ACTE I
OCTAVE, souriant.
Ah! il Y a un seulement? m-
BASSECOURT.
Oh! presque rien... c'est la pose que je n'aime pa^:... et puis le fond... les détails... Ça m'a l'air un peu terne... un peu pâteux... Je vous demande pardon de...
OCTAVE
Dites donc votre opinion.
BASSECOURT.
Du reste, en ce moment je cliercbe un peu la petite bcte; car enfin, qu'exige-t-on d'abord dans un portrait? c'est la ressemblance, n'est-ce pas?... Eh bien! la ressemblance de celui-ci est parfaite.
OCTAVE
Ahi...
BASSECOURT, regardant.
Parfaite!... parfaite!... Oui... oui... seulement, je ne sais pas... mais il y a quelque chose dans la bouche et dans le nez... Oh!... je n'aime pas du tout le nez, ni les yeux... Enfin...
OCTAVE, impatienté.
Enfin, c'est un portrait manqué !...
BASSECOURT.
Manqué!... mais au contraire, je vous répète que cela marche parfaitement.
OCTAVE, riaut.
Cependant!...
PÉPONET.
Bassecourti... laissez-nous donc travailler tranquillement.
BASSECOURT.
~ Ahi... je m'en vais!
PÉPONET, à Octave.
Monsieur Delcroix, n'oubliez pas ma recommandation... vous savez que je n'ai pas les épaulettes qu'il faut.
OCTAVE
Oui, oui, c'est convenu... je vous mettrai des épaulettes de capitaine.
PÉPONKT.
Non, mieux que cela, graine d'épinards!... Dans un portrait ça fait mieux!
(Raoul, qui s'est enilornii ooinplclemenl, a laissé tomber son livre. MADAME DUFOURÉ, K; poussant vivement, à demi-voix, .
UAOUI,, so révcillantoii sur-aiit.
Je tiens tout!
MADAME DUFOURÉ, de même.
Ou'osl-ce que vous tenez?... ce n'est pas votre livre toii-
ioUl'S. (eIIc le ramasse et le lui donne,)
UAGUL, à pari.
Tiens, je rêvais brolan carré!...
MADAME DUFOURÉ, de même.
C'est indécent!
UAOUL, de même.
Oh! je m'ennuie ici.
MADAME DUFOURÉ, de même. *
Oui, n'est-ce pas?... quand vous n'êtes plus dans vos coulisses OU à une table de bouillotte, vous vous trouvez tout dépaysé... Ah! vous êtes bien le flls de votre père!
RAOUL, entre ses dents.
Tiens, parbleu!
MADAME DUFOURÉ, voyant que Bassecourt s'approche, toujours bas.
Voyons!... tenez -vous donc un peu!
BASSECOURT, à Raoul.
Toujours un livre entre les mains?...
MADAME DUFOURÉ, cliangeant de ton.
Ne m'en parlez pas... il se tuerait si on le laissait faire; mais, comme j'étais en train de le lui dire, il y a temps pour tout... (a voix basse à Raoul.) Tâchcz douc d'dvoir l'air plus aimable.
RAOUL» se levant et bâillant.
Je ne peux pas danser, maman !
MADAME DUFOURÉ, de même, le faisant asseoir.
On ne fera jamais rien de vous !
PÉPONET.
Mais qu'a donc notre jeune homme? U semblebien agité ce matin.
MADAME DUFOURÉ.
Ce qu'il a, je le devine... (a Raoul.) L'absence de ces demoiselles, n'est-ce pas?
RAOUL, entre ses dents.
Ça m'est bien égal !
MADAME DUFOURÉ.
Eh bien! va au jardin... monsieur Péponet t'y autorise... Va, mon ami, va!... lu verras le petit cheval de mademoiselle Eugénie.
' Raoul, M"ie Dufourc, Bassecourt, Péponet, Octave.