OBSERVATION II
Souffle exlra-cardiaque.
Obs. de M. Polain. Clinique de la Charité.
Une dame américaine me vint consulter pour savoir si elle avait où non une affection organique du cœur. Dans son pays disaitelle, ceftains médecins lui avaient afirmé qu’elle en était atteinte, d’autres soutenaient au contraire qu’elle n’en présentait aucune race. Elle avait traversé l'Amérique uniquement pour recueillir de nouvelles opinions et sortir de cette indécision qu'elle trouvait
! tntolérable. L’examinant, je constatai qu’elle avait un souffle car-
dio-pulmonaire sans nul indice d'affection éardiaque, et, l'ayant
fait coucher, je vis de plus que le bruit dans cette seconde situa-
tion s’effaçait entièrement. Sur quoi je lui dis qu’elle n’avait point de maladie de cœur; que c'était assurément son médecin ordinaire qui avait porté un diagnostic semblable au mien ; mais qu’elle avait consulté divers médecins dans leurs cabinets et que ceuxlà lui avaient affirmé l'existence d’une maladie organique. Ce qi s'explique très bien : ; le médecin ordinaire ayant eu plus d'une occasion d’examiner la malade dans son lit, tandis que les méde-
cins consultés l'avaient auscultée debout.
PANE OBSERvATION 1{1
: Souffle exlra- -Cardiaque.
Observation tirée des cliniques de la Charité.
Un jour un élève du service m'amena un de ses camarades qui,
peu de temps avant, avait dû passer au conseil de révision. Ce
jeune homme admirablement bien portant, ne se connaissait aucun:
ere
motif d'exemption | et se résignait ayant un mauvais numéro à entrer au service militaire lorsqu'il entendit le chirurgien qui l ’examinait, dire qu’il était exempt comme atteint de maladie “organique du cœur. Il s’en fut, assez satisfait de n'être point soldat, mais désespéré de se savoir atteint d’une affection grave qu’il n’avait point jusque-là soupçonnée. A partir de ce jour, les palpitations commencèrent à se faire sentir au point de troubler Son sommeil. Ses malaises devinrent tels que son ami me l’amena à l'hôpital. En l’examinant, je fus frappé de ce fait que le souffle très intense qu'on entendait dans la région précordiale n'avait ni le son, ni le siège des souffles liés à des lésions Dale J'engageai ce jeune homme à se reposer dans la salle. Puis l'ayant étendu sur un lit, je l’examinai de nouveau et je: trouvait que le bruit anormal avait disparu, tandis que les bruits normaux demeuraient avec un rythme, un timbre et une intensité qui ne
s’éloignaient en riea de l’état normal. Ce souffle était cardio -
pulmonaire,