais laisse-moi t'emhrasser.

EUGÉNIE

Oh! je veux bien !

(r.inmeline la prend dans ses bras et met U main sur sott ccei'r en l'emKrassnil. j EMMELINE, doucement.

EUGÉNIE, se dé^ageal)t.

Ah!

EMMELI.NE.

Tu vois bien, il a battu !

* Emmeliiie, Eugénie.

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